C1 : La chance au tirage

Il est là, le chauve de l’UEFA. Prêt à taper son speech devenu culte, pendant que seize présidents, autant d’entraîneurs, et des milliers de supporteurs se rongent les ongles. Sur les coups de 12h35, après une grosse demi-heure d’un discours aussi inutile qu’interminable, le Benjamin Castaldi de Nyon laissera les stars de la boule rouge décider du sort des seize nominés. Et là, pas la peine d’envoyer un texto pour sauver votre équipe préférée. Petite revue d’effectif.

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Chapeau 1

Les broyeurs de rêves : FC Barcelone, Bayern Munich, Real Madrid.

«  Le FC Barcelone » . Ca y est. Après avoir dévissé méticuleusement la petite boule, puis déroulé le petit papier avec tact, Marco Van Basten vient d’offrir à votre équipe le "mes que un club". Pendant que l’entraîneur des futurs adversaires des Catalans se dit « réjoui d’une telle opportunité » et parle déjà du comportement de son équipe, qui « va jouer le coup à 100%  » , vous passez par ce désagréable sentiment de regret. Le regret de la troisième place, qualificative pour l’Europa League, une compétition dans laquelle votre équipe aurait pu faire mieux qu’un 5-0/0-5 bien ficelé. Car cette année, une fois n’est pas coutume, la plus classe des compétitions de club a ses épouvantails. Aux côtés du Barca, le Bayern Munich et le Real Madrid, tous deux auteurs de phases de poules époustouflantes, se feront un plaisir de broyer quiconque se placera sur leur chemin. Et tant pis pour la beauté du sport. Bien éduqués, Guardiola, Heynckes et même le Mou, iront certainement de leur petit « aucune équipe n’est à négliger à ce stade de la compétition » . Mais ça, c’est parce qu’en huitièmes de finale, la Ligue des Champions est encore une compétition de gentlemans.

Les rosbifs revanchards : Chelsea & Arsenal

Le vice-amiral Nelson est aux manettes, plus de deux siècles après la bataille de Trafalgar. Pour une équipe du deuxième chapeau, tirer un morceau de rosbif est le traquenard par excellence. A la portée de tous, mais à la merci de personne, Chelsea et Arsenal sont probablement les deux équipes les plus sous-cotées du chapeau des winners. Logiquement considérés comme plus faibles que les broyeurs de rêves, les clubs londoniens ont tous les deux montré à leur manière, qu’ils seraient difficiles à faire gicler du top huit du Vieux Continent. Le Chelsea de Didier Drogba a montré les muscles quand il le fallait, face à Valence, tandis que les Gunners ont profité de la faiblesse de leur groupe pour mettre ce charlot de Vito Mannone dans les bois. Deux définitions bien distinctes de la sérénité sur la scène européenne aux allures d’avertissement à leurs futurs adversaires. Au fond, tirer un Anglais, c’est l’assurance de vibrer et d’être déçu. La garantie d’y croire, et de se mordre les couilles. Même du côté de Bâle.

Ceux qui pourraient ramer mais qui, heureusement pour eux, vont tirer un club français : Benfica & Inter Milan

Certes, Benfica a brillamment terminé premier de son groupe. Certes, les Portugais envoient du jeu. Certes, ils sont actuellement seconds de leur championnat (où ils sont invaincus), à égalité avec le leader surprise, le FC Porto. Autant de chiffres, de lignes sur le CV d’une saison 2011-2012 bien entamée, qui pourraient faire flipper l’Europe d’en bas, celle du chapeau deux. Que nenni. Pas un seul manager des huit seconds de la phase de poule dira qu’il n’est pas content de tomber sur Benfica. Pourquoi ? Parce qu’en dépit de leur bon niveau de jeu, les coéquipiers de Luisao, Sammy Traoré do Brazil, restent infiniment plus jouables que les abonnés au triple A de l’UEFA. Le cas de l’Inter Milan est encore plus épineux. Sauvés par leur réputation, les Nerazzurri se sont qualifiés tranquillement, en pratiquant un football souvent proche de l’épouvantable. La seule réserve que l’on peut émettre quand à la véritable réaction à adopter du côté de l’équipe qui tirera l’équipe de Ranieri, c’est la gueule qu’aura le onze interiste en février. C’est l’heure du tourisme chirurgical.

