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  2. // Disparition

C'était Albert Ebossé

L'attaquant camerounais de la JS Kabylie, Albert Ebossé, est mort samedi soir sur le terrain de football de Tizi Ouzou, tué par un projectile lancé par ses propres supporters. Il avait 24 ans.

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La vie ne tient souvent qu'à un fil. Parfois, entre les mains des moires, ce fil s'apparente à la balistique d'une pierre qui vole. Comme tout objet en mouvement, la finalité d'un caillou, qu'il soit gros ou petit, est de retomber. Sa trajectoire n'est qu'un trait discontinu qui mesure sa portée en trois dimensions, et son voisinage au sol, sous l'effet de différentes forces. Samedi, le parpaing lancé des tribunes du stade du 1er-Novembre-1954 aurait pu atterrir n'importe où dans la foule. Triplement confronté à son poids, au frottement de l'air et à la gravité, il a finalement rebondi sur le crâne moite d'Albert Ebossé, qui retournait au vestiaire sous la furie de ses propres supporters. L'attaquant camerounais s'est écroulé, sans vie, au milieu de la cohue. « Il a reçu deux projectiles, le premier au poignet et le second à la nuque  » , tente de se rappeler Kamel Yesli, son coéquipier, en sanglots : « Albert, il n'a pas pu esquiver... Il a été transporté directement à l'hôpital... Ils ont fait tout ce qu'ils ont pu… »

Albert Ebossé est mort ce samedi 23 août au soir, à l'endroit où justement il croyait revivre. Son rêve et son métier, c'était de jouer au football. « En Algérie, il était en mission. Il voulait réussir pour les siens » , se souvient Kamel, qui habitait le même immeuble que son ami. « On se baladait et on mangeait souvent ensemble. En ville, on n'a jamais été insultés par les supporters. Au contraire, ils l'aimaient, c'était leur joueur préféré… » Dans ce qui s'apparente moins à une exécution sommaire qu'à un crime passionnel, ses plus fervents soutiens se sont transformés en bourreaux un soir de défaite contre l'USMA Alger (1-2). « En Algérie, les supporters aiment tellement le foot qu'ils en deviennent fanatiques  » confirme péniblement Kamel Yesli, qui avoue avoir « déjà échappé au pire » par le passé.

« Il était comme un Algérien »


Toujours sous le choc, son ancien entraîneur Azzedinne Ait-Joudi parle de lui au présent : « Albert, c'est quelqu'un de très modeste, souriant et sociable, toujours respectueux. C'est un enfant de chœur… Il m'appelait toujours papa, mon fils était très ami avec lui. » Les routes des deux hommes se sont croisées il y a un peu plus d'un an, lorsque le coach a repéré le joueur en Malaisie, au Perak FA. « C'est quelqu'un qui est venu avec beaucoup d'ambitions même s'il avait quelques appréhensions au départ. Il était très content que je le retienne et il m'a promis d'être à la hauteur. » Chose promise, chose due. Pour sa première saison en Algérie, l'attaquant camerounais marque 17 fois et termine meilleur buteur du championnat. Doté d'une belle présence physique, d'une grande rapidité et d'un sens du placement naturel, il fait rapidement taire les sceptiques. « Je n'oublierai jamais un appel d'un dirigeant qui a voulu me décourager en me disant que j'avais fait une mauvaise affaire, se rappelle Azzedinne, aujourd'hui entraîneur de Hussein Dey. Avec le temps, il a prouvé qu'il était le meilleur joueur. » D'une carrière brisée en vol, il ne reste aujourd'hui qu'un titre de champion du Cameroun en 2010, acquis avec le Coton Sport, le club de ses débuts, ainsi que deux finales perdues de Coupe du Cameroun et de Coupe d'Algérie.

Youtube

Albert Ebossé était cependant bien autre chose qu'un simple footballeur de talent. Derrière le joueur, il y a forcément l'homme, encore plus regretté. « Je n'oublierai jamais ses gestes envers ses amis. Au mois de ramadan, il a insisté pour participer au jeune avec nous. Il aimait le club, allait en visite dans les villages, il se considérait comme un Kabyle. Il était comme un Algérien. » Ancien entraîneur de l'USM Alger, Rolland Courbis a lui aussi témoigné d'une personnalité attachante et sans zone d'ombre : « Je le connaissais très bien. (…) C'était un super mec, adorable, un amour de mec. Un joueur costaud comme pas possible, volontaire, athlétique. » Généreux sur le terrain comme en dehors, tous ceux qui l'ont connu le décrivent comme un homme soucieux pour sa famille restée au pays, à qui il envoyait régulièrement de l'argent. Quant Azzedine a appris la nouvelle, sur le retour de son match à Oran, il n'a pas voulu y croire. « Nous étions tous consternés dans le bus de l'équipe. J'avais avec moi un ancien joueur de la JSK qui l'a connu et aussi un autre joueur camerounais. On pleurait comme des enfants. C'est quelqu'un qu'on a beaucoup aimé. »

