C’est quoi ce bordel à l’AS Moulins ?

Fin de saison galère pour l’AS Moulins : embourbé dans des difficultés financières depuis septembre, le club a dû se résoudre au forfait général. La raison ? Ses mini-bus se sont fait vandaliser dans la nuit de vendredi à samedi. Retour sur cette triste histoire, qui annonce la mort de l’équipe première évoluant en CFA, et peut-être du club.

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Mini-bus vandalisés, vitres éclatées, portes des véhicules dégradées, locaux cambriolés, licences volées… « C’est du grand n’importe quoi… On arrive à des extrêmes intolérables. Ce sont des menaces déguisées, on nous fait passer des messages. Qui dit qu’on ne tapera pas sur nos jeunes ou sur un dirigeant demain ? Il est temps que tout cela se termine. C’est triste que ça finisse comme ça, mais bon…  » Jean-Michel Cheymol, secrétaire général, est atterré. C’est officiel : son club, s’il continue d’exister, n’aura plus d’équipe CFA l’an prochain, et toutes les équipes réserves sont rétrogradées. La faute à un forfait général provoqué par la casse des mini-bus dans la nuit de vendredi à samedi, qui a empêché les joueurs de se déplacer pour le dernier match de la saison.

Les dégâts de la finance


Mais la triste histoire débute bien plus tôt. Et n’aurait jamais vu le jour sans les problèmes financiers de l’AS Moulins, dont les finances n’auraient pas forcément été gérées de la meilleure des manières : « On a eu un défaut de trésorerie comme beaucoup d’autres clubs à ce niveau-là. On s’est peut-être un peu emballé après notre quart de finale de Coupe de France en 2014 en recrutant des joueurs qui n’en valaient pas la peine et qui ne sont pas restés, expose Jean-Michel. Surtout, des partenaires nous ont abandonnés ou n’ont pas tenu leurs promesses. » Conséquences : le trou budgétaire s’agrandit petit à petit, et des décisions doivent être prises. Un rapprochement avec l’AS Yzeure, voisin auvergnat, est sérieusement envisagé en avril et le dossier de la nouvelle entité Moulin-Yzeure quasiment validée. Sauf que beaucoup, notamment des éducateurs, ne l’entendent pas de cette oreille, explique le secrétaire général : « L’AS Moulins est reconnue comme l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure école de formation d’Auvergne. Ce qui n’est pas le cas d’Yzeure. Certains considèrent ainsi qu’on perd un peu notre identité si on s’associe. Donc l’idée a été rejetée par le conseil d’administration. Mais elle n’est pas encore enterrée.  »


Malgré le dépôt de bilan qui accompagne ce choix, un autre projet basé sur la formation et porté par les éducateurs se développe en parallèle. Les divisions naissent ici. «  Sans te mentir, il y a beaucoup de choses qu'on ignore sur la gestion du club ou sur la partie financière, nous les joueurs. Donner un avis ne serait pas raisonnable, commence un des jeunes joueurs qui souhaite rester anonyme et qui refuse de s’exprimer librement. Mais soit on est pour la fusion, ce qui signifie que Moulins a fait n'importe quoi, soit on est pour ceux qui veulent garder Moulins et on est à fond derrière le club. Je ne dirai pas qu’il y a rupture, mais plutôt un ras-le-bol de la part de certains dirigeants qui préfèrent privilégier les jeunes et oublier la CFA, vu les problèmes économiques qu’elle cause. Repartir avec des joueurs formés au club est un projet peut-être moins ambitieux, mais permet de garder le club en vie et de montrer la qualité de la formation moulinoise. »

