Bordeaux veut reprendre des couleurs

Après un début de saison catastrophique et une zone de relégation côtoyé de beaucoup trop près, les Girondins de Bordeaux ont connu un mieux au mois de décembre. Du coup, le classement, aujourd’hui, fait moins peur. Mais la suite, elle, reste trouble.

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Gare à se fier aux apparences. La position de Bordeaux au classement est trompeuse. Dixième. Pas mal. Si Ajaccio ou Dijon étaient dixièmes, on parlerait de « première partie de saison fabuleuse » . Mais là, non. Les Girondins n’ont rien de fabuleux. Cette dixième position, ils la doivent surtout à ce bon mois de décembre, qui leur a permis de prendre 10 points en quatre journées contre Caen, Nancy, Marseille et Sochaux. Et avant ? Un désastre. Lors des 15 premiers tours, Bordeaux ne s’était imposé que deux petites fois, qui plus est contre Valenciennes et Ajaccio, pas vraiment les adversaires les plus irrésistibles. Hormis ces deux succès, c’était échec sur échec, gueulante de Gillot sur gueulante de Gillot, et, surtout, un manque de jeu criant. A tel point que les supporters girondins commençaient à voir se profiler le spectre de l’AS Monaco, une équipe dont on a toujours dit « mais non, c’est Monaco, ils ne descendront jamais » . Bah si. Ils sont descendus. Et Bordeaux, en continuant sur son rythme automnal, y sera allé tout droit aussi. Alors, quoi ? Où en est Bordeaux ? Les victoires du mois de décembre ont tout effacé, laissant place à une équipe unie, brillante et conquérante ? Pas vraiment. Et le dernier match de l’année 2011, une défaite 1-0 à Rennes, est là pour confirmer que 2012 va devoir être négocier avec habileté. Sous peine de se prendre un certain nombre de claques.

Obraniak, Mariano et qui ?

Jean-Louis Triaud, président du club, en est bien conscient, lui. S’il se refuse à jouer les alarmistes, il met toutefois un petit taquet à Francis Gillot, son coach, toujours le premier à critiquer la prestation de ses joueurs après une défaite. « Sans être beaucoup plus brillant mais en étant parfois un peu plus lucide et respectueux d’un schéma tactique, on aurait pu faire mieux et avoir davantage de points. On peut supporter la comparaison avec d’autres équipes, malheureusement on n’a jamais offert ce visage au-delà d’une heure de jeu, et parfois d’une mi-temps » affirme-t-il en conférence de presse, à la veille de Noël. Un mal pour un bien. Bien conscient que son onze est loin d’avoir l’étoffe d’un candidat à l’Europe (l’objectif initial de la saison), Triaud a décidé de se bouger les fesses pendant le mercato. Renforcer l’équipe pour ne plus repasser dans la deuxième moitié de tableau, et essayer de ne pas vivre une deuxième saison consécutive dans l’anonymat.

Et le premier gros coup, cela pourrait bien être Ludovic Obraniak. Le Lillois manque de temps de jeu en vue de l’Euro 2012, et a clairement fait part de ses envies d’ailleurs. Un accord de principe aurait même été trouvé entre les deux parties (le dossier est « en très bonne voie » selon Triaud), même si le LOSC n’a pas l’intention de lâcher son international polonais avant de lui avoir trouvé un remplaçant potentiel. Ensuite, Bordeaux a déjà assuré l’arrivée du latéral brésilien Mariano, acheté 3 millions d’euros à Fluminense et qui a déjà séduit ses nouveaux coéquipiers. D’accord. Mais après, qui d’autre ? Triaud répond. « Moi j’aimerais bien qu’il y ait deux recrues. Et a priori, je pense que ce sera plutôt un milieu droit. C’est la période de Noël. Francis Gillot, même s’il est adulte et responsable, fait comme les enfants, il dresse une longue liste pour avoir quelque chose. Comme pour les enfants, vous ne pouvez pas leur donner satisfaction sur tous les points. Nous, c’est pareil, donc un par ligne, sûrement pas » avance le président des Marine et Blanc. On n'en saura pas plus sur les éventuels petits nouveaux. Quel radin, ce Père Noël.

Ils peuvent partir

S’il y aura des arrivées pour renforcer l’équipe, il y aura, inévitablement, des départs. Deux noms, par-dessus tous, prédominent. Ceux de Ciani et Ben Khalfallah. Les deux joueurs, dont l’année 2011 est très loin d’être une réussite, ne seront « pas retenus en cas d’offre satisfaisante » , dixit Triaud. Message à peine codé pour dire : « merci les gars, et à la prochaine » . On l’a donc compris, les dirigeants des Girondins ont bien l’intention, dans une certaine mesure, d’entamer la petite révolution qui aurait dû être effectuée l’été dernier, après une saison décevante, et qui n’est jamais arrivée. Les seules arrivées de N’Guemo et de Maurice-Bellay ne pouvaient évidemment pas contenter des supporters qui avaient vu, deux ans auparavant, se balader les Gourcuff, Chamakh et autres Cavenaghi sur le pré de Chaban-Delmas. L’arrivée de Gillot, un homme qui a réussi à qualifier Sochaux pour le tour préliminaire de l’Europa League, devait compenser ce mercato au rabais (pas un centime dépensé cet été). Au final, pas vraiment. Gillot n’est pas un magicien non plus, et n’a pas pu cacher bien longtemps les limites du groupe bordelais. Un groupe qui a parfois affiché un incroyable manque de confiance, engrainé dans un cercle infernal façon « quand ça va mal, tout va mal » .

Si Gillot a résisté à la crise de septembre-octobre, il va devoir faire mieux à partir de janvier. D’autres équipes sont bien plus rodées pour aller accrocher les places européennes et Bordeaux compte aujourd’hui douze points de retard sur la quatrième position, qualificative pour les barrages de l’Europa League. Ca fait beaucoup. Or, même les quelques arrivées dont on rêve actuellement en Gironde risquent de ne pas suffir. Alors, quel est l’objectif ? D’une, assurer. Ne pas sombrer. L’an dernier, partout en Europe, des équipes ont été reléguées à la surprise générale, de l’ASM à la Sampdoria, en passant par La Corogne. De deux, ne pas se contenter du ventre mou. Dixième, c’est une place au chaud. On ne se met ni la pression pour aller plus haut, ni pour tomber plus bas. On obtient ainsi des rencontres sans saveur, et une saison insipide. Viser l’Europe, donc ? Pourquoi pas. Même si cela paraît totalement utopique, mieux vaut viser trop haut, que ne pas viser du tout. Au moins, cela permet de regarder vers l’avant. Ce que les Girondins, depuis de longs mois, n'ont plus fait.


Eric Maggiori
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