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  1. // Euro 2012
  2. // Bosnie/France (0-2)

Bosnie pute mais soumise

Kouchner avait déjà essayé de leur faire à l'envers avec Médecins sans Frontières. La Bosnie était prévenue. Pourtant l'opération prise-de-points-impérative a réussi et les troupes de Laurent Blanc reviennent avec trois points de Bosnie.

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Laurent Blanc avait annoncé la couleur avant ce match : « Il va bien falloir défendre, chose qu'on a eu du mal à faire. Et éventuellement passer en contre » . Son attaché de presse, Bixente Lizarazu, a bien fait passer ce matin le message dans le journal l'Equipe : ce match sera « une parenthèse dans la philosophie » (au moins, il y a maintenant une philosophie). Après sa défaite contre la Biélorussie, la France est maintenant dans la gestion de l'urgence. Résultat, pim pam poum : milieu à trois défensifs, M'Vila, Diaby, Diarra. Pour moins que ça, Raymond Domenech se serait fait pendre sur la place publique. Question, s'il s'agit de résister, éventuellement de se créer des espaces puis, éventuellement toujours, de les exploiter en lançant des joueurs dedans, où qu'il est Pedretti ? Lui et son impeccable brosse auraient ici fait figure de rampe de lancement idéale. Réponse de la touillette en chef : il s'agit de « muscler le milieu de terrain » . Du coup, trop gringalet, le Pirlo de sous-préfecture repassera. Ordre du soir : pragmatisme. Et comme dit le dicton : pragmatisme un jour, pragmatisme toujours et tant pis pour Pedretti.

Tant pis pour le jeu aussi. C'est besogneux, pour ne pas dire pire. Chose promise, chose due, la France bétonne. Maligne, la Bosnie commence d'abord par se montrer dangereuse (depuis qu'il a un pays, le bosnien aime bien être maître chez lui, ça se comprend) puis laisse la France venir. Alors la France vient. Un peu. D'abord grâce à son joueur le plus avancé, son avant-centre, un certain Karim Benzema, qui fait admirer sa technique. Hélas en vain. Il rate le dernier crochet qui aurait pu lui ouvrir le chemin du but. Alors c'est Florent Malouda qui s'y colle. Dans son registre, l'ailier de Chelsea est certainement dans les tous meilleurs mondiaux. A savoir percuter sur les ailes, courir et gagner du terrain. Un joueur moderne, parfait pour l'Angleterre. Au vrai, pour un bourrin, Malouda est même assez intelligent, voire fin. Pour autant, il s'agit de ne pas le prendre pour un autre, de ne pas le confondre avec un créateur, ou un meneur de jeu. De l'autre côté, à droite, Valbuena envoie des cachous. Au final, le jeu français est emballant, mais manque de précision et de justesse. Le constat est toujours un peu le même. La France passe plus de temps dans le camp adverse que son adversaire n'en passe dans son camp, mais c'est bien dans sa moitié de terrain que se jouent les actions les plus dangereuses. Déjà, la Biélorussie n'était venue que deux fois dans la moitié de terrain bleue, la première pour mettre la panique, la seconde un but. Les quelques attaques bosniaques font passer le frisson, tandis que les françaises suscitent les soupirs.

Les attaquants français sont présents, armés et quadrillent la zone... Mais pendant plus d'une heure, leur activité reste stérile. Heureusement, Karim Benzema est plutôt du genre désobéissant. Alors qu'il semblait trop court physiquement pour sauver la France, il parvient tout de même à marquer, sur une belle inspiration de buteur, à la soixante douzième. Dans l'élan, la France en colle un second un peu n'importe comment, entre limite du hors-jeu et glissade de Valbuena. Le match est fini, la mission remplie. Merci Karim.


Outre le but de son attaquant, l'autre gosse source de satisfaction pour les Bleus est la performance d'Abou Diaby. Vu les limites de ses ailiers, l'émir s'est retrouvé en charge de la mène, et, pour être tout à fait honnête, s'est admirablement bien acquitté de sa tâche. Reste que, aussi technique soit-il, ce n'est pas son rôle et cela s'est ressenti sur le jeu français. Globalement, les passes étaient trop lentes ou trop imprécises. Vitesse et justesse semblent toujours aussi compliquées à concilier pour les Bleus. C'est un problème. Heureusement, la Bosnie, très décevante, a eu du mal à se dépêtrer de l'activité de Diaby, Diarra et M'Vila. De plus, la charnière Méxès-Rami commence à avoir des points de repères et la cage de Lloris est demeurée inviolée. C'est déjà une bonne base. Reste à trouver une véritable maîtrise offensive, pour que les deux buts d'aujourd'hui, aussi précieux soient-ils, ne se révèlent pas être un cache-misère.

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