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Boutruche : « J'ai joué au palet breton avec David Beckham »

Marc Boutruche et Oscar Ewolo, anciens coéquipiers à Lorient, ont une reconversion peu banale. Le premier est devenu maire, le second pasteur. Entretien croisé.

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Salut Marc et Oscar. Alors, ça fait longtemps que vous ne vous étiez pas vus ?
Oscar Ewolo : On s'est vus aux 90 ans du FC Lorient. C'était très très sympa d'ailleurs. Il y avait surtout les légendes.
Marc Boutruche : On a croisé quelques personnes qu'on avait envie de croiser, donc ça va. Il manquait quelques grands noms quand même. Quoi qu'il se soit passé dans le club, le fait de ne pas voir Christian Gourcuff là, moi ça m'a fait un peu chier. Franchement. Parce qu'il aurait dû être là pour nous. Marcel Le Mentec (président du FC Lorient jusqu'en 2005, ndlr), moi ça m'a fait chier de ne pas le voir aussi. Ça a été le président qui était quand même là dans la difficulté, il a été président bénévole au club, ils ne l'ont pas tous été. Il y a des rancunes, alors les mecs ne viennent pas. Fabien Audard n'était pas là non plus.

Il y a eu des embrouilles entre le joueur le plus capé du club et le FC Lorient ?
MB : Ouais, parce que le club lui a fait deux ou trois trucs... Il voulait rester dans le club en tant que commercial, le club aussi, mais ils n'arrivent pas à se respecter et à trouver un accord.


Vous avez joué tous les deux à Brest. C’est quoi la différence entre les Morbihannais et les Finistériens ?
MB : Brest, c'est plus fanatique. Je crois que j'ai arrêté de jouer à Brest en 2001-2002. Encore aujourd’hui, je pense que si je vais au centre de Kergaradec, les gens me reconnaissent. Ici, à Lorient, je vais faire mes courses, il n'y en a pas un qui me reconnaît. T'es rentré avec la chair de poule sur le terrain du Moustoir ? Moi quasiment jamais... À Brest, il y a eu vingt matchs de CFA, 10 000 spectateurs, tu pleures. C'est cinglé.
OE : C'est un truc de fou. C'est incroyable ça, j'ai joué à Brest et vraiment j'ai fait les deux montées ici et là-bas, ça n'avait rien à voir. Christian Gourcuff l'a dit : « L'avenir du football en Bretagne est à Brest. »
MB : Pourtant, il me chambrait, Christian, quand je suis arrivé. Il me disait : « Ouais, vous, les Brestois, vous ne savez pas jouer au foot... » On a moins de culture technique et tactique qu'ici, mais on a la culture du foot comme les Sud-Américains.

Qu'est-ce que ça vous a apporté de jouer sous la coupe de papa Gourcuff ?
OE : Tactiquement, c'est le meilleur, il est vraiment fort, tous les joueurs le disent, même ceux qui ont évolué au PSG ou Marseille.
MB : Le n'importe comment n'existe pas avec Christian, avec d'autres coachs le n'importe comment est toléré. Tout le monde se rappelle le 4-4-2. Pour moi, ce qui le plus important, c'est l'écart entre les lignes et l'écart entre les gens. Le 12 mètres. C'est ce que j'ai retenu de la qualité tactique de Christian Gourcuff. Quand tu laisses des espaces, t'es mort, tu ne peux plus récupérer le ballon. Défensivement, si t'as toujours le même écart entre les lignes, c'est juste exceptionnel. Le problème, c'est que c'est super exigeant physiquement et ça devient stéréotypé quand tu récupères le ballon.

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En parlant de grand moment avec Lorient, vous aviez battu l’OM au Vélodrome après un match de fou.
OE : On perdait 2-0 au Vélodrome et il restait 15 minutes, je crois. Bam bam bam, on gagne 3-2. Ça, c’est super, ça. Quand je prêche, j’utilise beaucoup les anecdotes comme ça. Cette situation, j’en parle pour parler de la foi. Je dis : « Voilà, vous êtes dans un match, vous perdez 2-0, vous êtes au Vélodrome, c’est compliqué, mais quand il y a du temps il y a de l’espoir. » C’est pour montrer que tout est possible même quand les choses paraissent compliquées. Puis, on a gagné.


