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Ça va chier dans la Botte

Dimanche, Inter/Juve, le derby d'Italie, le match de tous les matchs. Sur le terrain, mais d'abord en dehors.

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Malgré le départ du meilleur entraîneur du monde, l'Inter Milan devrait conserver son titre de champion d'Italie ; ce serait alors son sixième consécutif, ou son cinquième, ça dépend comment on compte. Le premier de la série, celui de 2006, a en effet été attribué suite au déclassement de la Juve pour les raisons que l'on sait. Aujourd'hui débutent de nouvelles séances de procès civil du Calciopoli, et le président de l'Inter est un peu inquiet. Massimo Morrati a ainsi commenté la visite du président de la Juve, Andrea Agnelli, à celui de la fédération italienne, Giancarlo Abate : « J'ai vu des visages souriants et satisfaits après cette rencontre. Cela signifie qu'ils ont une ligne commune » . Évidemment, le Président de la Fédé s'est empressé de mettre les choses au clair : « Personne ne m'a vu, donc je ne comprends pas comment on peut dire que je suis sorti en riant. Je n'ai pas fait de déclarations publiques et je suis entré à la fédé à 7h30 et j'en suis sorti à 21h00. Je ne sais pas comment ils ont fait pour me voir sourire, mais il n'y a pas de webcam à la fédération. Je garantis une transparence maximale » . Le verdict devrait tomber en fin d'année, et l'Inter pourrait être destitué de son titre ; en tout cas, il est certain qu'il ne sera jamais rendu à la Juve. Pendant ce temps, Luciano Moggi déclare « être un lion en cage » . Soit.


Fauvisme toujours, Samuel Eto'o a retrouvé un poste d'avant-centre lors du dernier match de l'Inter, contre le Werder en Ligue des Champions. Résultat ? Le lion y est allé de trois buts et une passe décisive et les Nerazzurri ont atomisé les gentils Allemands 4 à 0. L'Inter a livré l'une de ses meilleures prestations de la nouvelle saison ; Benitez, qui a repris le 4231 là où l'a laissé le Special One, peut commencer à se montrer satisfait de ses petites retouches personnelles (Stankovic en milieu reculé, l'intégration de Coutinho ou Babiany), tout en continuant à faire la fine bouche : « Pour moi, on a mieux joué face à Bari, notamment en seconde mi-temps, qu'aujourd'hui. Oui ce soir, tout a été parfait, mais lors des matchs précédents, il y avait plus d'intensité, même si ce soir, on a développé de très belles phases de jeu » . Au classement du Calcio, l'Inter a déjà retrouvé sa place, la première. Question, qui peut aller les chercher ?


Il y a quelques jours, Del Neri a froissé le peuple juventino en avouant que ce ne serait sans doute pas la Juve, puisqu'elle ne joue pas pour le Scudetto. Dans le fond, il voulait dire que la Juve devait avant tout bosser pour progresser, et il a sans doute raison : la Vieille Dame ne gagnera pas le titre. Mais de là à l'exprimer sur la place publique... Michel Platini, le Roi, s'est empressé de sortir de la réserve due à sa fonction et de remettre les choses à leur place : la Vielle Dame joue toujours pour essayer de gagner le Scudetto (sous-entendu sinon, c'est pas la peine) ; une équipe sûre d'elle, c'est ce que veulent retrouver ses supporters.


Après un début de saison en dents de scie et trop de buts qui se ramassent à la pelle, qu'ils soient encaissés ou inscrits, la Juve vient de délivrer une prestation très convaincante à Manchester City. Un bon vieux un partout décroché face à l'une des meilleures formations continentales, que le Juve a réussi à faire déjouer, dans les règles de l'art. Del Neri peut se montrer satisfait : « Comme City a mal joué ? Comme la Juve a bien joué ! L'Inter ? Je suis serein, nous évoluons et aujourd'hui nous avons lutté jusqu'au bout » .


Lutter jusqu'au bout, voilà le plan de la Juve pour résister à l'Inter. Devant, les coups de patte de Del Piero, le front d'Amauri ou plus sûrement la vitesse de Krasic pourraient faire le reste. L'ailier droit serbe est de loin le joueur le plus en vue de la Juventus actuelle. Il vient de coller un triplé à Cagliari en fin de semaine dernière, et n'en finit plus de trouver ses marques, dans un système fait pour lui. Quatre défenseurs (avec des latéraux qui restent à trouver, Grygera assurant l'intérim d'on ne sait qui), un pivot devant la défense (Sissoko a été monstrueux contre City, Melo semble se retrouver) accompagné d'un relayeur (Marchisio ou Aquilani), deux milieux excentrés devenant de véritables ailiers en phases offensives (Simone Pepe, le Sidney Govou italien, joue à trois postes en même temps, latéral, milieu récupérateur et ailier), un cerveau un peu décroché pour jouer entre les lignes (Del Piero ou Quagliarella) et une brute devant (Iaquinta est en forme) ; l'organisation de Del Neri est exigeante mais à même de résoudre toutes les situations. Reste à savoir si les joueurs l'ont déjà assez assimilée pour emmerder l'Inter, ou si une nouvelle erreur défensive va tout foutre en l'air. De la prestation de la Juve sur le terrain du Champion d'Italie dépend l'issue de la saison italienne.

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