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  2. // Fluminense/Argentinos

Ça commence fort

Fluminense, champion du Brasileirão et Argentinos Juniors, vainqueur du tournoi de Clausura, se sont quittés hier soir sur un match nul, au terme d'une rencontre d'une rare intensité.

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Des chocs entre équipes mythiques de grandes nations de foot, de la ferveur, de l'intensité, des rebondissements... Non, la Ligue des Champions n'a pas recommencé une semaine plus tôt. Hier soir, c'était bien le match d'ouverture de la Copa Libertadores. L'affiche était alléchante : le champion du Brésil contre celui du tournoi de clôture argentin, on a vu pire... Comme par exemple le choc andin entre les terribles Péruviens de Leon Huanuco, opposés dans le groupe 2 aux non moins redoutables Boliviens d'Oriente Petrolero. Comme en Europe, la compétition se veut ouverte aux petits pays, donc l'Amsud a elle aussi son lot de Cluj et de Zilina.

Mais Fluminense-Argentinos Juniors, c'est du lourd, même si les deux équipes alignées hier ne sont pas totalement le reflet des deux formations titrées l'année dernière. Les Brésiliens jouent sans Fred, suspendu pour ce match. Le club formateur de Maradona, quant à lui, s'est fait littéralement piller après le Clausura (qui s'est terminée en mai). Il n'a conservé que cinq des titulaires de l'équipe sacrée lors du premier semestre et a changé d'entraîneur. Claudio Borghi parti à Boca, son remplaçant a laissé tout un tas de mauvais souvenirs aux Brésiliens. En effet, Pedro Troglio, titulaire de l'équipe d'Argentine qui a sorti la Seleção en quarts de la Coupe du Monde 1990 en tant que joueur, vient de passer deux saisons au Cerro Porteño, qui en 2009 avait éliminé Botafogo et Goias de la Libertadores. L'épopée continentale des Uruguayens sera justement stoppée par un Fluminense vengeant la patrie lors d'une épique demi-finale de la Sudamericana, qui finira en baston générale.

But non valable pour 1 cm

Hier, l'ambiance était plus sereine, dans un stade Engenhão à moitié plein, mais avec une belle fête supporters tricolores, malgré la défaite de leur équipe contre Botafogo dimanche dernier lors du championnat carioca. Même si les visiteurs se montrent dangereux dès la deuxième minute, c'est le Flu qui domine le début de la rencontre. Les latéraux, Carlinhos à gauche et Mariano à droite, se montrent très actifs et la formation brésilienne tente d'imprimer le tempo grâce à son duo de milieux créateurs : l'Argentin Conca, meilleur joueur du Brasileirão 2010, mais aussi Souza, arrivé en début d'année en provenance de Grêmio, qui se montre toujours précieux sur coups de pied arrêtés. Eh oui, le fameux Williamis Souza, une des pires erreurs de casting du PSG, qui s'est refait la cerise depuis qu'il est de retour au pays.

Mais l'équipe de Rio semble nerveuse et joue de façon trop brouillonne pour vraiment inquiéter les Argentinos, qui continuent à se montrer tranchants en contre-attaque. C'est un ancien de l'OM qui sauve son équipe : suite à un télescopage entre le gardien et son défenseur, le ballon est dévié et s'apprête à entrer à deux à l'heure dans le but vide, avant qu'André Luis ne dégage in extremis... Enfin, c'est ce qu'a jugé l'arbitre. Même les commentateurs de la télé brésilienne n'ont pas eu assez de vingt-cinq ralentis pour décider si le but était valable ou pas. A priori, il manquait à peine un centimètre pour que la gonfle dépasse totalement la ligne.

Musclor contre Cosmocats

La punition viendra juste avant la pause, sur un coup-franc repris au premier poteau par Niell, géant qui culmine à... 1,62m ! Mais attention, ce type-là est un super-héros. Ses coéquipiers le surnomment “Lion-O”, comme le personnage des Cosmocats, dessin animé culte des années 80. Heureusement, Fluminense en a aussi un en stock : Rafael Moura, aka “He-Man” (Musclor dans la version française). Après un passage éclair à Lorient en 2007, il a fini meilleur buteur de la Copa Sudamericana 2010 (équivalent de la Ligue Europa) avec Goias, équipe paradoxalement reléguée en deuxième division au niveau national. Et c'est lui qui se charge d'égaliser, également de la tête, à la 57e. Sauf que venant de lui, c'est moins surprenant, vu qu'il facture 1,89 pour 89 kg.

Mais le Cosmocat n'a pas dit son dernier mot. Il remet ça à la 71e, toujours de la tête (!), cette fois au deuxième poteau. Au passage, Diego Cavalleri, doublure de Pepe Reina à Liverpool, se troue lamentablement. A croire qu'il a passé trop de temps à cirer le banc. Depuis son retour au pays en début d'année, il accumule les bourdes, à tel point que les supporters n'ont pas hésité à scander le nom de Ricardo Berna, son remplaçant, qui gardait les cages lors du sacre du Brasileirão. Heureusement, Musclor est là pour leur fermer le clapet, en égalisant à nouveau deux minutes plus tard, encore une fois de la tête.

Poussé par son public, Fluminense presse pour marquer le troisième pion, mais les offensives manquent de conviction. Le match nul arrange plutôt les Argentins, qui peuvent remercier Niell, le little big man devenu super-héros d'un soir.

Louis Génot, à Rio de Janeiro

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Cte teigne de Niell.. Il court, il dribble, il plonge, il en fait des caisses... Pas mal ! Moura, c'est quand meme 9 "finalizações" mais seulement 2 au fond... Un peu light. Du calibre lorientais, quoi...

Par contre pour l'ambiance, c'est con de mettre la Libertadores (au meme titre que les championnat de chaque Etat) a 22H en semaine, ca doit moins motiver le supporter "moyen" (pas qualitatif comme adjectif). Putains de Novelas qui finissent a 21H50...
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Un stade, pas d'ambiance
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