Brest et le crachin breton

On les a vus leaders fin 2010 et en pleine opération maintien en mai 2011. Brest entame sa deuxième saison consécutive dans l'élite en espérant être au moins plus régulier, malgré une préparation marquée par les blessures et la gavotte allemande de Nolan Roux.

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Le petit dernier des clubs bretons de Ligue 1 est naturellement celui qui a le moins d'ambition. Se maintenir, point barre. L'année dernière, les promus brestois avaient bénéficié de l'effet de surprise qui sied toujours aux promus normaux (on ne parle donc pas d'Arles-Avignon), avaient profité de grosses écuries au diesel, plus occupées à soigner les plaies de leurs internationaux rentrés groggy de la Coupe du Monde qu'à mettre tout le monde d'accord au classement. Et Brest s'était d'ailleurs peut-être vu un peu trop beau si bien que la seconde partie de l'exercice fut catastrophique, dans la charrette des sept-huit équipes à jouer le maintien dans les toutes dernières heures de mai 2011. Pour cette saison, les Finistériens le savent. Ils ne pourront espérer aucune mansuétude de la part de leurs adversaires et éprouveront nécessairement plus de difficultés pour emmagasiner d'entrée le matelas de points qui les avait sauvés l'année dernière.

Les Bretons s'apprêtent à démarrer cette saison avec les yeux un peu mouillés. La préparation fut plutôt compliquée. Avec un bilan de deux victoires, deux nuls et trois défaites, le Brest d'Alex Dupont, appelé “Sir Alex” dans le 29, s'est surtout attaché à assimiler un nouveau schéma tactique. Le 4231 de 2011 va ainsi laisser la place à un 442, histoire de torde le coup aux nombreuses critiques apparues l'année dernière sur le jeu défensif de Brest. Les causeries ont été nombreuses pour faire comprendre au groupe “le nouveau projet de jeu”, même si le contre restera la spécialité du Stade Brestois. Pour ajouter un peu d'incertitude autour de cette modification de système, Alex Dupont a dû se coltiner une préparation sans sa défense titulaire 2011, décimée par les blessures (Daf, Kantari, Apanga et Ferradj sont out), et n'a de fait pu aligner deux fois de suite la même défense. Inutile de préciser que pour une équipe de contre, avoir une défense bancale n'est pas la plus rassurante des situations. Contre Evian, pour l'entame de la saison, Brest alignera donc une ligne arrière new look, d'à peine 22 ans de moyenne (Martial-Baysse dans l'axe, Makonda à gauche, Coulibaly à droite) avec le prometteur Paul Baysse en patron. Le mercato estival s'est donc tout naturellement concentré sur les postes arrières : Gentiletti, Makonda, et l'improbable venue de Zébina, qui ne sera toutefois pas prêt pour la reprise. Les deux autres recrues viennent garnir le milieu de terrain (Jairo Culma, colombien) et l'attaque (Ben Basat, israëlien).

Mais à Brest, au-delà du sale temps qui a sévi en Bretagne, l'été fut marqué par le départ annoncé, puis le clash, puis la prolongation de contrat de Nolan Roux. Comme pour Marvin Martin à Sochaux, le président Guyot s'est montré inflexible. On paie la clause de départ d'environ 8 millions ou on ne ne part pas. Schalke est resté bloqué à 6,5. Tant pis pour eux, tant mieux pour la L1. Le tressé Grougi (qui sera dans une position plus reculée aux côtés d'Ewolo au sein du nouveau 442) avait lui aussi des envies d'ailleurs, convoité notamment par son club formateur, Caen. Une prolongation de contrat, début août, fut finalement signée et ponctua le feuilleton de manière plutôt heureuse. A bien y réfléchir la seule véritable bonne nouvelle pour Dupont. Il pourra au moins s'appuyer sur ses leaders offensifs.



Ronan Boscher

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En France, il y a Paris et le reste. Et depuis que les Qataris sont venus fourrer leur nez du côté du PSG, la formule de Jef Gravier peut désormais s'appliquer à la Ligue 1. Alors même si balancer des millions en transferts n'a jamais garanti un titre de champion, Lille, Lyon, l'OM et Bordeaux devront lâcher les chameaux pour ne pas être dévorés tout cru. Notre championnat deviendrait-il soudainement intéressant ?

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