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Brazil tri campeão

Le Mundial mexicain... Peut-être la plus belle édition de l'Histoire de la Coupe du Monde. Parce que Pelé, Tostao, Rivelino, Jaïrzinho, Gerson, bien sûr. Et puis quelques matchs anthologiques, quelques actions de légende et surtout dernier grand rendez-vous du foot festif avant la bunkerisation du jeu. Et enfin, le Brésil enlève pour toujours le Trophée Jules Rimet promis au triple vainqueur du Mondial : un triomphe sanctifié unanimement par la planète entière...

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Des Anglais favoris !

Bien sûr le Brésil est super coté, quasi N°1. Mais le Brésil doute et il a changé in extremis d'entraîneur juste avant la compétition, le bon vieux Joao Saldanha a été remplacé par le “novice” Mario Zagallo... Mais back to England ! Eh, oui : les Rosbifs sont quand même les tenants du titre. Mieux ! Il sont super confiants en eux, possèdent un joueur de classe mondiale dans chaque ligne (Banks, Moore, Charlton, Hurst) et tous déclarent que l'Angleterre de 1970 est bien plus forte que celle de 1966. Et c'est vrai. Voici une anecdote incroyable, racontée par Bobby Moore... Les Anglais arrivent au Mexique et d'entrée, on leur demande sans arrêt ce qu'ils pensent des méthodes d'entraînement révolutionnaires des Brésiliens. Un jour, les deux Bobby, Moore et Charlton, en ont marre. Ils louent une WV, direction le camp de base des Brésiliens : ils veulent voir de leurs yeux comment ils s'entraînent. Ils se débrouillent pour suivre de loin la préparation de leurs rivaux. Pas de doute : ça bosse et les méthodes sont bien “modernes”...

Mais, Moore et Charlton ne sont pas si bluffés que ça, quand soudain... les joueurs brésiliens reconnaissent les deux compères. Ils se ruent alors sur eux et les bombardent de questions sur la préparation physique des Anglais et leurs méthodes d'entraînement. Les deux Britanniques n'en reviennent pas : les Brésiliens craignent l'Angleterre... Du coup, les deux gars rentreront au bercail, certes impressionnés par la Seleçao mais rassurés par le respect qu'ils inspirent aux Brazileiros... De fait, Brésil et Angleterre se retrouvent sur le terrain, en poule. Les Sud-Américains l'emportent 1-0 sur un but de Jaïrzinho. Victoire facile ? Pas vraiment : malgré la domination de la Seleçao, les Anglais ont quelques actions nettement dangereuses gâchées par Martin Peters... A la fin du match, Pelé et Moore, hyper classieux, se donnent l'accolade, torses nus, sourire éclatant comme la promesse de se retrouver évidemment en finale. L'Histoire en décidera autrement pour la sélection aux Trois Lions...

Pelé ! Fabuleux ! Extraordinaire ! Merveilleux !

Que de grands moments du Rei... Bien sûr, la parade du siècle insensée de Gordon Banks sur la tête du Roi Pelé qui lève les bras et crie « gol ! » avant que la manchette divine de Gordon ne dévie le ballon de sa course victorieuse. Et puis le tir du milieu de terrain contre la Tchécoslovaquie. Bing ! Sans prévenir, du rond central, Pelé a vu le grand Seigneur Ivo Viktor trop avancé. Shoot sans élan ! La courbe elliptique du ballon surprend Viktor qui revient sur sa ligne à reculons, désespéré... Le ballon le lobe mais passe à moins d'un mètre de son poteau. Génial quand même... Encore plus génial, en demies contre l'Uruguay, le grand pont de Pelé sur le très bon gardien Mazurkiewicz, après une feinte entre les jambes. Pelé contourne le gardien et redresse la course du ballon qui file en 6 mètres, en shootant dos au but... Là encore, le ballon passe à quelques centimètres du poteau opposé.

Pas grave ! Pelé se rattrape en finale contre l'Italie (4-1)... Il marque le premier but de la tête après une extension verticale inouïe qui ne sera égalée que bien plus tard par les jumps légendaires de Michael “Air” Jordan... Et puis il y a cette passe aveugle pour Carlos Alberto sur le quatrième but brésilien, un scud qui troue les filets du pauvre Albertosi. Que du légendaire... De quoi demeurer le plus grand à jamais. Et dire que vers 1968-1969 Pelé a songé à arrêter la sélection, meurtri par le mauvais Mondial 66, par les agressions répétées et au pays, par les critiques acerbes sur son âge. Il était même discuté à l'intérieur même de la Seleçao, au sein de laquelle son leadership absolu est remis en cause : c'est ce que lui fera justement comprendre le jeune lion Jaïrzinho avant le Mundial. Heureusement pour l'Humanité entière, le Roi Soleil est revenu illuminer la planète foot pour l'éternité en ce 21 juin 1970, au désormais mythique Estadio Azteca de Mexico, au solstice d'été...

Italie-RFA, le Match du Siècle...

