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Bryan Bergougnoux : « Je pensais même à arrêter le foot »

Formé dans son club de cœur, l'Olympique lyonnais, avec lequel il a remporté trois titres nationaux, Bryan Bergougnoux a ensuite traîné son talent du côté de Toulouse, avant d'aller tenter quelques expériences en Italie, puis à Chypre. Aujourd'hui bien installé du côté de Tours où il s'éclate depuis 2012, Bergougnoux prend le temps de se prêter au jeu de la pire interview du monde. Entretien souvenirs.

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Le pire adversaire ?
Honnêtement, je crois que le pire que j'ai vu, c'est Mark van Bommel. Et de loin. J'ai eu l'occasion de le croiser à deux reprises lors de matchs entre le PSV Eindhoven et l'OL. Il était vraiment insupportable, il faisait un nombre incroyable de fautes pour casser le rythme. Alors certes, c'était bénéfique pour son équipe, mais c'est typiquement le genre de joueurs qui pourrissent un match. Sinon, le plus fort que j'ai affronté, je pense que ça reste Eden Hazard, c'était impossible de défendre sur lui. Il claque un dribble et, deux secondes après, il est déjà dix-quinze mètres plus loin. Il était vraiment très dur à jouer.

Le pire coéquipier ?
Ah, j'en ai eu beaucoup (rires) ! Je pense à Jérémy Clément qui ne fait que râler, tout le temps. Tu joues aux cartes, il râle, on part en mise au vert, il râle, tu gagnes un match, il râle car il y avait un truc qui n'allait pas ; bref, il est tout le temps en train de râler. Malgré tout, c'est un très bon mec et ça reste d'ailleurs un super pote, même s'il porte un maillot un peu bizarre en ce moment…(rires)

La pire engueulade de coach ?
Je me souviens d'un match face au Mans, avec Toulouse. J'étais entré en cours de jeu avec Gignac, alors qu'on était menés 1-0. Derrière, on arrive à revenir à 1-1, je trouvais qu'on avait plutôt fait une bonne entrée malgré une ou deux occasions manquées, mais quand on est arrivés dans le vestiaire, Élie Baup débarque en gueulant : « Ils sont où, Chico et Lolo ? » Inutile de préciser qu'il s'agissait de Gignac et moi, et là il commence à nous engueuler sévèrement en disant qu'on a joué que tous les deux et tout ça. Là-dessus, je me permets de lui rappeler qu'on perdait quand même 1-0 avant qu'on entre en jeu, et là, il se barre en gueulant et en foutant un coup de poing dans le tableau. Le lendemain, il est arrivé à l'entraînement avec un plâtre au poignet, donc je me suis dit que ça allait se compliquer pour nous, et effectivement, derrière ça, on n'a plus trop joué jusqu'à la fin de saison.

Le pire stade dans lequel tu as joué ?
Je ne m'en souviens pas d'un en particulier, mais je n'aime pas quand il y a des pistes d'athlétisme autour du terrain, je trouve que c'est une horreur. Après, quand on allait jouer aux Minguettes avec la réserve de Lyon, ce n'était jamais une partie de plaisir. C'est même le pire stade où peut aller. Il y a du monde de partout, des mecs accrochés aux grilles, tu joues au milieu des tours, c'est très chaud. Même quand tu viens d'un quartier de Lyon, ce n'est pas évident d'aller jouer là-bas, alors je ne te parle même pas de ceux qui viennent d'endroits tranquilles, ils sont très surpris (rires).

Le pire moment de ta carrière ?
Je pense que c'est justement le moment où j'ai eu quelques problèmes avec Élie Baup. C'était une saison très difficile, où je ne jouais presque pas, j'étais presque en dépression, je pensais même à arrêter le foot. Heureusement, c'est également dans cette période-là que j'ai rencontré ma femme, ce qui m'a permis de relativiser et de me remettre dans le droit chemin, car je ne faisais peut-être pas tout pour être dans les meilleures dispositions.

