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Baltazar se serait plu en pirate chinois à Shanghai, ou pêcheur italien au large des Pouilles. Mais voilà, cette vie-là l’a vu naître dans les quartiers suspects de Lorient, abandonner une carrière d’anonyme mais vaillant n°4, et récemment enfiler un costume de Tintin à Bruxelles. Direction l’ailleurs, têtu, et toujours porté par un credo : « l’important c’est d’avancer, pas de savoir où tu vas ».

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En prison mais payé

11 août 2009 à 17:58

En route vers la coupe du monde. Peut être. A vrai dire de moins en moins. « L’important, c’est d’avancer, pas de savoir où aller ». Des mots de comptoir venus un jour de 2001 dans le désert, quand la piste de tôle ondulée qui met les amortisseurs au supplice était encore passage obligé vers l’Afrique de l’Ouest. C’est fini. Le bitum est venu recouvrir la piste, les amateurs de mappemonde noteront qu’on rejoint désormais Londres et Johannesburg sans quitter le goudron, à moins d’avoir une grosse bagnole et d’aller jouer le blanc qui s’amuse dans les pistes plus à l’est.

1. Traverser le désert dans une voiture sur un goudron quasiment neuf c’est un peu comme être mécano dans la marine marchande : c’est faire le tour de la terre des tas de fois mais ne pas en voir grand-chose à part des ports dormir et des cormorans chier, au final, et ce bruit ce bruit et ce bruit. C’est être en prison mais payé quand même, m’a dit Serguei marin moldave (beh si, il y’en a) un jour à Saint-Nazaire ; c’est ainsi que vécu Milo, camarade breton et mécano de marine shanghaïé par les bateaux puis récemment par la faucheuse. Et c’est un peu dans cet état étriqué que j’aurai vécu la traversée du Sahara occidental s’il n’était le préfet, ou peut-être son âme, ensablé depuis des lustres à regarder passer le train de minerais qui remonte de Nouadhibou vers Zouerate, quand commence l’Algérie.

Dans la vie le préfet crache et allume son briquet sans arrêt. Ne s’assoit plus car toujours assis. Observe les Africains recrutés comme ouvriers jouer le match du soir, après les travaux de creusement des puits, d’eau ou de pétrole je ne sais pas. Invitation à grimper la dune, facile. Escalade sans fin, l’autre atteint la lune en riant, diabolique, il se soulève comme l’air et lévite j’en suis sûr. Et je pioche, mains et narines ensablées, le piège de couillon. Rires du préfet. C’est du haut de cette dune que je découvre une caractéristique surprenante de la dépression météorologique : face au vent, on mange moins de sable que dos au vent, ça m’aidera peut-être à comprendre la mer et la voile, un jour. Parait que la dépression mentale a aussi sa place dans les sables.

D’ici là, le désert est traversé en un souffle et une nuit sans rêve et sans lune. Rien vu rien pris.






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