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Baltazar se serait plu en pirate chinois à Shanghai, ou pêcheur italien au large des Pouilles. Mais voilà, cette vie-là l’a vu naître dans les quartiers suspects de Lorient, abandonner une carrière d’anonyme mais vaillant n°4, et récemment enfiler un costume de Tintin à Bruxelles. Direction l’ailleurs, têtu, et toujours porté par un credo : « l’important c’est d’avancer, pas de savoir où tu vas ».

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Michel Daerden : papa, président !

16 mai 2008 à 09:50 Michel Daerden : papa, président !

Evidemment pour causer du titre prévu et confirmé par le Standard de Liège, vainqueur assuré de la Jupiler Ligue grâce à une jolie victoire face à Anderlecht, on aurait pu brosser un portrait de Steven Defour, 20 ans, demi relayeur d’une triplette de minots, et Soulier d’or du championnat cette année. Ou bien fouiner dans le passé louche de Lucien D’Onofrio, agent de joueurs et personnage bien connu du foot français, un regard quelque part entre Poutine et Laporte, parfois présenté par la presse comme vice-président du club. Ou encore bénir Michel Preud’homme, dont la bonne gueule de père fouettard rappelle qu’il ne faut quand même pas trop le taquiner, un peu comme Eric Gerets.

Pourtant, c’est dans le monde politique qu’on va trouver l’homme qu’il nous faut, celui qui passe tellement bien à la télé que la nôtre (enfin la vôtre, la française) le sert régulièrement. Au milieu des six gouvernements et de la soixantaine de ministres qui composent les diverses assemblées chargées de pondre des lois en Belgique, ce pourrait être compliqué de choisir un élu, tant il y a de curiosités. S’il n’était Michel Daerden...

Car ce serait vraiment trop tarte de passer à côté de Michel Daerden, figure du PS, ministre du budget de la région wallonne et une fois de plus à peine froissé aux dernières élections locales, à Ans, son patelin situé près de Liège et pas loin non plus d’un bourg baptisé Mortrou, qu’on devine fort gai rien qu’au nom. Ce gars-là est inénarrable comme on dit quand on ne sait pas par quel bout du sandwich " mitraillette boulette sauce kamikaze" il faut l’entamer (gâterie disponible pour une somme risible à la friterie de la Barrière, une merveille de gastronomie locale), d’ailleurs je ferais bien de vous envoyer d’office sur youtube, toutes les dernières performances de l’élu y sont à déguster, cela me permettra d’aller siroter peinard une Maes pression à 1,50 euro, à la terrasse du café le Série A avec mes nouveaux potes albanais et italiens.

Mais non, je me lance. Un tour sur son site officiel, où notre ami a organisé un souper dansant, dont j’aurais tant aimé être. Le diaporama y montre des tas de jolies filles heureuses d’y faire la fête, avec un groupe de potes qui braillent des paillardises à la sono ; un autre compte rendu en images y évoque le retour d’un voyage à Cuba du camarade Daerden, cette fois dans un costume de chantre de la promotion du sport. Ces clichés laissent deviner une ambiance " vieux potes" un peu potache se racontant les ventrées de breuvages locaux que les diplomates ont ingurgité dans les Caraïbes.

L’homme est clairement un joyeux drille, il se revendique comme tel ce qui est déjà une qualité en soit, et devrait lui valoir d’office ma voix d’électeur si j’obtenais la citoyenneté belge, ce à quoi j’aspire grandement. Pourtant, il serait léger de présenter Michel Daerden comme un simple copain de boisson, de la même manière que le Wallon est facilement catalogué tonnelle sans fond, ce qui est très réducteur : il mange aussi beaucoup. On n’y croirait pas à première vue, mais ce garçon sait aussi être aussi sérieux voire chiant, pour preuve un CV intimidant, loin de toute facétie : ministre fédéral de ça, échevin de ci, conseiller, bourgmestre, parlementaire, vice-président de tas de structures, et auteur de bouquin dont rien que le titre donne des suées : " Les finances publiques de la nouvelle Belgique fédérale". Bigre ! On se demande à ce genre de lecture comment ce gazier peut se faire tant aimer, en tout cas élire.

Car le secret est là : Michel Daerden, ici, on l’aime !

Sa qualité principale ? On ouvre le micro et on ne le débranche plus, c’est si tentant : "L’autodérision. Il est fondamental de faire les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux. Ce qui explique que certains disent que " je n’aime que la fête ". C’est faux, j’aime la fête, mais une fois le travail accompli."

Alors pour bien saisir la profondeur de ces paroles, il fallait voir et écouter Michel Daerden, le soir du titre, dans les travées de l’Enfer de Sclessin, titubant : " Venez avec moi dans la foule. Venez voir... un homme populaire."

Charmeur. S’approche d’une minette momifiée aux couleurs des Rouches : "Allez vas donc, donnez moi une frite".

Vieux beau bis. Aborde une autre femme, cocotte, il en profite pour la chatouiller, et les supporters de réclamer : "le bisou, le bisou" qu’il exécute avec joie.

Péremptoire. Il dit : "C’est le peuple qui décide !" Pas étonnant de la part d’un type surnommé "papa" par les supporteurs du Standard.

Titubant, hilare. Après le match, le voilà au milieu d’une chenille improvisée par les joueurs du Standard, puis sous les tribunes il attrape l’évêque de Liège qui passe par là et clame, bras dessus bras dessous avec l’ecclésiastique : "Ah moi, le vieux franc-maçon et l’évêque".

Enigmatique, au coup de sifflet final : "On a beau avoir la connaissance des choses, on a beau être ministre, c’est pas comme ça que ça s’passe".

Fringuant : "Ahhh, c’est ça le bonheur... je vous adore tous !" Commentaire du journaliste en pied de reportage : "à croire que c’est lui qui a remporté le titre de champion de Belgique". Mais oui, c’est lui !

Enigmatique encore : "tout le monde sait que je n’ai qu’un ami, c’est Lucien D’Onofrio ».

Bref voilà quelques perles, il en existe plein. Vous pourrez lui coller toutes les casseroles, mêlant clientélisme et népotisme, dont certaines sans doute justifiées, je connais un PS qui ferait bien de s’inspirer du Daerden pour ce qui est de la bonne gueule. Et moi c’est décidé : le jour où je vais habiter la charmante ville d’Ans, je vote Michel Daerden !

Dépêches

Une saison catastrophe fut annoncée sur ce blog du côté de Caudan Sport Football. Elle ne fut certes pas simple, mais le maintien en DRH de la ligue de Bretagne a finalement été obtenu à coups de cravache, lors l’avant dernière journée si mes calculs sont bons, et en tapant le leader de la poule tant qu’à faire. Allez tous ensemble les gars : « C’est la fanfare (bis/bis/bis) de Caudan Sport lalalallalllalllaaaa !!! »

Par contre ça craint du côté de l’Union Saint-Gilloise : une saison assez merdique et la descente en D3, du chipotage juridique assez minable pour couronner cette bête année. Heureusement qu’il reste « les Bhoys et les Ghirls » de la tribune Nord, tiens.






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» Michel Daerden : papa, président ! · 24 mai 2008 11:40

7 gouvernements en Belgique ... ne pas oublier la Cocof hé hé hé ...