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Bordeaux en voie de guérison

Sous respiration artificielle depuis un an et demi, les Girondins de Bordeaux ont pris acte du retard qu'ils accusent sur Lille, Marseille, Lyon et Paris et entament la saison du renouveau. Francis Gillot est arrivé et mise sur l'esprit revanchard de son groupe pour accrocher une place européenne.

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« J'aimerais finir dans les 5 premiers. Mais il y a 4 équipes difficiles à aller chercher, Paris, Lille, Lyon et Marseille » reconnaît Francis Gillot, le nouvel entraîneur du FCGB, sur le site officiel du club. Qui aurait cru, il y a un an et demi, que les Bordelais joueraient petit bras, distancés par les cadors de la L1 ? Pas grand monde. Pas même Jean-Louis Triaud. Le boss n'avait pas mesuré l'impact désastreux des 6 derniers mois de Laurent Blanc et des départs conjugués de ses top players Gourcuff et Chamack, exigeant de ses ouailles un retour au sommet. Les victoires au Parc et face à Lyon puis le nul arraché contre l'OM en début d'exercice n'ont pas suffi pas à masquer la gueule de bois. La méthode Tigana et son 4-5-1 frileux ont eu raison d'une saison sans saveur ponctuée par la défaillance de son canal historique (Planus, Chalmé, Wendel, Tremoulinas, dans une moindre mesure Diarra) et la grogne des supporters, pourtant pas réputés pour être des durs. Au final, une 7ème place heureuse tant les Marines ont végété dans le ventre mou du championnat.

Depuis, Bordeaux est entré sur la voie de la rédemption mais a du subir le départ de son capitaine, parti jouer le titre avec l'OM, tandis que les Brésiliens Fernando et Wendel ont préféré se goinfrer de pétrodollars. Affaiblis, les Bordelais ont revu leurs ambitions à la baisse et se contentent de viser l'Europe, en rêvant secrètement de la défaillance d'un membre du Big Four. Tigana démissionnaire, les dirigeants ont confié le commandement du navire à Francis Gillot, maître d'œuvre de la remarquable 5ème place sochalienne en mai dernier.



Gillot de sauvetage

L'ancien coach doubiste sait où il met les pieds. En rejoignant la Gironde avec son staff, il change de dimension et va même connaître le bonheur des retransmissions cryptées. Pas rien. Mais il récupère aussi un groupe malade qui l'attend comme le Messie, tant il a la réputation de tirer le meilleur de ses équipes. Avec un budget serré, le club au scapulaire n'a pu recruter comme il le souhaitait, se faisant même souffler Frau par Caen, c'est dire. Sauf que Gillot est un homme de défi, capable de faire goûter l'Europe à une équipe de seconde zone. L'homme a beau sourire tous les 36 du mois, le technicien, quant à lui, propose un football enthousiasmant, résolument porté vers l'attaque. Ce qui est loin de déplaire aux joueurs : « nous voulons développer du jeu et avec le nouveau coach, c'est vraiment possible. Il est capable de nous faire bien jouer » , se réjouit Ben Khalfallah. Prends-ça, Tigana.

Les Girondins ont subi une petite saignée cet été. Pour combler, Gillot a attiré deux joueurs libres : Nguemo, moins costaud que Diarra mais plus à l'aise à la relance, aura la lourde tâche de montrer les crocs à la récupération et Maurice Belay qui a suivi papa pour redynamiser un flan gauche abandonné par Wendel.
Le nouvel architecte du jeu bordelais ne cracherait sûrement pas sur des renforts supplémentaires mais il sait que les temps sont durs et ne fera pas de caprices auprès de ses dirigeants : « ils peuvent faire ou non mais si le président me donne un attaquant, un défenseur, un milieu, je serai content. Plus j'ai de joueurs, plus je suis content ! » , glisse t-il timidement sur le site officiel du club. Peut être que les retours de prêt de Sertic et d'Henri Saivet constitueront une alternative intéressante pour le technicien. Depuis le temps qu'on dit que ces deux ont du talent, il va bien finir par se manifester. En attendant, les matchs de préparation confirment que les Bordelais sont bien sur le chemin de la guérison. Cinq victoires en sept matchs et un jeu qui ressemble enfin à quelque chose. Le père Francis a imposé son 4-4-2 à plat ou en losange, ses pions s'adapteront. Plasil hérite d'un brassard qu'il doit plus au fait d'avoir surnagé la saison passée qu'à son aura dans le vestiaire. Une sorte de prime au jeu et à l'état d'esprit. Exactement ce qui a manqué sous l'ère Tigana.



Un groupe revanchard

Une chose est sûre, les joueurs ont en pris plein la gueule l'année dernière. Sans doute l'avaient-ils mérité. Alors autant transformer la frustration en motivation. Le mot clé du nouveau Bordeaux : l'état d'esprit. Fahid Ben Khalfallah, raillé par ses propres supporters, est bien placé pour en parler : « Nous sommes tous motivés, tous revanchards. Nous avons envie de corriger les erreurs des saisons passées et d'effacer le douloureux souvenir de la saison dernière. Notre point fort, c'est vraiment l'état d'esprit » . Dans un contexte différent, le jeune Anthony Modeste affiche un bilan mitigé. Tour à tour sifflé puis acclamé, l'attaquant a tout de même planté 10 pions la saison dernière. Dont 4 pénos, soit. Mais ce qui a exaspéré le public de Chaban, c'est surtout la phobie de l'ancien Niçois de mettre des buts tout faits. Cependant, le bougre a du talent et l'arrivée d'un technicien qui mise sur l'offensive est une bonne occasion de mettre tout le monde d'accord. De devenir un cadre, aussi.

Revanchards, les historiques du club devront l'être également. Ceux qui ont connu la gloire mais qui n'ont su gérer l'échec. Sitôt après son départ, Jean Tigana les avait pointés au bazooka. Diarra et Planus notamment. Le défenseur, fidèle de l'infirmerie, aura à cœur de prouver qu'il est encore apte à tenir les clés de la défense girondine. La saison dernière, Chalmé a passé plus de temps dans ses vignes que sur le pré, se faisant même doubler par le jeune Sané. Même constat pour Ciani, Tremoulinas et Gouffran. Tous savent ce qu'il leur reste à faire pour reconquérir Chaban. Justement, la saison passée, Bordeaux a paumé 27 points à la maison. Avec en point d'orgue la fessée infligée par Sochaux (0-4) en mai dernier. Gillot avait alors pris rendez-vous avec son destin.
C'est justement à domicile que les Girondins ouvriront l'exercice 2011-2012 avec un choc contre les Verts, dimanche. L'occasion idoine d'afficher son ambition européenne et de montrer aux copains que le club a bien cicatrisé. Et pourquoi pas, de donner le sourire à Francis Gillot.

Michael Simsolo

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