La pire demande de fan ?
Quand j'étais à Toulouse, bah la dernière année justement, il y avait une supportrice qui m'avait envoyé une lettre disant qu'elle viendrait me voir bientôt. Bon, normal, je n'y ai pas accordé plus d'importance que ça. Mais un après-midi, en sortant de l'entraînement, ma femme m'appelle en me disant qu'il y a une supportrice qui m'attend devant la maison et qu'elle ne sait pas trop quoi faire. Là, j'arrive chez moi et je le lui demande pourquoi elle est là, ce à quoi elle me répond : « Je t'ai envoyé une lettre dans l'année pour te dire que je viendrais, alors voilà, je suis là. Est-ce que je peux dormir chez toi ? » Forcément, je lui réponds que ça ne va pas être possible (rires), que j'ai une femme, qu'il n'y a pas moyen. Au final, elle est repartie assez gentiment, et le lendemain, elle m'attendait à la sortie de l'entraînement pour me donner des cadeaux pour le bébé, car elle avait vu que ma femme était enceinte. Donc ça s'est plutôt bien terminé (rires).

La pire blague ?
Je me souviens très bien de ma plus belle blague. Un samedi après-midi, on ne savait pas quoi faire avec Nicolas Douchez, on traînait ensemble quand on tombe devant un Décathlon. Devant le magasin, il y avait des tentes et tout le matériel de camping et là, on a eu une idée de génie, on s'est dit : « Viens, on va se faire un camping chez Pantxi (Siriex). » Du coup, on achète tout ce qu'il faut : le réchaud, la tente, de quoi faire des saucisses, bref, tout ce qu'il faut. On a attendu que la nuit tombe, on est arrivé dans le jardin de Pantxi, il avait un immense terrain avec je ne sais combien d'hectares, on a monté la tente, puis on s'est mis à faire les merguez. Au bout d'un moment, on entend : « Mais putain, qu'est-ce que vous faites ici ? » Il n'osait pas trop sortir, puis on s'est avancé jusqu'à chez lui et là il a vraiment halluciné. On a fini par manger chez lui, d'ailleurs, car il faisait trop froid dehors. En tout cas, il a vraiment été surpris quand il a vu deux mecs en train de se faire des merguez dans son jardin (rires). Mais ça l'a vraiment fait marrer, on a passé une très bonne soirée derrière.

Le pire tacle reçu ?
Le pire tacle reçu, non, ça ne me dit rien. En revanche, je me souviens du pire tacle que j'ai mis, mais je n'en suis vraiment pas fier du tout. C'était à Toulouse, pendant la période où rien n'allait pour moi. Un jour à l'entraînement, il y a un de mes coéquipiers qui me fait une sale réflexion du genre « Mais, putain, cours  » , alors que je ne faisais que courir depuis le début. Sur l'action suivante, je perds le ballon, je reviens à toute vitesse et là, je mets un énorme tacle à un Brésilien qui était là à l'essai. Il n'avait rien demandé à personne et il se fait les croisés là-dessus, avec retour au Brésil derrière. Le pire, c'est que je n'ai jamais eu l'occasion de m'excuser auprès de lui, je ne suis pas arrivé à avoir ses cordonnées. C'était un mauvais côté de ma personnalité que j'ai réussi à gommer depuis, mais j'ai encore honte de ce tacle.

Le pire but marqué ?
Je me rappelle d'un match à Nancy, avec Toulouse, où l'on perdait 2-0 et ils s'amusaient à nous faire courir depuis au moins dix minutes. Même le public faisait des « olés » . À un moment, je décide d'aller presser tout seul et il y a un joueur qui finit par rater sa passe pile au moment où j'allais abandonner, en plus. Là-dessus, j'accélère, je dribble un joueur, deux joueurs, mais au moment d'arriver devant le gardien, je n'ai plus rien et je tire comme je peux. La balle monte en l'air, je saute, mais je n'ai vraiment plus rien dans les jambes, donc je retombe avant le ballon, mais au moment où je tombe la balle me rebondit sur la tête et rentre dans les cages tout doucement. Le défenseur doit la sauver mille fois, je ne sais même pas comment il la rate (rires). C'est vraiment le pire but que j'ai mis !

