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«Le football n’a aucun secret, il faut juste savoir réfléchir» Valeri Lobanovski (footballeur soviétique)

C1 : Reds-Gunners, Act.1

Arsenal FC   Arsène Wenger   AS Nancy Lorraine   Barclays Premier league   Chelsea FC   Didier Drogba   Emmanuel Adebayor   FC Séville   Frank Lampard   Inter Milan   Ligue des Champions   Liverpool FC   Steven Gerrard   Thierry Henry  

2 avril 2008
Sans doute à tort mais la chose est écrite : tout le monde n’en aura rien à secouer de Fenerbahçe-Chelsea. Tous les regards, ou presque, seront tournés vers le duel entre Arsenal et Liverpool. Même s’il n’est pas dit qu’il s’agisse du plus spectaculaire des deux quarts.

Fallait bien que ça arrive. En casant quatre clubs en quarts de finale de la Ligue des Champions, l’Angleterre a fait dans l’inédit. Mais il y avait aussi une chance sur deux pour que deux d’entre eux se frittent avant l’heure. D’habitude, il y a forcément Chelsea dans l’histoire puisque les Blues se sont déjà frottés à Arsenal (2004) et à Liverpool (2005 et 2007). Cette fois, le club de Roman Abramovitch passe la main et laisse Gunners et Reds en découdre pour rendre visite à Fenerbahçe et sa cohorte de Brésiliens improbables. Une affiche plus ouverte qu’il n’y paraît…

Arsenal – Liverpool

Ces derniers jours, du côté de Colney, on a cru apercevoir Emmanuel Adebayor pris de démence. Le grand échalas togolais n’en finit plus de se tirer les cheveux comme un damné. Et le plus étrange est de voir Arsène Wenger l’exhorter de la voix et du geste à y aller toujours plus fort. C’est que l’heure est grave à Arsenal. Le club du nord de Londres n’avance plus en championnat après avoir si longtemps mené la danse et s’est fait éjecter sans ménagement de la FA Cup. Il ne reste donc que la Ligue des champions pour espérer gratter un titre cette saison après une saison à avoir fait se pâmer l’Europe du football.

Mais quel rapport avec Manu et auto-crêpage de chignon ? C’est que depuis qu’Adebayor s’est fait inopportunément raccourcir sa tignasse, il n’en cadre plus une. L’ancien Monégasque avait voulu se faire tout beau au lendemain de sa démonstration à Milan (2-0) pour une qualification pleine d’autorité face au champion d’Europe en titre en 8èmes de finale de C1. Depuis, Adebayor est redevenu le joueur qu’il fut à Metz et Wenger le menace clairement de l’envoyer à Nancy histoire de vérifier que la Lorraine, c’est partout pareil. À l’heure d’en découdre trois fois avec Liverpool, Arsenal boîte même si le renversement de situation à Bolton (3-2 après avoir été mené 0-2 et réduit à dix) laisse deviner une capacité de révolte.

Du côté des Reds, Steven Gerrard a arrêté de se tirer les tifs depuis belle lurette. Le capitaine a compris et s’est fait une raison : Liverpool est encore passé à côté de son championnat. Pour la 18ème fois d’affilée. Et comme d’hab’, les Reds s’en remettent à l’Europe pour sauver ce qui peut l’être. Le pire, c’est qu’ils en sont bien capables. « Ce feeling que nous avons avec la Ligue des Champions, c’est quasi mystique », confie même Jamie Carragher en transe quand, comme ses potes, il règle sa montre à l’heure continentale. Et peu importe que cela se règle intra-muros dans le royaume comme le prouvent ses deux qualifications acquises face à Chelsea en 2005 et 2007.

Bref, entre les deux grands battus du championnat, pas facile de faire un pronostic. Surtout que le duo se retrouve précisément en Premier League samedi (13h45) avant de remettre ça mardi prochain pour le quart retour. Petit avantage aux Reds, aux fraises pour le titre mais qui ont quasiment assuré la précieuse 4ème place. Les Gunners, eux, croient encore un peu à un retour sur Chelsea voire Manchester. Impossible donc de faire tourner. À ce niveau, chaque détail compte, quand tout se joue à un cheveu. Fut-ce celui d’Adebayor…

Fenerbahçe-Chelsea

Avram Grant va déléguer ce mercredi soir. Il va laisser un stagiaire de son staff s’occuper de la rencontre à Fenerbahçe, pendant que ses adjoints et lui materont Arsenal-Liverpool en vue des demi-finales. Car, franchement, personne au club ne songe une seule seconde que les Blues ne seront pas au rendez-vous anglo-anglais des demi-finales. En fait, personne ne sait vraiment ce que fout Fenerbahçe à ce stade de la compétition. Autant le FC Séville, ça sonnait comme un dangereux outsider, autant Fenerbahçe figure plutôt le sympathique quart de finaliste surprise. D’ailleurs, si Palop, le portier sévillan, et ses défenseurs n’avaient pas joué aux cons, ce sont bien les doubles vainqueurs de la Coupe de l’UEFA qui prépareraient la réception du vice-champion d’Angleterre et non le champion de Turquie.

Et pourtant, Chelsea aurait tort de prendre le club stambouliote par-dessus la jambe. Parce que Zico. Parce que Alex et ses potes do Brazil (même Deivid). Parce Kezman. Et parce que le stade Sükrü Saraçoglu, l’un des plus chauds d’Europe. Si ce n’est le plus chaud… L’Inter Milan, quand il n’avait pas encore revêtu son traditionnel habit de loser, y était tombé avec fracas, emporté par la fougue et le talent des Jaune et Bleu. Par séquences et à son niveau, Fenerbahçe avait ressuscité quelque chose du Brésil version Tele Santana. Passes redoublées, au sol toujours, prises d’intervalles, changements de rythme brutaux, tout y était passé face à des nerazzurri terriblement patauds en comparaison. Forcément, on aime et on en redemande.

Le hic pour les Turcs, c’est que Chelsea va mieux. Revenus à la seconde place du championnat après avoir zigouillé Arsenal, les Blues abordent la dernière ligne droite avec un Didier Drogba proche de son meilleur niveau après une saison délicate, bien entouré par un Salomon Kalou inspiré et un Joe Cole titanesque depuis quelques mois. La défense affiche de nouveau des valeurs « mourinhesques » et l’entre-jeu, dans les pas d’un Frank Lampard retrouvé, est redevenu compact et verticalise de nouveau le jeu. Bref, ce retour aux fondamentaux n’annonce rien de bon pour Fenerbahçe même s’il n’aura pas échappé à Zico et son squad que Chelsea a encore quelques absences (apathique encore dimanche face à Middlesbrough auteur de trois barres dont deux sur la même action). Oui, Fenerbahçe se verrait bien faire un “truc” chez lui. Juste pour voir…

Par Dave Appadoo




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