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C’était quoi ce bordel autour de PSG-Zagreb ?

Les incidents de PSG-Zagreb ont posé de nombreuses questions sur les évolutions du hooliganisme et sur sa gestion par la police et les autorités. Premier volet : qui étaient les protagonistes des incidents de Bastille ?

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Quand le tirage au sort de la Ligue des champions a mis le Dinamo Zagreb dans la même poule que le PSG, joueurs et dirigeants parisiens se sont frotté les mains : deux victoires faciles en perspective. Les hooligans parisiens, eux, se sont chauffés les poings, réjouis de pouvoir se confronter aux Bad Blue Boys croates, l’un des groupes les plus réputés dans le petit monde des supporters violents européens. Quant aux autorités françaises et croates, elles se sont creusé la tête : comment empêcher d’en découdre deux groupes qui veulent absolument se mettre sur la gueule ?

Au match aller, prévu à Zagreb, la coopération entre les deux clubs et les deux pays a permis d’empêcher la plupart des fans parisiens (y compris ceux qui voulaient simplement soutenir leur club) d’entrer en Croatie ou d’accéder au stade. Au match retour, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, a eu beau déployer les grands moyens en interdisant à tout supporter du Dinamo de se rendre en région parisienne le jour du match, il n’a pas pu éviter une bagarre la veille, en plein Paris, baston qui a mis en émoi les médias français pendant toute la journée de mardi. La tension et l’emballement médiatique étant désormais retombés, que sait-on exactement de ces incidents et de leurs protagonistes ?

Qu’ont fait les ultras croates à Paris ?

Grâce à des contacts anciens dans le milieu des supporters croates, deux reporters de So Foot ont pu passer plusieurs heures mardi dans les rues de la capitale avec des membres actifs des Bad Blue Boys (BBB), les ultras du Dinamo. De ces discussions et d’autres informations obtenues auprès d’ultras de Zagreb, il ressort que, malgré les restrictions des autorités croates et françaises, environ 200 Bad Blue Boys ont réussi à se rendre à Paris par différents moyens. Certains sont venus de Croatie, mais d’autres étaient issus de la diaspora croate, en provenance notamment de l’Allemagne, ce qui rendait leur contrôle plus difficile.
La plupart de ceux qui sont arrivés lundi ont participé à la bagarre avec les Parisiens et ont fini le mardi dans les filets de la police, deux d’entre eux passant par la case soins médicaux. Ceux arrivés mardi ont connu des destins variés. Certains se sont fait arrêter par la police. D’autres, que nous avons suivis, ont traîné dans la capitale et tenté d’aller au Parc, avant de se raviser et de regarder le match dans un pub. Une vingtaine de BBB aurait même réussi à entrer dans le Parc où ils ne se sont, au demeurant, pas fait remarquer.

Qui sont ces fameux Bad Blue Boys ?

Les Bad Blue Boys sont nés au milieu de la décennie 1980 et ont connu leur âge d’or dans les années 1990 au moment de l’explosion de la Yougoslavie (dont les stades montraient l’agonie depuis plusieurs années déjà), puis de la guerre d’indépendance au cours de laquelle plusieurs d’entre eux ont perdu la vie. Leur engagement pour la cause nationale a nourri, dans leur pays, la réputation de ces ultras considérés comme des pionniers du nationalisme croate et se présentant eux-mêmes comme « patriotes » . Après l’indépendance, ils ont également tiré profit de leur opposition avec le président croate Tudjman. Refusant la nouvelle dénomination du club « Croatia Zagreb » , ils ont fini par avoir gain de cause avec le retour au nom historique de Dinamo à la mort de Tudjman. De plus, les BBB ont été parmi les premiers à oser se confronter au régime et à la police de Tudjman, dont ils partageaient pourtant les orientations politiques. De ce fait, leur image a été plutôt positive dans une bonne partie de l’opinion croate pendant une longue période. Mais elle s’est détériorée ces dernières années, en raison de leur propension à la baston facile.