Oscar, tu abordes ta reconversion. Vos deux reconversions sont étonnantes. Est-ce qu'à l'époque où vous étiez footballeurs, vous vous sentiez déjà un peu différents ?
OE : Ah oui, il était différent, lui. Moi, ça ne me surprend pas qu’il soit maire. Pas du tout. Il était déjà délégué des joueurs. Il avait déjà ce profil, on va dire. C'est logique.
MB : J'allais réparer les machines à laver de Dédé Gignac et d'Ousmane Traoré, tu te souviens ? Ousmane, il savait qu'on mettait l'électricité sur une machine à laver, mais il ne savait pas qu'on branchait l’eau. Toi aussi Oscaro, t’étais différent. Parfois, on était dans la salle de massage tous les deux et on avait des conversations hors du temps. On parlait de religion ouvertement. Lui, il était sûr de lui, moi, j'étais intéressé par sa façon de voir les choses, je lui donnais la mienne. Je le taquinais.



Marc, tu as financé ton école de commerce avec le salaire que tu recevais de Brest.
MB : Le club m'autorisait à rater des entraînements pour faire des cours ou passer des exams. C'est faisable. Est-ce que j'étais moins bon ? Putain, non. C'est ça le message que je veux faire passer à quelques coachs. Selon certains, il ne faut pas que les joueurs signent des autographes parce que ça les démobilise, faut qu'ils dorment. Peut-être. Moi, j'étais étudiant à Brest, c’étaient les années où je ne me blessais pas, où j’étais en pleine forme et j'avais hâte d'aller à l'entraînement après avoir fait de la psycho, des maths financières, du contrôle de gestion toute la journée... Je n'étais pas fatigué.

Tu bricolais aussi.
MB : Yes, je bricole beaucoup. Quelques-uns avaient changé leur bagnole, et moi, j’avais chopé un fourgon d’occasion pour pouvoir mettre ma bricole dedans et finir la rénovation de ma maison. Un vieux truc qui avait six-sept ans et il y a des fois, je passais au Leroy Merlin avant l’entraînement pour charger quelques plaques de placo (rires).


T’avais appris à bricoler à Jérémy Morel ?
MB : Son papa et son tonton savaient bien bricoler. Je lui ai peut-être donné le goût en revanche. Il m’a aidé chez moi et on a passé des bons moments. Jérémy, il sait tout faire. Maintenant. Il fait faire, car il a moins le temps.


Tu as refusé de signer à Lorient en 2001-2002, l’année où Lorient remporte la Coupe de France et va en finale de Coupe de la Ligue.
MB : Ça aurait peut-être changé ma vie, mais t'as vu ce que je fais aujourd'hui. J'ai trois enfants, je suis maire d'une commune, j'ai un cabinet de conseil, je m'en fous.
OE : Moi, j'ai refusé une offre de 100 000 euros. Au Qatar. Mon agent m'appelle, je lui dis : « Tu sais, moi, je fonctionne avec d'autres valeurs. Je peux pas. » Il m'a dit de réfléchir, mais ce qui est bien avec lui, c'est qu'il m'a respecté. Je n'y suis pas allé.

Est-ce que ta foi influençait le vestiaire, Oscar ?
MB : À Brest, tu influençais plus l’équipe, non ?
OE : Ouais, mais à Lorient, on était déjà connectés avec des joueurs. Avec Dédé Gignac par exemple. Il venait prier régulièrement à la maison.

Donc pasteur, c'était une vraie vocation ?
OE : C’est une vocation, oui. On est là, on entoure des gens, on voit certaines difficultés. On se demande comment on peut faire. On est déjà très impliqué dans la vie, mais on réfléchit encore. On distribue des repas et on réfléchit pour aller plus loin. Ici, il y a beaucoup d’alcooliques, avec quels types d’associations peut-on travailler ? On a envie que les gens puissent changer, sortent de leur situation. Si tu n’aimes pas les gens, c’est difficile d’être pasteur, ou d’être politicien comme Marc. C'est super ce que Marc fait. Moi, j'ai certains fidèles de Quéven qui m'ont donné de bons retours concernant son travail. Les gens t'aiment bien.


Tu penses quoi, Marc, d'Oscar Ewolo pasteur ?
MB : Moi, je l'ai vu faire ses prêches, je le voyais transpirer et tout, c'était exceptionnel. Qu'est-ce qu'il donne ? Il est en train de transmettre aux gens les valeurs humanistes basiques. Dans le foot, c'était la même. Il aidait les petits jeunes à s"installer. Il a plus de psychologie que moi. Il est très bien dans son rôle. Moi, je suis plus dans le concret.

