<![CDATA[Les Tatane de Vikash - SO FOOT.com]]> fr www.sofoot.com <![CDATA[Les Tatane de Vikash - SO FOOT.com]]> <![CDATA[Message pour Ludovic Giuly ]]> text/html fr SO FOOT Mon cher Ludo, je suis bien triste de te voir arrêter ta carrière. Je sais, tu devais avoir mal aux jambes, peut-être aussi un peu à la tête et au cœur. Tu as fait une grande, une belle carrière et souvent l'unanimité. Sauf pour le Raymundo. C'est le problème avec le foot. Ca s'arrête un jour et c'est toujours beaucoup trop tôt. On avait le même agent. Tu es allé à Monaco et moi j'ai pris ta place à Lyon. On s'est croisé en équipe de France. J'aimais t'avoir à mes côtés car tu étais plus petit que moi et ça, c'était cool. C'est fini, mec. Tu es jeune et souvent, comme moi et beaucoup d'autres, tu ne sais pas faire grand choses d'autres. L'après-carrière c'est dur, car le foot c'est unique et exceptionnel. Rentrer dans des stades de 50 000 personnes, jouer pour sa ville, sa région: il n'y a pas de mot pour décrire ces moments, ces émotions. Je m'en souviendrai toujours ! Bonne chance à toi car la vie va vite te faire comprendre que c'est vraiment fini ! D'ailleurs, tu sais que ta carrière est finie quand… -Le variété club de France et les Blacks Stars t‘appellent pour jouer contre l'UNFP - le samedi après les matchs, plus personne ne t'appelle pour te dire que tu as bien joué... même quand c'est…]]> -Le variété club de France et les Blacks Stars t‘appellent pour jouer contre l'UNFP

- le samedi après les matchs, plus personne ne t'appelle pour te dire que tu as bien joué... même quand c'est pas vrai

- les journalistes commencent à t'appeler juste pour avoir ton avis sur le nouveau maillot du PSG…

- les journalistes commencent à ne plus t'appeler

- ton agent ne te répond plus quand tu l'appelles

-ta mère commence à regarder des cassettes de tes vieux matchs après les repas de famille, histoire de te foutre un peu plus les boules

-tu es obligé d'aller t'acheter des affaires de sport car tu n'as plus de sponsor et que ta dernière paire vient de claquer

-tu t'inscris en FSGT avec tes copains de Winamax et que les gars d'en face trouvent que tu ressembles à un ancien joueur pro mais sans en être sûr... surtout après t'avoir vu jouer

- les mecs te reconnaissent dans la rue en te disant « vous passez à la télé vous non ? »

- dans la rue on te reconnaît mais on ne te demande plus d'autographe

- tu appelles un resto qui est complet et qu'après avoir donné ton nom, bah il est toujours complet et que tu te retrouves à bouffer du surgelé...

- être en tribune n'est plus une punition mais un moment de nostalgie

- tu commences à te regarder de profil dans la glace parce que tu n'as pas fait ton footing après un repas un peu trop arrosé

- tu n'es plus dans l'album Panini et que donc tu n'as plus besoin d'adhérer à l'UNFP

- tu réfléchis à faire un jubilé mais que finalement tu ne le fais pas

- tu croises un autre joueur qui a arrêté et que tu es vraiment trop content car vous vivez les mêmes moments de solitude

- tu te retrouves dans le métro et que personne ne comprend ce que tu fous là

- tu te retrouves dans le métro et que tout le monde sait ce que tu fous là

- tu te retrouves dans le métro et que toi tu sais ce que tu fous là

-quand tu regardes un match de foot et que tu te dis qu'à ton époque, c'était mieux, parce que c'est toujours mieux avant...

- on te demande un autographe et que tu es surpris, voire content
- un mec te croise dans la rue et te crie "Eh Dhorasoo! elle est passée où l'Aston? "

Vikash Dhorasoo
]]>
<![CDATA["On est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions!" ]]> text/html fr SO FOOT Un titre de champion, une flopée de récompenses aux trophées UNFP, un Zlatan meilleur buteur les doigts dans le nez, une élimination honorable face au Barça en quarts de Ligue des Champions: ce PSG n'a pas laissé Vikash Dhorasoo indifférent... Cette saison, moi aussi, je suis champion de France. Je suis champion parce que je suis Parisien. Je suis un bobo, champion du SoPi (le "South Pigalle"). J'ai été champion avec l'Olympique Lyonnais…]]> Cette saison, moi aussi, je suis champion de France. Je suis champion parce que je suis Parisien. Je suis un bobo, champion du SoPi (le "South Pigalle"). J'ai été champion avec l'Olympique Lyonnais sur le terrain et, cette année, je suis champion alors que je n'ai même pas joué une minute. Mieux, j'ai même arrêté le foot il y a 5 ans déjà. Je sais: mes commentateurs adorés trouveront que j'ai trop joué et que j'aurais du arrêter bien plus tôt. Donc voilà, je suis champion sans jouer. Comme beaucoup de Parisiens attachés à leur ville. Je suis assez fier d'être parisien parce que « ICI, C'EST PARIS » et que « PARIS EST MAGIQUE ». Je mesure tous les jours la chance que j'ai de vivre dans cette ville. Je sais aussi que c'est plus facile quand on a été footballeur. Ca arrange pas mal. Mes filles sont des petites parisiennes. J'aime Paris et ses ponts, la tour Eiffel, Barbès, Saint-Germain, Pigalle, le Marais, les Buttes Chaumont, le Parc Monceau , le café Bellerive du Canal de l'Ourcq et la Pizzetta avenue Trudaine… Oui, Paris c'est ma ville, et aujourd'hui le PSG est devenu mon club.

Petits fours

Moi aussi, je me suis régalé en regardant Zlatan zlatanner, Pastore rater puis éclairer, Ménez chalouper et faire la gueule, Thiago Motta caresser la balle, Jallet déborder et centrer en bout de course, et Thiago Silva mettre tout le monde d'accord dans la surface. Moi aussi, j'aurais aimé faire partie de cette équipe (je sais, on m'aurait mis sur le banc évidemment, encore que...). Moi aussi, je me suis abonné à beIN Sport pour ne rien rater du PSG made in Qatar. Moi aussi, j'y ai cru contre le Barça. Et moi aussi, je regretterai Carletto et son faux air bougon de campagnard italien. La saison dernière, grâce à Winamax, sponsor du PSG et partenaire de Tatane, j'ai pu me retrouver en tribune VIP à bouffer des petits fours avec les ministres, les élus et les people. C'était très agréable même si j'ai préféré le buffet de San Siro (que je connais bien, pour y avoir passé beaucoup de temps à regarder mes copains du Milan s'amuser sur la pelouse). J'ai ainsi pu voir mon ancien club commencer son ascension. Le PSG en construction a, il est vrai, laissé filer le titre vers Montpellier, mais ce jour-là, j'étais fier d'être là parmi le gratin et c'était bien la seule fois de ma vie où j'étais content d'être en tribune.