Le pire style vestimentaire ?
Il y en a eu beaucoup ! En plus, je ne suis même pas forcément le mieux placé pour en parler (rires). À Lyon, je me faisais beaucoup chambrer par Sidney (Govou) même si lui, c'était pas bien mieux. Il y a Tony (Vairelles) qui avait un style vraiment à l'ancienne, avec ses santiags et tout. François Clerc, ce n'était pas terrible non plus. Ah, il y avait aussi Jérémy Mathieu à Toulouse, lui il était tout le temps en survêtement. Celui qui m'a le plus surpris au niveau vestimentaire, ça reste quand même Peguy (Luyindula), mais bon, il avait quand même grave la classe. En fait, Peguy, il avait dix-quinze ans d'avance sur tout le monde, c'est ça le truc.

La pire honte ?
C'était lors d'un match de Ligue des champions avec Lyon, j'étais remplaçant et je m'échauffais sur le bord du terrain. Je fais juste un ou deux aller-retour et je commence à m'étirer. Et là, il y a mon père qui descend de la tribune en gueulant, je m'en rappellerai toujours, j'avais l'impression qu'on n'entendait que lui. Il me met une énorme soufflante en me disant de m'échauffer correctement. Je peux te dire que j'ai vite repris mon échauffement.

La pire tristesse liée au football ?
Il y en a plusieurs, malheureusement. Je pense au moment où mon ami du centre de formation, Yohan, a appris la mort de son frère, David Di Tommaso. Ça a été un moment terrible, très dur à vivre. Le décès de Marc-Vivien reste également comme une grande tristesse.

La pire baston ?
J'en ai connu qu'une, finalement, c'était quand je jouais avec la réserve de Lyon, en CFA. On était allé jouer à Hyères ou à Fréjus, je ne sais plus exactement, on était vraiment une équipe de jeunes, alors qu'en face ils étaient plus âgés, donc on se faisait un peu marcher dessus. Sauf un, Jamal Alioui, c'était notre défenseur central, il était complètement fou (rires). Et à la mi-temps, il s'embrouille avec un mec de leur équipe qui devait avoir plus de 30 ans, un mec super costaud. Et là, dans les vestiaires, on entend des bruits de coups qui partent. En fait, c'était Jamal qui était parti tout seul dans le vestiaire des autres pour aller boxer le mec (rires). Forcément, c'est parti en générale. Derrière, on a joué la deuxième mi-temps plutôt normalement, ça s'est bien passé, bizarrement.

La pire chose dans la vie d'un footballeur ?
Les préparations physiques de début de saison, c'est toujours un moment compliqué. Même si avec le temps, on finit par s'y faire, on s'habitue. Mais le fait qu'il n'y ait pas de matchs, c'est toujours moins plaisant, ça c'est certain. Et puis j'imagine que le jour où on arrête, ça doit aussi être un moment très difficile. Personnellement, j'aurais aimé jouer toute ma vie, mais bon, il faudra bien tourner la page.


Propos recueillis par Gaspard Manet
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Dans cet article

Il a vraiment l'air sympa le Bryan.
Son but contre Metz à ses débuts avec l'OL m'avait marqué à l'époque, une bonne grosse minasse des 25-30 mètres en lucarne, imparable.
Il y avait sûrement moyen qu'il fasse une carrière un peu plus sexy, dommage.
"La balle monte en l'air, je saute, mais je n'ai vraiment plus rien dans les jambes, donc je retombe avant le ballon, mais au moment où je tombe la balle me rebondit sur la tête et rentre dans les cages tout doucement. "
... ???

anyone ?
Dirkdiggler Niveau : CFA2
Sur FM2007 avec le tèf j'en avais fait un super joueur. En 10 derrière Elmander. Une autre époque.

