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C’était l’Islande

Voilà c’est fini. Après un mois d’exploits, de petites histoires folles martelées dans la presse française, les Strakkarnir Okkar sont redescendus sur terre. Un atterrissage difficile qui doit surtout servir à préparer l’avenir, comme l’a expliqué Lars Lagerbäck.

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Lars Lagerbäck garde toujours la tête froide. Pour évoquer la fin de la saga la plus folle d’Islande, le Suédois est resté rationnel en conférence de presse, soulignant la supériorité de l’équipe de France et le mauvais match de son escouade : « Premièrement, je souhaiterais féliciter la France. C’est une très belle équipe. Mentalement, on n’a pas été à la hauteur en début de match. On a peut-être joué le match avant dans nos têtes. C’est quelque chose de psychologique, je pense. Nous avons commis quelques erreurs stupides. Nous n’avons pas été assez incisifs au moment de prendre des décisions, nous n’avons pas toujours défendu en équipe. Ça n’est pas un problème d’attitude, mais quelque chose qui s’est passé dans la tête des joueurs. » Au moment d’aborder le plus gros match de leur vie, les joueurs islandais ont donc failli émotionnellement, submergés par l’aspect irrationnel de leur aventure. Ils étaient en lévitation depuis le match contre l’Angleterre, ils se sont crashés face aux Bleus, ce qui ne doit pas réduire la portée de leur exploit.

Cendrillon, jolie petite histoire


Depuis le début de l’Euro, l’Islande a intrigué la presse française et internationale. Et c’est normal. Comme l’écrivait Hallgrimur Helgason : « Tout le monde aime les histoires de Cendrillon, et, bien sûr, c’est super pour nous de pouvoir être Cendrillon en personne. Le seul problème, c’est que l’horloge tourne et se rapproche dangereusement de minuit. » Alors que Cendrillon est rentrée chez elle, à l’heure de dresser un premier bilan de l’odyssée viking, que retiendra-t-on du passage des Strakkarnir Okkar en France ? D’abord un public extraordinaire qui a fait plus de bruit que les fans bleus au Stade de France, des clappings fous qui ont conquis Youtube et les stades tricolores et un exploit majuscule contre les Anglais. Mais surtout des tonnes de petites histoires martelées dans les médias, des miscellanées incroyables – un entraîneur dentiste, un gardien réalisateur de clips, plus de volcans en Islande que de footballeurs professionnels – suscitant l’attachement du monde entier, attiré par l’histoire éternelle du Petit Poucet. Un conte dont la traduction sportive fait toujours recette, de la Coupe de France à l’Euro, même chez les plus cyniques.



Sauf que cette sympathie mondiale a rendu l’analyse difficile. Le parcours islandais a souvent été traité de manière folklorique, occultant les vraies raisons de la success story viking. À savoir une rigueur tactique incroyable, un plan de jeu vendu comme simple par Heimir Halgrimmsson, mais connu sur le bout des doigts. Et surtout des performances personnelles de haute volée pour les piliers de l’équipe. À trop évoquer le côté pittoresque d’une escouade venue d’une île volcanique où les habitants croient en l’existence des elfes, on en a oublié que Gylfi Sigurdsson était depuis des années l’un des meilleurs milieux de Premier League (un joueur de classe mondiale, même pour Lagerbäck, pourtant pas le genre à s’enflammer), qu’avant sa saison ratée à Nantes, Sightorsson était titulaire à la pointe de l’attaque de l’Ajax ou que Bjarnason aurait sa place dans n’importe quelle équipe du haut de tableau en Angleterre. Bref, que l’Islande n’avait pas surgi en drakkar de nulle part, qu’elle avait battu deux fois les Pays-Bas ou qu’elle avait déjà failli se qualifier pour le Mondial brésilien. Sans doute pour cela que Lagerbäck a vite rappelé que l’objectif désormais était de se maintenir au plus haut niveau et de viser la qualification pour la Coupe du monde en Russie. Une mission difficile, mais pas impossible.

Vers une vraie belle équipe de football



Parmi les chiffres ressassés par les médias, un semble véritablement significatif : « une centaine de joueurs professionnels islandais » . Un vivier national incroyablement réduit, qui fait que sans l’apport d’une génération dorée comme c’est actuellement le cas, le maintien au haut niveau est simplement impossible. Ça, Lars Lagerbäck le sait mieux que quiconque. : « On a un groupe dans la force de l’âge, et le futur s’annonce brillant à condition que la fédération investisse les revenus et les retombées de notre parcours dans le développement des jeunes joueurs » , rappelait-il hier. Une condition sine qua non pour que l’aventure française ne soit pas qu’un feu de paille et que l’Islande perdure au haut niveau. Peut-être qu’alors, on ne verra plus les Strakkarnir Okkar comme une bande pittoresque de joyeux hipsters barbus, mais comme une vraie bonne équipe de football. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Par Arthur Jeanne