Moi aussi, je regrette l'ambiance fabuleuse du Temple des nos rêves, le Parc des Princes, parce que je n'ai jamais oublié qu'un jour, pour l'un de mes premiers matchs pros, j'étais là, assis sur le banc (comme toujours diront les rageux), du Havre. Ce jour-là, je n'ai pas joué, mais j'ai vu. J'ai vu un stade, l'un des plus beaux, un club, l'un des plus grands, et des supporters. La tribune Auteuil qui répondait à la Tribune Boulogne. « Nous sommes les parisiens, et nous allons gagner… ». Ce jour-là, je n'avais pas regardé le match mais bien les virage. Et j'ai rêvé de jouer un jour dans ce stade. C'est arrivé ! Avec le HAC et le beau souvenir d'une victoire, grâce à deux buts de Pouget, face au grand PSG rempli de stars : RAI, LE GUEN, ROCHE, GUERIN, WEAH. Oui, un jour j'ai joué contre ces types-là. J'avais 20 ans. Puis, un jour, j'ai réalisé un rêve de gosse comme disent si bien tous les footballeurs. J'ai signé à Paris. PSG-OM, en 2006, fut mon dernier match officiel et c'était sous les couleurs parisiennes. Défaite 3-1, au Parc. Triste fin !

Gagner la Ligue des Champions

C'est vrai, mon passage n'a pas été brillant -surtout la fin-. On se demandait même parfois si je jouais jusqu'au moment où le speaker annonçait mon remplacement et le public se rendait compte que j'étais bien sur la pelouse depuis le début du match. Malgré ma mauvaise saison, Paris reste une étape très importante. Le PSG m'a permis d'aller disputer une Coupe du Monde et, pour ça, je pourrais même commencer à aimer Guy Lacombe. J'ai pu me rendre compte, lors de ce court passage au Camp des Loges, de la pression populaire et médiatique qui entoure le club. J'ai pu me rendre compte que Paris, c'est Paris, et à quel point c'est particulier: un seul club en première division dans une ville de 10 millions d'habitants, c'est quasiment unique au monde. Alors, c'est vrai que c'est facile aujourd'hui, de récupérer un bout de la médaille. Mais finalement, c'est un peu ce que font tous les supporters du PSG. Et si je veux être champion pour les dix prochaines années et même gagner, un jour, la Ligue des Champions pour la première fois de ma vie, alors autant commencer maintenant !]]>
<![CDATA[PSG-Ancelotti : ainsi vit le foot]]> text/html fr SO FOOT Entre le Paris Saint-Germain et son entraîneur italien, c'est bientôt fini. Carlo Ancelotti n'a pas (vraiment) de bonnes raisons de vouloir se casser, sauf celle de ne penser qu'à sa gueule. QSI, Leonardo, la Ligue 1 et le Real, personne n'est vraiment responsable, seulement le monde du football. Evidemment, tout le monde s'en fout de savoir pourquoi Ancelotti part du PSG car à la fin il va partir. Sauf qu'on nous fait croire le contraire, comme si l'avenir du PSG ou de la L1 étaient liés au…]]> Evidemment, tout le monde s'en fout de savoir pourquoi Ancelotti part du PSG car à la fin il va partir. Sauf qu'on nous fait croire le contraire, comme si l'avenir du PSG ou de la L1 étaient liés au futur du Transalpin. Oui, il faut bien sauver la face car après l'avoir critiqué, il a gagné et niqué tout le monde : la presse, les spécialistes, ses dirigeants...

Essayons tout de même d'y voir plus clair pour comprendre. Pourquoi Ancelotti part ? Peut-être parce qu'il y a eu Porto, peut-être parce que la Ligue 1 c'est de la merde, peut-être aussi parce que Leonardo est un con qui bouscule les arbitres ou peut-être parce que le Real c'est quand même le Real. Peut-être aussi qu'il est italien et qu'il s'en tape de la tour Eiffel.

En tout cas il va partir alors qu'il lui reste un an de contrat et que ses patrons peuvent le forcer à aller au bout, que le PSG est champion et que c'est pas arrivé depuis 19 ans, que Ibra l'aime bien, que le PSG n'a jamais eu un coach de cette envergure, que les Qataris sont riches et veulent à priori qu'il reste et que surtout Anne Hidalgo, la futur maire de Paris, le lui a demandé avec un sourire qui en aurait fait craquer plus d'un…

L'économie du foot fonctionne sur une rupture de CDD acceptée par le système. Pour que tout le monde s'en mette plein les poches, on a même créé un marché virtuel et donné une valeur marchande aux joueurs, basée sur leur âge, la durée de leur contrat et leur talent. Un business bien rodé où l'entraineur contemporain ne va plus au bout de son contrat, même quand son club ne le vire pas comme un malpropre pour mauvais résultats. Bienvenue sur la planète football. Ici on rachète, on vend, on vire, on résilie, on prête, on loue…

Imaginez le bordel si les joueurs et entraineurs décidaient un jour d'aller au bout de leur contrat tous en même temps, la même année. Comment faire circuler l'argent et s'en mettre plein les poches si les protagonistes ne se déplaçaient plus ? « The show must go on » !

Le football n'a pas de mémoire. Les entraineurs n'ont pas de mémoire. Les joueurs n'ont pas de mémoire. Les présidents n'ont pas de mémoire et les supporters n'ont pas de mémoire. Les hommes passent et le système s'amuse bien.

On embrasse l'écusson de son maillot après avoir marqué et puis on part en fin de saison parce qu'avant, on a pris soin de dire que « dans le foot tout est possible ». On pleure lors de son dernier match parce qu'on est triste de quitter son club, pourtant on le quitte pour un meilleur contrat. L'année d'après, on ne célèbre pas le but que l'on vient de marquer face à ses anciens partenaires, par respect.

Avant le Prince, Ancelotti a eu comme patron Agnelli, Berlusconi, Abramovitch. L'omnipotence, la mégalomanie, la pression, les commentaires stupides, l'impatience, il connaît. Alors partir, pour lui, ne dépend pas de ce qui s'est passé mais de ce qui va se passer. Le PSG reste un club en devenir et aller au Real fait rêver. Ancelotti n'est pas en famille ni avec ses amis et encore moins dans la cour de récréation. Il joue son avenir, son compte en banque et sa crédibilité. Alors la guerre d'ego, les petites phrases des uns et des autres, quelle importance ?

