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Bruno Bellone : « Grace Kelly est morte dans mon jardin »

L'épisode deux de la rencontre avec Bruno Bellone, c'est une carrière foudroyée, des galères, le destin qui s'acharne, mais aussi quelques anecdotes incroyables et une pente remontée à la force du poignet. Featuring Grace Kelly, un Zizou mineur, une amie de Jean-François Copé et même Julien Courbet. Avec au bout de la route, une déclaration d'amour pour le foot amateur et des projets plein la tête pour aider ses acteurs.

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Vous avez grandi au Ranchito, un quartier difficile de Cannes. Vous pensez que le football vous a empêché de prendre un mauvais chemin ?
Ce n'était pas trop mon truc. En revanche, je les fréquentais, c'étaient des collègues à moi. Il y a des gens qui sont malheureusement morts, d'autres qui sont encore en prison, il y a eu des morts par la drogue... Mais ça m'a permis d'être fort, de me dire « Il faut que je m'en sorte » .

Et s'il n'y avait pas eu le football ?
Je ne sais pas. J'ai essayé de faire plombier avec mon père, c'était compliqué. Après j'ai fait un stage de boucherie. C'était vraiment une boucherie, parce que dans les abattoirs, j'ai failli vomir. J'ai eu la chance d'être repéré pour le foot. Quand on a appelé mes parents, j'avais 13 ans et demi.

« Mon chirurgien chassait le requin, et il s'était fait des cibles dans sa piscine. Il a tiré avec son harpon, la flèche a tapé dans la paroi et est revenue dans sa tête. Il a fini paraplégique, et il devait m'opérer le lendemain... » Bruno Bellone

Votre décision de faire du football, vous l'attribuez à une vision que vous avez eue à 11 ans. Il s'est passé quoi cette nuit-là ?
Oui. Après, chacun le prend comme il veut. C'est quelque chose que j'ai vu, donc je peux en parler. Après, que les gens y croient ou pas, je m'en fous. C'est ce que j'ai vécu, je le sais. Ma mère s'occupait souvent de mon frère la nuit, qui était asthmatique. J'avais l'habitude qu'elle soit assise à côté, car nos lits étaient séparés de 50cm. Je me suis levé en pleine nuit parce que j'avais envie d'aller aux toilettes, je m'assois sur le lit, et je pense voir ma mère. Je lui dis « Maman, assieds-toi, qu'est-ce que tu fais debout ? » Elle ne répondait pas, et je me suis dit qu'il y avait un problème. Là, tu paniques, j'avais 11 ans. Ma mère était hyper croyante, on avait une croix chacun au-dessus du lit et une branche d'olivier. Et Bernadette Soubirou sur le chauffage. Le lendemain, je suis allé à l'école en disant que j'allais être pro. Ils m'ont tous pris pour un fou. Je leur ai répondu que je reviendrais les voir le jour où je passerais pro, et j'y suis retourné ensuite avec mon premier contrat.

Quand un chirurgien vous annonce que votre carrière est terminée, à 28 ans, comment vous encaissez le coup ?
Ça s'arrête d'un coup. Et je m'arrête au moment où je suis sélectionné en équipe de France par Platini qui était devenu entraîneur. C'était contre Nantes, quand je jouais à Cannes, je me pète le tendon d'achille. Je passe 6 mois à revenir, car on met autant de temps à se soigner qu'à revenir. Si je fais le calcul de toutes mes opérations et du temps que j'ai passé en dehors des terrains, je n'ai pas joué longtemps.


Il y a aussi cette histoire dingue avec un autre chirurgien qui devait vous opérer, et qui a un accident improbable la veille de votre opération.
Quand je le racontais, on ne me croyait pas. Le chirurgien chassait le requin, et il s'était fait des cibles dans sa piscine. Il a tiré avec son harpon, la flèche a tapé dans la paroi et est revenue dans sa tête. L'arrière de la flèche ! Il a fini paraplégique, et il devait m'opérer le lendemain. Et là, je me retrouve sur la table d'opération, on m'annonce qu'il ne pourra pas m'opérer, et que j'aurai un nouveau chirurgien. Je me dis : « Mais qui c'est, lui ? » Ça a été compliqué pour moi.