Aujourd’hui, les BBB connaissent même une crise profonde. Avec d’autres fans du Dinamo, ils s’opposent frontalement à la direction du club incarnée par le directeur exécutif Zdravko Mamic, tête d’un football croate profondément corrompu. Le boycott total des matchs à domicile a pu souder le groupe autour d’une lutte commune. Mais cette absence prolongée du stade complique le recrutement de jeunes supporters, lesquels s’engagent souvent dans un groupe ultra après avoir vu le spectacle en tribunes. Les difficultés quotidiennes imposées par la direction du club et la pression constante de la police lassent également de nombreux ultras, d’où une baisse continue des effectifs.

Si on ajoute à ce tableau la faiblesse du football croate, on comprend que les Bad Blue Boys s’emmerdent un peu dans leur championnat national et concentrent leurs activités sur les déplacements européens afin de défendre la réputation d’un groupe vieux de plus de 25 ans et toujours prêt à se mesurer à d’éventuels adversaires. Être attendus partout en Europe semble susciter en eux fierté et étonnement. Comme nous le disait l’un d’entre eux, c’est « hallucinant » de constater que des hooligans du Spartak Moscou aient fait plus de 900 kilomètres pour les affronter lors du récent Dynamo Kiev-Dinamo Zagreb...

Qui étaient les Parisiens qui ont rendu une visite musclée aux Croates ?

Plusieurs témoignages de supporters parisiens confirment les informations transmises par la police. D’après ces sources concordantes, les Parisiens qui ont participé aux incidents avec les BBB étaient issus de différentes factions des anciennes tribunes Boulogne et Auteuil. Parmi la centaine de Parisiens impliqués, il y aurait eu notamment : des membres de plusieurs bandes de hooligans du Kop de Boulogne (KOB) ; des indépendants d’Auteuil proches des Karsud, un groupe réputé pour s’engager dans des incidents aux côtés du KOB ; des membres de la K-Soce Team, une ancienne section des Supras Auteuil dont certains ont, selon la police, été interpellés suite aux incidents. Plusieurs échos, que nous n’avons pas pu vérifier pour l’instant, font également état de la présence d’une poignée de supporters serbes, lesquels ont, depuis longtemps, des connexions avec certaines factions parisiennes. Le groupe parisien comprenait donc des membres d’entités différentes dont certaines ont été, par le passé, en conflit, en particulier la K-Soce Team et les indépendants du KOB.

Cette bagarre, c’était une fight ou pas ?

Les médias aiment parler de fight dès que des groupes de supporters s’affrontent violemment. Qu’est-ce qu’une fight ? C’est un nom que donnent les hooligans à des bagarres arrangées entre les deux parties. Une telle organisation leur permet d’éviter les dispositifs policiers déployés autour des matchs. La planification des bagarres s’est accrue en Europe ces dernières années, à mesure que les forces de police encadraient plus étroitement les enceintes et les déplacements de supporters. Ainsi, ces fights, dont les hooligans allemands, polonais ou russes sont friands, consistent à se mettre d’accord au préalable sur un lieu discret (une forêt en journée, une zone industrielle la nuit, etc.), un nombre de participants, des règles voire une tenue vestimentaire. Quelques hooligans français s’adonnent à de telles fights, mais elles sont rares et concernent très peu de personnes.

Pour affirmer qu’il y a eu fight lundi soir, il faudrait donc avoir confirmation que les deux parties ont fixé au préalable un rendez-vous et se sont accordées sur les modalités de leur rencontre. Or, d’après les témoignages recueillis auprès des supporters croates et parisiens, ça n’a pas été le cas. D’ailleurs, les BBB ne sont, de manière générale, pas adeptes des fights arrangées. Ils préfèrent procéder à l’ancienne en s’installant dans un endroit de la ville et en attendant que les locaux parviennent, ou non, à les trouver et décident, ou non, de les défier. Pour eux, la bagarre ne s’embarrasse pas des codes des fighters polonais et russes. Ils ne se privent pas d’utiliser des bouteilles, fumigènes, chaises ou tables (des témoignages parisiens parlent même de couteaux) et ne se préoccupent pas de respecter un nombre égal de protagonistes dans les deux camps. Comme nous le disait l’un d’entre eux : « Rien n’est programmé, mais tu sais que ça va arriver à un moment ou à un autre » .