Carlo Ancelotti est italien et ancien joueur de foot qui a joué dans 3 clubs. Il est devenu entraineur et aujourd'hui, après plus de 15 saisons, a déjà entrainé 6 clubs dans 3 pays différents. Ca s'appelle la mondialisation du football. C'est Kiki à Milan, à Londres, à Paris, bientôt à Madrid, un jour peut-être au Bayern et tout ça sans état d'âme !

Oui en football, tout est possible. Les joueurs, les coachs, et aujourd'hui les directeurs sportifs, voire même les présidents le savent. Ils ont bien des contrats et des CDD mais ils gèrent une carrière. Une carrière qui peut être courte. A tout moment, le monde du foot pense au futur contrat des uns et des autres. Pour le PSG et Ancelotti, ce n'est pas la rupture mais bien une rupture de contrat ou un rachat de contrat ou une résiliation. Rien à foutre de Paris, des supporters, du Parc des Princes, Carletto a déjà oublié !

Carletto ne s'attache pas à un club, à la ville ou la région du club car le business et sa carrière ne veulent pas ça. Il ne s'attache pas au maillot ni aux supporters. Le foot est un boulot comme un autre, où il faut gérer son prochain contrat et surtout ne pas être dans l'émotion, dans l'affect car la carrière file à toute vitesse. L'argent circule à profusion et Carletto va déclencher le jeu de chaises musicales. Et avec, le mouvement des joueurs.

Le football reste le football alors ensemble continuons à y croire. Continuons à croire que ces gens aiment leur club d'un jour, leur ville, leurs supporters, leur maillot, au moins le temps d'un match ou d'une saison. Ou bien alors, il sera temps de déchirer nos abonnements et de retourner jouer en bas de l'immeuble!

Par Vikash Dhorasoo]]>
<![CDATA[Jérémy haine, par Vikash Dhorasoo ]]> text/html fr SO FOOT - Billet Paru sur LeMonde Sport - Oui, Jérémy M. a perdu le sourire. Il ne l'a peut-être jamais eu, d'ailleurs. Et, comme beaucoup d'autres, il a la haine. La haine des médias. Il va même chercher dans cette haine une force à…]]> Oui, Jérémy M. a perdu le sourire. Il ne l'a peut-être jamais eu, d'ailleurs. Et, comme beaucoup d'autres, il a la haine. La haine des médias. Il va même chercher dans cette haine une force à l'approche des grands matchs. Joueur de foot, je détestais aussi certains journalistes, surtout ceux que j'ai croisés au PSG. Je me suis retrouvé à faire des sourires, à répondre pour faire le métier et soigner mon image.
Parfois, aussi, je les ai ignorés et j'ai senti leur haine dans leurs yeux ou dans leurs papiers. Mais, à la fin, j'ai toujours perdu. Alors j'ai refait des sourires.

Le soir du titre du PSG, Jérémy M. a décidé de ne pas faire le métier. Vincent Duluc n'a visiblement pas apprécié le comportement de "Jérémy M.", cible et titre de sa chronique dans L'Equipe. Et je le comprends. Un journaliste analyse, commente, interprète. Il détourne, triche, manipule. Il coupe, monte, oublie...

Je n'étais pas dans les couloirs de Gerland, mais je n'ai pas oublié. Dimanche soir, j'ai aussi vu Jérémy M. marquer et courir avec la banane. Je l'ai vu sauter de joie à la fin du match. Je l'ai vu le lendemain, au Trocadéro, heureux sur le bus à impériale, communier avec ses partenaires et les fans parisiens. Jérémy M. n'aime pas le monde du foot, mais il aime jouer au football. A l'évidence, il s'aime aussi beaucoup. Cousin M., j'aime les footballeurs et les défendrai toujours face au populisme. Mais là, il va falloir faire un effort. Je sais, cousin M., que le footballeur est formé pour encaisser, payé cher pour se faire insulter et la fermer.

MOI AUSSI, J'AI EU LA HAINE

Cousin M. aurait pu, dû faire un effort, sourire, faire semblant, manier la langue de bois en zone mixte pour se simplifier la vie. Oui, mais il n'y arrive pas, car il a la haine. La haine en lui, de quelque chose, de quelqu'un.

Jérémy M., le journaliste est très fort. En tout cas plus fort que toi, sauf si tu mets un doublé à chaque match. Oui, comme dirait l'autre, animateur sur la radio populiste RMC, vous faites partie du "racaille football club" formé dans les centres de formation pour servir le système, la valise déjà prête pour le prochain transfert. Une nouvelle race de racailles, formée loin des quartiers et des banlieues difficiles d'où provenaient sans doute certains casseurs qui vous ont gâché la fête lundi.

A lire également : Jérémy Ménez suspendu quatre matches

Moi, je viens d'un quartier très dur du Havre, Caucriauville. Mais moi, j'ai eu la chance de rentrer tous les soirs chez mes parents au milieu des vraies racailles de "Caucri".

Moi aussi, comme Dugarry ou Nasri plus récemment, j'ai eu la haine un soir de finale de Coupe de France, lorsque le ballon est parti de mon pied droit direction la lucarne de Barthez. Mon PSG venait de battre l'OM. Ce soir-là aurait dû être mon soir de gloire. Je ne l'ai pas vécu comme ça, car j'avais la haine ! Pas de sourire. "Ne me touche pas", ai-je marmonné lorsque Guy Lacombe est venu m'embrasser. " Je vous ai bien niqué", me suis-je dit en face des journalistes parisiens.

Evidemment, c'était une erreur et j'aurais dû profiter de ce beau moment de façon intelligente et sournoise, en me comportant en pro. On se gâche parfois car la haine, c'est puissant et c'est long à retomber. Jérémy M., "l'important, c'est pas la chute, c'est l'atterrissage". J'espère que tu retomberas sur tes deux pieds.

Vikash Dhorasoo

Dans le Cahier Sport&Forme du "Monde" daté du 18 mai, retrouvez notamment une enquête sur ces Chinois qui dominent la planète Ping, un retour sur la folle semaine du PSG, ou le reportage de notre reporter qui a testé le cécifoot.]]>
<![CDATA[Kaganski, Siankowski : retour sur deux rencontres journalistiques ]]> text/html fr SO FOOT J'aime le rock depuis l'enfance, quand un jour mon oncle m'a filé une cassette de Fleetwood Mac. Et puis, je me suis mis aux Smiths, à Morrissey avec « Everyday is like Sunday », aux Clash, aux…]]> J'aime le rock depuis l'enfance, quand un jour mon oncle m'a filé une cassette de Fleetwood Mac. Et puis, je me suis mis aux Smiths, à Morrissey avec « Everyday is like Sunday », aux Clash, aux Velvet et « I can't stand it »… Mais dans les années 70-80, je préférais jouer au foot avec mes copains en bas de l'immeuble après l'école et aller au stade Jules Deschaseaux supporter le HAC. Je ne savais même pas que L'Equipe, les Inrocks ou Libé existaient. Dans les années 90, je suis devenu footballeur professionnel. Etre footballeur, à cette époque, c'était « has been ». Aimer le foot, c'était beauf. Aller au stade c'était ringard. J'achetais l'Equipe mais je le cachais sous mon Libération. J'ai alors commencé à écouter le groupe St-Etienne et « But only love can break your heart », je suis devenu fan de la musique de Manchester, des Stone Roses et de Happy Mondays : « Hallelujah ». Pendant que Cantona zlatannait un supporter et devenait un vrai bad boy, les Pixies avec « Monkey gone to heaven » sont évidemment devenus mon groupe préféré. J'ai alors compris que football rimait avec Rock'n'Roll et que le foot pouvait être classe. J'étais un enfant gâté ouais, mais j'avais la classe.

