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C’était quoi ce bordel avant Séville-Lyon ?

À l’occasion de la deuxième journée de Ligue des champions, l’OL se déplaçait à Séville. Problème : des incidents ont eu lieu avant la partie, et personne n’est capable d’expliquer la violence des policiers locaux envers les supporters visiteurs. Mais que s’est-il passé, au juste ?

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Il est environ 19h15 quand la police espagnole débarque. Les 300 supporters lyonnais venus encourager leur équipe dans le cadre de la deuxième journée de Ligue des champions sont dispersés dans le centre-ville. Sûrement un peu, voire beaucoup bourrés pour une grande partie d’eux, ils enquillent pinte sur pinte en attendant l’heure fatidique pour se présenter au stade Ramón Sánchez Pizjuán. Malheureusement, tout ne va pas rouler comme prévu entre la case bar du centre et celle du stade. Est-ce qu’une petite insulte fuse ? Est-ce qu’un minuscule doigt est brandi ? Est-ce que certains ont l’alcool mauvais ? Peut-être, peut-être pas. Toujours est-il que les forces de l’ordre s’excitent rapidement et activent la souplesse de leur poignet pour faire goûter la solidité de leurs matraques à ceux qui ont le malheur de se trouver à proximité.


Thierry Boirivent, vice-président de l’Amicale des Rouge et Bleu (groupe de supporters de l’Olympique lyonnais), était de la partie. Et comme tous les autres, il ne pige pas ce comportement. « Moi, je me déplace depuis une vingtaine d’années pour suivre l’OL. Et c’est la première fois que je vois quelque chose d’aussi violent lors d'un match de foot. Franchement, je ne comprends pas ces réactions, je suis incapable d’en donner la cause. Dans le centre-ville, il n’y avait aucun problème. Parfois, des fans font les cons, détériorent des choses et tu te dis qu’ils ont un peu cherché la merde. Là, aucune terrasse de bars abîmée, aucune dégradation… Rien à signaler, quoi. »

Surtout que les coups de crosse ne vont pas s’arrêter là. Après avoir joué les dictateurs dans le centre, la Guardia Civil amène les supporters en rang jusqu’au stade, vers 20 heures. Et se remet à cogner, une fois arrivée à l’entrée de l’enceinte. Thierry, qui est alors déjà dans les tribunes, voit tout : «  Là, il y a une montée de violence inexplicable. Ils sont allés jusqu’à taper des personnes âgées, des mineurs, des gens de la sécurité du club… Pour quelle raison ? Bah pour faire entrer le cortège plus vite dans l’enceinte, visiblement. Après, peut-être qu’il y en a un qui a pris un coup de matraque et qui a répondu, je ne sais pas. Mais c’était vraiment démesuré. D’ailleurs, il faut noter que les responsables sécurité des groupes de supporters ont vraiment joué la carte de l’apaisement alors qu’ils se sont également pris des coups. »

Des blessés, des condamnés, mais de collaboration


Résultat : une vingtaine de blessés légers, deux plus sérieux… et quatre interpellés sanctionnés de quatre à vingt-quatre mois de prison avec sursis après jugement en comparution immédiate. Alors forcément, ces événements n’ont pas franchement plu au club et à son président. Après les tweets immédiats de Jean-Michel Aulas, l’OL porte plainte, fait appel à un avocat pour les condamnés et publie un communiqué. Dans ce dernier, les Rhodaniens pointent le manque d’organisation, de communication et de collaboration de la police sévillane, lui reprochant d’avoir ignoré les informations envoyées concernant le déplacement des supporters français.

Mais aussi de ne pas s’être « présentée à la réunion d'organisation du match, contrairement aux demandes de l'UEFA, afin d'établir le contact opérationnel entre les différents interlocuteurs et de préparer la venue des supporters, locaux et visiteurs, dans des conditions de sécurité optimales. Parallèlement, la police espagnole a refusé tout échange et donc toute collaboration avec les spotters lyonnais, dont la mission est de faciliter la relation avec les services de police, comme c'est l'usage » . « En gros, la police n’a été au courant de notre présence qu’en fin d’après-midi, pense savoir le numéro deux de l’Amicale des Rouge et Bleu. Vers 19 heures, ils se sont réveillés. Ils sont même allés jusqu’à dire : "Ah, on ne nous avait pas prévenus qu’il y avait des hooligans lyonnais qui étaient chez nous." » » Du côté de la presse espagnole, on se contente de relater les faits, mais aucune raison n’est mise en avant pour justifier les échauffourées.


Si les esprits se sont calmés pendant le match, beaucoup ont redouté la sortie, faite sous une énorme escorte. Reste que deux fans, qui ne faisaient pas partie du voyage « officiel » , ont été agressés par des supporters du camp d’en face dans la nuit. L’un d’eux a même été victime de coups de couteau. C’est ce qu’on appelle une soirée de merde, non ?

Par Florian Cadu
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