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Braga, troisième club portugais, vraiment?

Depuis trois saisons, le Sporting Clube de Portugal n'est plus que l'ombre de lui-même. Pas top niveau timing, puisque dans le même temps, Braga est en plein essor. Les Minhotos enchaînent les bonnes saisons, ce qui amène certains à penser que le Sporting n'est plus le troisième grand club portugais. Ont-ils raison, ont-ils tort ? Réponse.

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Non, car son palmarès est quasiment vierge


Le Sporting Clube de Braga a beau avoir 91 ans, il n'est pas considéré comme un club historique au Portugal. Avec un passé très léger et un avenir plein de promesses, Braga est plutôt un adolescent. Avant l'arrivée d'Antonio Salvador, le « clône de Pinto da Costa » , au poste de président en 2003, les Minhotos ont connu des hauts, des bas, des descentes et des promotions, pour un seul titre, la Coupe du Portugal 1965-66 - après avoir battu les grands Benfica et Sporting tout de même. Depuis le début de l'ère Salvador, le SC Braga ne fait pas beaucoup mieux sur le plan comptable avec une Coupe Intertoto en 2008. Bref, non seulement le palmarès des Guerreiros est à des années lumières de celui du « vrai » troisième grand qu'est le Sporting, mais il est également inférieur à celui de Belenenses, Boavista et même l'Académica ou Setúbal. De ce point de vue-là, Antonio Salvador a du chemin à parcourir. Et puis compte-tenu du début de saison des hommes de Peseiro, on voit mal comment ils pourraient remporter autre chose que la Coupe du Portugal. Et encore...

Oui, en attendant que le Sporting sorte de son coma


Au crépuscule de l'année 2012, Braga est l'équipe qui monte et le Sporting celle qui décline. Les courbes se sont déjà croisées et voilà quelques années que les premiers sont assez nettement supérieurs aux seconds. Tout a commencé en 2008-2009 : le Sporting Clube de Portugal réalise alors sa dernière saison valable en arrachant la deuxième place en championnat et en atteignant les 8es de finale en C1 - malgré une grosse claque reçu face au Bayern -, tandis que Braga explose. Sous la houlette de Jorge Jesus, les Minhotos arrachent la Coupe Intertoto et se hissent en 8es de finale de la C3 en battant le Standard de Liège des Witsel, Defour & Co avant de s'incliner de justesse devant le PSG (1-0 sur l'ensemble des rencontres). La suite tourne à l'avantage de Braga qui poursuit son envolée, pendant que les Leões s'effondrent inexorablement - la belle campagne en C3 de l'an passé était en fait l'arbre qui cachait la forêt. Avec deux participations en Ligue des champions, une finale d'Europa League et une place de dauphin, ainsi qu'une troisième place en Liga Sagres, « os guerreiros » remportent le duel des Sporting par KO. Et vu l'état catastrophique dans lequel se trouvent les Lisboètes la situation ne devrait pas évoluer immédiatement.

Non, pour des raisons historiques


Le Sporting Braga ne pourra jamais rivaliser avec un club de Lisbonne ou de Porto en matière de notoriété, et ce, quel que soit son palmarès ou sa forme du moment. Au mieux, Braga deviendra l'équivalent d'un Valence en Espagne, mais ne remplacera probablement pas le Sporting dans le cœur des Portugais, même si ce dernier venait à tomber dans l'anonymat un jour. Même à Braga et dans le Minho en général, beaucoup préfèrent l'une des trois écuries historiques avant de soutenir l'équipe de leur ville (ou région). Et quand bien même Antonio Salvador réussirait à « conquérir » le cœur de la grande majorité des « Bracarenses » , il serait difficilement imaginable de voir son club s'implanter dans le reste du pays et au-delà de ses frontières au même point que son homonyme de Lisbonne qui compte plus de... 100 000 socios. Car, au pays de Camões, le football est le reflet d'une société très fortement marquée par le clivage Porto-Lisbonne depuis le début de la révolution industrielle. La première ville se veut garante des droits du Nord qui lutte contre le centralisme lisboète, un pouvoir que la seconde tient à garder à tout prix. Il n'y a que deux grandes villes pour les Portugais, aussi bien dans le cadre politique que sportif. Des villes importantes, comme Coimbra, capitale culturelle, Faro, pôle touristique, et donc Braga, sensibilisent bien moins les habitants des villes étrangères puisqu'elles ne participent pas à la grande bataille idéologique. Un désavantage quasiment irréversible pour le SCB...

Oui, dans le futur

Antonio Salvador a fait beaucoup pour Braga en neuf ans. Il a définitivement abonné son équipe au haut de tableau ainsi qu'aux compétitions européennes, chose impensable il y a encore une vingtaine d'années. Pour ce faire, Salvador a tissé des liens avec des hommes très influents comme Pinto da Costa, Luis Filipe Vieira ou encore Jorge Mendes, afin de composer à terme une équipe de « bons remplaçants » de Porto, Benfica ou du Sporting. Depuis quelques années, le président « minhoto » ne se contente plus de faire de la récupération, mais a également mis en place une cellule recrutement à l'échelle nationale sur le modèle du FC Porto. C'est ainsi que Matheus, Lima et maintenant Éder ont pu être recrutés à bas coût. Ce dernier a une clause de 30 millions d'euros et devrait permettre à Salvador d'empocher suffisamment d'argent pour envisager de concrétiser un rêve : créer le plus grand centre de formation du Portugal et devenir le vivier de la Selecção portugaise, devant le Sporting. Si les Leões de Godínho Lopes poursuivent leur politique de recrutement de joueurs étrangers (nuls) en délaissant peu à peu leur excellente académie, comme c'est aujourd'hui le cas, Braga pourrait bien finir par les dépasser dans ce domaine. Pendant que le Sporting continuera de se faire taper en C3 par des équipes hongroises et suisses avec des joueurs achetés trop cher sur le marché, Braga formera des futurs cracks pour les vendre au prix fort, et ainsi s'enrichir. À moyen terme, les courbes économiques des deux clubs se croiseront, tout comme les courbes sportives aujourd'hui. À moins que le Sporting Clube de Portugal ne se réveille à temps...

Par William Pereira
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