Début 2000, un gars m'appelle. Franck Annese, patron de Sofoot. Je préparais un match de Coupe des champions à Glasgow. Une heure au tel avec un inconnu, c'est plutôt bon signe non ? Sofoot se lançait et la culture foot-pop-rock de redémarrer avec. J'allais me rapprocher du team sofootien. Franck Annese m'a rapidement demandé d'écrire pour cette revue. Aujourd'hui je fais partie de la meute.

Au même moment Fred Poulet, qui écrivait les pages sport de la revue très élitiste Vacarme, trouvait que c'était « délicieux d'écrire Vikash Dhorasoo ». Oui des gens très cultivés aimaient le foot et les footballeurs, et le faisaient savoir. Des gens qui n'avaient pas honte de parler avec ces beaufs de footballeurs. « On va vous raconter des histoires, leur histoire et vous allez voir que ces gars sont comme vous et moi ». J'ai décidé de mettre l'Equipe au-dessus de mon Libé. J'étais fier !

Coïncidence, Zidane allait bientôt être filmé par Douglas Gordon et Philippe Parreno… Platini allait devenir président de l'UEFA pendant que Canto conseillait au gens de vider leur compte en banque pour niquer le système.

Et moi là-dedans ? Je m'envolais pour l'Allemagne et la World Cup mais au lieu de jouer au foot, j'allais revenir avec un film, Substitute, tourné en super 8 et co-réalisé avec le Poulet. Le film obtiendra un prix à Belfort, sera en compétition à Berlin et à Amsterdam.

On m'avait privé de médaille à la coupe du monde alors je suis allé la chercher dans les festivals de cinéma. Mais avant de récolter tous ces honneurs, il a fallu faire la promo d'un film qui allait d'une certaine manière mettre définitivement un terme à ma carrière de footballeur.

Le 11 janvier 2007 après avoir été viré du PSG en octobre 2006, je dois prendre le TGV pour Londres et rejoindre secrètement le club de Fulham. Un entrainement et je signerai dans la foulée un contrat de deux ans et demi. Inespéré après cette drôle de coupe du monde, Substitute et mon licenciement. Le monde du foot français me tourne le dos. Quelques mois après la finale de la coupe du monde, je suis banni dans mon pays et obligé de m'exiler chez les Rosbeefs. Je reviendrai le lendemain sans contrat mais avec des béquilles, après avoir pris un mauvais tacle. Le foot, c'est fini. Mais pour être honnête, le football s'est vraiment arrêté pour moi en juin 2006, lors de France-Mexique au stade de France. Zidane jouait sa 100ème sélection et dernière avec les Bleus. Je l'ai remplacé à la mi-temps. La pression était forte et ce jour-là, j'ai cassé !!!

Et oui, on se ment parfois à soi-même.

Nous sommes donc le 11 janvier 2007 et avant de rejoindre la Gare du Nord pour prendre l'Eurostar, je suis dans mon appartement parisien du 16ème. C'est le défilé des médias. Matilde Incerti, l'attachée de presse, gère et moi j'enchaîne les ITW. Tecknikart, L'Equipe Mag, Libération, Match, Le Monde, Première, le Parisien...et les Inrockuptibles !

Oui les Inrocks comme Sofoot ont participé à la fusion entre le rock et le foot, entre le cinéma et le foot. Oui les Inrocks, Vacarme, Sofoot...ont permis à Substitute d'exister. Oui, mais ce jour-là, ce 11 janvier 2007, jour de promotion intense pour vendre un film en super 8, mon bon Serge, vous n'étiez pas dans mon salon comme vous l'écrivez dans votre billet "Platini, Dhorasoo, Cantona : retour sur trois rencontres footbalistiques". Il y avait bien un autre gars d'origine polonaise. Le même qui l'autre soir m'attendait après mon audition à l'Assemblée Nationale.

Serge Kaganski, je le regrette, mais je ne vous ai jamais croisé, je ne vous ai jamais parlé et vous avez inventé notre rencontre. Comme Fred Poulet, je sais que vous avez un jour rêvé d'interviever "l'intellectuel du football" et j'aimerais savoir ce que vous lui auriez demandé ?

Vous savez Serge Kaganski, moi aussi j'ai rêvé de marquer en finale de coupe du monde et pourtant c'est Zidane qui l'a fait - (remarquez du banc de touche c'était pas gagné…) - mais comme je ne suis pas rancunier, on arrange ça quand vous voulez. Mais cette fois pour de vrai !

Résultat de mes rencontres : Sianko 2 et Serge 0.

Par Vikash Dhorasoo]]>
<![CDATA[Tu sais que tu aimes le foot et tu sais que le foot, c'est le foot, parce que... ]]> text/html fr SO FOOT L'été, l'amour, la vie, la bouffe, les soirées, le boulot, la famille etc... Tout ça, c'est bien joli, ça occupe. Mais en vrai, la seule chose qui t'intéresse, ce sont les demi-finales retour de la Ligue des Champions. Parce qu'au-dessus de tout, il y a le football. 1)Parce que, ce soir, le Real, dans un moment de grâce et de folie, peut mettre 3 pions à Dortmund et se qualifier. Parce que demain, Messi peut mettre un quadruplé et une passe décisive pour…]]> 1)Parce que, ce soir, le Real, dans un moment de grâce et de folie, peut mettre 3 pions à Dortmund et se qualifier. Parce que demain, Messi peut mettre un quadruplé et une passe décisive pour envoyer le Barca à Wembley le 25 Mai prochain, pour une finale 100% espagnole…

2) Parce qu'on essaye de nous vendre le rugby sport de blanc, franchouilard, et campagnard. Parce que le foot défonce le rugby. Parce qu'aucun sport ne remplacera le foot. Parce qu'opposer les valeurs du foot à celles du rugby, c'est juste ridicule et populiste.

