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Brave Hart

La Premier League perd la tête. Le meilleur buteur actuel est anglais (Harry Kane). Mais plus incroyable encore, le meilleur gardien actuel est anglais. Et rien que pour ce coup de folie, Joe Hart méritait bien qu'on se penche un peu sur son cas.

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Même Lionel Messi en reste sur le cul. Pas franchement porté sur les compliments à l'attention de ses adversaires, fussent-ils les plus prestigieux, la Pulga n'a pas pu cacher une certaine admiration devant les prouesses insensées de Joe Hart face à ses potes et lui lors de la qualification de Barcelone face à Manchester City en huitième de finale de la Ligue des champions. « Joe Hart est un phénomène. Il a fait un match fantastique. Je savais déjà que c'était un gardien de classe mondiale, mais sa performance a été impressionnante. Nous nous sommes créé énormément d'occasions que nous n'avons pas pu transformer à cause du grand gardien qui était face à nous. Il a tout arrêté. Il est phénoménal. On a presque eu de la chance de se qualifier ce soir avec ce gardien de but. » Bon ok, le quadruple Ballon d'or pousse un peu, vu la supériorité très nette des Blaugrana lors de la double battle face aux champions d'Angleterre. Reste que Messi, qui marche sur l'eau depuis plusieurs mois et qui, face aux Citizens, avait carrément troqué ses costards tout pourris pour des habits de gala, ne s'est pas souvent cassé le nez face à un seul homme. À l'aller, quand Hart a repoussé son péno du KO en fin de match, et surtout au retour où l'Anglais a facturé une dizaine d'arrêts tous plus fous les uns que les autres, pour un record du genre. « Mes arrêts de ce soir sont normaux, c'est mon boulot et ils m'ont tiré dessus. C'est sûr, j'ai été occupé ! » Même Neymar, autre extraterrestre en fonction au Camp Nou, a fini proprement écœuré par la performance tentaculaire du portier mancunien. On le savait depuis plus de quatre ans, mais c'est un confirmé : Sa Très Gracieuse Majesté a enfin un dernier rempart de classe. C'est vrai que pendant des années, la vanne bidon a circulé quasiment tous les week-ends devant les bloopers en tout genre : comment appelle-t-on un bon gardien anglais ? Un concierge. Faudra donc trouver autre chose.

Un miracle dans le football anglais


Pour beaucoup d'observateurs outre-Manche, Joe Hart, qui vient de souffler sa cinquantième sélection à seulement 27 piges (contre 31 ans lors de ce temps de passage pour la légende Peter Shilton, recordman absolu chez les Three Lions avec 125 capes au final) est peut-être même la carte maîtresse de Roy Hodgson. Bien évidemment, la star s'appelle Wayne Rooney, et la hype du moment, Harry Kane. Mais la plupart des experts estiment que les Three Lions ont régulièrement eu ce qu'il fallait en attaque et au milieu. Non, ce qui fait défaut depuis plus de dix ans, c'est la présence d'un grand gardien. Un drame récurrent pour un royaume biberonné pendant des décennies aux exploits de Gordon Banks, Ray Clemence, Shilton et David Seaman. Puis Joe Hart a émergé. Et c'est une manière de miracle, à bien y regarder. « Joe est un cas isolé, explique Christophe Lollichon, entraîneur des gardiens à Chelsea. Derrière, je ne vois pas arriver d'autres grands gardiens anglais. L'arrêt Bosman a fait un mal terrible aux gardiens anglais. Sur le marché, un gardien n'est jamais cher, donc, plutôt que de former, les clubs ont acheté à l'étranger. Nos jeunes gardiens n'ont jamais pu se confronter au plus haut niveau. Mais, au-delà, je constate depuis une quinzaine d'années que les bases techniques des gardiens anglais restent insuffisantes. J'ai la sensation qu'ils travaillent essentiellement le réflexe, la vitesse, la réactivité, et moins la prise de balle, la position du corps face à l'adversaire, le positionnement des jambes, des bras, de la tête. Je vois trop de gardiens qui gesticulent et se font souvent surprendre entre les jambes. Il vaut mieux rester groupé comme un parachutiste à l'impact. Nos gardiens ne sont pas assez patients. Il faut attendre un maximum avant de donner une indication aux attaquants. Ils ont aussi tendance à trop boxer les ballons. C'est en partie lié aux ballons modernes, mais aussi à la position et à l'équilibre du corps pour privilégier une prise de balle. Joe Hart échappe à ces remarques. Il a, lui, travaillé ses bases en se remettant en cause après chaque erreur. Physiquement, il est solide et ses réflexes sont étonnants. Il a aussi une vision du jeu parfaite et c'est un excellent relanceur, ce qui est essentiel pour un gardien moderne. Il distille cette confiance aux autres joueurs. Il est en quête perpétuelle de perfection. Il déborde de confiance en lui. Scott Carson a été détruit par la presse après sa faute contre la Croatie en 2007, alors que le terrain était pourri. Il était parti pour être le gardien de la décennie. Il a ensuite été insulté à chaque match par les fans. On voyait dans son langage corporel qu'il ne supportait pas cette pression. Joe Hart, lui, est indestructible. »

Taillé par Scholsy


La preuve, le bougre a su se relever quand, tour à tour, Roberto Mancini, puis Manuel Pellegrini ont douté de lui, El Ingeniero allant même jusqu'à lui faire cirer le banc l'automne dernier au profit de Willy Caballero, venu de Málaga. En début de saison dernière, The Sun, jamais en retard d'un bon mot, avait claqué une manchette à la face du Mancunien : « Joke Hart » . Si le natif de Shrewsbury, le patelin de Charles Darwin, figure une vraie avancée dans la chaîne de l'évolution des gardiens anglais, il ne facture pas un parcours linéaire de super crack avec des phases régulières de léger relâchement qui font toujours renaître les fantômes des guignols qui l'ont précédé dans la cage du royaume. Et c'est peut-être dans les minutes suivant son immense performance au Camp Nou qu'il faut chercher l'explication. Pris d'une forme d'allégresse malgré l'élimination, Joe Hart avait quitté l'enceinte catalane avec un petit sourire en coin, sans doute flatté par les congratulations de ses très prestigieux adversaires du soir. Une attitude que ne comprend toujours pas Paul Scholes dans The Independent. « Bravo à Joe pour ce nombre d'arrêts record en Champions League, d'autant que ce sont de grands arrêts. Il ne fait aucun doute que Manchester City aurait pris une fameuse raclée sans lui. Mais je n'arrive pas à me faire à son évidente satisfaction. Il souriait après chaque arrêt et allait même "bumper" ses défenseurs. City était pourtant mené 0-1 et se dirigeait vers l'élimination. Que célébrait-il au juste ? De ne pas ramasser 5-0 ? Selon moi, l'archi-domination du Barça n'en reste pas moins humiliante. » Au fond, Joe Hart incarne un football anglais qui s'est enfin remis en cause sur le plan du jeu mais qui, mine de rien, a fini par s'habituer à une forme de lose, au point de se satisfaire des défaites magnifiques.



Par Dave Appadoo
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