Si le fait qu’il ne s’agissait pas d’une fight semble avéré, les versions récoltées des deux côtés divergent, classiquement, sur l’issue de la bagarre. Les Parisiens présents estiment l’avoir emporté, tandis que les BBB considèrent que, après un premier contact favorable aux Parisiens, les Croates se sont regroupés et ont fait fuir les assaillants locaux, lesquels concèdent simplement quelques escarmouches isolées dans des rues adjacentes à la première bagarre. De toute façon, il importe peu de savoir qui l’a emporté. Il est plus instructif de constater que les BBB se présentent comme vainqueurs à deux niveaux. D’une part, sur l’issue de la bagarre à Bastille. D’autre part, sur leur capacité à atteindre la capitale en dépit des restrictions des autorités alors que presqu’aucun Parisien n’est parvenu à Zagreb deux semaines plus tôt. Contourner le dispositif policier est devenu en soi un challenge pour les hooligans européens.

Où en est la guerre Boulogne / Auteuil ?

Alors que les tensions entre factions rivales du Kop de Boulogne et du virage Auteuil ont provoqué, dans les années 2000, des incidents graves, débouchant sur la mort de Yann Lorence en 2010, il est surprenant de voir d’anciens adversaires, notamment les indépendants de Boulogne et de la K-Soce Team, se battre ensemble contre un ennemi commun. Est-ce à dire que la guerre Boulogne/Auteuil est terminée ?

En fait, non. Si certaines factions se sont rapprochées, d’autres demeurent fortement antagonistes au point de se battre parfois en petits groupes dans les rues de la capitale, dans des bars ou en marge de concerts. La frange d’Auteuil qui observe un boycott fort du stade et des déplacements reste farouchement opposée aux indépendants de Boulogne. Nommée PUC (Paname United Colors), elle rassemble les anciens Authentiks, Grinta, Puissance Paris et Supras (que certaines sections comme la K-Soce Team et les Microbes ont quittée) ainsi que quelques ex-Lutèce Falco.

En revanche, la K-Soce Team s’est rapprochée des Karsud et de certaines entités de Boulogne, notamment du fait de leur lutte commune contre le plan Leproux et de leur volonté de continuer à être présents en déplacements voire, pour certains, au Parc. Ces entités ont décidé de mettre les symboles et opinions politiques de côté et de se rassembler autour du PSG et de l’opposition à la direction du club. Cette alliance de circonstances, forcément fragile, a aussi été scellée dans l’adversité lors du déplacement de l’an dernier en Europa League à Bilbao. Le refus du club de dialoguer avec les ultras parisiens qui voulaient revenir au stade a également contribué à rapprocher certains supporters des bandes de hooligans et à transformer quelques ultras en hooligans.

Par Anthony Cerveaux, Loïc Trégourès (dans les rues de la capitale) et Nicolas Hourcade (en régie), avec AA, LDC, MF et NKM.

Dans un second volet de ce dossier, à paraître bientôt sur le site, nous reviendrons sur la situation du Parc suite au plan Leproux et sur la politique menée par les autorités sportives et publiques.


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BAD BLUE BOYS ça fait boîte Gay des seventies...
bon boulot mrs.
du journalisme comme on l aime.
on attend le second volet avec impatience.
est il prévu une instigation a Lyon ?

captainvodka Niveau : District
non c'était le Fucking Blue Boy, enfin il me semble, enfin je crois.... (je ne parle en aucun cas en connaissance de cause...^^)
quelque part, toute la tristesse qu'il y a autour des tribunes du parc est résumé par cet article.
globalement, et de ce que je sais, tu n'es pas trop loin de la vérité, au moins dans la répartition des uns et des autres.
maintenant, lorsque tu lèves la tete et réfléchis un peu, tu te rends compte que les derniers actifs montent essentiellement des "actions" pour se battre et point à la ligne.
outre le fait que les alliances de gars, quand tu visualises les mecs, font froid dans le dos.
en bref, ce genre d'article légitime à lui seul la politique d'un vicieux comme leproux.
pathétique ce que nous sommes devenus, les hools, à défaut de s'etre imposés, ayant réussi à imposer leurs méthodes et leurs façons de faire.
or, à la base, auteuil n'a rien mais rien à voir avec cette m.erde.
à dévoyer l'héritage, tout le monde a été sali.
Note : -2
K-Soce Team + Indep' pour défendre leur ville, ils savent 'travailler' ensemble !
Louis Nique Aulas Niveau : DHR
"K-Soce Team" ça leur va tellement bien.
Zut on ne sait pas qui a gagné en dehors du terrain alors?? Si c'etait les Crocro ça aurait pu compenser le nombre de défaites de leur équipe en LDC krkrkrr ^^
Si en + les Serbes s'en mêlent.... La guerre nous a pas suffit...
Allez les bleus
C'est pour ce genre d'article qu'on apprécie SoFoot, même si la fin rend un peu nostalgique (de l'ambiance du parc hein, pas des débordements à répétition)...
Spike Spiegel Niveau : CFA2
Merci messieurs ! Merci Sofoot !