Niveau blessure, il y a surtout votre cheville, fracassée deux fois d'affilée.
Oui, la dernière fois, c'était à Grenoble, qui jouait la montée. Je ne voulais pas jouer ce match, on m'a obligé à le jouer. J'avais joué contre Toulon la semaine d'avant, je connaissais tout le monde, j'ai un peu recouru, ça s'était super bien passé. Et là, ils me font jouer contre Grenoble, et le mec m'a massacré. Je reçois un ballon sur une touche, et il me pète la cheville. Ça fait chier, on est là pour faire son métier et ceux qui jouent une montée jouent leur vie. Je n'avais rien à faire sur ce terrain.

Il paraît que vous jouiez sans protège-tibias.
Jamais. Ça me gênait. Les coups, ça ne me gênait pas. On s'y habitue, c'est comme tout, je n'avais pas peur.

« J'avais déjà mangé avec Grace Kelly, elle était magnifique. Elle était venue avec le prince Rainier, ils nous avaient vu jouer et j'avais marqué un but. Elle a voulu que je sois à leur table. » Bruno Bellone

Vous avez joué exclusivement dans le Sud de la France. Parce que c'est votre région natale ?
Mais je n'ai pas fait exprès ! J'aurais préféré jouer dans des grands clubs, en Italie, même en Angleterre. Ça m'aurait éclaté. Après, je suis allé à Montpellier parce qu'ils jouaient une Coupe d'Europe. Il y avait Paris ou Strasbourg qui me voulait. J'ai refusé parce que je voulais jouer une Coupe d'Europe.

Vous avez aussi un surnom qui vous a collé à la peau, Lucky Luke ! Avec quelques séances photos amusantes où on vous avait déguisé. Ça vous fait rire quand vous revoyez les clichés ?
Oui, on avait fait ça au Jardin exotique, je me suis dit : « Qu'est-ce qu'il fait lui ? » Je suis arrivé en Lucky Luke, avec le chapeau, le truc rouge, le pistolet. C'était pour Didier Roustan, il avait été super avec moi, il m'avait fait deux reportages sur Téléfoot. Il m'avait boosté, il est cannois. Après, ça me faisait chier parce que, quand on allait à l'extérieur, je me faisais allumer ! « T'as oublié tes pistolets » ... Un jour, un petit se met en face de moi quand je sors du stade et il me fait le signe du pistolet, il me dit « Vas-y, dégaine ! » Je me suis dit qu'on avait atteint le summum !


Vous jouiez ailier gauche, poste rare et recherché à l'époque. C'est Gérard Banide, l'un de vos entraîneurs monégasques, qui vous y dirige. Ça s'est passé comment la formation ?
Je jouais deuxième attaquant. Banide m'a dit que si je réussissais côté gauche, il n'y avait personne pour me barrer la route. Je suis gaucher, et après j'ai passé des heures et des heures à centrer. J'avais des plots, il fallait que je chope le premier, le deuxième... Une machine.

