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Bordeaux, en mode bricolage

C’est dimanche, jour traditionnellement voué au bricolage en famille. Et cet après-midi (17h00), celle des Girondins de Bordeaux va pouvoir s’offrir une petite session bricole sur la Côte d’Azur, histoire de tester grandeur nature son habileté technique en la matière. Et c’est pas gagné d’avance…

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Pour défier l’O.G.C. Nice (4e, 35 points, avant vendredi) sur ses terres, où il est difficile de s’imposer (une défaite, et 24 points pris sur 33 au Stade du Ray par les Aiglons), Francis Gillot et son staff vont devoir se creuser les méninges pour mettre sur pied une équipe compétitive. Parce que l’escouade marine et blanche, elle est mal en point. Pas tant au classement (7e, 32 points), mais en matière de solutions offensives. « Devant, on est un peu court, il ne faut pas se le cacher. J’espère que ça ne va pas durer trop longtemps, parce qu’on manque de solutions, confie le technicien. On ne fait pas toujours ce qu’on veut, et on fait au plus pressé. C’est un gros problème, on va essayer de bricoler. » Oui, les Aquitains sont en mal d’attaque. Ou plus exactement, en mal d’attaquants. Presque en panne sèche, quoi. Amputés par un mercato dévastateur, ils ont été contraints de lâcher leur buteur maison, Yoan Gouffran (8 réalisations en Ligue 1), pour quelques pounds de plus venus d’outre-Manche, et de Château-Nouveau. Pardon, Newcastle. Séduit par l’avant-centre dans ses confrontations directes avec Bordeaux en Europa League, Alan Pardew n’a pas hésité à faire ses emplettes. Et finalement, au Haillan, on n’a pas hésité longtemps non plus. Réalité économique oblige, il a fallu se séparer d’un élément qui, de toute façon, était libre de partir gratuitement dès juin prochain. Donc, c’était toujours mieux de récupérer un peu de monnaie au passage de suite, que rien dans six mois. Du moins, quand on est dans une logique comptable. Parce que lorsque l’on est dans la démarche sportive pure, on s’arrache les cheveux. Et c’est justement ce qu’est en train de faire le père J-Lo.

L’un gambade, l’autre met des buts de dingue

Au Ray, il devra donc se passer de celui qui constituait la pierre angulaire de son dispositif offensif. Mais aussi de Cheick Diabaté (4 buts au cumul cette saison), parti tout le mois de janvier à la C.A.N. avec le Mali. Pas évident dans ces conditions de mettre sur pied une première ligne compétitive. Nicolas Maurice-Belay (zéro but), est touché sévère à la cuisse ; out ! Jussiê (5 buts au cumul) est en « stand by » de transfert. Il veut partir, selon la com’ du club. Résultat : pas dans le groupe. Reste encore quelques possibilités de choix, avec David Bellion et Henri Saivet, « deux joueurs qui ont déjà saisi leur chance  » .

Le premier (2 buts au cumul) semble revenir en grâce aux yeux de son coach. Sérieux, doté d’un état d’esprit remarquable et exemplaire, il gambade allègrement sur les près de Ligue 1 et de CFA. Il est là. Pas souvent efficace, mais présent. Et surtout, volontaire. Mais il a déclenché la qualif’ mercredi, à Moulins, en Coupe de France. Alors, Bellion, « un garçon qui a beaucoup de talent » selon Gillot, homme providentiel ? LOL. Ou pas LOL. Parce que le garçon, il connaît bien le terroir et voudra probablement montrer à son double ancien club qu’il n’est pas encore pourri. À suivre, donc. Le second est, depuis le départ de Gouffran, le meilleur buteur du club ! 5 buts en championnat. Pas mal pour un type que l’on dit parfois irrégulier. Souvent utilisé au milieu sur le côté, lui se dit prêt à jouer dans la surface adverse. Saivet, en plus, il met des buts de dingue. Un bon argument qui n’a jamais laissé indifférent les clubs étrangers, depuis ses seize ans.

Une attaque paralysante

Enfin, solution ultra-interne, lancer une nouvelle fois le jeune Hadi Sacko (18 ans). Problème, le pensionnaire de CFA a du mal lors des ses entrées en jeu, jugées « catastrophiques » par son coach. Mais bon, le Ch’ti n’est pas rancunier. « Je le prends, je n’ai pas le choix… Il a du mal à garder le ballon, mais je crois en lui parce qu’il a vraiment des qualités d’attaquant : il est puissant et vif, mais il ne montre pas en match ce qu’il fait à l’entraînement. Et c’est dommage. » Regrettable, même, de galérer à ce point, quand on a vocation à jouer sur trois tableaux distincts, et surtout quand on a la prétention de vouloir se mêler au groupe de tête.

La succession de Gouffran est au final bien difficile, et plus lourde à assumer qu’il n’y paraît. Alors, même si Bordeaux travaille en ce moment sur la question, notamment du côté de l’Amérique du Sud, son attaque cérébrale s’avère paralysante pour les siens. Un handicap qu’il devra combler différemment à Nice. « J’ai dit aux joueurs qu’on n’était pas bon en ce moment, mais qu’il n’avait pas trop de dommages (…), même en étant mauvais depuis la reprise (…), explique Gillot. Mais on arrive à limiter la casse, à gagner. Donc, maintenant, si on veut continuer à gagner, il faudra un autre état d’esprit, et une autre qualité de jeu, c’est indéniable.  » Alea jacta est.

Par Laurent Brun, à Bordeaux.
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