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Baltazar se serait plu en pirate chinois à Shanghai, ou pêcheur italien au large des Pouilles. Mais voilà, cette vie-là l’a vu naître dans les quartiers suspects de Lorient, abandonner une carrière d’anonyme mais vaillant n°4, et récemment enfiler un costume de Tintin à Bruxelles. Direction l’ailleurs, têtu, et toujours porté par un credo : « l’important c’est d’avancer, pas de savoir où tu vas ».

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Everything ends, fieux

17 mars 2008 à 14:58 Everything ends, fieux

Tout se perd mon fieux, me dis-je en glandant le nez à la fenêtre. Tenez, voyez les employés communaux sur la place où se déroule un condensé de ce que l’humanité se fait de mieux. C’est la pause biberon : les trois gars sifflent un breuvage qu’on espère au bas mot être une bonne vieille Jup’ ? Misère, trois Fanta en canette engloutis sans la moindre grimace. La mission valait pourtant bien une vidange pleine, il s’agit de replanter des arbres à la place d’autres enlevés on ne sait pourquoi vendredi dernier. Le plus fou, c’est qu’ils sont absolument identiques. Faut bien s’occuper, mais quand même.

Même endroit, même lieu samedi soir tandis que je constate que les Merlus ont, comme prévu, ramené un rassurant match nul et vierge de Caen, une autre rencontre culturelle fort touchante se déroule : celle qui rassembla un Polonais, cramé – non ? Si ! Il me semble l’avoir croisé plus tôt dans la journée, accompagné d’une bouteille d’alcool du pays vide - , cloué au sol suite à une droite joviale mais ferme de son collègue et si j’ai bien compris, co-locataire, rencontre donc avec un jeune Ketje marocain équipé comme il se doit d’un téléphone portable utilisé, pour le coup, à photographier le camarade polak en déséquilibre. Où s’en va l’humanité, fieux ? Tout droit.

Tout se perd, fieux, même les valeurs sûres. Hier, alors que je poursuivais mon programme d’entraînement pour les 20 kilomètres de Bruxelles, je passe devant le Club-House de l’Union Saint-Gilloise, où, d’office, un indice claque : des clients n’ont même pas un verre dans chaque main. Le genre de signes qui ne trompent pas. Un coup d’oeil au marquoir, un autre sur la trombine des mauvais jours de Fabrizio, monsieur histoire locale, confirme ma crainte. Pour l’Union, la montée c’est mal barré, et on aurait même tendance à regarder derrière. Faut dire que beaucoup font leur possible pour sabrer le moral des troupes, ainsi à la veille d’un précédent match, la presse locale remplissait ses pages par une analyse sournoise des faiblesses du troisième gardien du club, appelé à enfiler les gants d’une équipe privée de ses deux premiers portiers ainsi que d’une dizaine de titulaires habituels. On dit comment scoumoune en belge ?






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