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Bouchra Akdim : « Bougnouls, singes, animaux, j'ai tout entendu... »

Présidente de la JSC Bellevue, situé dans les quartiers difficiles de Nantes, Bouchra Akdim ne décolère pas. En janvier dernier, lors d'un déplacement à la Rouxière, ses joueurs de l'équipe C ont découvert l'inscription « Bellevue les bougnouls » sur le tableau de classement de l'adversaire du jour. Un dérapage raciste dont elle s'indigne, avant de dénoncer les préjugés dont son club est victime.

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Pouvez-vous nous rappeler les faits incriminés ?
On a subi un acte raciste le 24 janvier dernier. Notre équipe C, qui évolue en 4e division, s’est rendue à la Rouxière pour effectuer son match. Et en arrivant, ils ont trouvé comme inscription dans le tableau de classement : « Bellevue les bougnouls  » . C’est un de nos joueurs qui a constaté ça en allant prendre un café au bar, c’était à la vue de tous. Ils ont eu la bonne idée de prendre le tableau en photo et ont fait appel au délégué officiel pour constater la chose. Ensuite, ils m’ont appelé. Je leur ai dit que le mieux c’était de jouer le match, en essayant de ne pas prendre cela en considération, et qu’on ferait un rapport à la Ligue le lendemain. Le match en lui-même s’est très bien déroulé, ils ont fait abstraction, même s’ils ont eu envie de rentrer chez eux en voyant l’inscription.

Comment avez-vous réagi par la suite ?
On a fait un rapport au district, en plus de celui du délégué. La commission a eu lieu le 3 mars, le verdict a été rendu vendredi dernier. Le joueur incriminé a confirmé qu’il était en présence de trois autres personnes ce jour-là. Ce protagoniste a pris 8 mois de suspension ferme, les trois personnes avec lui, qu’on pourrait appeler des complices au pénal, ont pris 3 mois fermes. Et la présidente, qui n’était pas présente au moment des faits, a pris 4 mois fermes. Donc où est la logique ? Quand on met à des complices, des personnes aussi responsables que celui qui l’a écrit puisqu’ils n’ont pas pensé à l’effacer ou à en aviser les dirigeants du club, seulement 3 mois alors que la présidente en prend 4… En revanche, je trouve aberrant, mais vraiment aberrant, que le protagoniste de ce genre d’écrit raciste, ne prenne que 8 mois de suspension ferme. Quand on voit que des gens prennent pour moins que ça des suspensions de 25 ans de toute activité ou fonction dans un club… C’est un dirigeant, un membre du bureau de la Rouxière, et en septembre, il va pouvoir retravailler ! Il va retravailler avec des jeunes et est censé donner l’exemple…

« Entre l’entendre et pouvoir le prouver, c’est différent. Là, c’était inscrit sur un tableau, noir sur blanc, et on a eu la possibilité de prouver qu’on subit ce genre de choses. » Bouchra Akdim

Avez-vous cherché à joindre directement l’autre club après les faits ?


Non. Je vous avoue que dans un premier temps, j’étais choquée. Ce genre de propos, on les subit régulièrement. C’est arrivé plein de fois verbalement, on a entendu : « Voilà, y a les bougnouls, les animaux, les singes » . Mais entre l’entendre et pouvoir le prouver, c’est différent. Là, c’était inscrit sur un tableau, noir sur blanc, et on a eu la possibilité de prouver qu’on subit ce genre de choses. Après, c’est mon ressenti, mais la commission a essayé de dédramatiser la chose, de la faire passer pour un acte imbécile, un peu bête, venant de la part de quelqu’un qui n’est pas raciste. Alors que c’est puni par la loi, c’est un délit ! Les personnes qui le subissent peuvent en ressentir les conséquences. Je leur ai dit en commission : « Bien que j’ai un nom à consonance maghrébine, je suis française, je suis née en Bretagne, à Rennes, j’y ai grandi, ma mère est née en Bretagne, et je suis fière d’être française ! Je ne supporte pas qu’on ait ce genre de propos envers moi » . Et évidemment, ça va bien au-delà du football. Même les personnes qui ne font pas partie de la JSC Bellevue se sentent offensées par ce genre d’inscriptions. On a envie de dire : « Pas en Loire-Atlantique, pas dans une ville comme Nantes, où les associations font un superbe boulot » . C’est une population très cosmopolite et on n'a pas envie de tomber dans ce genre de choses. Ce que je trouve dramatique, c’est qu’on banalise. Pour revenir à la présidente, c’était à elle de me contacter. Elle a juste envoyé un courrier quelques jours après. J’ai appris lors de la commission qu’elle était présente le jour du match. Elle a dit en commission qu’elle avait présentée ses excuses aux joueurs, ce qui est faux. Elle n’a même pas osé dire aux personnes présentes qu’elle était la présidente du club ! J’imagine qu’elle était en état de choc, mais j’attendais quand même qu’elle m’appelle. Ce n’était pas à moi d’appeler pour demander des explications.

