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Bonn, capitale sans football

Capitale de la République Fédérale d'Allemagne pendant plus de quarante ans, Bonn est la seule grande ville du pays à n'avoir jamais eu de club en première division. Alors qu'aujourd'hui le Bonner SC est exceptionnellement présent au premier tour de la DFB Pokal, rien ne semble capable de vraiment changer la donne.

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Rues pavées, maisons de maître couleur pastel, cerisiers en fleurs, cathédrale romane classée et jardin botanique. Flâner dans les rues de Bonn, l'ancienne capitale de la RFA, c'est mettre de côté beaucoup de préjugés sur les villes allemandes. Si la plupart des grandes cités de l'ouest du pays, avec leurs immeubles grisâtres construits dans les années 1970 et leurs gares en béton armé, ne font pas franchement rêver, Bonn dégage quelque chose de différent. La ville natale de Ludwig van Beethoven a évidemment eu de la chance. Contrairement à presque toutes ses copines, elle n'a quasiment pas été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. La maison du compositeur datant du XVIIIe siècle est d'ailleurs toujours debout. Choisie comme capitale en 1949 parce qu'elle était une des rares ville encore en état d'accueillir une administration, Bonn a ensuite profité de son statut pour s'embellir un peu plus. Musées et opéras à la programmation pointue ont débarqué dans la ville. L'ONU et l'Unesco y ont fait pousser leurs bureaux. Au bord du Rhin, loin de l'agitation de Cologne et Düsseldorf, Bonn s'est imposée comme cette ville au charme suranné, largement peuplé de cadres expatriés et de jeunes de passage venus étudier dans l'une des universités les plus prestigieuses du pays. Pas étonnant, finalement, qu'entre deux statues à la gloire de Robert Schuman et de Konrad Adenauer, le foot n'a pas su trouver sa place. Au point que le Bonner SC, principal club de la ville, n'a jamais pu aller plus haut que la 2. Bundesliga et n’a surtout jamais attiré les foules.

La culture face au sport


En Allemagne, si le football est moins vu comme un sport de prolo que dans la plupart des pays européens – Munich, ville la plus riche du pays, en est, à près tout, le moteur – il n'en reste pas moins un sport populaire qui a tendance à attirer un public issu de la classe moyenne. Or, à Bonn, surtout dans le centre et le sud de la ville, la classe moyenne ressemble étrangement à l'élite. « Ici, les gens sont plutôt branché aviron et conférence sur les oiseaux migrateurs que sur la bière et le foot » , résume Philipp, un des rares habitués ne faisant pas partie des ultras du Sportpark Nord, stade du Bonner SC. « Évidemment, on peut avoir un bon poste, être un mec intelligent et aimer le foot. Personnellement, je suis avocat. Mais on ne va pas se mentir, la quatrième division dans laquelle joue l'équipe en ce moment n'attire pas franchement les mecs de l'ONU » , ajoute-t-il. Cette dichotomie entre le sport et l'élite, la municipalité l'entretient tristement depuis longtemps. Pour financer son riche programme culturel, dont le très prestigieux Beethovenfest, la ville fait régulièrement des coupes dans le budget sport de la ville. Comme si l'un devait forcément s'opposer à l'autre. Le président du Bonner SC, Dirk Mazurkiewicz, se plaint régulièrement du stade municipal dans lequel joue le club. Malgré une capacité de près de 10 000 personnes, l'arène, vétuste, n'est pas des plus agréables et ne possède que deux tribunes dont une très loin du terrain. Résultat des courses, l'affluence n'est que de 1300 personnes environ. On est loin, très loin, des 8000 spectateurs de moyenne du Rot Weiss Essen qui évolue dans la même division que le Bonner SC. « Nous allons finir par devoir rénover le stade nous-même car même pour installer des bureaux, c'est compliqué » , déclarait, il y a quelques semaines dans le General-Anzeiger de Bonn, le président du club, un peu excédé par la politique locale.

Cologne, Gladbach, Dortmund et autres concurrences


Au sein de la ville, le Bonner SC doit en plus se battre avec le Telekom Basket Bonn pour une place au soleil. Le club de basket, sponsorisé, comme son nom l'indique, par le géant Deustche Telekom, est un des meilleurs d'Allemagne et attire régulièrement plus de 6000 personnes dans sa salle multisport dernier cri. À l'inverse du reste du pays, à Bonn, on semble préférer la balle orange au ballon rond. Et lorsque, par miracle, on apprécie le football, on regarde au loin. « Il y a tellement de grand club dans la région que les gens choisissent de supporter l'un d'eux. Ce n'est pas que les gens n'aiment pas le football à Bonn, c'est juste qu'ils se fichent de notre club, assure Stefan, ultras du Bonner SC. Quand le club a été crée au milieu des années 1960, Cologne, Gladbach, Dortmund ou encore Schalke 04 étaient déjà des clubs installés, voire importants. Et comme Bonn ne s'est jamais inventé de rivalité avec les autres villes de la région, tout le monde a toujours été libre de supporter qui il avait envie. Et, franchement, il y l'embarras du choix dans un rayon de moins de 120 kilomètres. » À Bonn, la plupart des gens a débarqué ici pour y faire ses études ou travailler pour le gouvernement, qui possède encore une grande partie de ses institutions dans la ville, et ce même si Berlin est redevenu la capitale officielle. Dans ces conditions, difficile de s'identifier à un petit club de football. Comme le veut l'adage, le Bonner SC n’intéressera personne tant qu'il ne gagnera pas, et ne gagnera pas tant qu’il n’intéressera personne.

La Pokal pour tout changer ?


Pourtant, ce dimanche, magie de la Coupe d'Allemagne oblige, le stade sera exceptionnellement plein à craquer. Pour obtenir son ticket pour le premier tour de la DFB Pokal, le Bonner SC a du remporter la finale de la Mittelrheinpokal, une coupe régionale. Depuis cette victoire (1-0) face au Fortuna Köln en mai dernier, la ville attend de pied ferme ce premier tour de Pokal. Mi-juillet, des centaines de personnes se sont même retrouvées pour faire la queue sous une chaleur étouffante dans le but d'obtenir des tickets pour le match. Le club espère bien profiter de cet engouement soudain pour créer un lien avec les habitants de la ville. « Le club a connu beaucoup d'investisseurs différents, de directions différentes... On cherche plus de stabilité maintenant. Ce match est une opportunité pour montrer que nous représentons la ville. Évidemment, nous allons toucher beaucoup d'argent et cela va nous aider à développer le club, mais d'abord nous devons créer ce lien avec les gens » , explique avec optimisme le président du Bonner SC. Optimiste, Stefan, lui, l'est beaucoup moins : « C'est l'été, le premier tour de Pokal intéresse toujours les gens qui n'ont rien à faire. Si on perd, l’effervescence va vite retomber et on se sentira de nouveau très seuls les soirs de novembre au stade » . Opposé à Hanovre, le Bonner SC a objectivement peu de chances de l'emporter même si le club peut se consoler en se rappelant qu'il a déjà disposé des Bas-Saxons. C'était le 4 septembre 1976. À l'époque, les deux équipes évoluaient en 2. Bundesliga, Helmut Schmidt était chancelier, l'Allemagne coupée en deux, et Bonn était encore capitale de la partie ouest.



Par Sophie Serbini, à Bonn
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