Bon derby de Pékin

La Serie A, qui débute dans trois semaines, s'offre un apéro de luxe. Le Milan AC et l'Inter s'affrontent pour le compte de la Supercoupe d'Italie. Sauf qu'au lieu de faire ça en famille à San Siro, tout le monde s'offre un petit séjour gratuit en Chine. La délocalisation, Mickaël.

0 2
Les vacances sont terminées. La saison italienne rouvre officiellement ses portes demain. Et pour l'occasion, les résultats de l'an dernier ont bien fait les choses. Le vainqueur du championnat, le Milan AC, affronte le vainqueur de la Coupe (et son dauphin), l'Inter Milan. Boum. Un derby milanais pour inaugurer une année qui s'annonce d'ores-et-déjà bouillante. Mais surtout, un premier derby dans l'histoire de la Supercoupe d'Italie. Depuis le lancement du trophée, en 1988, nerazzurri et rossoneri y ont participé seize fois (huit chacun, dont six dans les six dernières éditions pour l'Inter) mais ne s'y sont jamais affrontés. Il fallait donc bien un décor comme celui du stade national de Pékin, surnommé « le Nid d'oiseau » , pour un tel événement. Les supporters chinois sont en ébullition (Nesta, « le plus beau » , a reçu une ovation à son arrivée) tandis que le fameux stade ne rappelle pas forcément des bons souvenirs aux interistes. Il y a deux ans, la Supercoupe s'était déjà déroulée ici, et l'Inter de Mourinho s'était inclinée face à la Lazio Rome (1-2). Reste à savoir si les histoires chinoises se répètent, ou non.

Un mercato discret

Première constatation. Du Top 7 de la saison dernière, l'Inter et le Milan sont certainement les deux équipes qui se sont le moins renforcées. « Parce que ce sont les deux qui en avaient le moins besoin » serait-on tenté de répondre. Certes. Mais pas seulement. Alors que la Juve prend Vidal, Pirlo et Vucinic, les deux équipes milanaises misent surtout sur des talents en devenir. Côté interiste, surtout, le maître-mot est au rajeunissement de l'effectif. Pour le moment, seuls Ricky Alvarez, Castaignos et Jonathan sont venus renforcer l'équipe désormais coachée par Gian Piero Gasperini. Les premiers tests estivaux ont prouvé que ces jeunes joueurs ont encore besoin d'un temps d'adaptation.

Mais surtout, l'Inter pourrait subir une vraie révolution juste après la Supercoupe. Wesley Sneijder, le phare de l'équipe, pourrait être vendu à Manchester United, tandis que l'on parle de deux offres faramineuses pour Eto'o (l'Anzhi et City) et pour Maicon (le Real Madrid et City, toujours). S'il semble impensable que Moratti lâche d'un coup ses trois pépites, au moins deux (visiblement Sneijder et Maicon) pourraient quitter le navire. Avec la somme empochée, l'Inter pourrait alors faire une folie avant le 31 août. Mais Milan s'en fout. La Supercoupe, c'est demain. Pas dans trois semaines.

Milan Last Minute ?

Milan, justement. Comme sa rivale, l'équipe d'Allegri a fait sobre sur le marché des transferts. Mexès, encore blessé, est venu renforcer le secteur défensif (une arrivée pour l'avenir, le Français devrait progressivement remplacer Nesta) tandis que Taïwo occupera l'aile gauche. Berlusconi mise également sur le jeune El-Shaarawy, 18 ans, auteur d'une excellente saison l'an dernier avec Padova. Et c'est tout. Pour le moment. Car Milan est coutumier du fait. L'an dernier, Adriano Galliani avait placé un double coup lors des derniers jours du mercato, avec Ibrahimovic et Robinho. En 2003, même cas de figure avec Kakà, et en 2002, avec Nesta.

Il n'est donc pas impossible que les dirigeants rossoneri aient une botte secrète (le fameux "Mister X") sous le coude, et qu'ils se réservent le luxe de la dégainer au dernier moment. Depuis hier, on évoque même un prêt de Mario Balotelli, notamment après ses déclarations sur Sky ( « Je ne me sens pas bien à Manchester » ). Deux équipes, donc, qui s'approchent de ce choc dans un état d'esprit plutôt similaire : des certitudes, des points d'interrogation, et une seule et même envie. Celle de commencer la saison en remportant un trophée aux dépens du pire ennemi. Double jouissance.

Derby à la pékinoise

Toutefois, les matches de préparation n'ont pour le moment pas rassuré les deux entraîneurs. Le champion d'Italie n'a pas été capable de gagner un match lors de l'Audi Cup (matches nuls contre le Bayern Munich et l'Internacional et défaites aux pénaltys dans les deux cas) tandis que l'Inter a reçu une sévère correction (3-0) face au City de Mancini. Des résultats qui n'inquiètent pas pour autant les deux misters, qui commentent avec humour ces résultats négatifs. « Nous avons fait exprès de rater les pénaltys, explique ironiquement Allegri. Comme ça, les interistes seront convaincus de gagner si on arrive à la séance des tirs au but. Blague à part, j'espère gagner le match avant d'en arriver là » .

Gasperini, qui a reçu des petites remontrances de la part du président Moratti, la joue plus sobre. « J'ai vu des choses positives, avec l'humilité qui caractérise ce groupe, et de belles phases de jeu. Lors de ces deux jours à Dublin, nous avons essayé d'honorer au mieux un tournoi amical qui, avec les absences que nous avons en ce moment et le derby dans une semaine, était très dangereux » a-t-il affirmé. Deux façons de détourner l'attention d'un rendez-vous que l'un et l'autre n'ont absolument pas envie de louper. D'autant qu'en plus de l'honneur citadin, un autre enjeu se glisse dans cette confrontation : le vainqueur deviendra l'équipe à avoir remporter le plus de fois le trophée. On appelle ça un derby total. Sauce nuoc-mâm.

Eric Maggiori

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Je pensais que seul le foot français sombrait dans le ridicule mais en fait il est en avance sur son temps. D'ici 5 ans, les clubs italiens joueront surement en vert en Champions League. En vert fluo, évidemment.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 2