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  2. // 8e
  3. // Brésil/Chili (3-0)

Brésil de la tentation

Une fois encore, le Brésil a gagné. De nouveau sans faire le spectacle, ni tout à fait le jeu, mais en profitant des largesses de son adversaire chilien, trop tenté.

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Le Brésil a une tactique simple : laisser approcher sa proie le plus proche possible, mais sans toucher, hein, afin de mieux lui faire un enfant dans le dos. Aujourd'hui frappe à sa porte le Chili, jeune fougueux qui veut aller plus vite que la musique. Dès le début de la rencontre, le Chili se désape, monte haut dans le camp brésilien, trébuche, perd la balle, se fait prendre en contre par les Jaune et Bleu, mais Luis Fabiano rate sa frappe. Le bloc défensif brésilien est bien en place et durcit bien comme il faut le combat pour la possession. Les mecs de Dunga posent le pied sur la balle, calment encore un peu les ardeurs chiliennes, et montrent qu'en termes de circulation de balle, ce ne sont pas des Brésiliens pour rien. Même Lucio, en position d'ailier gauche sur un corner y va de son dribble. Puis en position d'avant-centre sur l'action suivante, il doit bénéficier d'un penalty, mais l'arbitre préfère faire durer le suspense. Le Chili reprend un peu la balle, mais toujours sous la menace des contres du trident auriverde, qui n'a pas son pareil pour exploiter les espaces.

Les espaces, pour l'instant, sont surtout pour Maicon, qui joue plus haut que Dani Alvès. Parce qu'au Brésil, le latéral joue toujours plus haut que son milieu, c'est un mode de vie. Maicon, donc, obtient un corner, et ce nouveau coup de pied arrêté est encore une fois bien tiré, sur la tête de Juan. Ouverture du score pour le Brésil, sur corner. Au métier. Maintenant qu'ils ont mis le premier, la partie s'annonce encore plus serrée pour les Chiliens. La preuve, sur un nouveau contre, les Brésiliens ont une bonne opportunité, mais Luis Fabiano se chie dessus. Pas grave, il se rattrape sur le contre suivant : Robinho déborde sur la gauche, trouve Kaka en trailer à l'entrée de la surface, qui glisse astucieusement pour Luis Fabiano. 2-0 pour le Brésil, le match est fini. Éconduit, le Chili peut disposer.

Pourtant, il était sympa ce Chili. De bonnes intentions, et un plan de jeu ambitieux, un peu trop même : presser très haut la Brésilienne et l'étouffer avant qu'elle ne puisse réagir ou appeler les flics. Mais le Brésil l'a venu venir à des kilomètres, et possède une défense des plus solide. Facile, il s'en sort à coups de petites passes courtes et rapides. Une fois le ballon sur Alvès à droite ou Ramires à gauche, le Chili devait soit reculer, soit continuer son pressing, au risque de laisser filer le Brésil dans son dos. Ben voilà, le risque était trop grand. Le moindre espace dans l'axe et c'est parti. Entre le swing de Robinho, la vision de Kaka, et le sens du but de Fabiano, le Brésil a été d'une efficacité redoutable, et l'affaire vite réglée.

Jouer le Brésil pose un problème en apparence insoluble. Sûr de son fait et de ses qualités défensives (et il a bien raison), il vous tente de prendre le jeu à votre compte. Le Chili avait vaillamment choisi cette option, mais trop fou, il a voulu jouer trop haut et trop vite. Trop facile pour le Brésil: la défense pour les contrôler, l'attaque pour les contrer. Dès qu'ils ont des espaces, les Auriverde sont injouables. Et même quand ils n'en ont pas, ils savent s'en créer. La preuve avec ce dégagement de Jules César récupéré par Ramires, qui lacère le premier rideau chilien avant de servir Robinho, qui reprend instantanément pour le troisième but.

Reste alors à laisser le contrôle du ballon, mais cela revient alors à s'engager dans une position très délicate, une course contre la montre avant que le Brésil ne trouve la faille. Car le Brésil possède les armes adéquates pour faire sauter une défense placée : les frappes de loin et les coups de pied arrêtés. Le problème semble donc insoluble. Le Brésil n'a encore jamais été mis en difficulté, et semble même en avoir encore sous la semelle. C'est maintenant au tour des Pays-Bas de les affronter, dans un quart de finale qui s'annonce monstrueux. Parce que s'il y a des séducteurs capables de faire regretter au Brésil son attentisme, ce sont bien eux.

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