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Boudjema : « En Coupe, il n'y a pas vraiment de niveau »

La JA Drancy, qui partage le rôle de petit Poucet en Coupe de France avec Bourg-Péronnas, se déplace ce soir en terre corse pour affronter la surprenante équipe du Gazélec Ajaccio. Au club depuis sept ans, Djamel Boudjema, 31 ans, assume son rôle de capitaine et son expérience en amateur pour motiver ses troupes. Éliminés par Nice l'année dernière au même stade de la compétition (0-1), les pensionnaires de CFA vont jouer leur carte à fond et éviter les regrets. Et enchaîner avec un derby parisien au prochain tour ?

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Tomber contre une équipe de National en huitième, c'est une chance ou vous auriez préféré tomber sur une grosse écurie de L1 ?
Je ne dirais pas une chance, parce qu'en huitièmes de finale de Coupe de France, la chance n'intervient pas. C'est un bon et un mauvais tirage, dans le sens où le GFCO Ajaccio est une équipe de National, donc ça nous donne une possibilité de jouer notre carte à fond. Mauvais tirage parce qu'on pourrait se dire que c'est gagné d'avance, plus que contre une équipe de niveau supérieur. Ça nous met peut-être un peu plus de pression. Ajaccio est une belle équipe, cinquième de National, ils font un bon parcours, et surtout ils sont invaincus chez eux, je crois qu'en 63 matchs ils n'ont qu'une défaite. Après vous savez, en Coupe de France, il n'y a pas vraiment de niveau. L'équipe qui aura le plus de motivation et qui en voudra le plus passera. On sait très bien qu'à 90 ou 120 minutes il y a un quart de finale qui nous attend. Ce serait historique pour le club, historique pour les joueurs.

La ville de Drancy a affrété deux avions pour la Corse. J'imagine que c'est important pour vous d'avoir vos supporters qui vous suivent ?
Oui bien sûr, c'est surtout motivant de savoir que la mairie et le club ont mis en place deux avions pour nos supporters. On sait également que le match sera retransmis en direct sur France 3 Corse, ce qui nous motive encore davantage. On ne sera pas seuls, beaucoup de monde se déplace, je pense que c'est le plus gros déplacement pour un club amateur, il y a quand même deux avions. On réalise qu'il y a du monde derrière nous qui nous soutient. Il y a même un gymnase ouvert où les gens auront l'occasion de venir voir le match. Il y a une grande attente. On a le soutien de toute une ville et de tous nos supporters. On ne s'y attendait pas. On pensait se rendre au match tout seul.

En tant que capitaine de Drancy, quel est votre rôle dans ce genre de rencontres ?
C'est ma septième année au club. En tant qu'ancien et capitaine, je suis là pour apporter mon expérience, car c'est vrai que l'équipe reste relativement jeune. L'année dernière on a fait un huitième de finale (perdu contre Nice 0-1). Précédemment j'ai fait pas mal de 32e, de 16e... donc je suis là pour leur donner des conseils sur tout. J'essaye de jouer le rôle du grand frère, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Pour un jeune joueur, dans ce genre de rencontre, l'euphorie peut le sortir du match. Il faudra jouer la rencontre sur le terrain, pas avant. J'essaye de leur apporter toutes ces choses.

Comment les jeunes joueurs vivent ces rencontres ?
Aujourd'hui, il y a le championnat, où nos prestations personnelles peuvent amener à ouvrir toutes les portes, et il y a la coupe de France qui est un chance, une chance pour un joueur, pour un club amateur... Je pense qu'ils s'en rendront vraiment compte demain, mais c'est énorme, surtout deux fois de suite. Ce que je leur dis, c'est qu'aujourd'hui, pour tout ceux qui ont 20, 21, 22 ans, ils ont une chance inouïe d'être repérés, d'être vus, c'est super important. Ils le savent dans un coin de leur tête. Mais avant tout, c'est pour le bien de l'équipe. C'est pas on prend le ballon au milieu de terrain, on dribble... Il n'y a pas de Zorro dans l'effectif, pas de super-héros, donc il faut avant tout jouer pour le bien de l'équipe. Après, c'est vrai qu'en Coupe de France, dans ce genre de match il y a des recruteurs, ça peut leur ouvrir beaucoup de portes. Ce qui peut arriver individuellement, ce n'est que du bonus, mais il faut avant tout penser à l'équipe. Même si à cet âge là, on a toujours l'espoir de devenir pro, de franchir un palier, et d'être repéré par un gros club.

