Bon Nenê

Chéri des supporters parisiens depuis qu'ils peuvent enfin remettre une pancarte "Attention PSG méchant" sur le portail du Parc, Nenê a passé ce début de saison à marquer des buts, des esprits et des points auprès des médias.

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Ce n'est pas parce qu'il porte en permanence un écarteur nasal qui le fait ressembler à une championne olympique de natation synchronisée que Nenê n'est pas un homme. La preuve par dix-sept buts en vingt-quatre matchs –dont treize en Championnat– et trois élections du joueur du mois en septembre, novembre et décembre par les internautes de psg.fr. Si Canal+ a décidé d'annoncer la reprise de la L1 en présentant la première partie de saison comme un « polar » , il est évident que Nenê fait partie des tueurs en série. Un pied gauche d'extraterrestre, une bonne gueule, le sourire facile et un français correct ont suffi à faire du “bébé” de Sao Paulo la nouvelle mascotte du Parc, reléguant sur le banc de touche Germain le lynx et sa tête de con. Même Antoine Kombouaré donne dans le « Monsieur » de circonstance, une nuit froide de décembre, au sortir d'un doublé salvateur de son attaquant contre Valenciennes (1-2). Bref, période d'essai validée.

« Ce qu'il a apporté au PSG ? Des buts ! »

Avant, Nénê jouait à Monaco. C'était il y a six mois, à l'époque où il était inutile de se la raconter en disant qu'il s'appelait en vrai Anderson Luis de Carvalho, parce que tout le monde s'en foutait. Pourtant, même si sa première saison (2007/2008) sous les couleurs de l'ASM –avant qu'il ne soit prêté à l'Espanyol– est loin d'être un fiasco (il figure parmi les meilleurs passeurs décisifs en 2008), Nenê ne dévoile sa réelle efficacité qu'à son retour du club catalan. « On ne s'était pas forcément rendu compte de son potentiel, de ce qu'il valait vraiment pendant sa première saison, avoue Julien Crévelier, journaliste à Nice Matin. Mais quand il est revenu, on en a beaucoup parlé ici et j'ai des confrères qui me disent : “Ils me font chier à Paris, ils viennent de le découvrir. Ils s'y intéressaient pas avant” » . C'est vrai. Parole à la défense. « Un mec qui met deux doublés en deux matchs, on est obligé de l'isoler » , rétorque Loïc Briley, de RMC Sport. Damien Degorre, L'Equipe, embraye : « Le PSG sort de cinq, six, sept années compliquées sportivement. Et pas que sportivement. Ce qu'il a apporté ? Des buts. C'est déjà beaucoup. En plus, Paris est un club hyper médiatisé » . Hyper médiatisé et surtout en galère de talent depuis un bon moment. Une seule étincelle de Nenê –acheté à l'ASM entre 4,5 et 6 millions selon les bouches– a donc suffi à attiser le feu des médias.

Footballeur, profession de foi

Sans doute légitimes, l'intérêt soudain et l'emballement de la presse concernant la nouvelle coqueluche de la Porte d'Auteuil peuvent s'avérer risqués. Valdo, Ronaldinho, Leonardo, Raï... Ce qui a toujours fait briller le PSG, c'est le Brésil, tout le monde le sait. Des joueurs à la culture Samba et aux dribbles incroyables. Nenê n'échappe pas à la règle. Avec sa formation futsal adaptée au jeu à onze, il est ce qu'on appelle un joueur technique, ce qui est assez rare en L1 pour être souligné. Le problème, c'est que Nenê a très vite été érigé au rang de star. Ce qui, certes, ne serait pas arrivé sans sa bonne intégration dans l'équipe, sa sympathie, sa capacité à prouver qu'il est loin d'être bête, ses origines et ses coups de pied arrêtés. Mais ce qui ne serait pas arrivé non plus dans un autre club français que celui de la capitale, le plus exposé médiatiquement. Le plus “people”.

Après avoir fait preuve de tant de qualités, l'ultime mission du milieu gauche est alors de gérer cet engouement et le possible retour de bâton dans le cas où ses performances post-vacances seraient moins bonnes. Mais –pourvu que ça dure– Nenê n'a pour l'instant pas l'air d'avoir la tête qui tourne. A 29 ans et son meilleur niveau, la pression ne lui fait pas peur et son rapport particulier à la religion le classe dans les mecs rangés et reconnaissants. D'ailleurs, le 28 décembre dernier, dans une interview donnée à L'Equipe –qui lui avait déjà dédié plusieurs articles et une page 3– Nenê répétait encore : « Je remercie Dieu tous les jours car c'est grâce à lui que je vis des moments fabuleux. Je suis béni » . Dieu soit loué, le PSG se porte caution.


Noémie Pennacino

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