3) parce que tu aimes ce sport unique qui peut être pratiqué par des gars comme toi et moi, un sport où un type qui ne ressemble à rien et qui vient de Rosario, le trou du cul de l'Argentine, peut devenir Ballon d'or mille fois de suite et que toi tu peux le trouver « bon visuellement, croquant, goûteux, malin… mais pas graphique ».

4) Parce que le match de foot démarre à 0-0... et peut finir à 0-0. parce qu'un 0-0 peut être un bon 0-0. Parce qu'au foot, tu n'es pas obligé d'attaquer, parce que Carquefou peut battre le PSG. Parce que le meilleur d'un soir ne gagne pas toujours à la fin.

5) parce que tu as aimé Dortmund-Malaga, Chelsea-Bayern, Bayern-Man U, Séville 82 et parce qu'il n'y a que le foot qui peut procurer ce genre d'émotions…Parce qu'entre un bon film et un match, tu choisiras toujours le foot. Parce que, comme dirait Ancelotti, « le scénario du match de foot est Irrépatabile »…

6) parce que tu as aimé la main de Maradona, celle de Thierry Henry, celle de Luis Suarez. Parce que tu as aimé Fabrice Fiores et Fabrizio Ravanelli… Parce que que les poteaux carrés ont empêché Saint-étienne de battre le Bayern Munich, parce que le foot est un sport injuste comme la vie.

7) Parce que le foot permet à Valbuena, Brandao, Eric Carrière, Bobo Balde, Pippo Hinzaghi, Talal El Karkouri, Frédéric Brando, Nakata, Teddy Bertin, Jean-Paul Bertrand Demanne, Iniesta, Pépé, Rocheteau, Zlatan Ibrahimovic, Messi, Ronaldo, Seedorff et même Joey Barton…de se croiser un jour sur une pelouse verte et de pratiquer le même sport. Parce que le foot se joue dans le monde entier et avec les mêmes règles.

9) Parce que le ballon est rond. Parce que la passe, c'est ce qui relie. Parce que c'est un dialogue avec l'autre. Parce que faire une passe, c'est ce que fait très vite un enfant pour dire à l'autre « viens, on va jouer ensemble ». Parce que le foot, c'est avant tout un lien social incroyable, une manière de rentrer en contact. Parce que le Barca fait des passes latérales et vers l'arrière, parce que faire ça c'est continuer à jouer au football.

10) Parce que le foot c'est chiant, parce que jouer au foot sous la neige, sous la grêle, sous le cagnard, c'est galère. Parce que jouer en FSGT le Lundi soir au parc de Choisy après avoir pris le métro et le RER, c'est plus que galère. Parce que quand tu vas au stade ou quand tu regardes le foot à la télé, tu t‘ennuies souvent. Pourtant, tu y retournes toujours parce que la fois d'après, tu y crois de nouveau.

11) Parce que si tu croises un footballeur dans la rue, tu auras le droit de l'insulter et que si tu n'es pas assez courageux, tu auras le droit d'insulter sa meuf. Parce que si tu croises Domenech, tu lui demanderas un autographe. Parce que tu sais que le joueur de foot est payé pour être détesté.

12)Parce que tu es pour le mariage pour tous et aussi parce que tu ne votes pas Marine Le Pen.

13) Parce que Iran-USA, Argentine-Angleterre, Corée-Corée, France-Allemagne. Parce que la FIFA peut faire plier un état. Parce que le foot c'est politique et même parfois plus fort que la politique…

Parce que you'll never walk alone !!!

Par Vikash Dhorasoo




















]]>
<![CDATA[Le défenseur normal]]> text/html fr SO FOOT Le défenseur normal court. Tout le temps. Des petits pas. A très haute fréquence, quasiment toujours la même, sans vitesse excessive, ni lenteur apparente. Le joueur normal a un centre de gravité…]]> Le défenseur normal court. Tout le temps. Des petits pas. A très haute fréquence, quasiment toujours la même, sans vitesse excessive, ni lenteur apparente. Le joueur normal a un centre de gravité plutôt bas. Mobile, il est toujours sur ses appuis, toujours debout. Pas brillant techniquement, sans véritable talent naturel visible autre que la pugnacité, il est avant tout normal. Traduction : la cible idéale du poujadisme ambiant de la chose footballistique. Comme François Clerc, Francis Llacer, Johnny Ecker ou Cyril Rool avant lui. Depuis deux saisons, le défenseur normal s'appelle Jérémy Morel. Sauf qu'il ne joue pas vraiment comme les autres: jamais face au jeu, de côté le plus souvent, anglant son corps pour protéger son but de la balle et l'adversaire. Son truc ? Les feintes de défense. Faire semblant d'y aller, revenir, alterner grands et petits pas. Jouer de manière à la fois logique et peu esthétique. Travailler en artisan, le style après tout. Observer, se placer, récupérer la balle puis courir, pour dédoubler et créer des brèches. Pour les autres, le plus souvent. Une fois devant, centrer en retrait après un coup d'œil systématique, avant de revenir, sans un mot, la tête baissée. Comme puni.

C'est que le défenseur normal été pris à partie la saison dernière par le vestiaire marseillais et accessoirement par toute une ville. Rarement frontalement mais de manière insidieuse. En quelques semaines, plus quelques papiers retors bien sentis, il est devenu le mouton noir, l'aimant à vannes, la cible ambulante. Vu de la Commanderie, tous les problèmes de l'OM semblaient n'avoir qu'une seule cause: Jérémy Morel. Lui, en bon coéquipier normal, n'a rien dit, hormis quelques perles: « Les gens doivent s'ennuyer chez eux pour parler de Morel à Marseille… » Sauf qu'en type normal, il a accusé le coup. Et commencé à sombrer, lâché par ses coéquipiers après avoir pourtant poursuivi la saison à compenser leurs ratés. Mais bon : le défenseur normal rigole peu au blagues des autres, passe « pour le vieux con » dans le vestiaire et prend sur lui malgré une avalanche de critiques: « Dès que j'ai un coup de moins bien, on me tombe dessus et on s'acharne. J'ai la sensation qu'on ne me laisse rien passer ». Un défenseur arrivé de Lorient pour 1,8 millions d'euros afin de remplacer Taïwo et Heinze peut-il pourtant être, par principe, coupable de quoi que ce soit ? Une évidence pour tous, alors. Si simple à faire passer sur un type sans ego mal placé et qui, fait rare, considère que prendre publiquement pour les autres peut aussi faire partie de cet inédit boulot très bien payé. Sa saison n'aura au final, de ses dires, « pas été super »… En défenseur normal, il a pris sur lui toutes les critiques. Il faut dire qu'il a dû avant digérer - comme pourtant tant d'autres avant et après lui - le bouillon administré par Robben en huitième de C1… Sauf qu'à y regarder de plus près, s'il s'est dispersé et s'est perdu, c'était avant tout pour écoper et compenser les dribbles irréfléchis et montées improvisées des autres. Mais patience: à force d'aider ses coéquipiers, le défenseur normal ne le devient plus vraiment. Le dénouement de l'histoire ? Une fin de saison sans honneurs, et Azpilicueta qui lui passe devant. « Je suis arrivé fatigué, donc parfois, il faut savoir se mettre de côté et récupérer, aussi… » Au milieu d'une déprime que les autres rêvaient de lui coller, il résiste et s'en amuse aussi, pour n'en retirer « que du positif ». Pour les proches du défenseur normal, en revanche, c'est un peu plus compliqué : « C'est davantage mon amie, au boulot. Elle a passé une année de merde. »