Les Français à la niche ! Oubliez France-RFA 82 à Séville : c'est encore et toujours cette demi-finale Italie-Allemagne du 17 juin 1970 au Stade Aztèque de Mexico qui demeure le match absolu, pour le monde entier. Et toc ! Une demie qui s'est surtout emballée en prolongation. En fait, l'Italie a marqué à la 8ème, par Boninsegna. Pendant 82 minutes, la Mannschaft va courir après le score, pilonnant le but d'Albertosi. Corner après corner, tirs de loin, de près, coup-francs... Tout y passe mais rien ne rentre ! C'est Schnellinger qui égalisera, à l'allemande, à la 90ème... Ensuite c'est la folie ! Müller, but de raccroc dont il a le secret (RFA 2-1, 94ème), puis Burgnich égalise (2-2, 98ème), la Squadra pousse son avantage par Riva (3-2, 104ème) et se qualifie enfin en finale !... Noooooon ! Müller égalise à 3-3 (110ème) et propulse l'Allemagne vers un finish victorieux qui a fait et fera sa légende ? Pas du tout !

Sur l'engagement, les Italiens marquent à la 111ème, par Rivera : 4-3 ! C'est fini ?... Noooon ! Puisque Gerd Müller hérite du ballon dans la surface, prend sa chance et... rate ! Beckenbauer est furax et frappe le sol de sa main : il attendait que Gerd lui remette le ballon pour frapper et marquer à coup sûr !!! Finalement, c'est bien l'Italie qui gagnera la place en finale. Après le match, tous les Italiens éclopés, claudiquant mais heureux, se tombent dans les bras. Ils paieront en finale le prix fort de ces efforts surhumains. Dernière image mythique : Beckenbauer, le bras droit en écharpe. Il a joué une bonne partie du match (20 minutes avant la fin du temps réglementaire, plus la prolongation), l'Allemagne ayant déjà fait entrer ses deux remplaçants (53ème et 63ème)... De toute façon, Franz ne serait jamais sorti, trop fier et trop classe. Même avec le bras bandé (clavicule cassée, quand même !), il avait de l'allure. C'est comme ça qu'on devient Kaizer, non ?

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Les grands moments

A tout seigneur... Jaïrzinho a réussi l'exploit encore jamais égalé d'avoir inscrit un but à tous les matchs de la Coupe du Monde, 7 buts pour 6 rencontres disputées... Autre scoreur : Gerd Müller devient “Der Bomber”, l'un des plus fabuleux buteurs de tous les temps. Avec 10 buts, dont deux triplés, l'avant-centre du Bayern prend date avec l'Histoire puisqu'il sera le buteur mythique de la grande RFA des années 70, décisif à l'Euro 72 et surtout au Mondial allemand 1974 où il ruinera les Pays-Bas avec le but de la victoire finale (2-1)... Premier carton jaune de l'Histoire ! L'arbitre allemand Karl Tschenscher avertit le Russe Lovchev en match d'ouverture Mexique-URSS... Le Tchécoslovaque Petras marque l'unique but de son pays contre le Brésil en poule (1-4) : il se signe à genoux, un geste religieux comme une offense au régime socialiste et matérialiste implacable imposé par le “grand frère” russe après le Printemps de Prague de 1968...

A noter, la participation d'Israël, un truc unique dans l'histoire de l'Etat hébreu pour un bilan pas crade (deux nuls 1-1 contre la Suède et 0-0 contre le futur finaliste italien)... Pub ! Pelé hyper relou : juste avant le coup d'envoi de la finale contre l'Italie, Pelé fait signe à l'arbitre d'attendre qu'il relace ses souliers, des Puma ! Gros plan planétaire sur les chaussures. Immense coup de pub bien prémédité par la marque au félin... Sinon, l'altitude (Mexico est perchée à 2250 mètres) et la chaleur écrasante, surtout : la plupart des matchs ont lieu à midi, à plus de 40° C !... Autre grand moment : la France est absente au Mexique. OK ! Pas drôle.... Enfin, l'un des plus grands moments de lose absolue de l'histoire du foot : le coaching désastreux du sélectionneur anglais Sir Alf Ramsey en quarts contre la RFA. L'Angleterre plane et ballade la Mannschaft, 2-0 tranquille, et à 20 minutes de la fin Ramsay fait sortir son stratège Bobby Charlton, qu'il veut préserver pour les demies. Bobby hésite à sortir puis s'exécute... Catastrophe ! La RFA en profite et Beckenbauer, tel un requin, se rapproche des côtes anglaises et Müller et Seeler tels des squales mordent : 2-2 à la 76ème ! Le Anglais sont assommés : il se voyaient en demies, voire en finale, et là, tout est à refaire, à 40°C à l'ombre... Surtout, dans les buts anglais, l'abruti de Bonetti est désastreux. Tout ça à cause d'une putain de gastro qui a cloué Gordon Banks au plumard, et donc forfait... Too bad. C'est l'ami Müller, bourreau intraitable, qui trucide Albion en prolongation (3-2). L'Angleterre ne se remettra quasiment jamais de ce quart perdu, ne gagnant aucun tournoi majeur depuis...

Classement des buteurs

Gerd Müller (RFA), 10 buts... Jaïrzinho (Brés), 7 buts... Teofilo Cubillas (Pérou), 5 buts... Pelé (Brés) et Anatoli Bychovets (URSS), 4 buts...

Un peu de vidéos...



Pélé contre l'uruguay , la tchecoslovaquie et l'Angleterre
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Et dire que certains se paluchent devant l'Inter et Mourinho. La passe de Pélé est plus belle que la carrière entière de Mourinho ...
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