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  2. // PSG/Bordeaux : 1-2

Bordeaux vénère comme Lucifer !

Ouh, là, là ! Il ne faisait pas bon chauffer Bordeaux, ce soir. Malgré une domination parisienne et leur paquet d'occases en or, les Girondins se sont imposés au Parc. Un Bordeaux méchant et teigneux, plein de hargne et qui ne veut pas mourir. Mieux ! Ils peuvent même se passer de Gourcuff, toujours en instance de départ à l'OL !

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C'est marrant, Tigana se plaignait de l'héritage de Laurent Blanc (présent dans les tribunes...), alors que ce soir il aurait dû se féliciter de l'héritage... de Ricardo ! Ben, ouais ! Avec un Fernando comme homme de base du collectif girondin, on se serait cru retournés trois saisons en arrière. OK, sur le papier c'était bien Jussiê « le meneur de jeu » , placé au centre d'un 4-2-3-1 et jouant derrière Gouffran en pointe, mais le vrai dépositaire du jeu aquitain c'était bien Fernando, hyper saignant, hyper présent, mais limite killer, avec ses charges et ses contestations musclées contre l'arbitre. Il faudra qu'un Diarra, puis Tigana lui demandent fermement de la boucler et de se concentrer sur le jeu ! Diarra, autre grand bonhomme du match, lui aussi hyper saignant, hyper présent et buteur ! C'est lui qui a ouvert la marque à la 67ème d'un coup de boule rageur, sur corner de Plasil : une explosion de joie électrique de sa part, courant comme un possédé vers le carré des supporters Marine et Blanc ! Electrique ! Le mot est lâché : ce Bordeaux était branché sur 2000 volts, ce soir. Pas génial mais terriblement « dedans » . Résultat : 5 cartons jaunes tout en agressivité verbale (Chalmé) ou carrément physique (Diarra, Ciani, Fernando, Jussiê) !



On ignore ce que se sont dit les Girondins entre eux, cette semaine, et les mots de Tigana qui ont réveillé et transcender ses joueurs, mais il a dû se passer quelque chose de fort. Et dire que Gourcuff était « absent » , sur le banc des remplaçants au coup d'envoi car en instance de divorce (il veut aller à Lyon). C'est aussi peut-être ça qui a « énervé » ses coéquipiers... Reste que quand Yoann a remplacé Jussiê, à la 72ème, il s'est comporté comme un équipier modèle, offrant un centre magnifique sur corner pour la tête victorieuse de Ciani au deuxième poteau (2-1, score final). On jouait la 95ème minute, preuve de la gnac inouïe de Bordelais ultra vexés de ce début de saison pourri qu'ils n'avaient pas digéré (2 défaites contre Montpellier et Toulouse). Là aussi, tous les Girondins sont allés célébrer ce but comme des fous face à leur tribune de supporters, poings rageurs en l'air ! Bordeaux a retrouvé ses fondamentaux : les buts de la tête sur coups de pieds arrêtés. Et inscrits par des défenseurs... Ces deux dernières saisons, on avait à la fois loué et regretté cette efficacité sur coups de pieds arrêtés qui décantaient souvent les matchs des Girondins, mais qui signifiaient aussi leurs carences dans les buts inscrits sur des actions construites. Tant mieux pour Bordeaux ! Les coups de pieds arrêtés font plus que jamais partie du foot moderne...



Voilà : Bordeaux est sur la bonne voie. En récupérant petit à petit ses cadres (Planus, c'est pour bientôt), ils peuvent revenir à leur meilleur niveau et jouer le titre. Et dire que les latéraux Chalmé et Trémoulinas ne sont pas beaucoup montés pour apporter le surnombre, sauf en deuxième mi-temps... Quand les deux zouaves rependront les couloirs, comme avant, les Bordelais feront encore plus mal. Enfin, question : Bordeaux peut-il se passer de Gourcuff ? Oui... C'est mieux avec lui, mais sans lui Bordeaux peut s'en tirer. On l'a bien vu : Fernando retrouve le volume de jeu qu'il avait avant que Gourcuff n'arrive en Gironde. C'est d'ailleurs le Brésilien qui avait été la victime principale de la venue de Yoann. Même s'il avait accepté de se mettre au service du nouveau et jeune stratège qui marnait au Milan AC. Et puis Jussiê, auteur d'un bon match, (même s'il retardait ses transmissions de balles à force de lâcher son ballon trop tard) a semblé vouloir assumer son nouveau rôle de « meneur » ... Une revanche pour celui que Laurent Blanc avait trop peu utilisé l'an passé.


Et puis, il y a Diarra, le boss ! Bien décidé, apparemment, à guider les siens vers les sommets et à ne plus rien lâcher. Ciani est aussi en reconquête, vexé comme il l'a dit de n'avoir pas été appelé par Lolo Blanc en sélection. Bons points aussi pour Sané, qui a parfaitement secondé Chalmé mis en difficulté par ce diable de Nenê : des retours en sprint impeccables pour couper le Brésilien, ou Hoarau. Gouffran revit aussi, Plasil est OK et toujours aussi intelligent tactiquement. Carrasso a sorti des balles de match parisiennes : duel gagné contre Hoarau en un contre un (10ème), tête de Erding à ras du poteau repoussée à mi-hauteur d'une superbe détente (45ème) et nouveau duel en un contre un face à Erding dont le tir puissant fut bien repoussé (54ème). Carrasso n'est pas Olimpa, ça on le savait. Bonne entrée de Modeste, pas maladroit dans ses prises de balles. Seul point noir, Wendel, léthargique et trop statique. Après tout, s'il désire partir...


Oui, c'est vrai, Bordeaux a beaucoup subi face à un PSG plutôt dominateur dans le jeu, dans la conservation du ballon et dans les attaques répétées et les contres mortels (nombre de centres impressionnant pour les Parisiens, plus d'une quinzaine !). Des progrès dans le jeu défensif sur les cotés sont impératifs. Mais Bordeaux a tenu bon, nous rappelant par moments cet esprit d'invincibilité qui les avait mené au titre en 2009... Mais, bon ! Tout ça demande confirmation. En tous cas, avec cet état d'esprit, Bordeaux peut voir venir. En plus, le club est libéré de ses obligations européennes. Ce soir Bordeaux n'est plus relégable et n'accuse que 6 points de retard sur le leader toulousain : rien n'est perdu, rien n'est joué...


Chérif Ghemmour

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