« On joue vraiment la peur au ventre »


Mort, Albert laisse derrière lui un peuple algérien perclus de honte et de multiples questions. « J'ai été dégoûté, mais je savais que ça allait arriver, s'est insurgé Mohamed Chalali, ancien joueur de la JSK, au micro de RFI. Comme on dit, ça nous pendait au nez. Il n'y a jamais eu une vraie prise en considération de la part des autorités. […] On joue vraiment la peur au ventre. En rigolant, je disais parfois qu'on jouait notre vie. » Plus que les « énergumènes » qui lançent des bouteilles ou des parpaings, Azzedine Ait-Joudi accuse davantage les journaux locaux aux titres racoleurs, qui font de chaque derby un duel à mort au lexique guerrier. « Il faut que notre presse se moralise. Les titres sont provocants, choquants. Pour chaque match, on a le droit à "c'est la victoire ou la descente", "c'est le match de la vie, c'est le match de la mort", tout cela contribue à créer une atmosphère épouvantable. » Pour l'instant, la Fédération algérienne de football a décrété l'annulation de toutes les rencontres prévues les 29 et 30 août prochain. La LFP, elle, a confirmé que le stade du 1er-Novembre-1954 était fermé jusqu'à nouvel ordre. Les résultats de l'enquête lancée par le ministère de l'Intérieur devrait en outre permettre de mieux comprendre les circonstances du drame. Le procureur de Tizi-Ouzou a néanmoins déjà confirmé que le joueur était décédé suite «  à un traumatisme causé par un objet contondant et tranchant, provoquant une hémorragie interne » .

Youtube

Depuis quelques jours, une autre version, alimentée par une vidéo, fait polémique. On voit notamment le joueur parvenir à entrer dans le tunnel qui mène au vestiaire, au coup de sifflet final. Rachid Azouaou, membre du conseil d'administration de la JSK, a commenté les images : « Il y avait le capitaine Ali Rial qui était à côté. Il a entendu Ebossé crier et tomber à l'intérieur du tunnel. Tout le monde pensait que c'était à cause d'un projectile. Mais les dernières informations qu'on a laissent imaginer qu'il a peut-être fait un arrêt cardiaque. » Dans cet océan ombrageux de versions dissociées, il a ajouté : « Le coup était derrière sa tête. Je pense qu'il l'a eu en tombant, pendant son malaise. » En attendant la finalité de l'enquête, la plus pure des vérités se trouve sur le terrain. Quelques minutes avant de perdre la vie, le meilleur buteur du dernier championnat a inscrit un pénalty. C'était son dernier but professionnel, sa dernière danse au poteau de corner. C'était le père aimant d'une fille d'un an, le fils aimé d'une mère attentionnée. C'était Albert Ebossé.

Par Pascal Avène
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Pascal Pierre Niveau : Loisir
Et dire qu'à contrario des hooligans anglais du XXième siècle, on ne peut même affirmer que l'alcool soit une cause de ces débordements.

Juste de la connerie pure, non altérée.
Bel article, et bel hommage pour un joueur que je ne connaissais absolument pas, mais qui avait tout du chouette type et du bon copain qu'on veut tous avoir!
L'alcool totalement responsable de debordement est une escroquerie pour deresponsabiliser la compagnie.
Eh bien paix à son âme. Qu'on soit un bon ou mauvais gars, quand on aime le football à ce point et que des animaux viennent lâchement mettre fin à votre vie avec un parpaing, cela montre que parfois, la vie est une sale pute.
Une sale *pute. Faut le dire quand-même...
C'est bien de lui consacrer un article plus long. Elle est finalement passé un peu inaperçue cette histoire à côté du coup de boule de la Brandade, alors que c'est un des pires scandales du foot de la décennie.
Danse, biatch! Niveau : Ligue 1
Note : 11
C'est un bel hommage, que j'ai lu avec (presque) les larmes aux yeux et des frissons.

Je croyais que c'était impossible, impensable de mourir ainsi, naïf et idéaliste que je suis!

