1. //
  2. // Manchester United/Middlesbrough

Bryan Robson, le génie oublié

Numéro 7 mythique des Red Devils, dont il a été capitaine pendant 12 saisons, Bryan Robson a terminé sa carrière en officiant en tant qu'entraîneur-joueur, à Middlesbrough. Retour sur un joueur mythique, parfois injustement oublié au moment de citer les très grands.

Modififié
6 6
Il y a quelques semaines, lorsqu'il assurait la promotion de son nouveau livre, Sir Alex Ferguson déclarait qu'il n'avait eu que quatre joueurs « de classe mondiale » durant ses 25 ans passés à la tête de Manchester United, avant de les nommer : Éric Cantona, Paul Scholes, Ryan Giggs et enfin, Cristiano Ronaldo. Si le manager écossais est évidemment le mieux placé pour porter un jugement sur les joueurs qu'il a dirigés, de nombreuses voix s'étaient pourtant élevées pour déplorer l'absence de Rooney, de Ferdinand, de Roy Keane ou encore de David Beckham.

Pourtant, au milieu de ces grands noms et de la myriade de trophées qui leur sont associés, l'on peut avoir le sentiment qu'un homme manque à l'appel. Cet homme, c'est évidemment Bryan Robson, ses 13 saisons chez les Red Devils, ses 461 matchs et ses 99 buts. Surtout, Robson a eu un rôle primordial dans les années les moins favorables de ce qu'est aujourd'hui l'une des institutions de sport les plus célèbres de la planète. Celui qui totalise 90 sélections avec les Three Lions était un joueur que l'on pourrait qualifier d'en avance sur son temps. Rapide, physique, doté d'une technique fine, d'un œil aguerri pour la passe et d'un sang-froid rare pour un milieu de terrain à l'époque, Robson a été une sorte de bande-annonce des milieux ultra-complets, tels que Scholes, Lampard ou Gerrard, qui allaient apparaître dans le Royaume dans les décennies suivantes. Transfert le plus cher de l'histoire de la première division anglaise (1,5 million de livres) lorsqu'il débarque en provenance de West Bromwich Albion en 1981, remporte deux FA Cup, en 1983 et en 1985, sous la houlette de Ron Atkinson.

Le capitaine des années sombres


Mais il sera surtout le premier fidèle lieutenant de Sir Alex Ferguson. En effet, il est d'abord l'un des joueurs dont l'hygiène de vie inquiète le manager écossais, qui lui reproche son penchant un peu trop prononcé pour la bière. Mais convaincu par le discours de celui qui aura sa statue devant Old Trafford, Robson applique les consignes, et porte son équipe, brassard au bras, pendant les cinq premières saisons blanches de Ferguson à la tête des Red Devils. La consécration viendra finalement tard, à 36 ans, avec son premier titre de champion à l'issue de la saison 93-94, bien qu'il ait vu Brian McClair lui prendre progressivement sa place au milieu de terrain. Après une dernière saison, couronnée d'un deuxième titre de champion, mais au cours de laquelle Sir Alex Ferguson l'a progressivement écarté de l'équipe - une décision qu'il décrira plus tard comme « l'une des plus difficiles de sa carrière » - Bryan Robson, qui avait dû lâcher son mythique numéro 7 pour l'offrir à Cantona, décide de prendre le large.

Entraîneur-joueur, à succès


Alors, une deuxième vie s'offre à « Robo » . En effet, Middlesbrough, alors en Division One (Championship), lui propose le poste d'entraîneur-joueur. Et autant dire que Robo montre autant de prédispositions sur le banc que sur la pelouse, puisque sa première saison est couronnée d'une montée en Premier League. Après une première saison à l'étage supérieur passée à flirter avec les places européennes, avant de dégringoler au classement, la faute à une cascade de blessures, pour finalement terminer à une honorable 12e place, Robson attaque la saison 96-97, qui marquera un énorme tournant dans sa vie d'entraîneur et de joueur. En championnat, la saison est extrêmement difficile, et Middlesbrough ne parvient pas à s'extirper de la zone de relégation. Pire encore, le club se voit retirer trois points après qu'un virus frappant 23 de ses joueurs empêche Robson d'aligner une équipe pour le match face à Blackburn censé se tenir le 21 décembre, et finalement reporté.

96-97, la saison des tournants


Lors de la 22e journée, et alors que son équipe est 19e, Robson s'aligne, à 40 ans, pour ce qui sera sa dernière apparition sur un terrain lors d'un déplacement à Highbury (défaite 2-0). Pourtant, dans les coupes nationales, la musique est tout autre, puisque l'ancien capitaine des Red Devils parvient à qualifier son équipe pour ses deux premières finales domestiques. Deux finales finalement perdues, face à Chelsea en FA Cup, et Leicester, après prolongation, en League Cup. En championnat, un match, à Old Trafford, pour le compte de la 26e journée, marque un tournant pour les deux clubs. Face à son ancien mentor, Robson aligne une formation très offensive et mène 1-0, puis 3-1, avant de se faire rejoindre en seconde mi-temps, grâce au premier but de Gary Neville, et un but du tout jeune Solskjær.

