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  3. // Boca/River (2-0)

Boca mange River

Enième parodie de football, le Superclasico argentin accouche d'un deux à zéro sans saveur. Qu'importe le jeu pour les supporters boquenses, tant qu'il y a l'ivresse...

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Un capitaine qui rit, un autre qui pleure. Si Matias Almeyda a quitté ses partenaires sur un coup de sang qui va faire couler beaucoup d'encre, Martin Palermo s'est offert le cadeau d'adieu dont il rêvait pour son ultime Superclasico : un but de renard comme il en a marqué des centaines sous la casaque bleue et or. On joue la 32e minute de ce Boca-River lorsque le Titan détend sa carcasse pour lober Juan Pablo Carrizo (2-0). L'ancien portier du Real Saragosse et de la Lazio de Rome s'en va alors pêcher le ballon au fond des filets pour la seconde fois en l'espace de trois minutes. Suite a un corner de Pablo Mouche, il s'était lui même chargé d'ouvrir le score en faveur des locaux, après un plongeon mal inspiré. A cet instant, River, malgré sa domination et ses bonnes dispositions, sait qu'il a déjà perdu. Résonne des entrailles de la Bombonera les « A la Promocion, a la Promocion ! » ("Aux barrages", ndlr) : la Doce, ou Douzième homme, n'a jamais aussi bien porté son nom, innoculant à ses joueurs un sentiment d'invincibilité.

Il y a des jours comme ça où tout vous sourit : un gardien à la rue sur un corner apparemment sans danger, un goleador qui rôde au bon endroit au bon moment pour terminer le boulot. Et un adversaire qui lâche prise sans un dernier sursaut d'orgueil. La deuxième mi-temps aura davantage ressemblé à un concert de chants populaires à la gloire des héros xeneizes qu'à une partie de football. Un River éteint, un Boca qui déroule et qui peut savourer une de ces victoires qui vous donne de l'air et vous réconcilie avec vos supporters. Et comme un plaisir ne vient jamais seul, ce succès bostero les ramène à un point de leur rival du jour (21 pour Boca, 22 pour River, contre 27 pour Vélez Sarsfield, leader avec un point d'avance sur son dauphin Godoy Cruz, ndlr) et rapproche un peu plus les Riverplatenses (troisième ex-aequo de ce Tournoi d'ouverture, mais qui portent comme un fardeau ses mauvais résultats des dernières saisons, ndlr) des barrages et de la B, deuxième division.

Palermo : un jubilé avant l'heure

Dans les arrêts de jeu, Matias Almeyda fait le show : échange d'insultes avec Clemente Rodriguez, suivi de leur expulsion simultanée, fronde provocatrice destinée à la Doce (sur le chemin du tunnel, le joueur à l'allure christique s'applique à embrasser l'écusson de son maillot à plusieurs reprises, rendant dingues les hinchas locaux, ndlr), conclu par un geste de rébellion qui risque de lui coûter cher, sûrement tout autant qu'il le fait définitivement entrer dans la légende du club de Nuñez : alors que deux policiers l'escortent vers la sortie sous les injures et les crachats du virage bleu et or, l'ancien international perd le contrôle et repousse violemment l'un de ses chaperons, dans un élan de folie.

L´oeil humide, c'est un Palermo heureux qui contraste avec son ancien partenaire de sélection au sortir des vestiaires. « J'ai pu concrétiser ce que je souhaitais, donner de la joie au gens, comme je l'avais dit cette semaine. C'est un moment important comme tant d'autres, même si je vis désormais chaque match comme si c'était le dernier. Tout cela me ramène à des souvenirs et me rend nostalgique. Ce clásico est unique » . A n'en pas douter : deux buts de raccroc ont suffi à rendre le sourire à tout le peuple xeneize, qui s'eloigne du stade en reprenant en coeur: « Paleeermo, Paleeermo !!! » .

Par Florent Torchut, à Buenos Aires


Equipes de tête :

1. Vélez Sarsfield, 27 pts (+13)
2. Godoy Cruz, 26 pts (+5)
3. Olimpo, 22 pts (+5)
4. Racing, 22 pts (+5)
5. Argentinos Juniors, 22 pts (+4)
6. River Plate, 22 pts (+1)
7. Boca Juniors, 21 pts (+1)

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Chaque superclasico est magique, cela fait maintenant pas mal d'année que j'en louppe pas un en championnat, et à chaque fois c'est le même constat, même quand le beau jeu n'est pas là, l'engagement et l'ambiance y sont tel, qu'on ne peut qu'apprécier !!! Il y en a pour tout les gouts, des petits ponts et autres crochets ravageur, de la baston qui fini en rouge, des immanquables ... manqués ! Et le tout sous une pluie de chant interminable ... Bref je troquerais ce match pour rien au monde !!!

Moralement en tout cas sa fait vraiment du bien à Boca qui reste sur une bonne sérieu, je prie pour qu'il finisse en boulet de canon et pourquoi pas arracher le titre au finish ! ;) En attendant que j'aille les revoir à l'Emirates Cup ! :D
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