Autre histoire un peu folle, quand vous étiez à Monaco en collocation avec Dominique Bijotat, Grace Kelly est décédée dans votre jardin...
Oui. Ça nous a fait chier longtemps, on a été ennuyés pendant 6 mois. On a été obligé de déménager à cause de ça. Quand elle est tombée, on était à l'entraînement, et on avait étendu nos draps dehors. On était dans une maison qui était coupée en quatre, avec des locataires en dessous. Nous, on était au-dessus, et à gauche il y avait le directeur du Loews, Jacques Provence. On rentre vers 11h30, et les draps blancs étaient plein de traces, comme si on s'était essuyé avec, tout pourris. Et il y avait un gros trou, on n'a pas su ce que c'était parce qu'il n'y avait rien, ils avaient tout enlevé. C'est Jacques Provence qui nous a dit que c'était la princesse qui était tombée. C'est lui qui les a sortis de la voiture. Ensuite, le message a couru que dans le coffre de la voiture, il y avait le coffre à bijoux. Donc les gens venaient tous les jours chercher, essayer de trouver une bague, ils faisaient toute la descente à pied. Et puis il y avait tous les journalistes et toutes les caméras du monde qui venaient à notre porte. « Vous avez vu quelque chose ? » , « Non, on n'était pas là » . Tous les jours, c'était l'enfer. J'avais déjà mangé avec Grace Kelly, elle était magnifique. Après un match de Coupe d'Europe contre Dundee. Elle était venue avec le prince Rainier, ils nous avaient vu jouer et j'avais marqué un but. Elle a voulu que je sois à leur table. J'ai mangé à côté d'elle, mais elle parlait anglais et je ne comprenais rien ! Barberis et Edström me traduisaient ses questions, « Comment tu cours aussi vite ? Comment tu frappes fort ? » ... Je me souviens que quand elle est entrée dans le restaurant, tout le monde s'est retourné. Elle éclairait quand elle entrait dans un endroit.


Et à la fin de votre carrière, à Cannes, vous jouez avec un certain Zidane, qui n'a pas 18 ans à l'époque. Il donnait quoi, le jeune Zizou ?
Quand il est arrivé, il jouait derrière. Libéro, ou milieu. Et il n'avait pas encore cette vitesse qu'il avait quand il était à la Juve, mais techniquement, il était d'une élégance... Il l'avait déjà. Il était adorable. Timide, mais adorable. Après, dire que ça allait être Zidane, c'est impossible. Je n'aurais pas mis 100 euros à l'époque. Mais il a progressé à une vitesse féérique, c'était magnifique. Et quand je l'ai revu à la Juve, il était métamorphosé. Physiquement, il était costaud. Il avait des cuisses... J'étais même allé dormir à l'hôtel où il était avant un match, il y avait Del Piero et tout, et j'ai vu qu'il avait carrément changé. Je lui ai dit : « Là, t'es au sommet. » Il s'entraînait dur à la Juve, il m'a dit qu'après ses premiers entraînements, il n'arrêtait pas de vomir tellement c'était dur.

Autre figure qui vous a marqué, Louis Nicollin.
Il y a une chose que je n'ai jamais dite, c'est que quand je me blesse à Montpellier, je reste 8 mois sans jouer. Et j'étais payé, grassement. J'en avais marre d'entendre les gens dire, quand ils me croisaient, que j'étais venu pour l'argent, que je ne jouais même pas. Je ne le supportais plus, ça me gavait. Un soir, je suis allé le voir chez lui à minuit, il était dans son grand bureau, et je lui dis : « Tant que je ne joue pas, je ne veux plus être payé. » Et là, il me regarde et il me dit : « Tant que je serai président, tu seras payé. Voilà. J'ai répondu à ta question ? Tu peux rentrer chez toi. » J'ai trouvé ça génial.

« Je veux bien aider, mais ce n'est pas mon monde, la politique. Moi, mon monde, c'est aider les autres. » Bruno Bellone

Aujourd'hui, vous travaillez à la mairie du Cannet. Quel est votre rôle ?
Je travaille pour Michèle Tabarot, la député-maire, depuis 2007, comme conseiller technique aux Sports. Je m'occupe des manifestations sportives, et j'entraîne les agents municipaux. Il y a aussi Christian Lopez et Frédéric Brando qui y travaillent, ou le pilote de F1 Patrick Tambay, et Fabiani, le « Platini du volley » . Michèle Tabarot veut être entourée de sportifs de haut niveau. On a un super groupe, la mairie est une famille, on est tous très proches. La maire fait énormément pour la ville, et c'est une femme qui... Elle a des couilles, quoi !

Vous aviez fait campagne pour son frère, candidat à Cannes, en 2008 et en 2014.
Oui, on a perdu malheureusement. Mais ça fait partie de la vie, c'est comme un match de foot.

Vous vous imaginez faire de la politique un jour, au niveau local ?
Ho non ! Je veux bien aider, mais ce n'est pas mon monde. Moi, mon monde, c'est aider les autres.

