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Borini, le casse-pieds

Après son doublé contre l’Inter la semaine dernière, Fabio Borini devrait être titularisé ce soir en attaque. Sienne ferait bien de se méfier : le gamin n’a que 20 ans, mais on le compare déjà aux très grands.

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Carlo Ancelotti, dont le palmarès laisse penser qu’il s’y connaît un peu en football, a dit de lui deux choses. La première : « Fabio Borini est casse-pieds » . La deuxième : « Il a quelque chose de Pippo Inzaghi  » . Les deux remarques sont évidemment liées. Par « casse-pieds » , comprendre la propension du jeune homme à guetter la petite erreur et à faire le funambule sur la ligne du hors-jeu. Le doublé de Fabio Borini la semaine dernière contre l’Inter de Milan a amené la presse italienne à faire d’autres comparaisons. La Gazzetta a ainsi vu du Enrico Chiesa dans les mouvements du jeune Borini. Chiesa, cet ancien international italien désigné par Gigi Riva en personne comme son héritier un beau jour de printemps 1996. D’autres ont vu du Pato : même gabarit, même précision, même puissance de tir. Qu’en dit l’intéressé ? « La comparaison avec Inzaghi me fait plaisir, mais il y a une différence : il a beaucoup marqué, et beaucoup gagné » .

L’exilé

Fabio Borini, 21 ans dans un peu plus d’un mois, n’a pas encore l’envergure d’un Filippo Inzaghi, encore moins son palmarès. Mais envoyer valser Walter Samuel et Lucio comme il l’a fait la semaine dernière n’est pas à la portée du premier attaquant venu. Malgré son jeune âge, Borini a déjà fait pas mal de route. Formé à Bologne, dont il est originaire, il choisit de traverser la Manche à 16 ans pour parfaire sa formation à Chelsea, ce qui n’est pas commun. Dans une Italie où les jeunes talents préfèrent souvent faire leurs armes dans le grand club du coin, espérant grappiller du temps de jeu en coupe, l’exil est un sacré pari. Quelques apparitions avec l’équipe première, des prestations de très haut niveau avec la réserve, et le traditionnel prêt dans un club moins prestigieux pour se faire les os, et le caractère : Swansea City. Six buts et une remontée en Premier League plus tard, l’Italien rejoint Parme à l’été 2011, qui le prête immédiatement à la Roma.

Les premiers pas de Fabio Borini avec la Louve ont quelque chose d’émouvant. D’abord, parce que voir un jeune joueur italien débuter en Serie A à 20 ans après avoir encaissé sans mot dire des coups d’épaule en division 2 anglaise, ne peut laisser de marbre. Ensuite, parce que son jeu ne ressemble pas vraiment à celui d’un attaquant italien. Il y a des gestes techniques, des ratés et des chevauchées qui évoquent l’embrun des îles britanniques. Pour Luis Enrique, tout cela ne pose aucun problème. Malgré les nombreuses critiques envers le coach espagnol, tous les observateurs s’accordent pour dire une chose : cet entraîneur-là sait y faire avec les jeunes. Alors, petit à petit, Enrique fait confiance à son jeune attaquant, et se laisse séduire. Le 23 janvier, l’AS Roma annonce qu’elle a acheté le joueur à Parme. Elle se félicite aussi des premiers mois de vie commune : 12 présences, cinq buts, dont quatre lors des quatre derniers matchs.

Le couteau entre les dents

Il est encore un peu tôt pour savoir si Borini est en surchauffe, ou bien s’il sera capable d’aligner les prestations de ce niveau. Une chose ne fait guère de doute : le garçon a du caractère et de l’ambition. Le froid qui s’abat sur la Botte et ses terrains ? « Si je veux devenir un champion, je ne dois pas le sentir » . Sa manière de fêter les buts, en mimant un couteau entre les dents avec sa main ? « C’est pour montrer que je n’abandonne jamais, je faisais déjà comme ça en Angleterre  » . Quant à une éventuelle sélection avec la Nazionale : « C’est un rêve, je travaille pour ça  » . Après tout, le casse-pieds peut se permettre de rêver : il a porté les maillots de toutes les sélections de jeunes, et progresse vite. Aux gestes un peu fous de ses débuts, il privilégie maintenant l’efficacité. Moins de dribbles, moins d’imprécisions, moins d’errements. En 2012, Fabio Borini a décidé de partir à l’abordage.


Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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Le mec claquait buts sur buts avec les jeunes et/ou la réserve de Chelsea, et on le laisse partir pour acheter des Torres, et des Lukaku ... Cherchez l'erreur !
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Encore une copie de l'article sur france football ... Aucune imagination sur so foot?
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