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Baltazar se serait plu en pirate chinois à Shanghai, ou pêcheur italien au large des Pouilles. Mais voilà, cette vie-là l’a vu naître dans les quartiers suspects de Lorient, abandonner une carrière d’anonyme mais vaillant n°4, et récemment enfiler un costume de Tintin à Bruxelles. Direction l’ailleurs, têtu, et toujours porté par un credo : « l’important c’est d’avancer, pas de savoir où tu vas ».

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быстро, быстро !

2 janvier 2008 à 12:15 быстро, быстро !

Avant les trois mois de foot télévisés à venir, il est bon de prendre des repérages dans le quartier de Saint-Gilles. Une quantité intimidante de bistro y dispose d’un ou plusieurs téléviseurs diffusant du football en boucle, et parfois des novelas et des jeux télévisés mais ça, on s’en fout.

Attardons-nous une minute sur l’origine du mot bistro, juste pour rire un bon coup car comme dirait Steeve, mon collègue des tribunes de l’Union Saint Gilloise, « qu’il est bon de rire parfois hein ! » en me tapant sur le dos. Bistro est un mot dont l’origine pourrait être russe, cette étymologie est contestée par les linguistes mais elle est de loin la plus drôle, c’est pourquoi elle sera retenue ici. On dit que les soldats russes n’avaient pas le droit de boire. Craignant l’arrivée d’un gradé ils criaient au tavernier « быстро, быстро ! » qui signifie « vite ! ». Dans le quartier, j’ai vu peu de Russes, mais il y a une agence Aeroflot pas loin, ce qui me rappelle qu’il faudrait un jour que j’emprunte cette légendaire compagnie, pour la montée de testostérone que l’expérience promet, parait-il. Par contre, il y a des Polonais dont les us ne contredisent pas les tas de légendes qui fleurissent à propos de leurs consommations. Un coup d’œil par la fenêtre vers 7 heure du matin, voici ces ouvriers, couverts d’un simple Marcel malgré un froid de bête, inaugurant ce jour que Dieu leur soumet d’une bonne grosse Jupiler 33 cl des familles dont 25% gratuite.

Mais revenons à nos affaires de télés. Le principe est simple. Tu veux voir jouer les Portugais, va donc chez les joviaux Gorette et Chris, place Bethléem. Il s’y trouve parfois deux téléviseurs allumés en même temps, un pour le Porto, un pour le Benfica le soir où j’y ai bu une Bock servie en bouteille. Plus haut, quelques bars italiens, dont le Série A consacré à la Juve, et un autre presque en face dédié à l’un des Milan, je ne sais pas lequel. Ambiance un peu froide, faut voir. Pas loin, il y a la taverne San Biagio, il y passe de tout et c’est assez gai. Les Espagnols ont pris leur quartier rue de Mérode, plus près de la gare, on s’arrêtera au Turon pour vivre au chaud l’ambiance du stade Bernabeu au prix d’une Maes Pression à 1,30 euro. On dit que les grands matchs y son vécus debout, les bras par dessus l’épaule du voisin, en sautillant et en chantant pendant deux heures. Le Barça est donné un peu partout, un crochet le samedi soir hors du quartier, chez Los Cabrallegos, rue Haute, vaut le détour. On y mange, boit et fume beaucoup pour pas cher. Un des deux Séville a été aperçu sur les écrans du Camaròn da Isla, rue du Fort, un lieu fort ensoleillé où se pleure aussi du Flamenco les soirs las. Et les clubs français (enfin le seul) ? Faire une halte dans les bars africains, du côté de la gare, ou au El Gordo, rue du Fort aussi, où on cause le brésilien. L’excellente chèvre grillée sur le menu de la chaleureuse cantine le vieux Mila est une bonne façon d’attirer sa dame dans un traquenard exotique, tantôt qu’elle serait allergique au plan Télé-foot-comptoir. Sinon, on ne conseillera jamais assez une pause au club-house du stade de l’Union où quelques gardiens du temple, un peu désoeuvrés faute de Boxing Day, surveillent toujours le classement et constatent que leur favoris jaunes et bleus sont dans le peloton de tête… comme 12 autres des équipes qui composent ce championnat sans queue ni tête mais c’est comme la Gueuze, cela finit toujours par se décanter assurent les habitués !

Les soirs sans match n’annihilent évidemment pas toutes formes de vie. Ils pourront être animés chez les Irakiens et Arméniens du café le Jardin de Babylon, à l’autre bout de la ville, la chaussée de Louvain. La télé y a été congédiée par la boule à facettes, les spots et le micro karaoké qui attendent patiemment les jours de fête.

J’invite évidemment le Saint-Gillois à compléter la liste, une Jup’ pression étant bien entendu offerte à toute personne habitant ce quartier de Cocagne suggérant une adresse jugée incontournable par le jury composé par moi et madame.

Moments banals

Hier dans la rue un homme trouve un poulet emballé jugé impropre à la consommation dans une poubelle postée devant une supérette. Il sourit et le met dans son sac.

Près de là, deux Polonais éméchés (oui je sais, c’est une nouvelle porte ouverte enfoncée, je n’y peux rien, je l’ai vécu) et fort sympathiques tirent des bords sur la chaussée de Waterloo, j’ai trouvé pour leur bien-être un guichet de banque qui accepte de donner des sous, ils ont ainsi poursuivi une bringue bien entamée et ce n’est bien là que justice.

Quelques heures plus tôt, deux agents de police s’allument des cigarillos, sans doute par dépit, en laissant la circulation se défaire.

Il n’y a pas si longtemps, un type immense m’arrête dans la rue et dit : « Il faut croire en la vie, man ! ». C’est fou ce truc, depuis j’y crois un peu plus tous les jours. Bon signe.

Une paire de jours avant cela, l’homme dont une occupation quotidienne est de chercher des poulets emballés dans les poubelles fumait en bas de chez moi, assis sur un banc de la place ensoleillée. Il a drôlement l’air d’y croire en la vie, ce gars-là. On dirait que c’en est un des effets, passé un certain degré de coriacité.

Phrase du jour

« J’ai tous les vices, dit-il avec un sourire las, et c’est mieux ainsi ».

In « l’Usage du monde » issu des « œuvres » de Nicolas Bouvier que mon ami Bertrand vient de m’offrir. Chaque mot est un bonheur, des pages que le risque de désoeuvrement encourage à ralentir la lecture !






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» Bistrotons, bistrotons, il en restera tjs qqchose ... · 3 janvier 2008 13:18

Sinon, au centre ville, un petit ilôt "saint-gillois" : le Kapiteintje (hé hé hé ... pas facile à lire, hein, amis français !?), fournisseur officiel des Bhoys de l’Union SG ... et où l’on peut également suivre le football national (d’élite ... ouarfffffff) et international !

Voir en ligne : GROLAND FIRM

 Steve