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Borriello et les ex aux dents longues

L’affiche Genoa-Roma sera plus qu’un simple match pour certains joueurs rossoblù. Trois d’entre eux, Marco Borriello en tête, rêvent de jouer, marquer et exulter face à leur ancienne équipe. Équipe qui les a virés comme des malpropres il y a de ça quelques semaines. La rancœur, un sentiment tenace.

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Ils seront sept. Sept « ex » à rencontrer leur ancienne équipe dimanche soir, pour ce Genoa-Roma. Cinq du côté ligure, avec Borriello, Bovo, Ferronetti, Piscitella ou Bertolacci. Deux côté romain, avec Destro et Tachtsidis. Pour certains, ce duel ne voudra presque rien dire. Le dernier cité, par exemple, n’a jamais joué le moindre match en faveur du Genoa. En revanche, pour Marco Borriello, Giammario Piscitella et Andrea Bertolacci, cette rencontre a des allures de revanche. Contre un club qui ne leur a pas fait confiance, et les a rejetés cet été. Et surtout, contre le néo-coach romain, Zdeněk Zeman. Car l’entraîneur tchèque est certainement à l’origine de tous ces départs. Du coup, les trois acolytes auront à cœur de faire une belle rencontre. Pour prouver que les dirigeants romains ont eu tort de les laisser filer, simplement.

Récupération express de Borriello

Pourtant, à la base, Marco Borriello était très incertain pour la rencontre. Un problème musculaire le contrariait depuis une dizaine de jours, et on craignait, côté grifone, que le meilleur buteur du club (trois buts en six rencontres) couve quelque chose. Il n’en est rien, juste un coup de fatigue que l’attaquant a surmonté au plus vite. « Je ne raterai ce match pour rien au monde » , a-t-il lâché. Jouer et marquer contre la Roma cette saison, pour Borriello, c’est en effet un fantasme. Car il a vécu une drôle d’histoire au sein du club de la capitale, le beau Marco. Prêté en 2010 par le Milan AC, il s’y relance après une sale saison chez les Rossoneri. Avec Ranieri sur le banc, il marque 11 buts en 34 matchs. Problème : les remous au sein du club, les changements de dirigeants, celui de coach, vont lui porter préjudice par la suite.

Ce n’est pas que Borriello et Luis Enrique ne s’apprécient pas. L’attaquant ne fait clairement plus partie du projet de la Roma et de son opération rajeunissement. Un peu con, sachant que le bonhomme a été acheté 10 millions quelques semaines auparavant (il y avait une obligation d’achat dans l’accord de prêt entre les deux clubs). Testé à plusieurs reprises en début de saison dernière, l’attaquant ne persuade pas son coach espagnol de l’aligner plus souvent. Et comme toujours avec Borriello, cela se transforme en prêt. Le voilà donc qui gagne un Scudetto avec la Juve, sans être personnellement plus convaincant. Zdeněk Zeman tirera la même conclusion, après seulement quelques séances d’entraînement. Et là encore, Borriello de se tirer en prêt, le dixième (!) de sa carrière. Mais pas n’importe où, cette fois-ci. Au Genoa. Le club qui lui a offert l’année la plus prolifique de sa carrière (il claqua 19 buts en 34 matchs sur la saison 2007/2008). Un club où il n’est pas contesté, et où il a directement obtenu une place de titulaire. Alors logique, aujourd’hui, que le buteur veuille prendre sa revanche. D’autant que durant sa longue carrière, le joueur de 30 ans n’a encore jamais scoré face à la Roma. Un sacrilège, quoi.


« Si je marque, j’exulte »


Mais il n’est pas le seul à souhaiter jouer et marquer contre la Roma ce dimanche. Ses deux jeunes partenaires, le milieu Andrea Bertolacci et l’attaquant Giammario Piscitella, sont plutôt rancuniers eux aussi. Logique, quelque part, pour ces deux purs produits du centre de formation romain, également invités à quitter le navire cet été. Enfin, invités, pas exactement. Car les deux jeunes hommes ont atterri à Gênes dans le cadre des transferts de Mattia Destro et Panagiotis Tachtsidis vers la capitale. Ces joueurs ont le sentiment avoir été de simples monnaies d'échange. D’où une certaine motivation, malgré le fait qu'ils seront sur le banc ce dimanche. « J’aimerais jouer au moins cinq minutes et marquer le but de la victoire » , révélait Piscitella, 19 ans. Pour son collègue Bertolacci, 21 ans, c’est encore autre chose. Prêté la saison passée à Lecce, il y a inscrit le premier but de sa carrière face à la… Roma. Et il a un regret : ne pas avoir célébré son but. « Je suis encore lié à la Roma, pour bien plus que des raisons contractuelles. J’ai eu le privilège de jouer avec mon idole de jeunesse : Francesco Totti. L’année dernière, je n’ai pas célébré mon but, mais désormais les choses ont changé » , expliquait-il.

9e au classement de Serie A, le Genoa est plutôt partant pour endosser de nouveau le costume de l’équipe emmerdante. Celle qui pousse la Juve à sortir le grand jeu (1-3) ou qui tape la Lazio dans son antre (1-0). Ce match-là, vous l’aurez compris, sera encore plus important pour certains. Gare à la Roma, la vengeance d’un ex est souvent terrible.

Par Alexandre Pauwels
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