J'ai vraiment aimé l'objectivité et la volonté de prendre l'ensemble des problèmes en compte, pas juste un amour aveugle des ultras.

Ca fait longtemps que j'avais pas lu un article aussi sérieux et crédible sur Sofoot.
Article intérressant. voici un autre pour completer le sujet: http://leplus.nouvelobs.com/contributio … usion.html (ou So Foot est cité comme dab)
Eh ben, ça en fait de l'énergie dépensée inutilement pour nous pondre un article sur une centaine de crétins violents.

Je suis pour les tifos dans les stades, les chants (pour ceux qui ont regardé le Celtic mardi soir, ça c'est de l'ambiance!), voire même les fumis (mais ouais, ça fait quand même marrer un match qui commence avec 5 mn de retard à cause du brouillard) mais ça, c'est mettre en lumière des gens qui aiment se mettre sur la tronche et qui n'ont aucun amour du football.

J'enlève rien au travail apporté par le journaliste mais songez à employer toute cette belle énergie pour nous pondre des articles sur le football.

Et pas sur des dégénérés qui font honte à notre beau sport (et encore, ils ne méritent même pas le qualificatif de supporter).
@ papa ours

reste que, lorsque tu veux suivre ton équipe, la supporter de manière intense, tu es confronté au phénomène "ultra" et/ou "hooligan".
je parle de ce que je connais, donc de paris, mais prends l'exemple d'un jeune dans les 90's qui veut se déplacer, prendre de l'importance dans sa tribune (je sais pas moi, faire du tifo, écrire dans un fanzine...) en bref vraiment supporter son club, hé bien tu ne peux pas faire l'impasse.
je dirais meme que, selon les clubs et les pays, meme les fans qui veulent juste voir le match e basta sont confrontés au phénomène.
ex: je faisais la queue à la rambarde devant le stade de troyes, en 2000, pour choper une place pour le dernier match de la saison. on était cool, c'était l'après midi, y'avait tout type de supporter présent ce jour là.
et bien, quand les hools ont déboulé dans le coin, ils se sont avancés vers le regroupement qui attendait pour des places et, sans réfléchir, ils ont jeté (pour certains) ce qu'ils avaient sous la main.
je m'en souviens car une cannette pleine a manqué d'atterrir sur la gueule d'une gosse.
De meme, je m'en souviens car, sans etre un superman, j'ai dit à une conductrice de bus en pleurs (le bus étant stoppé par l'arrivée de nos charmants amis du kop) de se bouger, de redémarrer et de décamper.
je passe sur le reste, sur les déplacements avant ou après cette époque mais j'ajoute juste un dernier truc.
le jour suivant, j'ai acheté ce torchon qu'on peut se procurer en région parisienne et qui fait office d'organe officiel du Paris-SG FC, hé bien, tu veux savoir, il y avait juste un encart ridicule en bas à droite sur ces incidents.
pourtant je suis sur que si tu vas à troyes, y'a encore des gens qui t'en parleront.