Forfait + forfait = forfait général


Bref, ce désaccord ne règle pas les problèmes de sous, bien au contraire. Et les joueurs de la CFA sont les premières victimes. Plus payés depuis avril, ils optent pour la grève en boycottant un premier match face au FC Saint-Louis Neuweg et publient un communiqué où ils se déclarent en faveur… de la fusion : « Le club et ses opposants ont voté la décision de supprimer le groupe CFA l'année prochaine avec aucun avenir à notre sujet. La tentative de rapprochement des deux clubs permettrait à un certain nombre de membres du groupe d'avoir un avenir dans l'agglomération moulinoise, alors que le projet des éducateurs non. Le projet de rapprochement nous obligeait à faire des concessions que nous étions tout à fait prêts à accepter. De plus, les éducateurs-joueurs du groupe CFA n'ont pas été concertés lors du projet préparé par les éducateurs. Ce projet prive tous les Moulinois d'une équipe de haut niveau en football, fierté du territoire, et les jeunes asémistes d'une perspective d'avenir. »

Une semaine plus tard, rebelote. Les membres de l’équipe première font savoir qu’ils ne se déplaceront pas à Sarre-Union, insistant sur le « sentiment d’abandon de la part des dirigeants  » . Problème : ce deuxième forfait entraîne un forfait général du club, synonyme de descente de toutes les autres équipes seniors. Les dirigeants se démènent et composent, à l’arrache, une team de bric et de broc composée de réservistes et de jeunes afin d’empêcher le pire. C’est sans compter sur les actes de vandalisme découverts sur les véhicules le samedi matin. «  On aurait pu choisir d’y aller coûte que coûte, mais on n’a pas voulu aller plus loin. On a préféré arrêter les frais, reprend Jean-Michel. Il est question d’intégrité physique et morale pour nos joueurs. » D’autant que l’US Sarre-Union ne les aurait pas accueillis les bras grands ouverts, puisque le club a accusé Moulins de triche économique, ainsi que d’avoir faussé le championnat dans un violent communiqué il y a quelques jours. « Des menaces déguisées, encore une fois  » , pour Jean-Michel. Bonjour l’ambiance.

Le mystère des serrures


Alors, à qui la faute ? Pas aux joueurs, en tout cas. « Ils ont leur part de responsabilité, mais il faut comprendre leur situation : ils ne sont pas payés, ils n’ont plus de club pour l’an prochain… C’est compréhensible qu’ils expriment leur colère, tempère le secrétaire général. Ce ne sont pas eux qui ont provoqué le forfait général, c’est le contexte. Là, on est entre le scandale et l’idiotie par rapport aux événements des bus, qui n’ont rien à voir avec les joueurs. » En fait, il se murmure que des personnes internes à l’US Moulins voudraient la peau du club. En effet, aucune serrure n’a été forcée, sous-entendant qu’un des malfaiteurs détenait les clés du stade quand les licences ont été volées. « Faut passer à autre chose, désormais » , préfère conclure Jean-Michel. N’empêche que la police va avoir bien du mal à trouver les coupables.

Par Florian Cadu
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Effectivement, c'est un putain de foutoir...
LeJusticier Niveau : Ligue 2
C'est con, on avait un bon derby du bourbonnais ASY-ASM depuis plusieurs années déjà. Un vrai rivalité qui flairait la merguez/frites et les vannes qui fusent...
Et oui, c'est ça l'Allier. C'est chez moi. Putain, heureusement qu'on a Alaphilippe. Sinon, merci pour l'article, So Foot.
J'ai suivi par hasard cette affaire et j'ai cru comprendre que la mairie de Moulins va faire le forcing pour la fusion afin de sauver économiquement le club
Le point positif c'est que ce forfait à maintenu Le Puy, après difficile de se réjouir de ça, c'est un gros club auvergnat avec une belle école de foot qui va tomber, déjà qu'on en à peu au niveau CFA CFA2..
Tristesse tout ça, à l'époque ou la 1ere était en national on jouait contre la réserve en PH.. on a du prendre 20 pions en 2 matchs ;)
Big up a vous les moulinois
Un club vainqueur du GF38 cette année, une défaite qui a fait très, très mal pour la montée.

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