Ça t'aide aujourd'hui dans ta carrière de maire ?
MB : Oui, car je rencontre beaucoup de monde. Être maire, c'est une aventure humaine avant tout. Mon associé, par exemple, il est là grâce à Jérémy Morel qui m’appelle il y a quatre ans : « Marc, j’ai un mec avec qui j’ai joué au foot à Lorient à dix-huit ans et il est de la génération Dédé Gignac. » Il était titulaire quand Dédé était sur le banc. Un attaquant qui s’appelle Arnaud Philippe. Il a échoué, mais il a fait une grande école et est devenu trader à Paris. Jérémy me demande si ça m’intéressait de le rencontrer. Je lui demande s’il le valide humainement. Il me dit que je peux y aller les yeux fermés, que c’est un mec bien. Aujourd’hui, on est associés. L’histoire est belle.


Tu comprends, Marc, le désintérêt de certains jeunes pour la politique ?
MB : Évidemment. Même moi en étant dedans, des fois j’ai honte de ce que je fais ou de ce que je ne fais pas. Parce que je voudrais faire différemment, mais je ne peux même pas. Évidemment, je comprends le désintérêt. Moi, j’aimerais bien avoir quelques copains de 40 berges qui à un moment donné, seraient prêts à sacrifier un moment de leur vie, car c’est quand même un petit sacrifice de deux trois petites choses pendant six ans, et qui se disent : « Je ne dis pas trop des conneries, je réfléchis pas trop mal, j’ai l’impression que quand je parle les gens ont tendance à m’écouter un peu et je ne suis pas trop intéressé ni par une carrière ni par le pognon. » Faudrait pas que l’engagement politique devienne ça. Le kiff, ce serait qu’en 2020, certains se disent : « Putain, si Marc Boutruche l’a fait, alors que c’est un footeux et que c’est un débile, je peux peut-être y arriver. » Je voudrais qu’aux prochaines élections, il y ait autre chose que des fonctionnaires ou des profs qui deviennent politiques. Là, on ne ferait plus de la politique, on ferait autre chose.

Christophe Jallet, qui a joué aussi à Lorient, a fait des études et plus précisément un BTS d’œnologie. Il a un peu votre profil aussi.
MB : On est potes ouais. Humainement, on est pareil. Il a un équilibre familial... Il y en a beaucoup. C'est toute la seconde partie du milieu pro. T'as les superstars, t'as les mecs qui font les liens entre les gens normaux et les superstars comme Jallet et Morel, et puis t'as nous.

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Il était comment Jallet à Lorient ?
OE : C'était quelqu'un de sympathique, mais de pas très influent dans un groupe, je trouve.
MB : À Lorient que dalle. C'est le gars super sympa du vestiaire, mais il y avait des gars qui avaient plus d'influence. En revanche, Tof je l'ai vu vivre à Paris, tu sais quoi, c'était la colle du groupe. Ce n'était pas la grande gueule, mais entre les étrangers et les Français, il y avait Tof, car il est juste super sympa.

Il hallucinait de se retrouver au PSG avec toutes les stars ?
MB : Au début, non, mais après ça lui a fait tourner la tête. Obligé. Je me suis retrouvé à jouer au palet breton chez lui avec David Beckham. Je ne suis fan d'aucun joueur, mais ça a été un kiff, ça a été marrant d'expliquer à David Beckham comment on lançait le palet (rires). Bon, je t'avoue qu'avec Tof, on leur a mis une race parce qu'ils ne savent pas jouer (rires).

Et il est sympa, David ?
MB : C'est la classe mondiale. Il arrive en basket, jean, tee-shirt. Le très très haut niveau a une classe hors du commun. Il y a quelques joueurs de Paris qui se la racontaient un peu avec des boucles d'oreilles, des grosses montres. Et puis, il y avait David Beckham qui fait des photos avec les enfants, hyper proche. Même quand j'allais voir Tof s'entraîner à Paris, il vient, il te serre la main. Respect.


En parlant d'anciens joueurs du PSG, Oscar, tu as déjà rencontré Marcos Ceará qui est devenu pasteur aussi ?
OE : On s’est côtoyés sur le plateau du Canal Football Club. On a discuté plusieurs fois ensemble. Il y a aussi Prince Oniangué de Bastia, qui est un très bon joueur et qui associe sa foi et le sport.

J’ai lu que tu priais aussi avec tes adversaires, c’est déjà arrivé ?
OE : Oui, plusieurs fois. Je me souviens d’une anecdote. C’était à Nantes et juste dans le couloir, il y a un joueur nantais qui me dit : «  Ouais est-ce qu’on pourra prier ?  » Je lui dis : « Mais attends, là on va faire un match, là. » On allait juste commencer la partie !

Qu’est-ce que votre carrière de footeux vous a apporté dans vos nouvelles vies ?
MB : Bah, grâce au foot, aujourd'hui, je connais un pasteur.
OE : Et moi, je connais un maire (rires).

Propos recueillis par Jacques Besnard
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