en somme, ce que je veux te dire, c'est que dire, décrire ce qui peut se passer est une nécessité impérieuse.
contrairement à ton point de vue, il faut en parler ou plutot il fallait en parler.
cela aurait peut etre conduit à éviter la mort de deux mecs et également la mort (que je n'espère que temporaire) de nos tribunes.
in fine, je te rejoins sur un point, ce qui se passait ne pouvait pas durer indéfiniment.
mais quand je te dis ça, j'ai une bonne idée de ce qui se passait réellement.
oui les tribunes telles qu'elles étaient engendraient des abus, non tout n'était pas négatif et oui on aurait pu circonscrire le probleme sans tout détruire.
le probleme résidait dans les ambiguités entretenues par les ultras parisiens avec la violence.
certains se conformaient au précepte italien (tifo et violence), d'autres rejetaient clairement et officiellement la violence, d'autres encore (par autodéfense dirais-je) étaient au milieu.
ce positionnement a fragmenté la tribune auteuil et ce phénomène s'est répétée tout au long des 20 ans d'existence de la tribune.
de cette ambiguité est née le souci car, hein, on va pas se mentir, autant je déteste les hools, autant je leur reconnais au moins le mérite d'avoir tjs été clair sur ce qu'ils sont.
les ultras, non.
or, les hools ne peuvent prétendre à une position officielle, les ultras auraient pu.
sur ces bonnes considérations...amitiés aux parisiens.
@one_of_the_amoks: merci de ton point de vue. C'est sympa de pouvoir échanger ainsi.
Je suis heureux de pouvoir lire ce genre d'articles sur sofoot, mais par moments, je trouve le ton trop complaisant avec ce genre d'incidents.

J'aimerais simplement que l'auteur, dans ces cas là, se rappelle bien qu'il donne le récit d'imbécilités sans nom. SF est connu pour ses articles d'opinion, et bien ici j'aurais aimé un peu plus de parti pris qu'un "l’intérêt n'est pas de savoir qui a gagné".

Tous les supporters du PSG peuvent s'égosiller autant qu'ils veulent, quand on lit ce genre d'articles, on ne devrait que se réjouir du plan Leproux. A un moment, il faut savoir choisir entre le spectacle et le bon sens. On veut de l'ambiance où des morts?

Quand on arrive à des proportions comme on a pu en connaitre, il serait bien que certains se rappellent que c'est juste un sport.

A ceux concernés qui me liront: ABRUTIS.
Teuhouf
@one of the amoks...

Beaucoup de points intéressants à relever ton analyse.

Oui l'évènement de Bastille a tendance à donner raison à Lepoux. Mais faut comprendre que les hools sont tellement en manque de stade (la plupart sont surement ids ou boycottent le parc) que de voir débarquer des serbes avec lesquels ils entretiennent d'anciennes rivalités est une aubaine pour en découdre et enfin se défouler.
Je ne légitime ni cautionne leurs actions en disant ça, simplement comme tu le dis toi même ils ont toujours été clairs sur leur position et ont agit en fonction.
L'apparition de néo-hools (ancien ultras de la K-soce selon l'article) montre ainsi que cette reconversion vient peut être de la colère, de l'impuissance face à leur éviction des tribunes dont l'animation constituait l'accomplissement de la semaine, L'Événement hebdomadaire de chacun ultra. Et également de l'incompréhension et de l'injustice ressentie lors des dep depuis 2 ans, ou la répression n'a cessé d'augmenter selon des procédés et jugements absurdes comme chacun sait.

A ma connaissance les K-soces sont les plus actifs sur les dép, mais à force il ont du en avoir marre et se sont joints au KOB pour déverser leur colère que des supp rivaux. Ceci n'est que spéculation mais pour en revenir à ton premier comment, j'ai l'impression que tu joues le rôle des médias à scandales en disant que l'essentiel des actions des derniers actifs sont de la tape... C'est faux, simplement ce sont les seules qui passent en boucle aux infos du lendemain. Encore une fois, à part les k-soces il y avait surtout des hools à Bastille qui ne sont pas ou peu impliqué dans la lutte ultra 'pacifique'. Peut-être que tu disais ça plus par désespoir qu'autre chose, du fait que ça empire encre notre image et la possibilité d'un retour en tribune, mais bon essayons d'éviter les amalgames ici, on en bouffe/pâtit déjà suffisamment ;)

