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Borja Oubiña, Vigo pour garder la patate

C’est l’histoire d’un joueur passé du paradis à l’enfer en une fraction de seconde. Promis aux hautes sphères du football, Borja Oubiña Meléndez s’est vu stopper net dans son élan par une terrible blessure. Dommage, quand on sait que le Vigués de naissance était né au bon moment.

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En Espagne comme ailleurs, le football regorge de jeunes talents en devenir. Habitué de l’équipe première du haut de ses 23 ans, Borja Oubiña ne fait pas exception à la règle. À Vigo, le beau garçon est même vu comme le symbole de la réussite formatrice du Celta. Face caméra, le prodige s’autorise à voir un peu plus loin que la fin de saison 2005-2006, où il participe à une sixième place obtenue avec brio. « Nous espérons pouvoir viser la qualification en Ligue des champions l’an prochain. J’aimerais emmener le Celta Vigo le plus haut possible. (…) J’ai toujours dit que j’aimais bien le championnat anglais. Un jour, j’aimerais connaître la vie là-bas, une nouvelle culture. » Ses rêves vont être à moitié exaucés. Vigo ne se qualifiera pas pour la C1 la saison suivante, mais descendra en seconde division, la faute à une gestion financière chaotique qui plombe l’ambition du club. Pour pallier ces difficultés à son échelle, Borja Oubiña quittera ses partenaires pour… la Premier League. Birmingham City fait une nouvelle acquisition afin d’apporter une touche créatrice à son équipe. L’international espagnol va donc découvrir l’Angleterre, ses fish & chips, ses pubs, sa bruine et… son engagement physique. En déplacement à Anfield Road le 22 septembre 2007, Birmingham City perd son joueur sur blessure à la suite d’un gros duel avec Dirk Kuyt. Le bilan est lourd : rupture du ligament croisé externe du genou gauche. C’est le début d’un long chemin de croix entre un patient sur le billard et son docteur, le Celta Vigo.

Promesses internationales


Depuis le départ, Borja Oubiña prenait déjà la direction des étoiles. Recruté par le Celta Vigo à l’âge de 15 ans, l’enfant fait alors office de meilleur joueur de son équipe. Son niveau, rapidement évalué précoce par les observateurs du club, lui permet de monter avec les U18 nationaux après seulement six mois d’intégration. Malheureusement, la poisse commence à s’abattre sur le diamant galicien. Un jour avant d’intégrer l’équipe nationale U16, il subit, déjà, une rupture des ligaments croisés du genou. Mais le petit s’accroche. Il passe par la rééducation, retrouve le plaisir de la pelouse, puis se voit appeler régulièrement pour prendre part aux entraînements avec les pros. Lors de la saison 2002-2003, Borja Oubiña fait partie de l’effectif officiel du RC Celta de Vigo. Son coach la saison suivante, Miguel Angel Lotina, lui octroie ses premières minutes contre le FC Valence. En Ligue des champions, l’espoir se frotte même au Milan AC, l’Ajax Amsterdam ou Arsenal.

Hélas, la situation du club en Liga est tout autre : obligés de se battre pour le maintien, les Celestes devront finalement se résoudre à la relégation. Pour Oubiña, ce passage en deuxième division sera l’occasion de se muer en meneur de première catégorie à la suite du départ des stars de l’époque comme Peter Luccin ou Aleksandr Mostovoï. Bientôt surnommé « O Gran Capitan Gallego » par le public vigués, Borja Oubiña veut porter avec honneur la responsabilité d’une remontée dans l’élite le plus vite possible. En effet, l’ascenseur sera bref. Le Celta Vigo retrouve le plus haut niveau un an après et se qualifie même pour la Coupe UEFA dans la foulée. De quoi attirer l’œil du sélectionneur national, Luis Aragonés. Après le Mondial 2006, El Sabio de Hortaleza pense faire de cette jeune pépite une alternative potentielle à David Albelda ou Xabi Alonso. Que nenni. Une année galère dans un club en crise, puis un genou en vrac vont tout changer. Pas d’Euro 2008, ni de Coupe du monde 2010, ni d’Euro 2012. Mais malgré ces tuiles, encore le plaisir de jouer au football.

Le Celta à son chevet


Si l’enfer suit la blessure longue durée de Borja Oubiña, un ange gardien bleu ciel se met tout de même à le surveiller attentivement. Son contrat à Birmingham arrêté net, il revient à Vigo pour être traité durant sa convalescence. Malgré cinq opérations effectuées en sept années, le joueur ne retrouvera plus jamais son niveau d’antan. Grâce à une énorme combativité pour panser ses blessures, il gardera toutefois ce statut de capitaine indéboulonnable dans les cœurs galiciens. « J’ai toujours pensé la même chose » , analysait-il pour Todo Deporte Vigo cet été. « Si je n’avais jamais joué au football, j’aurais aujourd’hui deux beaux ligaments croisés. C’est juste la conséquence du sport que je pratique. J’aurais aimé que ma blessure au genou gauche n’arrive pas. Le problème, ce n’est pas la blessure, mais le temps de récupération que tu as derrière cela. » Désormais, le football ne fait plus partie de la vie de Borja Oubiña. Enfin, presque. À la suite de sa décision de mettre un terme à une carrière tronquée par les blessures à 33 ans, le milieu relayeur s’est vu offrir par Carlos Mouriño, président du club, une réinsertion au sein du staff. Le voici ainsi embauché au secrétariat technique après 17 années passées à revêtir les couleurs locales. « C’est l’endroit où je peux être le plus utile à présent, où je peux apporter et où je vais m’épanouir, décrit le nouvel employé. Je veux voir beaucoup de football et je pense que c’est le poste adéquat. J’aimerais que le Celta du futur soit une équipe stable comme celle de cette année. Que nous soyons capables de concurrencer toutes les équipes de la Liga, les grandes équipes incluses. » En septembre dernier, le FC Barcelone s'est pris une fessée 4-1 dans l’antre du Balaídos. Un nouveau rêve prend forme.

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Par Antoine Donnarieix
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