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Baltazar se serait plu en pirate chinois à Shanghai, ou pêcheur italien au large des Pouilles. Mais voilà, cette vie-là l’a vu naître dans les quartiers suspects de Lorient, abandonner une carrière d’anonyme mais vaillant n°4, et récemment enfiler un costume de Tintin à Bruxelles. Direction l’ailleurs, têtu, et toujours porté par un credo : « l’important c’est d’avancer, pas de savoir où tu vas ».

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A la limite

9 janvier 2009 à 15:04

Partir en camionnettes à six potes pour faire des matchs de foot jusqu’en Afrique du Sud et voir la prochaine coupe du monde Tous les jours sur la route, à la recherche d’improbables terrains, et bien oui je sais, c’est une idée de branleurs. Mais c’est ainsi, donc en route.

Des journées sur la route à regarder la ligne en pointillés défiler, les pauses ont le don de faire apprécier l´Humanité. Les chaussette dans le givre devant un port quelque part vers Oléron, le petit dèj’ est composé d’une douzaine d´huîtres proposées à pas cher par un producteur du coin. Le type est content que notre première étape de cette route vers l’Afrique ait lieu devant chez lui. Tant mieux, car la veille au soir je craignais plutôt de voir la maréchaussée débouler sur son appel matinal, perturbé qu´il aurait dû être à la vue de nos improbables vaisseaux devant sa petite boutique.

Ceci dit de nos jours, les appels de bons citoyens ne sont pas nécessaires pour voir arriver un trio de képis : tandis que nous tirons un camion pour soutenir le démarrage, une camionnette bleue a le nez fin, demi tour au rond point et nous voilà délestés de 90 euros. C’est peu, au fond ils auraient pu se lâcher et nous en coller deux á trois fois plus, notamment grâce á la performance d Etienne, subtil habitant du sud Loire dont je n ai pas fini de causer sur cette page.

Curieusement, la descente vers le Pays basque se déroule presque sans souci mécanique, si ce n’est une panne d’essence mais cela ne compte pas. Premier de l’An entre Hendaye et Irun, picole sage mais ferme, ce qui me fait dire que les premières frontières de notre périple ont aussi leur sens. Accueil chaleureux et aviné de nos voisins de parking basques, pas de passage de flics en deux jours - notoire ces temps ci - et une courte randonnée jusqu’à l´’eglise Saint Marcel, avec slalom entre les brebis et les tirs du club de chasseurs locaux. Je pose un cierge après avoir aider mon corps à respirer grâce à cette chouette escalade.

Les routes espagnoles laissent deviner des monts enneigés, des chemins et des stades à découvrir. Ce sera pour bientôt. Pour le moment les matchs ont lieu au bistro, on prépare nos tactiques.

Rendez-vous sur un parking de supermarché comme il en pousse partout ici, comme les routes et les lotissements, pour acheter les billets de bateau vers Tanger. Dernière étape dans un civilisation que je ne comprendplus vraiment bizarement nous faisons quand même un rond danms le supermarché, avant la culbute, le grand saut, le changement géographique pour mieux préparer un autre, dans nos têtes cette fois. On a la révolution qu’on peut.