Les derniers supp actifs n'ont aucun intérêt faire parler d'eux en mal (si la K-soce team était vraiment présente à Bastille ils ont rien compris ou ont décidé d'abandonner la lutte), et n'ont plus comme moyen d'action visible que les contre parcages, qui ont deux objectifs :
-Dénoncer le plan Lepoux en soulignant notre rôle primordial au sein du club, qui est de soutenir l'équipe à l'extérieur grâce à l'un des meilleurs publics de France (rip?), et à domicile dans le stade qui s'y prête le mieux (rip aussi).
-Essayer par ce biais de faire oublier les morts en s'efforçant de donner une meilleure image.
Mais LE gros problème c'est que c'est jamais évident, voir impossible et les gars du milieu savent très bien pourquoi :
L'effet de masse + l'alcool (démultipliant les dispositions pour la baston, les gestes racistes venant de personnes qui ne le sont pas forcément à la base etc..), l'ambiance électrique autour des stades, la politisation des tribunes présente dans toutes les têtes qui a flingué notre mouvement etc.. Bref tous ces facteurs font qu'il y a/a eu/aura toujours des dérapages, malgré la volonté des cadres associatifs de "tenir leurs troupes".
Combien de fois ça s'est chauffé à Boulogne parce que des mecs du noyau des Boys allaient essayer de stopper/virer les gars balançant des cris de singes ou salut nazi? (tentative d'assainissement de la tribune suite notamment aux stigmatisations et amalgames des médias dont les boys ont toujours souffert, surtout vers la fin). Problème (encore un) les bonhommes réprimandés pouvaient être des anciens, indeps ou hools (le KOB est de 7 ans plus vieux que les Boys) et on connait l'importance du principe d'ancienneté dans le monde des tribunes (également à l'origine du conflit KOB/VA), résultat gros bordel*.. Ou alors simplement des mecs pas à leur place, derrière la bâche du groupe.

Bref on voit à quel point le sujet est putain* de complexe, et donc comment les médias par des papiers bâclés ont pu amplifier les clivage, sans traiter le fond et les causes réelles du problème.

Mais One of The A., tu crois vraiment qu'en parlant plus ou mieux ça aurait changé la donne? Les pouvoirs publics n'auraient rien fait de toute façon (alors qu'ils connaissaient très bien et depuis longtemps les principaux fouteurs de merde*), à croire qu'ils attendaient un évènement de ce genre (mort de Yann), pour balayer tout le monde ces chiens.

Je pense que la seule solution aurait été une meilleure entente entre les groupes des deux virages, elle fut d'ailleurs entreprise, mais pour les raisons évoquées plus haut elle ne tenait tellement qu'à un fil.. Exemple au Mans en 2005, ce tristement fameux dép auquel j'étais ou une grosse baston kob/va a éclaté suite à une provoc' entre 2 types dans les chiottes à la mi-temps... Plus d'autres comportements abusés comme celui que tu décris à Troyes, une accumulation d'évènements qui a engendré une situation totalement incontrôlable.

A mon sens l'extrême sensibilité ambiante autour de la notion de racisme appliquée au monde naturellement violent des tribunes ne pouvait aboutir qu'à un voir plusieurs morts, rendant impossible de "circonscrire le problème sans tout détruire". Ou alors comment?
Ça me fait mal de le dire mais oui le plan Leproux était donc surement nécessaire, à nous maintenant de leur montrer qu'on a appris de nos erreurs, et qu'on ne risquera pas un seconde fois de tout foutre en l'air.. Et de définir les conditions réalistes d'un retour rapide bordel*! Mais là encore comment? Comment concevoir pour nous autre chose que le retour des territoires de Boulogne et d'Auteuil (par exemple en une grande asso par virage), et comment la direction pourrait accepter de les réinstaurer?

