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C'est quoi ce racisme à la CAN ?

C'est une triste habitude. Comme à chaque CAN, le racisme anti-noir s'invite sur les réseaux sociaux, où les commentaires décomplexés affleurent dans un mélange d'indignation collective et de stupidité.

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« La France est un pays très raciste. L'Europe est raciste en général. » Les mots de Booba, prononcés sur RMC à la veille de son concert d'ouverture de la CAN 2017, résonnent tristement dans l'actualité avec la mésaventure de Balotelli à Bastia. Il n'empêche, le Duc de Boulogne a l'indignation sélective, puisqu'il n'a pas eu un mot sur les dérives qui règnent sur le continent africain à l'heure actuelle, et que chaque CAN offre le privilège d'observer. Cette année, tout a commencé lors de la première journée de la phase de poules, avec les défaites combinées du Maroc et de la Tunisie, respectivement battus par la République démocratique du Congo (0-1) et le Sénégal (0-2), ainsi qu'avec le match nul des Algériens face au modeste Zimbabwé (2-2). Des résultats décevants qui ont occasionné une véritable déferlante de haine et de stupidité sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes maghrébins n'hésitant pas à comparer les joueurs subsahariens à des « singes » ou des « babouins » ... Certains intellectuels allant même jusqu'à s'indigner de voir leurs sélections buter face à des équipes « composées à moitié de joueurs séropositifs » et de « ramasseurs de coton » .




De multiples antécédents


Aberrants ou vomitifs, c'est au choix, ces dérapages ne constituent cependant pas une surprise en soi. Depuis plusieurs éditions, la CAN irise les tensions raciales du continent. Il suffit de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur pour s'en assurer. En 2006, déjà, lors de la finale qui opposait la Côte d'Ivoire et l'Égypte, le défenseur Cyril Domoraud avait craint pour sa vie face au comportement hostile des supporters locaux : « Avant la finale, sur le trajet entre l'hôtel et le stade, les Égyptiens se mettaient devant le car et nous faisaient des signes, comme s'ils allaient nous égorger (il mime une gorge tranchée, ndlr). C'est l'ambiance la plus agressive que j'ai jamais vue. Finalement, quand on a perdu, plus que de la déception, j'ai ressenti de la peur. Si on avait gagné, on aurait sûrement dû compter nos morts en tribunes. Nos femmes, les dirigeants, les supporters étaient dispersés un peu partout dans les gradins. J'ai vraiment cru qu'ils allaient se faire écharper. » Plus récemment, en 2015, l'élimination de la Tunisie en quarts de finale face à la Guinée équatoriale avait provoqué de multiples agressions de ressortissants subsahariens à Tunis. Un jeune noir, même pas guinéen au demeurant, s'était notamment fait tabasser à la sortie d'un café. Il est vrai, la prestation de l'arbitre Rajindraparsad Seechurn, notoirement corrompu, avait causé un véritable sentiment d'injustice.


Cette année, les tribunes de la CAN sont essentiellement vides, la faute à la situation politique tendue au Gabon et au boycott revendiqué de la société civile. L'essentiel des dérapages se concentre donc sur les réseaux sociaux, où les internautes se complaisent dans des attaques raciales de plus en plus franches. C'était déjà le cas lors de la victoire du Burkina Faso sur l'Algérie (3-2), lors des qualifications à la phase finale de la Coupe du monde 2014. À l'époque, les supporters algériens avaient qualifié les joueurs burkinabés de « nègres » et de « mangeurs de bananes » , avant d'accuser l'arbitre Janny Sikazwe d'avoir obtenu son diplôme « dans un mafé » , ou d'avoir « gagné un sac de riz » pour laisser le Burkina s'imposer. Sélectionné à 43 reprises avec le Mali, Cédric Kanté connaît bien cette problématique. S'il n'a jamais souffert du racisme en tribunes, l'ancien défenseur de Nice et Sochaux se souvient d'avoir été confronté à des problèmes lors de la CAN 2012. « Il y avait déjà des insultes sur les réseaux sociaux, c'était choquant. Après, ce n'était pas aussi développé que maintenant, c'était encore un épiphénomène, assure-t-il, notant comme tout le monde une gradation dans la fréquence des insultes. Désormais, la parole des supporters maghrébins est beaucoup plus décomplexée. Cela traduit quelque chose de latent. »