Comment a-t-elle expliqué ce comportement face à la commission ?
Elle a essayé de défendre comme elle pouvait ses joueurs, en expliquant qu’elle était elle-même mariée à une personne de couleur et que l’auteur de cette phrase n’était pas raciste… J’avais envie de lui répondre, mais on n'est pas là pour se parler entre nous, juste nous expliquer devant la commission. J’aurais préféré qu’elle fasse le premier pas. Elle a dit qu’elle avait renvoyé la personne concernée en attendant la sanction, mais maintenant, je sais que dans 8 mois il va pouvoir réintégrer le bureau, l’équipe de coaching et les matchs.

L’auteur des faits s’est-il dénoncé tout de suite ?
Nous, on n'a pas eu le nom de suite. Le délégué qui avait fait son rapport a demandé à ce qu’il y ait une instruction, et le district a demandé à la présidente de la Rouxière de faire de même. C’est la procédure normale. Et au moment de son rapport, elle a désigné l’auteur des faits. Le concerné, qui a entre 25 et 30 ans, a aussi fait un rapport et a désigné les trois personnes qui étaient avec lui à ce moment là. Après, le jour même, lui ne s’est pas dénoncé. Il a fallu que ce soient ses collègues qui étaient présents qui le fassent.

« Sur son rapport, l'auteur des faits ne s'excuse pas, et dit juste que c’est bête de sa part, qu’il ne sait pas pourquoi il l’a fait… C’est uniquement après ma prise de parole, soulignant cela, qu’il a présenté ses excuses devant la commission. » Bouchra Akdim

Comment a-t-il justifié ce geste?
Je ne saurais pas vous dire. Il a fait un rapport pour dire dans quelles circonstances il l’avait écrit. Généralement, un tableau de classement se remplit le dimanche soir, et là, il disait qu’il l’avait écrit le vendredi soir… Les membres de la commission lui ont demandé : « Est-ce que vous aviez un coup dans le nez ? » . Il a répondu que non, il était évidemment très gêné. Il était en commission, risquait des sanctions assez graves. Mais sur son rapport, il ne s’excuse pas, il dit juste que c’est bête de sa part, qu’il ne sait pas pourquoi il l’a fait… C’est uniquement après ma prise de parole soulignant cela qu’il a présenté ses excuses devant la commission.

Y a-t-il eu d’autres conséquences à la suite de cette affaire ?
Non, car on a demandé à nos joueurs d’être exemplaires après ça. Je ne vous cache pas qu’on a deux commissions qui sont intervenues entre-temps, où des arbitres avaient fait des rapports concernant des supporters de la JSC Bellevue et on sait très bien que ceci influence cela. Il y a aussi autre chose, c’est que le trésorier de la Rouxière, qui était présent à la commission, est membre de l’UNAF, le syndicat des arbitres en Loire-Atlantique. Je n’ai pas de preuve, je ne peux pas dire que ça influence, mais on ne peut que s’attendre à des rapports de la part des arbitres à notre rencontre…


Certaines collusions vous porteraient donc préjudice?
Bien sûr. Déjà qu’on est désavantagé en tant que club de quartier, alors quand on a affaire à un club de campagne dont le trésorier est membre de l’UNAF, ça ne peut que faire peur. On se dit : « Mince, qu’est-ce qui nous attend demain? » .

Vous avez aussi lancé une pétition (voir ici). Quelle est son but ?
C’est de tirer la sonnette d’alarme, une phrase qu’aiment bien les personnes de la Ligue d’ailleurs. Il faut dire stop à cela, que ce soit au niveau du district de Loire-Atlantique, que ce soit à la Ligue, ou à la FFF. Il faut arrêter cette discrimination que l’on constate sur les terrains. Ça fait 6 ans que je suis dans le football et que je vois sans arrêt ce genre de choses. Je l’ai lancée, et 90% des commentaires de soutien ne sont même pas de gens de Bellevue.