Pour terminer j'aimerai rebondir sur ton dernier point sur la violence, et comme tu le dis très bien sa place ambiguë dans le mouv' ultra, et pas que dans le VA! Après tu connais mieux ta tribune que moi, mais c'est un peu pareil pour tout les supp; en déplacement chaque groupe ne peut pas être mieux représenté (noyau dur, gars motivés, beaucoup sont potes etc..) et t'as pas que les couleurs du club et de ta ville à représenter, mais aussi celles de ton groupe, une réputation à façonner, tenir. La position numéro 1 des ultras est de les défendre avant tout visuellement et vocalement pendant le match, mais donc aussi d'afficher avec fierté, défi et provocation (forcément), nos étendards dans les villes et à proximité du stade. Ce qui a souvent amené des échauffourées entre locaux et cortèges des visiteurs, conduisant de plus en plus les poulets à les encadrer. D'ailleurs pas mal de groupe ont compris que leur maintien ne tient plus à rien et de leur propre volonté se font plus discrets en dép.

Une partie de la force et de l'intensité du mouv' ultra tient peut-être du fait qu'il est éphémère, comme si tous ses membres savaient qu'ils vivaient peut-être leur dernier match, leur dernier dép, et ainsi donnaient tout, parfois trop..
Quand on voit toutes les actions qui se sont menées après les dissolutions à Paris, plus ou moins efficaces et adroites certes, malgré tous ces obstacles qui nous font passer pour de véritables hors la loi, ça rend la lutte encore plus belle. Nous supporters on est toujours là, et peut être que ça paiera un jour.

Merci pour ton témoignage en tout cas et à Sofoot pour les investigations menées. On a tellement besoin d'être précis et complet sur un sujet si sensible. Et n'en déplaise à papaours, mais cet article est plus que jamais un article de football, de football moderne au milieu d'un société spectaculaire et scandaleuse, entrainant des comportements irrationnels et bestiaux, mais qui sont minoritaires et ne devraient donc pas être autant visibles et faire ainsi de l'ombre à la force populaire du mouv' ultra, qui reste la seule réponse crédible à la Politique qui a depuis longtemps instrumentalisée ton "beau sport", assassinant des gens et des passions.
Teuhouf
Au fait One of the amoks j'ai oublié de te mettre ce lien
http://shp1970.fr/
que tu connais peut-être (ou la page facebook associée), simple et unique exemple que des mecs essaient de se motiver et surtout de faire respecter des règles de bonne conduite. (pour ma part j'ai pas pu faire de dép encore mais à venir)

Désolé à tous pour la longueur ambitieuse et incontrôlée de mon précédent commentaire.. ;)
Mais si l'article est trop vieux pour avoir les réactions et débats souhaités, je le rebalancerai plus vite sur le deuxième volet du dossier ^^
Le but étant d'échanger avec d'autres (ultras ou pas) notamment pour essayer de faire avancer les choses dans le 'bon sens'.. (selon le pragmatisme ricain ;))

comme tu le dis, je témoigne parce que ça me fait un peu mal de voir ce que sont devenues nos tribunes d'une part, ce que sont devenus les "groupes" (sans trahir de secret: une peau de chagrin pour ceux que je connais) d'autre part.
mais au vrai, je ne vis pas que dans la nostalgie, tout simplement car je n'étais pas satisfait de ce qu'il y avait précédemment.
cela dit, reste le dernier truc sur lequel je peste, le manque d'intervention des pouvoirs publics.
tu as tout à fait raison, je savais à l'époque qu'ils ne feraient rien mais bon s'ils avaient bougé, ils auraient réglé le probleme en 2 secondes.
enfin...c'est la vie comme qui disait.
merci pour le lien sinon, j'irais voir.
Ooouuuuh le joli petit pic lancé au PUC ^^ Vous voulez de leurs news ou quoi (se sont reconvertis dans le "retapissage" des rues de Paris ou ont lâché l'affaire)? Le Virage Auteuil c'est fini, ce qu'il en reste c'est la KST et quand on voit la tronche de cette équipe qui est devenue schyzo/amnésique (au choix)ça laisse rien présager de bon. Je parle bien sur des anciens membres actifs, les lambdas ont quand à eux laisser tomber ou repeuplent le Parc. Dommage que le VA n'est pas eu la même solidarité que les membres du KOB, ça aurait sûrement changé la donne et ce bien avant 2010 (cf le triste sort des TM93).
Le Parc est mort! Vive le Parc? (outch je m'en suis mordu la langue)
Bon courage à ceux qui essayeront de (re)donner un brin de vie (sans violence) à ce stade :)
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