Cette saison, avec Azpilicueta parti et Baup qui lui demande de jouer comme à Lorient – d'abord défendre et monter ensuite - il a repris confiance. Et continué de progresser. Alors, un tout petit peu plus soutenu comparé à sa saison en enfer, le défenseur normal découvre qu'il peut faire des choses formidables. Et ne s'arrête bien-sûr pas là : il travaille tactiquement, augmente encore son volume de jeu, devient titulaire et aussi le joueur qui dégage le plus de ballons de son équipe. Normal. Bien-sûr, il ne lit toujours pas la presse et prête encore moins d'attention aux commentaires, tant il a bien compris que personne, y compris parmi ses coéquipiers, ne comprend vraiment à quoi il sert. Contre Rennes, en bon soldat, il est parti ramasser le tee-shirt que Joey Barton a retiré sous son maillot pour aller le déposer sur la touche. Pas en bizuth mais en type logique. Moins dangereux pour l'équipe que lui se décentre plutôt que Jojo. Résultat ? Ricanements de hyènes à l'antenne. Plus tôt, en retard pour compenser une inattention d'un coéquipier, sur un centré coupé au point de pénalty par Danzé de la tête, en défenseur normal, il a jeté son corps dans le vide, pour tenter de gêner le capitaine rennais. Complètement ridicule de loin, pragmatique de près: perturbé par l'entrée d'un dos en translation dans son champ de vision, Danzé a bien mis un coup de boule surpuissant. Mais au-dessus. Le défenseur normal s'est alors replacé en courant, la tête baissée, hermétique aux reproches autour de lui. Avant de multiplier les propositions dans son couloir le match entier et compenser, encore et toujours, les ballons perdus des autres. A force de jouer pour trois et de prendre pour onze, le défenseur normal a développé des qualités rares, dont la plus précieuse: savoir couper « complètement avec le foot » en dehors des heures de boulot. Pour rester un type normal.

En 2013, le défenseur normal profitera d'une opportunité offerte par une absence de joueurs qui un jour, comme lui, étaient normaux avant de l'être moins - Evra, Clichy, Abidal - et des blessures à répétitions d'un autre défenseur normal, Jérémy Mathieu, pour être appelé par Didier Deschamps en Equipe de France. Après Di Méco, Lizarazu, Trémoulinas ou encore Cissokho. Comme avec Valbuena, l'ancien entraîneur de l'OM convoquera un joueur normal de loin, mais devenu insubmersible de près. Pour sûr, le défenseur normal passera fort logiquement encore quelques fois au travèrs mais aura permis à tous d'éviter la répétition sans fin des erreurs: pas besoin d'attendre une présidence normale pour reconnaître les qualités d'un défenseur normal…

BF, pour Tatane]]>
<![CDATA[Des Tatanes au Pérou ]]> text/html fr SO FOOT Nous, c'est l'Excelsior : le premier club de France estampillé Tatane. Un an d'existence, et déjà bien grandi. Après les accords plus ou moins formels, les différentes rencontres et échanges de mails, l'année passée aboutissait ce partenariat. C'était l'occasion d'inviter toute l'équipe Tatane à Metz, pour la première Tatane Party en dehors de la capitale ; l'occasion aussi de parler un peu de football durable et joyeux dans des cercles différents, qui fleurent bon l'amateurisme et le dimanche matin.
Un an plus tard, arrivée à Lima. Au départ, rien à voir avec le football. Mais les bonnes habitudes ont la vie dure, et un ballon finit toujours par nous rattraper. Surtout lorsqu'on loge près d'un…]]>
Un an plus tard, arrivée à Lima. Au départ, rien à voir avec le football. Mais les bonnes habitudes ont la vie dure, et un ballon finit toujours par nous rattraper. Surtout lorsqu'on loge près d'un terrain. Tatanes aux pieds, ballon à la main, le Pérou va voir de quel bois se chauffe un européen ! L'occasion également de découvrir le fameux fulbito : une partie à cinq ou six sur une cancha, un terrain en béton qui invite plus au dribble qu'au tacle. Quoique.

L'intégration est facile. Le football, langage universel ! Après quelques petits-ponts, après quelques petits coups, et quelques jolis buts, nous parlons avec Victor, trente-huit ans, et coach des jeunes avec qui l'on joue. Prof de sport dans le quartier (Surco et ses quelques 200 000 habitants), mais également éducateur d'une équipe de jeunes de la U (Club Universitario de Deportes), l'un des trois grands de Lima.


Les gamins ont entre 13 et 17 ans, et sont tous du quartier. Tous issus de milieux modestes, ils sont une quinzaine a faire partie de cette équipe informelle qui se nourrit de rencontres amicales et désorganisées. Victor fait payer un ou deux soles pour les entrainements ou les matchs, mais les gamins ne jouent le jeu que rarement. Difficile de construire quelque chose de durable, dans un pays où prolifèrent les complexes privés et assez chers, et où les terrains municipaux ne peuvent être que loués.

L'idée d'un partenariat germe alors. Plusieurs réunions plus tard, la machine est en branle et les gamins contemplent avec des grands yeux avides, les nouveaux maillots flambant neufs et identiques à ceux de leur club parrain. Ils s'appelleront désormais l'Excelsior Lima. Toute une symbolique dont ils tirent une réelle fierté. L'impression que quelque chose se passe. D'autant qu'on n'en reste pas là. Pour inaugurer les nouveaux maillots, une première rencontre « officielle » est organisée. Par l'entremise de Victor, nous nous apprêtons à affronter une des équipes de la U. Les semaines précédant le match voient l'excitation grimper. Cela se sent à l'entrainement.


