C'est parti pour le Brasileirão!

Les Brésiliens ne font décidément rien comme les autres... A un mois de la coupe du monde, alors que les compétitions de clubs européennes touchent à leur fin, le championnat national débute ce week-end.

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Sept petites journées pour s'échauffer avant la coupe du monde... Alors que leurs compatriotes intéristes Julio César, Maicon et Lucio terminent leur saison en apothéose avec la finale de la ligue des champions, Robinho et Adriano font tout à l'envers. Ils s'apprêtent à disputer la première journée du championnat brésilien.

Encore une aberration du calendrier de la fédé brésilienne (CBF). Après avoir disputé d'interminables championnats régionaux - sans grand intérêt et dans des stades trop souvent vides - les clubs entament le marathon du brasileirão juste avant l'événement le plus attendu des quatre dernières années. Du coup, ils disputent 7 matchs jusqu'au 6 juin, avant de reprendre le 14 juillet, après la « pause » coupe du monde.

Comme chaque année, ils seront pillés par les clubs européens pendant le mercato. Pendant ce temps, les brésiliens indésirables dans le vieux continent (cf : Fred ou Adriano), font le chemin inverse et viennent renforcer les équipes qui ont la chance d'avoir des sponsors assez puissants pour payer leurs salaires, souvent infiniment supérieurs à ceux de leurs coéquipiers. Autant dire que le 31 août, à la fin du marché, c'est un nouveau championnat qui commence...Le mercato d'hiver poussé à l'extrême, juste avant la fin des matchs aller (17e journée). Malgré tout, le brasileirão vaut bien son pesant de noix de cajou...

Les favoris

Si peu d'équipes avouent lutter ouvertement pour le titre, les grosses cylindrées visent toutes le fameux G4, les quatre premières places qui donnent accès la la Copa Libertadores (l'équivalent sud-américain de la Ligue des Champions). Santos, qui joue un foot de rêve depuis le début de l'année, est le grand favori. Mais Flamengo, tenant du titre, pourrait bien remettre ça, surtout si le duo d'attaquants Adriano-Wagner Love continue de flamber. Suivent les deux équipes de Porto Alegre. Les rouges de l'Internacional, deuxièmes du dernier championnat, emmenée par l'éternel espoir argentin D'Alessandro, et le Grêmio, qui les a battus en finale de championnat du Rio Grande do Sul et impressionne par son impact physique.

Attention aussi aux équipes de Belo Horizonte : Cruzeiro, qui a fait une très belle entame de Copa Libertadores et l'Atlético Mineiro. Champion du Minas Gerais, le Galo est emmené par Vanderlei Luxemburgo (ex-seleção et Real Madrid), qui a enfin obtenu ce dont il a toujours rêvé : un rôle de manager qui lui donne pratiquement les pleins pouvoirs. Sans oublier le São Paulo FC de Ricardo, qui a remporté les éditions 2006, 2007 et 2008 et qui fait toujours preuve d'une grande régularité.



Les outsiders

Les Corinthians, de Ronaldo et Roberto Carlos, semblent avoir pris un gros coup sur la tête après leur défaite en huitièmes de finales de la Copa Libertadores face à Flamengo. L'année de leur centenaire, l'équipe la plus populaire de São Paulo doit bien une réaction à ses supporters. Y compris au plus célèbre d'entre eux : le président Lula.

Les autres équipes de Rio peuvent aussi tirer leur épingle du jeu. Si Vasco, qui vient de remonter en première division, semble encore un peu tendre, Botafogo, auréolé de son titre de champion carioca, affiche déjà de nouvelles ambitions. Fluminense, après son sauvetage miraculeux la saison dernière, est capable de tout si Fred veut bien se sortir les doigts du c**...

Les joueurs à suivre

En plus des incroyables Meninos da Vila de Santos (Neymar, Paulo Henrique Ganso, mais aussi André, Arouca ou Wesley), le brasileirão regorge de jeunes talents. Maylson de Grêmio, risque de faire parler de lui. Philippe Coutinho, de Vasco et Wellington Silva, de Fluminense, sont aussi à observer de près. Par contre, pas la peine d'essayer de les acheter, ils sont déjà vendus, respectivement à l'Inter Milan et à Arsenal, qui ont préféré les garder au chaud pour le moment. Ce championnat sera aussi l'occasion de retrouver quelques vieilles connaissances, comme l'inoubliable Fernandão, qui fait son grand retour à São Paulo après un passage chez les verts de Goiás.


Une première journée alléchante

Le Brasileirão 2010 commence par une belle affiche : Botafogo-Santos, qui oppose le champion de Rio à celui de São Paulo. Par contre, les chocs Flamengo-São Paulo et Internacional-Cruzeiro risquent d'être tronqués. En effet, ils opposent par le plus grand des hasards les quatre équipes encore en lice pour les quarts de finales de la Copa Libertadores. Ils devraient donc tous aligner leur équipe B. Les autres matchs: Atlético Goianiense-Grêmio, Palmeiras-Vitória, Flamengo, Atlético Mineiro-Vasco, Corinthians-Atlético Paranense, Ceará-Fluminense, Guarani-Goiás, Avaí-Grêmio Prudente.

Louis Génot, à Rio de Janeiro

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Enfin! Marre de cet europeocentrisme outrancier, qui nous fait bouffer du foot occidental à toutes les sauces...

On nous bourre le mou à nous faire croire que l'élite, c'est ici, que les championnats brésiliens et autres argentins sont finalement moins relevés, que les meilleurs joueurs évoluent bien en terre blanche... Y'a qu'à voir les stats des coupes du monde des clubs et autres coupes intercontinentales pour s'interroger...

Et pour ceux qui répondront(et ils sont quelques-uns) qu'après avoir vu un ou deux matchs de ces championnats, dits inférieurs, qu'ils ont pu aisément se convaincre du niveau en effet et à l'évidence moins élevé, de ces derniers, des défenses empruntées et de cette nonchalance congénitale... je leur propose de regarder deux matchs au hasard, de n'importe lequel de nos super-championnats arrogants (un p'tit Grenoble-Lyon?)... Mais objectivement si possible, merci!

Et les spécialistes me direz-vous? Je vous propôserai simplement de jeter un œil sur le nombre de reconnus experts et autres gourous de la bonne pensée, dans d'autres domaines encore, qui ont fait perdurer des théories fumeuses, parfois pendant des siècles!

Et les brésiliens eux-mêmes, insisterez-vous? Et bien c'est sûr que Dunga n'a rien d'un danseur de Samba et je n'attends pas de lui qu'il mettre à l'honneur les caractéristiques intrinsèques d'une culture footballistique riche et métissée, mais bien qu'ils fassent comme d'autres de ses pères, qui ont fait tendre le brésil et son football, vers une idéologie très européanisée du ballon rond... Le brésil oscille souvent entre ces deux tentations: Celle d'un football mettant à l'honneur ses talents et sa culture si particulière et celle d'un autre football, plus enclin à se plier à d'autres règles, plus européennes celles-là... Quoiqu'il en soit, l'Europe tyrannise encore et encore et comme beaucoup de tyrans, elle ne doit pas les victoires qu'elle s'attribue toute seule, à son talent et encore moins à la justice des hommes!
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