« On subit les préjugés, alors que personne ne parle des bagarres générales au moment de se rendre à Saint-Mars-du-Désert par exemple. » Bouchra Akdim

Vous avez également eu des problèmes de violence, avec notamment l’un de vos dirigeants suspendu 25 ans pour des coups portés. Est-ce que ces débordements nourrissent selon vous les amalgames à votre encontre ?
Oui, sans aucun doute. Mais quand un supporter de Saint-Mars-du-Désert passe la main courante pour mettre une droite à un joueur adverse et déclenche une bagarre générale, personne n’en parle. Et le club a juste une amende. Nous, il y a une bagarre, le concerné prend 25 ans de suspension, et on prive même les petits du club pendant plusieurs mois de jouer sur leur terrain. Quand on connaît les clubs de quartier, la logique serait pourtant de les accompagner. On subit les préjugés, alors que personne ne parle des bagarres générales au moment de se rendre à Saint-Mars-du-Désert par exemple.


Au-delà des sanctions que vous jugez trop légères, envisagez-vous de porter l’affaire sur le terrain pénal ?


Tout à fait. Un courrier à été envoyé ce mardi au procureur de la République.

L’auriez-vous fait en cas de sanction plus dure du district ?
Sincèrement, je ne pense pas. On va également faire appel de la décision du district, mais on y croit plus trop. Ce jour-là, il y a eu un acte grave. Et je peux vous dire que si nos joueurs avaient répondu, cet acte là aurait été complètement masqué au profit de la réaction de Bellevue. Je ne veux pas revenir sur le passé de la JSC Bellevue, je préfère qu’on parle de futur. On fait de l’accompagnement scolaire, on fait en sorte que nos jeunes ne deviennent pas des délinquants demain, on est très présents dans nos quartiers… C’est notre axe de travail, on essaie d’avancer. Mais je suis sûr que si on se penchait sur le dossier de l’an passé, on se rendrait compte qu’il y a des torts de part et d’autres. Je ne dis pas ça pour victimiser la JSC Bellevue, car frapper un joueur et lui provoquer plusieurs jours d’ITT se sanctionne évidemment. Mais les gens de Bellevue ne sont pas des psychopathes, ils ne se battent pas sans rien.

« Lors d'un tournoi, on avait un petit black dans notre équipe, très fort. Il était blessé, au sol et pleurait. Je suis repartie dans mon coin, et je ne vous cache pas que je me suis isolée pour en pleurer. » Bouchra Akdim

Quelles sont les réactions à Bellevue quand ils ont appris pour cette inscription ?


Je vous dresse le tableau. C’est le plus grand quartier de Nantes, le plus difficile. L’association existe depuis 1969, il y a plus de 300 licenciés, sans compter les dirigeants et bénévoles. C’est un club de foot qui est très présent dans le quartier ! C’est un travail au-delà du football, on fait des accompagnements scolaires, on intervient dans les collèges. Si demain, le club venait par exemple à être radié pour X ou Y raisons, ce serait un chaos. Les gens tiennent à ce club, c’est un des plus anciens à Nantes. Et beaucoup ont des enfants, des parents, ou même des grand-parents qui y ont joué. Il y a un attachement de cœur à la JSC.

Vous avez des enfants qui jouent au club. Comment leur avez-vous expliqué tout ça ?
Oui, j’ai mes jumeaux là-bas. Mais je vais vous raconter une anecdote. Et avant d’être présidente, j’étais coach des U8-U9, où j’avais mes enfants. On a été faire un tournoi à l’extérieur, et on avait un petit black dans notre équipe, qui était très fort et qui l’est toujours puisqu’il est sur les tablettes de plusieurs clubs pros, et il avait été insulté de « singe » devant moi par un adulte. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il était blessé, au sol et il pleurait car il avait mal. Là, un adulte avait dit : « Mais sortez le singe, sortez-le » . Ce jour là, j’ai sorti le petit, j’ai été voir le dirigeant du club contre lequel on jouait, et il me dit qu’il n’a rien entendu. Je suis repartie dans mon coin, et je ne vous cache pas que je me suis isolée pour en pleurer. J’en ai pleuré car ça m’avait fait mal au cœur. Un enfant de 8 ans qui entend ça sur un terrain de foot… J’intégrais à peine le monde du football, mais je n’imaginais pas que cela puisse se passer, surtout avec des enfants. Du coup, j’ai dit à mes enfants que la meilleure chose à faire, c’était de gagner ce tournoi, et de ne pas écouter les cons autour de nous.

Ces histoires n’entament-elles pas votre motivation ?


Bien sûr. J’ai passé plus de temps à régler des problèmes extrasportifs qu’à faire avancer le projet social du club. Nécessairement, ça fatigue. Mais on ne va pas abandonner et continuer de faire avancer Bellevue.

Propos recueillis par Raphaël Gaftarnik
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