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  2. // 38ème journée

Bouquet final au Brésil

Ce dimanche, la dernière journée du championnat brésilien sera un vrai feu d’artifice, avec des classicos chauds bouillants aux multiples enjeux. Deux équipes sont encore en lice pour le titre, Corinthians et Vasco.

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Faire match nul à la maison lors de la dernière journée contre le onzième du championnat, a priori, c’est pas la mer à boire. Ça tombe bien, il suffit justement d’un seul petit point aux Corinthians pour s’adjuger leur cinquième titre de champion brésilien. Le seul problème, c’est que même s’il végète dans le ventre mou et qu’il n’a plus rien à jouer, l’adversaire de ce dimanche est le Palmeiras, ennemi juré du Timão, qui va tout faire pour gâcher la fête annoncée. En même temps, les petits camarades d’Adriano peuvent se rassurer en se disant que leur adversaire direct pour le titre, le Vasco, qui compte deux points de retard, affronte ni plus ni moins que le Flamengo, pour l’un des classicos les plus explosifs de Rio. Pourtant, dans ce championnat brésilien complètement fou, tout peut arriver. A chaque fois qu’une équipe a eu l’occasion de prendre ses distances en tête, elle s’est écroulée inexplicablement, même si au final c’est bien les Corinthians qui ont passé le plus de temps sur le fauteuil de leader, sans pour autant se détacher.

Eliminés en demi-finale de la Copa Sudamericana par l’Universidad de Chile ce mercredi, les potes de Juninho ont montré qu’ils étaient un peu émoussés physiquement, mais ils ont prouvé à maintes reprises cette saison qu’ils avaient du cœur et qu’ils ne lâcheraient rien jusqu’au bout, ne serait-ce que pour faire plaisir à Ricardo, leur ex-coach victime d’un AVC en août, justement lors du match aller contre Flamengo. Cela dit, en plus de la motivation de priver de titre leur rival historique, les Rouges et Noir, quatrièmes du Brasileirão, joueront leurs chances à fond puisqu’ils devront confirmer leur qualification pour la Copa Libertadores. Même Ronaldinho, amorphe depuis qu’un conflit entre la société Traffic et le club l’empêche de toucher une grande partie de son salaire, semble avoir repris du poil de la bête, en témoigne son but marqué contre l’Internacional le week-end dernier.

Dans ces conditions, pas question de lâcher le match ! Cette accumulation de classicos lors de la dernière journée est tout sauf le fruit du hasard. Il s’agit tout simplement d’une décision de la fédé brésilienne pour préserver l’intérêt du championnat. Au vu des grandes rivalités régionales, les derniers matchs du Brasileirão étaient souvent biaisés à cause d’équipes qui préféraient perdre contre une équipe d’un autre Etat pour éviter de voir leur voisin honni triompher. Ce fut le cas en 2009, quand le Grêmio de Porto Alegre était « obligé » de perdre contre Flamengo sous peine d’offrir le titre à l’Internacional. Résultat, même s’ils ont ouvert le score à la surprise générale, les joueurs du Grêmio, qui commençaient déjà à recevoir des menaces de mort de la part de leurs supporters, ont fini par s’incliner 2-1 au Maracanã. Un peu comme en France en 1999, quand le PSG couronne Bordeaux au grand dam des Marseillais en s’inclinant 3-2 au Parc alors qu’il était revenu à 2-2.

Première relégation pour le Cruzeiro?

Cette année, au Brésil, ce n’est plus possible. Du coup, à part Vasco et Corinthians qui jouent le titre contre leurs pires ennemis, d’autres vont jouer leur survie au sein de l’élite. Lors du derby de Belo Horizonte, l’Atlético Mineiro, qui a assuré son maintien après avoir galéré la plupart de la saison dans la zone rouge, peut enfoncer définitivement le Cruzeiro, premier non relégable, une des seules équipes brésiliennes à ne jamais être descendue en deuxième division. Même cas de figure dans le Parana, où l’Atlético Paranaense, 18e, est obligé de l’emporter contre Coritiba, qui a aussi besoin des trois points pour assurer sa place en Libertadores.

Certaines affiches sont plus alléchantes pour leur dimension historique que pour leurs enjeux réels. Fluminense-Botafogo, ne risque pas d’être bien passionant vu que le Flu est solidement calé en troisième et les Alvinegros, neuvièmes, n’ont que de très faibles chances de se qualifier pour la compétition continentale. Malgré tout, un joueur sera particulièrement motivé pour ce match, l’ancien Lyonnais Fred, qui a claqué huit pions lors des trois dernières journées, portant son total à 21, à seulement deux unités de l’artilheiro Borges, de Santos. Ce dernier ne va sans doute pas jouer contre le São Paulo FC, tout comme Neymar et la plupart des titulaires de l’ancienne équipe de Pelé, qui n’a d’yeux que pour le championnat du monde des clubs où il espère taper le Barça de Messi.


Affiches de la dernière journée du championnat brésilien :

Corinthians (1er) - Palmeiras (11e)
Vasco (2e) - Flamengo (4e)
Botafogo (9e) - Fluminense (3e)
Atlético Paranaense (18e) - Coritiba (5 e)
Internacional (6e) - Grêmio (12e)
Avai (20 e) - Figueirense (7e)
São Paulo (8 e) - Santos (10e)
Bahia (12e) - Ceara (17e)
Atlético Mineiro (13e) – Cruzeiro (16e)
Atlético Goianense (14e) - América Mineiro (19e)


Par Louis Génot, à Rio de Janeiro
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