10 novembre, 9 heures du matin : embarqués dans un taxi (à 9 !), nous roulons vers le match. Ça piaille sévère côté joueur. Arrivée sur place, on attaque d'entrée l'échauffement, à la française. Les adversaires sont quinze, nous sommes sept. Un détail. Le discours d'avant match est rudimentaire : « liberté créatrice », « passes », « repli défensif »... et surtout de l'envie ! Là-dessus, pas de problème. Nos plus petits gabarits compensent avec malice et détermination. A la mi-temps le score est de 4 à 3 pour la U. La deuxième voit la remontada des blancs, qui grâce à deux exploits individuels de Bryan et une bicyclette de Guiseppi prennent l'avantage, qu'ils ne lâcheront plus. Score final : 8-7. Champagne.

Le retour est joyeux. Les gamins ont gagné leur premier match officiel avec leurs nouveaux maillots. Ils iront se rincer l'œil sur des magazines pour adultes pour fêter ça, au détour d'un kiosque. Désormais, il va s'agir de trouver des fonds pour l'inscription au championnat, et disposer d'un créneau sur un terrain de foot à onze. Trouver des éducateurs également, qui pourront continuer de véhiculer l'état d'esprit Tatane après notre départ. El juengo limpio (le plaisir du jeu) avant tout. De notre côté, nous pérenniserons le partenariat, avec une aide financière dans la limite de nos moyens, matérielle (envoi de matériel) et logistique (sur la gestion et l'organisation). Subventions aidant, un jour peut-être, un des bambinos pourra venir en France goûter au football continental. L'expérience fait l'homme ; et le football est une sacrée expérience.

Tatanement vôtre, L'Excelsior.

David de l'équipe Tatane ]]>
<![CDATA[Monsieur Oscar, King of Wembley]]> text/html fr SO FOOT C'était par une chaude après-midi de janvier 2008, à Copacabana. Sous un néon clignotant, dans un bureau sombre et exigu, il avait accueilli le corps fatigué mais l'œil rieur. « Êtes-vous…]]> C'était par une chaude après-midi de janvier 2008, à Copacabana. Sous un néon clignotant, dans un bureau sombre et exigu, il avait accueilli le corps fatigué mais l'œil rieur. « Êtes-vous architecte ? Non ? Ah… So Foot ? Huuum, bon. » Feuilletant le dernier numéro, il était resté circonspect: l'improbable couverture rose fluo sur laquelle semblait danser un Jean-Michel Aulas en état d'ivresse ne lui disait rien qui vaille. Avant de feuilleter la bête : pour un type qui n'aimait pas l'angle droit mais « la courbe libre et sensuelle, la courbe que (je) rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses rivières, dans les vagues de la mer, dans le corps de la femme préférée», paraître concerné par les oreilles de Marama Vahirua, les convictions de Rudi Garcia et la barbe d'Eric Gerets était déjà une petite mort.

Il venait de fêter ses cent ans avec Hugo Chavez, et ce n'était rien de dire qu'il regrettait déjà d'avoir accepté de recevoir le plumitif en goguette qui, après une quarantaine de coups de fil et autant de réponses polies mais négatives, avait torturé sa sonnette d'une dizaine de pressions pour s'assurer qu'il était toujours vivant, au pied de l'immeuble dans lequel il occupait deux étages et qu'il avait bien évidemment dessiné. Parler football ? Hormis quelques sorties pour accompagner ses amies afin d'aller admirer Fluminense et leurs gambettes en tribunes, il s'en foutait royalement. Pourtant, il finira par accepter ce qui restera comme le seul entretien accordé à la presse française depuis. Son dernier. Par quel mystère ? Un arrêt opportun sur les pages roses du magazine ou poses lascives et maquillage canailles de nymphes en mal d'amour et d'argent ne semblaient pas entamer son amour des femmes. « Bien au contraire… », dixit alors l'esthète entouré de dizaines de toiles de corps de muses au fusain.

Revigoré par le passage de sa secrétaire de longue date qu'il venait, veuf, d'épouser en secondes noces, il sembla rajeunir à vue d'œil: « Dans ma tête, j'ai soixante ans. » Ramassé sur son siège, en bleu de travail et marcel immaculé, sous une chemise blanche vaporeuse, il laissait filer l'après-midi sans regret quand il évoqua entre deux insultes à destination de George Bush sa seule expérience en liens avec le football. C'était à la fin des années 30, pour son seul projet de stade d'envergure. Dans les faits, le plus grand: le Maracaña. Le génie de Monsieur Oscar ? Proposer des idées novatrices: une pelouse sous le niveau du sol de sept mètres et, surtout, un arc incliné. Immense. Pour soutenir une marquise, et la tribune avec. L'arc et la marquise, deux caractéristiques du nouveau stade de Wembley, inauguré en 2007 et conçu par Sir Norman Foster. Un hommage ou un vol, désormais, c'est selon. Le projet d'Oscar Niemeyer, lui, fut exclu pour une histoire de densité du sol non compatible avec ses rêves.

Ce qu'il aurait aimé que le peuple dise de lui le jour où la vigueur l'abandonnera ? « Modeste, il a aimé la vie avec la solidarité dans le cœur». C'est bien non ? Nous sommes si petits devant le monde. Après, il faut partir tant que la vie est belle… » Monsieur Oscar est parti, à quelques heures de souffler ses 105 bougies. « Oscar Niemeyer et moi sommes les derniers communistes de cette planète » avait un jour déclaré Fidel Castro. Il n'en reste donc désormais qu'un, en survêtement. A moins qu'il n'ait été le dernier… BF

L'interview d'Oscar Niemeyer est disponible dans le So Foot 52.]]>
<![CDATA["Alone together", par Vikash Dhorasoo ]]> text/html fr SO FOOT Substitute. Première scène, chez moi dans le salon. Fred Poulet m'explique comment marche une caméra super-8. La consigne : tu filmes ce qui te semble intéressant jusqu'au 9 juillet, jour de…]]> Substitute. Première scène, chez moi dans le salon. Fred Poulet m'explique comment marche une caméra super-8. La consigne : tu filmes ce qui te semble intéressant jusqu'au 9 juillet, jour de la finale du Mondial.

Le 9 juillet, l'équipe de France est en finale, et moi, je suis assis sur le banc en train de mater mes coéquipiers qui tapent le ballon et l'Italien. France-Italie. Je suis prêt, chaud bouillant, comme d'hab, mais je ne rentre pas sur le terrain.

Alors je regarde Zidane faire une panenka, Materazzi égaliser. Après m'être longuement échauffé, je retourne cirer le banc. Et soudain tout bascule. Zidane prend un rouge. Qui a vu ? Qui sait ? Trezeguet rate son penalty. Sans les titulaires et sans Zidane, les Italiens reçoivent la coupe des mains de Don Sepp Blatter. Je reste là, au milieu du stade olympique de Berlin. Domenech n'est pas loin. Il est seul, comme souvent.