Si vous vous qualifiez, vous aimeriez jouer une équipe en particulier ?
Déjà, avant de tirer Ajaccio, pas mal de joueurs dans l'équipe voulaient tirer le PSG ou Marseille. Moi je n'ai pas de préférence. Une fois que vous arrivez en quart de finale, vous savez très bien que vous êtes à deux matchs du Stade de France, ou même à un match d'une demi-finale. Étant Parisien, surtout moi qui ai joué cinq ans au PSG, les rencontrer, ça me ferait plaisir, encore plus maintenant qu'ils sont renforcés avec toutes leurs stars. Mais bon, je prendrai l'équipe qui viendra. Et puis vous savez, vous êtes tellement contents de jouer le PSG, que quand vous êtes sur le terrain, vous respectez les stars que vous avez l'habitude de voir jouer à la télé, et ça devient un match de gala. Au final vous prenez 5-0, vous sortez de la coupe et quand vous revoyez les images, vous vous dites: « En fait, on n'a vraiment pas joué » . Alors que, demain vous allez jouer Nice ou Evian, la motivation sera totalement différente. Mais c'est le même problème avec toutes les équipes. Quand vous regardez Red Star contre Marseille... c'est beau ce qu'ils ont fait pendant 45 minutes au Stade de France tout ça mais bon, la rencontre ressemble plus à un match amical. 5-0, c'est énorme. Vous prenez un but, deux buts, après c'est fini, il n'y a plus de match, vous les regardez jouer, et vous sortez bêtement de cette Coupe de France après un beau parcours.

L'année dernière vous êtes sorti au même stade de la compétition contre Nice avec les honneurs (0-1). Vous avez mis du temps à digérer l'élimination ?
On a regardé les images juste avant le match contre Limoges (équipe de CFA2 battue 2-0 en 16e). Aujourd'hui, avec du recul, on a beaucoup de regrets. Tu perds 1-0, tu prends un but juste avant la mi-temps, c'est frustrant. Il faut tirer les bons enseignements de cette rencontre, voir ce que ça a pu nous apporter. Ça nous a fait grandir et gagner en maturité. On s'est confronté à des pros, on a pu voir notre niveau et nos qualités. En y croyant un peu plus, on aurait pu les faire douter davantage. Après, la chose qu'ils ont en plus, c'est l'expérience de ces matchs là. De toute façon on est là pour apprendre. C'était forcément bénéfique, surtout de jouer devant 6 000 personnes à La Courneuve, devant notre département, d'arriver en huitièmes, c'est déjà un beau parcours.

Ça fait sept ans maintenant que vous jouez à Drancy. Vous avez joué où avant ?
J'ai été formé au PSG, j'ai joué chez les -17 là-bas, j'ai fait cinq ans. Après je suis parti à l'AS Corbeil, qui était à l'époque en CFA2, il y avait Rudi Garcia. J'ai ensuite atterri à Ivry, puis à Pau, en National. Je suis revenu à Ivry, et je me suis posé à Drancy. Le projet m'intéressait, le fait de vouloir construire une équipe surtout. Quand je suis arrivé, Drancy était en DSR (septième division). Les années sont passées, et on a vécu des montées successives jusqu'en CFA.

Vous avez des regrets ?
J'ai quelques regrets. Étant plus jeune, avec un peu plus de volonté et en forçant un peu plus le destin, oui j'aurais pu passer pro. Il y a plein de potes à moi aujourd'hui qui sont pros, que je vois à la télé et avec qui j'ai pas mal de contact, comme Habib Beye, Abriel, Selim Benachour. C'est un peu dur à digérer, mais bon, je me regarde à 31 ans, aujourd'hui, je suis capitaine d'une équipe de CFA, qui se retrouve deux fois de suite en huitième de finale de Coupe de France.

Propos recueillis par Arthur Scherer
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