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Bordeaux-OM : Gourcuff bat Ben Arfa !

Girondins de Bordeaux   Milan AC   Olympique de Marseille   Olympique lyonnais   Paris Saint-Germain  

30 mai 2009
Et si ce soir Hatem Ben Arfa réalisait un triplé de feu contre Rennes pendant que Yoann Gourcuff ratait trois penaltys contre Caen ? Et si Marseille battait Rennes 3-0 pendant que Bordeaux plierait 1-0 à Caen ? Et que l’OM soit champion grâce au triplé de Hatem et que les Girondins finissent deuxièmes par la faute de Yoann ? Peu probable… Mais qui sait ? Retour sur le duel Ben Arfa-Gourcuff et sur la politique des transferts des deux clubs. Avantage Bordeaux, bien sûr…

Il faudrait un super Hatem et plusieurs buts d’anthologie, y compris une main maradonesque (tant qu’on y est !) pour que l’ex-Gone (a priori titulaire ce soir) renverse en faveur de l’OM une politique de transferts qui pour le moment a tourné cette saison en faveur de Bordeaux. Hatem, transféré de Lyon, et Yoann, prêté par Milan : c’étaient les deux apports massifs, les deux “transferts” retentissants qui devaient booster les deux dauphins de l’OL, saison 2007-08. Si on attendait beaucoup, et avec raison, de la venue de Ben Arfa à Marseille, en Gironde on était un peu plus dans l’expectative avec un Gourcuff très peu utilisé chez les Rossoneri. Après des débuts très convaincants des deux jeunes joueurs, les choses se sont vite décantées… pour le plus grand malheur de l’OM. Après quelques matchs intéressants, Ben Arfa a fait valoir son “caractère” et des prestations moyennes qui l’enverront sur le banc. Clash désastreux : le OM-PSG du 16 octobre au Vélodrome perdu 4-2. Ben Arfa, remplaçant, refuse d’entrer en jeu à l’appel de Gerets alors qu’il reste une bonne demi-heure de jeu et que le sort du match n’est pas scellé. C’est le début de la saison pourrie de Ben Arfa qui va lourdement pénaliser l’OM.

On ne va pas revenir encore sur le fiasco du gaucher magnifique mais simplement dire qu’il contraste singulièrement avec la formidable montée en puissance de Gourcuff. Le Breton a été le catalyseur des ambitions girondines, et malgré un petit passage à vide normal et une blessure en hiver, il a réalisé un saison pleine où il a multiplié les buts incroyables, dont certains mémorables en solo ou de la tête. Un bilan mastoc : 12 buts et 10 passes décisives… Et puis, différence de taille colossale, le néo-Bordelais s’est imposé d’une force en Équipe de France, tandis que Ben Arfa en était progressivement exclu. Une situation symbolique qui se passe de commentaires. Alors que Gourcuff a re-signé pour quatre ans dans un contexte dynamique et ambitieux, Ben Arfa et l’OM vont repartir ensemble de la déception commune vers l’inconnu. Avec une interrogation lancinante, dès la reprise : Didier Deschamps va-t-il sauver le soldat Hatem ? En tout cas, à quelques heures du dénouement final, c’est Bordeaux qui a réussi son coup de poker de début de saison : même si l’OM est champion ce soir, le club phocéen aura perdu le pari Ben Arfa…

Pour le reste, Bordeaux avait fait le choix de la stabilité en ne recrutant que Placente et Gouffran, en sus de Gourcuff. L’option conservatrice d’un effectif 2007-08 reconduit à l’identique et très peu modifié a été efficiente. De plus, hormis Trémoulinas, devenu quasi titulaire, Lolo Banc a fait très peu appel aux jeunes pousses (Ducasse, Traoré, Sertic et Obertan, prêté à Lorient au mercato). Reste que la venue de Placente s’est révélée désastreuse (six matchs seulement). C’est un unique échec, car le bilan de Gouffran est assez encourageant. Après des débuts peu convaincants et un statut presque durable de remplaçant utilisé de-ci, de-là, l’autre Yoan a su saisir sa chance au milieu de saison (notamment en Coupe de la Ligue) pour devenir une pièce importante dans le groupe des 14 de base bordelais. Le Guadeloupéen vient tout juste d’avoir 23 ans. L’avenir lui appartient.

Côté marseillais, beaucoup d’arrivées en début de saison : Ben Arfa, Koné, Mears, Hilton, Samassa, Civelli, Erbate. Un peu trop ? En tout cas, très vite, les erreurs de casting se sont révélées : Erbate et Samassa, pas taillés pour le haut niveau requis à l’OM. On passe sur le cas à part de Ben Arfa pour constater que Mears n’a jamais fait oublier Bonnart quand ce dernier a été longuement blessé, invalidant de fait sa venue à Marseille (malgré un but en trompe-l’œil à Amsterdam). Baky Koné reste globalement une déception : malgré quelques matchs honnêtes et quelques buts précieux, il n’a pas su franchir le cap qui sépare le bon niveau niçois du très haut niveau marseillais. Sa fragilité musculaire et son mental parfois friable ont fait, hélas !, pencher la balance du mauvais côté. Après une longue mise à l’écart, Renato Civelli s’est révélé petit à petit au sein de la défense axiale au point d’en être devenu titulaire. Mais, question : est-il l’avenir de l’OM dans ce secteur de jeu hautement délicat ? Des rumeurs de départ (accréditées aussi par sa volonté exprimée) répondent en partie à la question…

Enfin, unique satisfaction, la bonne saison de Hilton. Le Brésilien a été le maillon fort de la défense marseillaise. Reste que de nombreuses erreurs de placement, de duels perdus et un certain “manque d’autorité” laissent les pro-OM encore sur leur faim. On verra comment Didier Deschamps réorganisera la future défense axiale phocéenne. On sait le bonhomme intraitable sur ce secteur de jeu crucial…

En fin de revue d’effectif, les arrivée de Wiltord et Brandao au mercato d’hiver ont été des vraies réussites. Inutile de s’étendre sur le cas Brandao et son investissement total pour le groupe et ses nombreux buts importants, malgré des débuts au club un peu “décevants”. A 29 ans, Brandao sera encore l’un des éléments d’avenir de l’attaque marseillaise, avec un petit côté Morientès qui ne sera pas pour déplaire à Didier Deschamps… Wiltord a été perfect, pas tant dans sa participation au jeu proprement dit (12 matchs, 1 but) où il a été de toute façon impeccable. Nino a surtout boosté le groupe grâce à son professionnalisme, sa faim de compétiteur jamais rassasié et sa bonne humeur. A 35 ans et un palmarès en béton, le gars n’a jamais rechigné à s’asseoir sur le banc des remplaçants quand un Ben Arfa qui a encore tout à prouver tirait sa tronche d’enfant gâté. Tout un symbole…

Chérif Ghemmour




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