Après votre retraite, vous avez enchaîné les galères dans les années 90. Ça a été quoi le plus dur : quand on vous a dit que vous étiez ruiné ? Quand la plupart de vos amis vous ont tourné le dos ? Quand vous avez dû retourner vivre chez vos parents ?
Le plus dur reste le jour où on m'a dit que j'étais fini pour le football. Ruiné ? C'est pas grave, ça. Je dis toujours que quand on a la santé, on peut s'en sortir. J'avais la santé et la chance d'être connu, donc il fallait que je m'en serve, mais il a fallu prendre le temps de remonter à la surface, parce que j'avais été secoué.

Pouvez-vous parler de ce qu'il s'est passé avec ce conseiller qui vous a fait perdre tout votre argent ?
Il m'a fait mal investir, c'est tout. Il s'est loupé. Il était promoteur immobilier et il a cru bien faire, mais il m'a mis dedans. C'était un ami de mon père. Il ne faut pas trop que je lui en parle à mon père, parce que déjà qu'il a la haine... On n'en parle pas souvent, je ne préfère pas revenir là-dessus parce que ça le touche énormément. Il se dit que c'est un peu de sa faute. J'ai demandé à mon père de s'occuper de moi, il était plombier...

À cette époque, vous allez également sur les plateaux télé pour expliquer votre situation. Il y a eu cette grande émission avec Julien Courbet, entre autres.
J'avais deux possibilités. Ou on m'aurait radié du monde, on aurait dit « Regarde-le, il a gagné un pognon fou, il est ruiné, il vient en parler à la télé, il a pas honte le mec ? » , ou alors c'était « Super, il a des couilles » . On me disait de ne pas y aller, que déjà que ma carrière était terminée, là ma réputation allait être morte. J'ai dit : « Si je ne le fais pas, jamais personne ne va m'aider. » Le problème, c'est que quand je suis arrivé là-bas, j'étais tout seul. Il n'y a personne qui me parlait, j'étais dans ma loge de 20 mètres carrés, sur le canapé, et un femme arrive avec un seau et une bouteille de champagne. Et moi qui ne bois jamais de champagne, j'avais une demi-heure à attendre, donc j'ai commencé à boire. Le problème, c'est que j'ai bu toute la bouteille. Et quand je suis arrivé sur le plateau, j'étais tout gai, on aurait dit que j'avais gagné au loto. J'étais devant Julien Courbet, il me voyait rigoler, on me disait de faire les essais au son, je commençais à chanter... Il s'est dit que j'étais barjo.

Et puis il y a l'épisode de Radio France, qui annonce en direct en 1998 que vous vous êtes suicidé.
Ça, c'était n'importe quoi. Je ne sais pas d'où ils tenaient l'info, et j'ai perdu le procès. Je n'ai jamais rien gagné moi de toute façon. Pour les pensions alimentaires, j'ai été débouté... J'ai tout perdu ! Tous les procès que j'ai fait. En définitive, j'ai répondu au mec qui me posait la question, « Il paraît que vous vous êtes mis une balle dans la tête » , « Ouais ouais, elle est rentrée d'un côté et elle est ressortie de l'autre » . C'est juste pour la boutade, parce que ça ne me faisait pas rire. Tous les joueurs m'appelaient, mon père a fait un malaise... En plus, j'étais en Italie ce jour-là, et ce n'était pas comme aujourd'hui, avec les portables, ça ne captait pas à l'étranger. Donc ils pensaient que j'étais vraiment mort quoi.

