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Bordeaux, à quitte ou double

Les Girondins, après une première partie de saison plus que chiante, reviennent dans la course grâce à de nouvelles dispositions sportives. Solides en Coupe de France, ils défient l’OL à Gerland ce soir, sans peur et avec le coup de pouce du destin qui les accompagne depuis leur entrée en lice. La roue tourne.

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Ça fait déjà deux fois que les Girondins passent leur tour en jouant la carte de la chance. Mais en tant que bons, voire très bons bluffeurs, les Marine et Blanc ne s’en sortent pas si mal. Et si celle-ci n’est pas la seule à pouvoir expliquer leurs qualifications successives pour les 16e et 8e de finale de la Coupe de France, le facteur loterie a les a quand même jusque-là bien servis. Ou roulette, c’est selon. Des nouveaux riches ces gars-là. Riches d’une ambition croissante et proportionnelle aux résultats probants que les hommes de Gillot obtiennent depuis le début de l’année. Une période d’un mois et demi qui les a vus remonter à la 9e place du championnat, et se qualifier par deux fois aux tirs au but en coupe, avec 100% de réussite dans l’exercice. "Adresse + gardien infranchissable = équation gagnante". Invaincus, donc, en 2012. Un joli revirement de situation, quand on sait que Bordeaux, européen légitime au regard de l’histoire du foot français, a occupé par trois fois la place de relégable depuis le mois d’août. Mais ça, c’était avant. Avant l’arrivée de Mariano et Obraniak au mercato, avant de se forger un mental et de grappiller des points.

Le mental, donc. Celui du vainqueur. Parce que pour virer Saint-Étienne et Créteil d’une compétition nationale qui sait opposer avec passion clubs pro et amateurs, il a fallu se les vider. Et être patient. Et être endurant. Et être adroit devant le but, aussi. Du moins, après prolongations, parce que pendant le temps règlementaire, par deux fois les Bordelais auraient pu assurer la qualif’. Mais pied tremblant oblige, ni Bellion, ni Sertic n’ont secoué les filets, quand ils ont eu le peno de la délivrance au bout des crampons. Noir, manque et passe ! Mais le Bordeaux nouveau semble sévèrement burné. Assez, même, pour aller chercher un quart de finale et un Olympique Lyonnais sur ses terres. Assez pour laver l’affront de la 8e journée de L1, au cours de laquelle les Gones avaient sèchement tanné la peau de leur adversaire, dans le Rhône. Tant dans le score que dans le jeu (3-1). Et ça, les Aquitains ne l’ont pas oublié. « Ils nous avaient dominés sur tous plans, c’était dur, se souvient Grégory Sertic. A nous d’en tirer les leçons et d’aller les battre  » . Faites vos jeux !

Bon pour le moral

Ne « pas se poser de questions » et « passer » sont les leitmotivs actuels du onze girondin, qui croit en ses chances et qui donne le ton, à quelques heures d’un coup d’envoi avancé à 16h15, en raison du grand froid. Plus vite dans le bain, plus vite au jus ! «  Notre objectif, c’est d’aller en finale. Étant donné que nous sommes éliminés en Coupe de la Ligue et qu’il va être dur de gagner le championnat (ironique, ndlr), c’est très important  » , prévient Michaël Ciani. Alors, le lauréat de l’édition 1987 (date de son dernier succès) arrête-t-il de jouer petits bras, et vise-t-il autre chose que la finale, soit la place du con ? Oui, si l’on en croit le défenseur central. « Si l’on veut atteindre la finale, seulement (comme annoncé début janvier, ndlr) ? Non, il faut la remporter ! » . C’est dit. Reste plus qu’à faire. Pair/Impair. Pour poinçonner le ticket, hormis des nefs solides et du courage, il faudra peut-être tabler sur un autre paramètre. C’est Francis Gillot qui l’affirme. «  Je pense que les Lyonnais vont lâcher cette compétition, parce qu’il faut qu’ils soient dans les trois premiers en championnat. La Coupe de France pour eux, c’est pas important ! Ce serait logique… Du moins dans la mienne, celle de l’entraîneur. Il (Rémi Garde) va faire jouer ceux qui ne jouent pas beaucoup… Ils ont cinq matches en quinze jours, donc, il faut qu’ils fassent des choix, évidemment, autrement ils vont tout perdre*  » , explique-t-il, convaincu.

Et tout perdre, Bordeaux sait ce que ça veut dire. Par conséquent, l’impasse est inéluctable. Mais coup de poker ne signifie pas nécessairement gain. Ni d’un côté, ni de l’autre. «  Quand j’ai vu leur banc de touche à Marseille, je me suis dit que ceux qui y étaient, étaient aussi bons que ceux qui jouaient, ajoute un Gillot limite admiratif. Donc, il n’y aura pas de cadeaux ; Gourcuff, il a 200 matches en pro, Lacazette, il joue toujours et Ederson… c’est quand même pas un manche (sic) ! Il y a de très bons joueurs à Lyon » . Voilà des Bordelais prévenus. Mais eux, en fait, ils s’en foutent. Leur 3-5-2 façon Barça ou Ajax, pour l’instant, il fonctionne et donne des résultats. Et ça, c’est bon pour le moral. Pour l’espoir, aussi. «  En jouant comme ça contre toutes les équipes, on va en emmerder plus d’une, ça j’en suis persuadé ! » , dixit Gillot. Alors, après le « boring » Bordeaux, le « winning » Bordeaux ? Sur un coup du sort, tout est possible…

* L’OL est encore engagé en Championnat, Coupe de la Ligue (finale), Coupe de France et Ligue des Champions.



Par Laurent Brun, à Bordeaux
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