United file alors vers le titre, et Middlesbrough voit la relégation devenir progressivement inéluctable. Si Robson restera au club, et le fera remonter en Premier League au bout d'une saison dans l'antichambre, nombreux sont ceux qui portent un jugement plutôt négatif sur son passage dans le North Yorkshire. À ceux-là, Robson répond, comme pour se justifier, dans son autobiographie : « J'ai laissé Boro en Premiership, ce que j'avais toujours voulu faire. En fait, ce n'est pas entièrement vrai. Je les ai emmenés en finale de trois coupes, ce qu'ils n'avaient jamais fait auparavant. Mais mon objectif était de devenir le premier manager de leur histoire à ramener un trophée majeur. » Comme quoi, la reconnaissance se joue finalement sur des détails.

Par Paul Piquard
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

A certains égards, ce papier vient combler une sacrée injustice en effet. Que Robson ait dû aliéner son numéro 7 à Cantona se passe par exemple de commentaires..

Qu'eût été sans lui le United pré-Ferguson (et pré-dérégulation du football européen..)? Bien peu de choses assurément..

Seuls les supporters de l'époque mesurent ce qu'il leur a apporté, ce que leur club lui doit.. Dans un registre analogue, je verrais bien le Preud'Homme "vieillissant" de Benfica, club alors en sérieuses difficultés sportives et financières, et qui sans le brio du gardien belge..

Bémol à l'article : l'addiction à la bière, bon.. Rien de sensass pour l'époque ; et s'il est exact que Robson ne put çà et là donner sa pleine mesure, c'était sans doute bien plutôt du fait de blessures à répétition..
La raison du manque de reconnaissance de Robson tient aussi (et surtout) au fait de son manque de performances en sélection.
Pas de sa faute, car le copain était particulièrement poissard :
- en 1982, l'Angleterre saute sans perdre un match
- en 1984, pas d'Euro avec un Robo absent vs Danemark et Grèce en qualif
- en 1986, il se blesse en poule contre le Maroc
- en 1990, il se blesse en poule contre les Pays-Bas

En gros, il n'y a qu'à l'Euro 1988 où il est au top et c'est le meilleur anglais.
Ça joue énormément quand en club, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent.
Pour info, ce fut le premier joueur à remporter 3 fois la Cup en tant que capitaine de MU.
Message posté par Franz
La raison du manque de reconnaissance de Robson tient aussi (et surtout) au fait de son manque de performances en sélection.
Pas de sa faute, car le copain était particulièrement poissard :
- en 1982, l'Angleterre saute sans perdre un match
- en 1984, pas d'Euro avec un Robo absent vs Danemark et Grèce en qualif
- en 1986, il se blesse en poule contre le Maroc
- en 1990, il se blesse en poule contre les Pays-Bas

En gros, il n'y a qu'à l'Euro 1988 où il est au top et c'est le meilleur anglais.
Ça joue énormément quand en club, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent.
Pour info, ce fut le premier joueur à remporter 3 fois la Cup en tant que capitaine de MU.


Manque de performances en sélection, je suis d'accord (je mettrais tout de même, et décidément, l'accent sur le côté poissard du personnage)..et cependant fut-ce comme par hasard des meilleures sélections (la meilleure moderne?) proposées par l'Angleterre sur la scène mondiale, Robson n'y était point pour rien (parmi d'autres, il est vrai - Hoddle, Waddle, Lineker, Barnes..)..

A la rigueur, tu aurais pu ajouter leur parcours d'Euro 1980 aussi, même s'il n'y joua qu'un rôle mineur je crois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Message posté par Bota67


Manque de performances en sélection, je suis d'accord (je mettrais tout de même, et décidément, l'accent sur le côté poissard du personnage)..et cependant fut-ce comme par hasard des meilleures sélections (la meilleure moderne?) proposées par l'Angleterre sur la scène mondiale, Robson n'y était point pour rien (parmi d'autres, il est vrai - Hoddle, Waddle, Lineker, Barnes..)..

A la rigueur, tu aurais pu ajouter leur parcours d'Euro 1980 aussi, même s'il n'y joua qu'un rôle mineur je crois.


Je ne suivais pas le foot avant 86 (trop jeune) mais la meilleure sélection anglaise que j'ai vue jusqu'à aujourd'hui était celle de la CDM 90, avec notamment un joueur que l'on a un peu oublié depuis, David Platt.
Message posté par Alain Proviste


Je ne suivais pas le foot avant 86 (trop jeune) mais la meilleure sélection anglaise que j'ai vue jusqu'à aujourd'hui était celle de la CDM 90, avec notamment un joueur que l'on a un peu oublié depuis, David Platt.


Pour ma part, bons souvenirs de ces deux tournois vus et revus, je ne prétendrais pas que leur jeu était des plus enthousiasmants ni dominants, premiers tours à l'arrache tant en 1986 qu'en 1990, puis qualifications très flatteuse face aux Belges voire face aux Camerounais..mais les équipes de Bobby Robson ne manquaient à l'évidence ni de coeur ni de talent, à l'image d'ailleurs du personnage dirais-je..

Et puis la coupe du monde 1990 qui avait vu Robson renouer avec un libéro en la personne de Mark Wright devant son gardien Shilton, tous deux titularisés malgré saison pas loin d'être désastreuse avec Derby ; les titularisations décisives de Gazza ; l'alignement d'un joueur de D2, le fort bien nommé Steve Bull.. Rien de bien folichon, équipes en mode forteresse derrière et laisser faire les talents devant, et curieusement non-dépourvue d'un charme un brin suranné..
Etonnant qu'aucun ancien ne remémore son doublé en CM 82 contre la France d'Ettori...
30 secondes de jeu et 1-0 pour l'Angleterre..
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
6 6