Et quand un éditeur vous propose de tout raconter dans un livre, vous refusez. Pourquoi ?
Je suis monté à Paris, j'ai vu l'éditeur, il m'a dit de lui raconter ma vie. On voyait que le mec était ému, il avait les larmes aux yeux. Mais il m'a dit qu'il manquait du croustillant. Je lui ai dit : « Le croustillant, vous êtes gentil, mais il y a des choses qui restent dans mon cœur et dans ma tête. Et je ne peux pas parler des autres. » Ça, ça m'a gêné. Car je voulais faire un livre pour aider les autres, pour leur dire : « Faites attention les gars, vous êtes entourés de gens, et il y a plus de mauvais que de bons. »

« Me demander qui va gagner l'Euro, c'est comme me demander qui sera président de la République en 2017 ! Je peux te donner plein de noms, mais celui qui va être président, ça va être compliqué à savoir ! » Bruno Bellone

Aujourd'hui, l'un de vos principaux combats est d'aider le foot amateur, auquel vous rendez très souvent hommage. Le football professionnel vous a dégoûté ?
Ce n'est pas la même mentalité. J'ai passé mes diplômes, j'ai mon deuxième degré, mais je ne pourrais pas entraîner aujourd'hui. Déjà, je me prendrais la tête avec les joueurs et ce n'est pas le but. Et ce n'est pas mon monde. Je n'arrive pas à m'y retrouver.

Tout a changé depuis votre époque ? Quelles sont les plus grosses évolutions ?
Ça n'a rien à voir. Déjà, la façon dont on parle des joueurs. Maintenant, tu marques deux buts et t'es un phénomène. Avant, il fallait en marquer 40, et montrer que chaque année, t'étais là pour qu'on dise que tu étais un bon joueur. Aujourd'hui, tu es payé des sommes de fou alors que tu n'as encore rien fait. Il y a des joueurs qui sont payés énormément, ils n'ont rien fait, rien prouvé. Ce sont des choses qui me gênent.


Donc vous ne suivez plus aucune équipe ?
Je suis Paris parce que j'adore Laurent, c'est mon pote, on a joué ensemble à Montpellier. Et le Barça. Je n'ai pas d'équipe, je suis celles qui jouent. J'adore le jeu.

Votre grand projet pour aider le football amateur, c'est ce réseau social que vous lancez, Social Foot. Quel est le concept ?
C'est un réseau qui servira aux joueurs et aux joueuses de foot, de foot à 5, de foot loisir, ceux qui n'ont pas été gardés en centre de formation, ceux qui ont arrêté leur carrière et qui veulent devenir éducateurs ou entraîneurs... Tous les acteurs du football amateur, en définitive. Le but est d'arriver à aider tous ces gens à trouver un club. Si un joueur habite à Nantes, Montpellier, Palavas-les-Flots, il a joué en DH, il est arrière gauche, il peut poster son CV footballistique sur notre site et voir combien de clubs de DH il y a autour de lui. Et il peut prendre contact avec eux. On y trouve aussi de quoi trouver un logement, des équipements, de la parapharmacie... On les aide du début à la fin pour qu'ils fassent leur métier le mieux possible. Le site est simple, et le nom, Social Foot, met en avant le côté social et humain.

Malgré la distance que vous avez pris avec le football professionnel, vous allez quand même vibrer pour les Bleus à l'Euro ?
Oui, tout à fait, on est français quand même ! Je vais être derrière eux pour qu'ils aillent le plus loin possible, et qu'on voie du football.

Un pronostic ?
C'est comme si tu me demandes qui sera président de la République en 2017 ! Je peux te donner plein de noms, mais celui qui va être président, ça va être compliqué à savoir ! Mais là, c'est un peu pareil, hein. Il va y avoir l'Espagne, l'Allemagne, la France... Et dans un Euro ou une Coupe du monde, il y a toujours une équipe qui sort, et dont on ne sait pas d'où elle arrive. Nous, il faut quand même se rappeler contre qui on a joué. On joue contre le Danemark, c'était une équipe de malades. On joue contre les Belges, je ne vais pas les critiquer, mais c'est peut-être le seul match où ça a été plus facile que les autres. Après, on joue la Yougoslavie, je ne te dis pas les joueurs qu'ils avaient, puis le Portugal, et l'Espagne. Je ne sais pas si tu vois ! De toute façon, si tu veux être champion d'Europe, il faut gagner contre tout le monde.

Propos recueillis par Alexandre Doskov
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