Dans cet article

Lamottatamère Niveau : District
Note : 1
J'espère vraiment les voir en 2018. L'équipe m'a l'air plus prometteuse que la Grèce 2004, plus de ferveur, plus costaud, meilleure mentalité. Je les ai suivi depuis les qualifs et franchement, c'était beau.
Le saigneur de l'anal Niveau : DHR
Note : 1
Belle équipe et la belle histoire de cette compétition. Ils m'ont fait rêver , un peu comme Luzenac , il y a deux ans... (David contre Goliath et tout ça).Avec plus de succès pour les vikings.
Bravo à eux et leur public.
Croatie Turquie Ukraine Finlande Kosovo

La Croatie devrait passer et l'Islande a peut être une chance derrière vu qu'ils ont déjà fini devant la Turquie la dernière fois... Ca sera quand même dur de finir devant la Turquie ET l'Ukraine
Le parcours de l'Islande est ni le fruit du hasard, ni un truc que tu peux reproduire à volonté. C'est un moment de grace comme beaucoup d'équipes en ont connu avant de retomber dans l'ordinaire (Sedan 1998-2001!).

Pas un hasard parce que l'islande a toujours eu une équipe solide avec un ou deux joueurs niveau PL. D'ailleurs, l'EDF ne leur a pas souvent mis des valises en qualifs. Il se trouve qu'ils ont une génération un peu plus talentueuse et professionnelle que les précédentes et qu'ils ont bien bossé.

Mais ce parcours n'est pas reproductible car trop de choses ont bien tourné pour que ça soit modélisable: pique de forme des joueurs clefs, adversaires suffisants et/ou défaillants, momentum, confiance et cohésion renfocées à chaque match, chance... tout ce qui fait qu'individuellement et collectivement l'équipe était à 100%. Maintenant, ça va aider leur formation et faire venir les gosses, mais toutes les nations qui ont sous-performé depuis des années vont regarder vers l'Islande (à commencer par les voisins ecossais et norvégiens qui se sontent légèrement humiliés); Et sauf micro-climat surnaturel, il n'y a aucune raison que l'Islande continue à surperformer comme ça avec 10 à 200 fois moins d'habitants que ses concurrents. Ils vont rester ce pays chiant à battre mais sympathique qui fait une phase finale tous les 30 ans...
wallotexas Niveau : CFA
Ils m'ont donné envie d'aller faire un petit tour là-bas...
Message posté par Lamottatamère
J'espère vraiment les voir en 2018. L'équipe m'a l'air plus prometteuse que la Grèce 2004, plus de ferveur, plus costaud, meilleure mentalité. Je les ai suivi depuis les qualifs et franchement, c'était beau.


Ce qui est fascinant chez le triomphe Grec, c'est qu'il n'avait qu'une seule option, l'ont jouée à fond et ont vaincu ainsi, avec un parcours du combattant en plus. Ca en fait chier beaucoup, mais c'est un exploit superbe.
L'Islande a montré, entre le tournoi et les qualifications, qu'ils ont plus d'un tour dans leur sac, ils ont su varier leurs compétences quand c'était nécessaire, c'est remarquable également.
J'y étais l'été dernier, c'est génial, entre les routes toutes pétees et les lagons au milieu de la montagne..
Bon par contre faut pas y aller en hiver, et ça coute cher l'été
d equateur Niveau : DHR
Tout à fait d'accord.

Aventure très sympathique, mais ceux qui pensent que ce n'est qu'un début vont, à mon humble avis, tomber de haut.
d equateur Niveau : DHR
D'accord avec Zangli, je voulais dire.
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
Franchement je n'avais pas été surpris que l'Islande sorte de poule. Ils avaient fait de bon matches de qualifs pour la CDM 2014 ne perdant qu'en barrage contre la Croatie et de super matches de qualifs pour l'Euro 2016.
Après j'avoue contre l'Angleterre c'est un peu fou mais pas si illogique que ça tant les anglais ont été faibles.
Je vois bien l'Islande continuer à progresser, le parcours de l'équipe national ces dernières années va forcément susciter de l'engouement auprès des pratiquants et des professionnels de l'encadrement (coaches, staff, etc).

Le travail mené en amont depuis plusieurs années s'avère payant, je ne vois pas pourquoi il va s'interrompre sur un Euro réussi, bien au contraire.
Ce sera une question de continuité dans la recherche, le travail de développement.

Le fait d'avoir un réservoir de pratiquants réduit peut être un gros avantage selon moi, cela permet de vraiment bien travailler et surtout d'avoir un contrôle accru sur ce qu'il se passe et de repérer très rapidement les meilleurs éléments.

Avec un travail assidu et innovant de la part des clubs et de la fédé, je pense que l'Islande a de beaux jours devant elle.

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