Sinon, super interview (le coup du camping chez ce bon vieux Pantxi c'est du lourd).
touchefresh Niveau : CFA
Message posté par Super Timor
"La balle monte en l'air, je saute, mais je n'ai vraiment plus rien dans les jambes, donc je retombe avant le ballon, mais au moment où je tombe la balle me rebondit sur la tête et rentre dans les cages tout doucement. "
... ???

anyone ?


Oui moi aussi j'aurais bien aimé le voir ... mais à part te dire que le match était le 3 février 2007 avec un but à la 92eme, j'ai pas trouvé la video ...
Honnêtement, c'est la classe ce joueur.
J'arrive plus à retrouver la compil de son match contre Saint-Etienne, mais des joueurs aussi fins techniquement, t'en as pas beaucoup en L1 et c'est dommage de ne pas l'avoir vu revenir tenter sa chance en L1 avant sa fin de carrière.
Je crois malheureusement que ça ne se produira pas en effet.
touchefresh Niveau : CFA
Note : 1
L'équipe ne voit pas le but comme Bryan l'a vécu : "Bergougnoux, avec un culot monstrueux, s'enfonce au sein de la défense adverse. Son tir est repoussé par Grégorini. Mais Bergougnoux reprend la balle de la tête et réduit le score."

Le vrai génie, c'est d'en avoir sans s'en rendre compte
Hoaroots & culture Niveau : DHR
"En fait, Peguy, il avait dix-quinze ans d'avance sur tout le monde, c'est ça le truc."
Tellement vrai. Je rejoins à 100% l'avis de Bryan.
footchampagne Niveau : Ligue 2
Note : 4
Ces interviews sont vraiment excellentes. Le coup du camping chez Sireix est vraiment sympa ; je me mets à sa place pour le tacle qu'il a fait sur le Brésilien, il a dû s'en vouloir pendant un moment...
MarcusMokake Niveau : Loisir
Message posté par touchefresh


Oui moi aussi j'aurais bien aimé le voir ... mais à part te dire que le match était le 3 février 2007 avec un but à la 92eme, j'ai pas trouvé la video ...


Franchement si c'est ça le but le plus moche de sa carrière...

http://www.dailymotion.com/video/x14z8g … -2-1_sport
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Enorme la blague faite à Sirieix ! Il aurait surement pu lancer sa carrière au TFC mais le 4/1/4/1 a fait du mal. Gignac y a perdu une ou 2 saisons je pense
Le Débarouleur Niveau : Loisir
Le coup du daron dans les tribunes!!! Aiiiii!! ct'e latche ho... J'y étais)).. Will never walk alone))
Il a quoi,39 piges ?
Encore de belles années à pouvoir jouer.Le Dimanche à 15h surtout.
Mais tant qu'le physique est là....
Non,non....Il n'a que 32 ans.
Toutes mes confuses.
quelqu'un pour retrouver le nom du Brésilien qu'il a assassiné pour voir ce qu'il est devenu?
Coco Denoueix Arribas Niveau : DHR
Message posté par Hoaroots & culture
"En fait, Peguy, il avait dix-quinze ans d'avance sur tout le monde, c'est ça le truc."
Tellement vrai. Je rejoins à 100% l'avis de Bryan.


Vu à quoi ressemble la "mode" aujourd'hui, je vois pas vraiment ça comme un compliment... je rigole rien qu'à imaginer ta tenue jean slim moule burne dégueulasse/chemise de bucheron 90's/casquette motifs tapisserie grand mère bleu turquoise à fleur...
je m'arrête là j'ai la gerbe qui monte...

non mais sérieux la mode c'était déjà moche avant, masi de nos jours ça frôle le pathétique

voilà voilà c'était ma minute mode
DajeRomaDaje Niveau : District
Ah mon Bryan ... Je veux pas qu'il parte de Tours il porte fièrement nos couleurs et puis c'est un bon gars
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