Boateng, le retour du Prince ?

Après avoir résilié son contrat avec Schalke début décembre, Kevin-Prince Boateng s'engagera officiellement ce lundi et pour six mois avec le Milan AC avec lequel il s'entraîne déjà depuis le 1er octobre. Un retour au bercail pour le Ghanéen qui a passé 3 saisons avec les Rossoneri de 2010 à 2013. Lui reste maintenant à prouver que remettre le couvert était une bonne idée.

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Kevin-Prince Boateng s’entraîne avec le Milan AC depuis le 1er octobre dernier. Il n’était au départ question que d’une main tendue de la part des Rossoneri et de leur administrateur délégué, Adriano Galliani, au Ghanéen mis à l’écart par Schalke. Mais l’idée d’un vrai retour du Boa sous les couleurs rouge et noire s’est vite dessinée. Il ne restait alors plus à KPB qu’à résilier son contrat à l’amiable avec Schalke, ce qu’il a enfin fait le 8 décembre dernier. Ainsi, Boateng sera officiellement à nouveau rossonero lorsqu’il apposera lundi prochain sa signature au bas d’un contrat de six mois. Un retour pas si surprenant quand on connaît les habitudes de la maison et les bruits d’une rencontre entre le Ghanéen et Berlusconi qui couraient déjà l’été dernier. Selon Adriano Galliani, ce pourrait d’ailleurs être la seule recrue hivernale du Milan : « Si personne ne part, personne n’arrive. Boateng remplacera Suso qui part en prêt au Genoa et je rappelle aussi que Balotelli et Ménez feront leur retour de blessure. » Les tifosi rossoneri risquent d’être déçus. Encore. D’ailleurs, Boateng sera-t-il vraiment utile à la cause ?

Blacklisté à Schalke, recalé au Sporting, recueilli au Milan


C’est évidemment la question que tout le monde se pose, même si le Boa n’a eu aucun mal à convaincre Galliani - pas étonnant quand on connaît son amour des opérations à bas coût - et Siniša Mihajlović. En effet, l’entraîneur serbe a bien approuvé le retour du Ghanéen : « Depuis qu’il est arrivé, il n’a pas raté un seul entraînement, il est bien physiquement, et il a démontré qu’il pourrait être utile » , a ainsi déclaré le coach du Diavolo, en décembre lors d’une conférence de presse. Après deux saisons décevantes avec Schalke (60 matchs pour 7 buts, toutes compétitions confondues), Boateng est ainsi de retour au bercail. On demande toutefois à voir à quel point il peut vraiment influer sur les performances des Rossoneri, alors qu’il a disputé son dernier match officiel, il y a près de huit mois, le 10 mai dernier face à Cologne. Le lendemain, les Königsblauen l’écartaient du groupe pro en compagnie de son coéquipier Sidney Sam avec en prime une déclaration lapidaire du directeur général Horst Heldt : « Quand quelqu’un n’est pas prêt à se donner à fond, il ne vient plus à l’entraînement suivant. » Aucune autre précision officielle ne sera ajoutée. Officieusement, Boateng - qui vivait à Düsseldorf et non à Gelsenkirchen - a surtout payé, en plus de ses mauvaises performances, son refus de participer à une soirée avec des fans et ses arrivées en retard aux séances d'entraînement matinales.


Cet été, Boateng dont le contrat avec Schalke courait jusque juin 2016, a ainsi été prié de se trouver un point de chute. Mais alors que tout semblait réglé avec le Sporting Clube de Portugal, l’affaire a finalement capoté. Avec diverses raisons évoquées allant d’une possible mauvaise condition physique du Ghanéen à des problèmes de droits d’image en passant par des demandes salariales trop élevées. Finalement, Boateng a rebondi à Milanello où il s’est patiemment entraîné en attendant de trouver une solution. Reste désormais à savoir où Mihajlović compte utiliser celui que Thiago Silva surnommait à l’époque « Le train sans frein » , sans doute en référence à son anarchie tactique. Le Serbe s’est pour le moment montré évasif : « Boateng peut jouer trequartista, il a été bon à ce poste au Milan par le passé. Mais il peut aussi jouer en pointe, sur un côté, ou plus bas au milieu. Il est polyvalent. » Pas sûr toutefois que Boateng soit en mesure de répondre aux besoins à la création du Milan. Ni qu’il ne parvienne à combler cette aile droite où Cerci ne cesse de décevoir et où Niang ne semble pas adapté. Pour autant, même si ce transfert interpelle, les Rossoneri ne prennent pas de grand risque puisqu'ils pourront se séparer du Boa dès l'été prochain, s'il ne répond pas aux attentes.

Un joueur de coups d'éclat

Boateng, lui, a désormais six mois pour prouver à ceux qui pensent que son arrivée est inutile qu’ils se trompent. Bon courage ? Oui, mais pas seulement. Parce que ce serait oublier qu'il a vécu la meilleure partie de sa carrière au Milan où il a évolué de 2010 à 2013. Trois saisons au cours desquelles le Boa a inscrit 17 buts en pile 100 matchs et remporté un Scudetto en 2011. Surtout, le Ghanéen a fait avec les Rossoneri ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire des coups d’éclat. Son triplé face à Lecce ou son but sensationnel face au Barça sont ainsi encore présents dans toutes les mémoires. Et ce n’est pas Éric Abidal qui dira le contraire. Des éclairs de génie qui ont souvent masqué les défauts techniques et tactiques d’un « chien fou » capable de claquer un missile de 30 mètres et de rater dans la foulée le plus facile. Une folie qui pourrait toutefois faire du bien à un Milan qui en manque cruellement. Et comme en a plaisanté récemment Silvio Berlusconi avec un supporter, Boateng est probablement au minimum capable de faire mieux que Cerci. À défaut, il pourra toujours se consoler dans les bras de sa compagne Melissa Satta, qui est la première ravie du retour de son homme dans une des capitales de la mode. Une consolation qui, à n’en pas douter, vaut déjà le détour.


Par Eric Marinelli
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Aussi régulier qu'un Cerci, moins bon que Bonaventura, autant au point physiquement que Honda... Mouais...

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