Requiescat In Pace, Albert Ebossé. Un lion ne meurt jamais, il dort...
Je suis moi même un fidèle supporter de la JSKabylie , qui est bien le plus grand club Algerien.
Je dois avouer que cet événement est bien un coup qui porte encore plus bas ce club qui n'est plus ce qu'il était depuis maintenant presque une dizaine d'année.
Ebossé a été trahi oui , c'est bien le mot. par un energumen qui ne represente pas ses vrais fans , mais n'empêche que tout le monde a une part de responsabilité dans cette affaire.
A vrai dire , si vous aviez demandé à quelqu'un qui suit le championnat Algerien qu'un incident de ce type s'est produit , le dernier stade auquel il aurait pensé serait bien le stade du 1er Novembre (ndlr : le stade de la JSK) , mais voilà ces violences sont monnaies courantes dans les stades Algeriens , et il a fallu que ça tombe sur celui là , et surtout sur Albert.
Je pense qu'une suspension du championnat pour un bon bout de temps ne serait pas de refus , ou au moins une saison qui se disputerait à huis clos.
Mais le probleme est bien plus profond je pense.....
Repose en paix Albert , je garderais toujours de toi cette image de l'attaquant toujours souriant face à ses adversaires , je crois ne l'avoir jamais vu énervè.
Message posté par Pascal Pierre
Et dire qu'à contrario des hooligans anglais du XXième siècle, on ne peut même affirmer que l'alcool soit une cause de ces débordements.

Juste de la connerie pure, non altérée.


Mais surtout, n'allez pas croire que les Kabyles ne boivent pas... c'est la modération surtout qu'ils ne connaissent pas.
Prospère Mulenga Niveau : CFA
Vraiment triste j'espère que le coupable sera retrouvé et puni sévèrement ! On parle des autorités, de la presse mais un homme doit savoir se contrôler point barre. toujours a chercher des excuses . Tu fais une erreur, t'assumes point barre !
Le général parlait de certains algériens avec le terme animaux, je pense qu'il a pas tout à fait tort dans ce contexte
Je suis vraiment étonné qu'on ait si peu parlé de ce drame. C'est tout bonnement incroyable. Merci pour cet article.
Message posté par Scheffo
Une sale *pute. Faut le dire quand-même...


Eu, c'est quoi cette insulte ?
C'est un peu comme les commentaires sur Youtube :

"Sale PD de raciste"

Oui, coco mais toi tu es homophones, donc tu vois pas mieux.
TheDoctor Niveau : DHR
Comme a dit le regretté Bill Shankly « Le football, ce n'est pas une question de vie ou de mort. C'est bien plus important que cela. »

Espérons seulement que ce drame ne soit pas l'épilogue du football algérien
Bayer Leverkusec Niveau : DHR
Après la coupe du monde, les supporteurs algériens se payent encore une bien jolie publicité. Quelqu'un a connaissance d'un point Godwin pour les maghrébins ?
Message posté par jugurtha94
A vrai dire , si vous aviez demandé à quelqu'un qui suit le championnat Algerien qu'un incident de ce type s'est produit , le dernier stade auquel il aurait pensé serait bien le stade du 1er Novembre (ndlr : le stade de la JSK) , mais voilà ces violences sont monnaies courantes dans les stades Algeriens.



étant supporteur de la JSMBéjaia et ayant a quatre reprises fait le déplacement a Tizi Ouzou (3 pour le derby Kabyle et une fois pour la demi finale de la coupe d'Algérie face au NAHD en 2008) Je dois dire que ça ne me surprends malheureusement pas que ça tombe sur le stade du 1er Novembre, étant donné que 3 fois sur mes 4 déplacement nous avons eu des problèmes avec vos supporteurs, mention spéciale aux matchs de la saison 2006/2007 et celui de coupe d'Algérie qui ressemblait fortement a un guet-apens vu la violence dont on a eu a faire face et ça en toute impunité (Merci la fédé Algérienne).

La JSK a de tout temps eu le soutien de la fédé ET de l'état Algérien (pour des raisons politique notamment) Après je suis d'accord avec ta dernière phrase, nos stades n'ont de stade que le nom et la violence y est ultra présente et va falloir changer cela car cela fait trop longtemps que ça dure; il a malheureusement fallu qu'un joueur de foot perde la vie pour que certains puissent ouvrir les yeux.

PS: Selon les journaux Algérie le joueur serait mort d'une crise cardiaque (Lol) est-ce vrai? (improbable) ça donne l'impression que les "gens" veulent éviter un scandale qui a déjà éclaté.
The Truth Niveau : DHR
A la fin de l'article, cette histoire d'arrêt cardiaque me parait louche; p-être une porte de sortie pour le club, le foot algérien et l'Algérie pour sauver la face...

J'espère que la justice algérienne fera correctement son boulot... en faisant abstraction d'éventuelle pression politique
Danse, biatch! Niveau : Ligue 1
Note : 1
Message posté par HushCreep


Eu, c'est quoi cette insulte ?
C'est un peu comme les commentaires sur Youtube :

"Sale PD de raciste"

Oui, coco mais toi tu es homophones, donc tu vois pas mieux.


HS, @Scheffo termine simplement son message précédent qui disait : la vie est une sale ----
Prospère Mulenga Niveau : CFA
Note : 2
Message posté par HushCreep


Eu, c'est quoi cette insulte ?
C'est un peu comme les commentaires sur Youtube :

"Sale PD de raciste"

Oui, coco mais toi tu es homophones, donc tu vois pas mieux.


Commentaire HS !
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