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Brandao offre la coupe à l'OM

Buteur sept minutes après son entrée en jeu, Brandao a permis à l’Olympique de Marseille de remporter sa troisième Coupe de la Ligue consécutive face à l’Olympique Lyonnais (1-0 a.p) au terme d’une rencontre ennuyeuse. Costauds en prolongation, les Marseillais sauvent leur saison.

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Lyon - Marseille : 0-1 ap
Buts: Brandao (104e ap) pour l'OM.

Présentation ratée, finale ratée : parfois, l’habit fait le moine. Quelques (trop) longues minutes après le show d’avant-match le plus cheap de l’histoire des finales de coupes nationales, Marseillais et Lyonnais avaient la lourde tâche de divertir des milliers de téléspectateurs, à peine réveillés par le teint hâlé des pom-pom girls dénudées du Stade de France. Seul bémol, en ce moment, demander aux Olympiques de divertir leur monde, c’est un peu comme tenter de qualifier l’esthétique de ces mains en plastique qui surplombent le ciel de Saint-Denis : difficile, voire impossible. Du coup, au moment de se disputer un titre crucial, pour retrouver la gloire d’un côté, et pour sauver la saison de l’autre, Rhodaniens et Phocéens ont fait un bide. Manque de rythme, innombrables fautes techniques et déficit d’enthousiasme, la finale de la Coupe de la Ligue si chère à Frédéric Thiriez a été un vrai flop. Mais peu importe, ce soir, pour les Marseillais, sauvés par Brandao en prolongation, seule la victoire est belle. L’OM remporte sa troisième Coupe de la Ligue consécutive et sauve sa saison, avec des couilles.

Pas un seul tir cadré

Impossible d’en vouloir à l’OM. Malades depuis de longues semaines, les joueurs de Didier Deschamps jouent avec leurs armes. Plutôt bien entrés dans leur match, les Phocéens proposent aux Lyonnais un gros défi physique d’entrée de jeu. Les fautes sont nombreuses, les joueurs à terre aussi, et pas seulement Mathieu Valbuena. Isolés sur le front de l’attaque et pas aidés par un milieu de terrain en méforme, Lisandro et Bafé Gomis, quand ils ne sont pas hors-jeu, se heurtent à un excellent Nicolas Nkoulou. Solides derrière, les Marseillais sont muets devant. Amalfitano ne fait rien, Rémy est privé de ballons, tout comme Valbuena et André Ayew. En fait, ces quarante-cinq première minutes peuvent se résumer à ce que l’on voit sur chaque corner botté d’un côté ou de l’autre : tous les joueurs sont arrêtés. Ce qui, il faut bien le dire, n’aide pas au spectacle. Du coup, cette première période est celle de la statistique qui tue : pas une seule frappe cadrée, et un seul tir « notable » , une tentative totalement foirée de Michel Bastos, qui aurait pu se transformer en passe décisive. C’est tout. Alors oui, les Phocéens ont eu la possession du ballon. Mais rien de plus. Et que dire des Lyonnais ? Bah rien. Un 4-4-2 qui ne marche pas. Mi-temps, le Stade de France s’endort. Sauf ceux qui ont droit aux petit-fours.

Poteau d’Amalfitano

L’avantage de cette première mi-temps, c’est qu’il était impossible pour les vingt-deux acteurs de faire pire en seconde. Décomplexés – en grande partie grâce aux Lyonnais, qui n’ont pas voulu ou pu exploiter le manque de confiance phocéen – les Marseillais dominent. Les hommes de Didier Deschamps balbutient moins leur football, et l’apport d’Azpilicueta, titulaire au poste de latéral gauche à la place de Morel, est indéniable. Malgré la domination marseillaise, le premier frisson de cette deuxième période est lyonnais. Pour sa première erreur du match, Nicolas Nkoulou manque d’être sanctionné quand suite à une perte de balle du Camerounais, Lisandro lance Gomis au but. Malheureusement pour les Gones, l’attaquant français est rattrapé in extremis par Azpilicueta. Malgré un bon Dabo, les hommes de Rémi Garde subissent, et suite à la plus belle action du match, Valbuena, en bonne position, centre pour Amalfitano. En manque de réussite, l’ancien Lorientais voit sa tête déviée sur le poteau par Hugo Lloris. On joue alors la 65ème minute, et les Lyonnais décident d’arroser Lisandro et Gomis de ballons longs jusqu’à la fin du temps réglementaire. Mis en difficulté par ce remix du kick and rush rhodanien, les coéquipiers de Steve Mandanda jouent avec leurs armes, mais ne parviennent pas à s’illustrer sur leurs nombreux coups de pied arrêtés. Le seul tir cadré de la rencontre de l’OL est une énorme mine du gauche de Gomis dans la lucarne de l’OM, mais Bafé est signalé en position de hors-jeu. C’est con. Les dernières minutes sont stressantes à défaut d’être passionnantes. Kaboré remplace Diarra, Lisandro inquiète Fanni, mais Mandanda et Lloris ne souffrent pas. Le cœur des entraîneurs un peu plus. Prolong’.

Umtiti voit Grosminet

« Vous êtes prêts les gars ? » Tout le monde est prêt, Stéphane Lannoy, façon Call of Duty en réseau, lance la seconde période. Tout le monde est fatigué, du coup, le match est plus ouvert. L’arbitre de la rencontre propose « des soins » à qui en veut, mais les joueurs veulent en découdre. Plus à leur aise, les Lyonnais vont, par deux fois, inquiéter Mandanda. C’est d’abord Gomis qui, bien lancé par Réveillère, tente une frappe dans un angle impossible, avant que Briand, mauvais ce soir, envoie une demi-volée dans les rues de Saint-Denis. 97ème minute, tournant du match. Brandao, l’homme des coupes, remplace Loïc Rémy. Au fond, tout le monde se dit qu’un match comme ça doit forcément se terminer sur un but de la Brandade. Abracadabra, sept minutes plus tard, suite à un bon travail de Cheyrou, Umtiti est devancé par le Grosminet brésilien qui profite de l’attentisme de Lloris pour l’allumer et faire exulter une grosse moitié du Stade de France. L’histoire est belle pour celui qui avait envoyé l’OM en quart de finale de la Ligue des Champions mais qui est toujours décrié. La seconde période de la prolongation ne change rien. Les Phocéens, ivres de joie, soulèvent la Coupe. Une vraie scène de bonheur qui vaut tous les avant-matchs du monde.

Par Swann Borsellino
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