La bombe atomique qu’un seul mec de la classe se tapera : APOEL Nicosie

Ils sont huit. Malins, ils se sont inscrits en option histoire de l’art, pour avoir plus de filles dans leur classe. Tout ça pour rien. Car une seule trouve grâce à leurs yeux. Cette gonzesse, c’est l’APOEL Nicosie. Courtisée aux quatre coins de l’Europe, de Saint-Pétersbourg à Naples, la Chypriote n’est pas farouche. Elle donnera le meilleur d’elle-même au premier venu. Et autant le dire tout de suite, l’entraîneur qui aura le culot de dire « ils ont fini premiers de leur groupe, cela signifie forcément quelque chose » risque bien de se retrouver seul au premier rang jusqu’à la fin de l’année. Car un coup pareil à ce stade de la compétition, ce n’est pas loin d’être une histoire pour la vie.

Chapeau 2

La boule noire : Milan AC

Une musique incontournable et un ajout de piment non négligeable. Si Thierry Beccaro est une star du petit écran, la boule noire n’y est pas pour rien. Si la Ligue des Champions était MOTUS, le Milan AC serait la fameuse boule noire. L’équipe que l’on a une chance sur huit de rencontrer, mais qui vous plombe jusqu’à la fin de l’aventure. Alors oui, les coéquipiers de Zlatan ont le niveau pour finir premiers de leur poule. Mais ils ont pioché le Barça, et n’y peuvent strictement rien. Du coup, c’est quelqu’un de la haute qui va trinquer. Car le FC Barcelone, le Real Madrid et le Bayern Munich ont beau filer les chocottes à tout le monde, ils ne feront pas les fiers face aux hommes d’Allegri. Le grand Milan dans le chapeau 2 en huitièmes de C1, c’est un peu comme prendre ses marques avec le nouvel opus d’un jeu vidéo auquel on est accroc : d’abord, on met en niveau facile, pour se rassurer. Ensuite, on passe aux choses sérieuses.

Le huitième « Ryanair » , un déplacement qui pue la galère : Naples, Zénit Saint-Pétersbourg, CSKA Moscou

Partir en sachant pertinemment que rien ne se passera comme prévu, c’est chiant. Valise trop grosse pour entrer en cabine, taxes à gogo, cacahuètes que l’on pensait gratuites, déplacements que l’on sait compliqués. Pas dupes, les entraîneurs qui tireront Naples, le Zénit ou le CSKA savent bien qu’un petit match nul à l’extérieur avec, pourquoi pas, le fameux « but compte double » , serait un excellent résultat. En fait, que ce soit dans la chaleur humaine du San Paolo, ou la rigueur de l’hiver russe, de Saint-Pétersbourg à Moscou, cette confrontation pue la galère à plein nez, pour plein de raisons différentes. Le climat, bien sûr, pour les deux équipes russes, la condition physique, pour les équipes de l’Est encore, qui seront affutées avant de continuer les playoffs après un peu de repos, mais aussi le niveau et l’engagement, pour le Napoli, qui a prouvé face à Manchester City et au Bayern qu’il était capable de rivaliser avec n’importe qui sur un match. Pas la joie donc. Mais marquer quelques points, c’est toujours mieux que de piocher la boule noire.

«  Merde, j’ai la qualif’, mais la moitié de mon onze type à l’infirmerie  » : Marseille

«  Des bêtes  » . Non, quand il confie cela en conférence de presse avant le tirage au sort des huitièmes de l'édition 2010/2011, Pep Guardiola ne parle pas du QI de Stéphane Mbia. L’entraîneur catalan, comme probablement d’autres, ne veulent pas affronter l’Olympique de Marseille, de peur d’y perdre quelques plumes. Cela étant, il faut bien comprendre le problème : le Barça n’a pas peur de perdre contre l’OM, simplement, les Catalans seraient plus heureux de pouvoir disputer les quarts de finale avec Messi qui galope autrement qu’en fauteuil roulant. Après tout, Cristiano Ronaldo n’avait loupé qu’un mois et demi de compétition après le tacle de Souleymane Diawara. Vraiment, les clichés…

« C’est jouable, mais il ne faudrait pas que mes joueurs arrêtent de courir en deuxième mi-temps lors du match retour » : Lyon

Le Bayern aura beau s’être imposé 6 à 0 à Gerland que la bande de Franck Ribéry ne dormira pas sur ses deux oreilles. On ne sait jamais, Manuel Neuer pourrait avoir des trous dans les mains, Ribéry une perte de connaissance, et Jimmy Briand pourrait claquer un septuplé.

Tirage Beaujolais nouveau, insipide : FC Bâle & Leverkusen

Heureusement que c’est la Ligue des Champions, sinon le stade serait à moitié vide. Dieu merci, Alexander Frei est là.

Par Swann Borsellino
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Vous êtes matinal chez sofoot.
Toi par contre tu l'es pas vraiment, tu voulais pas dire "matinaux" plutôt ;-)
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