Mémoire coloniale et ressentiment


Le racisme anti-noir des pays maghrébins est une réalité bien documentée. Selon Kader Abderrahim, chercheur à l'IRIS et spécialiste des pays du Maghreb, le ressentiment entre les deux populations s'est construit pendant la période coloniale. « À chaque soulèvement populaire, l'administration française allait chercher les tirailleurs d'autres pays africains, réputés plus dociles, pour réprimer les contestations. Dès lors, la figure du noir s'est progressivement confondue à celle du soutien au colonialisme, et cette mémoire s'est transmise à travers le temps. Même s'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres, les Noirs ont peu à peu été considérés comme la lie de l'humanité. » Aujourd'hui, les cas d'abus sont clairs. Les témoignages d'Africains qui travaillent en Égypte, en Algérie, au Maroc ou en Libye se multiplient. Ils racontent tous, à divers degrés, des situations d'humiliation publique et d'agressions physiques. À tel point que le Ghanéen Naiwu Osahon, du mouvement Panafricain, a récemment expliqué que « les Africains sont traités comme la crasse de l’humanité dans le monde arabe » . Un constat partagé par de nombreux d'observateurs. « Le racisme anti-noir est enraciné dans les pratiques de l'État et de la police. À partir de là, il n'est pas surprenant de le voir se diffuser dans la société maghrébine, confirme le professeur Kader Abderrahim. On inflige le même traitement à l'étranger qui arrive chez nous que celui qu'on reçoit en France. C'est du racisme à rebours. Vous savez, on est toujours le noir ou l'arabe de quelqu'un. »


Plus que jamais, le football cristallise cette tension. « On le sait, le sport soulève des passions hors de propos. Il y a une ferveur au Maghreb qu'on ne retrouve pas dans les pays d'Europe du Nord. Le football y est un objet de fierté et un moyen de revendiquer une identité positive » , explique le chercheur de l'IRIS, avant d'ajouter sans tabou : « Chaque compétition est devenue prétexte à un nationalisme exacerbé. Ainsi, on peut accepter de perdre face à l'Allemagne ou à l'Espagne, face aux blancs en général, mais face aux noirs, c'est insupportable et inacceptable. » Gare cependant à ne pas généraliser ces comportements à l'ensemble des populations. Selon Kader Abderrahim, ces dérapages restent avant tout l'apanage d'une « jeunesse paumée, marginalisée, pour qui le foot est un défouloir » . De sa voix toujours calme, Cédric Kanté ne dit pas autre chose : « À mon avis, les gars qui font ça doivent être à la fois très jeunes et pas très intelligents. Ils sont frustrés à cause des résultats, alors ils se lâchent. C'est facile aujourd'hui de créer la polémique dans son coin et de dire n'importe quoi, et cela prend des proportions énormes. » Bref, rien de nouveau sous le soleil : « qQuelle que soit la couleur de peau, certains gens sont idiots. »

De la débilité de certains


Une brève plongée dans les méandres des réseaux sociaux semble accréditer la thèse de l'ancien international malien. Les rares auteurs de tweets épinglés sur le net à avoir accepté de nous répondre oscillent entre excuses et dénégations. Voici ce que l'un d'entre eux, originaire de Bejaïa, raconte : « J'ai posté durant le match Algérie-Zimbabwé. L'Algérie perdait 2 à 0. Nous avons une certaine fierté, nous les Algériens et j'ai mis ce tweet en étant énervé. » Par la suite, le jeune homme a reçu plusieurs menaces de mort, le forçant à effacer son message douteux. « Je regrette, car je n'ai aucun problème avec les noirs ou autre communauté, je suis musulman. Ce tweet n'a rien de politique, c'était juste un match de foot et j'étais énervé à cause de l'arbitrage » , dédramatise-t-il. Bref, le jeune supporter algérien ne semble pas comprendre la portée et les conséquences d'un tel message. Comme il l'avoue lui-même avec détachement : « Twitter, c'est du virtuel rien de plus. »


Le cas de Laïla est encore moins compréhensible. Âgée de dix-sept ans, la jeune femme qui habite à Neuilly-Plaisance soutient l'Algérie, dont un de ses parents est originaire. À sa manière. « Oh shit c'était pas prévu qu'on se fasse taper par des singes » , a-t-elle lâché à l'occasion du match contre le Zimbabwé. Pourquoi ? « Alors tout d'abord c'était de l'humour (sic). Mais les gens n'ont pas compris. Plusieurs personnes on commencé a m'insulter, donc je me suis remise en question. En relisant mon tweet, je l'ai trouvé effectivement très raciste donc je l'ai supprimé. » Depuis, la jeune fille vit un calvaire, en étant régulièrement prise à partie par des internautes remontés, qui contre-attaquent à base d'amalgames tout aussi futiles entre arabes et terroristes. « Les insultes ont continué, parce qu'un idiot a fait une capture d'écran. Du coup, soit je ne réponds pas, soit je bloque. Je peux comprendre le fait que certaines personnes aient été blessées, mais ce n'est pas une raison pour pousser quelqu'un à bout comme ils le font. » Et la jeune métisse de philosopher, en tirant gravement les enseignements de sa mésaventure : « Oui, j'ai des regrets. Je ne pense pas du tout que les noirs sont des singes. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, d'autant plus que j'ai moi-même des origines sénégalaises. » À bientôt, dans le monde merveilleux des réseaux sociaux.

Par Christophe Gleizes
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