Je rentre aux vestiaires. Je rentre car nous sommes encore le 9 juillet et j'ai un film à finir. J'ai promis à Fred. Je n'ai rien noté mais je me souviens. Zidane était déjà en costume. Il s'est timidement exprimé. Domenech a pris la parole. Pour l'insulter, l'encenser ? Il l'a remercié avant de l'applaudir. Malaise dans le vestiaire. Certains ont suivi, d'autres non, enfin peut-être que tout le monde a applaudi. Moi non. Peut-être que je regardais les autres, leurs réactions. J'ai vu dans leurs yeux la tristesse, la haine, l'indifférence ou alors l'admiration, l'indulgence, la compréhension. Je ne sais pas. Eux savent.

Zidane est sorti du vestiaire dans le silence ou pas. Je venais de vivre un moment d'une rare intensité, surréaliste. J'ai dégainé la cam'. J'avais un film à finir. Jusqu'au 9 juillet, m'avait dit Fred Poulet. Je n'ai pas "filmé mes pieds", Raymond. J'ai enclenché la super-8. Dans ce silence, on n'entendait plus que le bruit de la bobine. J'ai fait le tour du vestiaire joueur par joueur. J'ai fini à bout de bras sur moi, avec Vieira en arrière-plan. Il voulait me tuer mais ne l'a pas fait. La trouille sans doute. J'ai cadré droit devant moi. Trezeguet, Domenech un peu plus loin en discussion avec Escalettes et Chirac. Oui, le président de la République dans le vestiaire pour nous consoler.

J'étais dans un film, dans mon film. Quel casting, quel décor, quels figurants ! Trezeguet a remis sa cravate, Domenech a jeté un coup d'oeil à la caméra, Vieira m'a enfin dit que j'étais un gros connard. J'ai rechargé la Bauer et je suis sorti. J'ai refait le couloir en sens inverse, du vestiaire au bus. J'ai coupé la caméra. Substitute était dans la boîte.

Je suis allé sur la pelouse. My Way en fond sonore. Zidane avait dû passer par là. Nous sommes rentrés à l'hôtel avec nos femmes. Plus tard, j'ai croisé la compagne de Raymond, Estelle Denis, et leur fille Victoire. "Pas trop triste ?", qu'elle a dit à ma femme. "Moi, mon mec, il a pas joué", qu'elle lui a répondu.

On a bu des bières avec Fred P. et Pierre W. On a dormi. Le lendemain, l'Elysée puis le Crillon. Salut à la foule. Super à l'aise. Et adieu à l'équipe de France. Je dois lui dire au revoir, je sais que je dois aller le voir. Emilie veut que je le fasse, alors j'enfile trois coupes de champagne et je me lance :

"C'est horrible ce que vous m'avez fait.
- Si tu le prends comme ça
(sourire en coin, enfin je crois)."

Je suis parti, les larmes aux yeux, sans me retourner. C'était fini car nous étions déjà le 10 juillet.

Vikash Dhorasoo]]>
<![CDATA[Oser Paris]]> text/html fr SO FOOT Tatane participe à OserParis, le think tank lancé par Anne Hidalgo.
Une politique du sport à Paris se doit d'être le fruit d'une conception politique du sport. Les choix liés au sport ne sont pas plus neutres que ceux liés à l'urbanisme, la culture ou l'aide…]]>
Une politique du sport à Paris se doit d'être le fruit d'une conception politique du sport. Les choix liés au sport ne sont pas plus neutres que ceux liés à l'urbanisme, la culture ou l'aide sociale.

Comme toute politique, la question du « pourquoi » est centrale. Dans le cadre du mouvement Tatane, nous pensons que le sport est avant toute chose un facteur de lien et d'échange. Qu'il soit pratiqué, commenté, observé, il permet de faire société quand il est une alternative à la consommation isolée.

Avant d'oser des réformes ou des investissements concrets, il nous semble essentiel d'oser un discours sur le sport : le sport n'est pas affaire de victoires ou de défaites, le sport de haut niveau n'est pas et ne pourra jamais être un exemple de société parce qu'une société ultracompétitive est une société invivable. Le sport est un lien joyeux et durable entre des citoyens qui ne demandent qu'à se faire une passe. Le sport comme l'art ne sont pas des palliatifs divertissants à la dureté d'une société que l'on aurait renoncé à changer. Le sport doit être relié à la vie quotidienne, il n'est rien d'autre que la vie.

Concrètement, nous pensons donc que les investissements et les changements doivent se porter en priorité sur toutes formes d'initiatives qui permettent la fluidité, l'échange et l'ouverture sur l'autre à travers le sport :


- valoriser les équipements existants en favorisant des utilisations extrasportives (artistiques, sociales, etc..) et la souplesse des créneaux horaires
- favoriser par toutes sortes d'initiatives la « circulation sportive » : accords entre les associations pour pouvoir facilement s'initier à un autre sport, mise en place de « parrains » sur le modèle des étudiants bénévoles de l'Afev, mise en place d'une réflexion collective pilote avec les fédérations sportives pour que soit rendue possible la double licence (permettant par exemple à un enfant de divorcé de pratiquer son sport)
- mise en place d'équipements sportifs en libre service sur les lieux de vie : parcs de jeux pour enfants, rues, gares…) (exemple : Istanbul)
- mise en place de « temps » événementiels permettant la rencontre joyeuse autour du sport : art et sport sport et cultures du monde, sport et politique (dans des lieux sportifs, stades, gymnases et des lieux extra sportifs comme le 104, les mairies, bibliothèques..)
- mise en place et valorisation de lieux de diffusion télévisée collective de sports méconnus : base de données permettant à toute personne à Paris de trouver un lieu diffusant la grande compétition de cricket, de badminton ou de ski acrobatique, et de vivre ce moment entouré de gens partageant le même centre d'intérêt.
- Rédaction d'une charte exemplaire conditionnant le soutien financier de la Ville de Paris aux associations sportives. Redéfinition d'objectifs qui ne peuvent plus placer la victoire en compétition au dessus du reste.
- Renforcement des partenariats entre les écoles parisiennes et les associations sportives. Prendre exemple sur la collaboration exemplaire entre le club de foot et le collège de montfermeil.

Parce que le sport est un lien avant d'être une compétition

Tatane

A visiter : Oser Paris ]]>
<![CDATA[Courts de foot ]]> text/html fr SO FOOT « Quoi de plus macho qu'un vestiaire de foot masculin? » Voilà, en une question, le propos du court-métrage de Steve Achiepo, En équipe, présenté cette semaine au festival Cinébanlieue. Pour…]]> « Quoi de plus macho qu'un vestiaire de foot masculin? » Voilà, en une question, le propos du court-métrage de Steve Achiepo, En équipe, présenté cette semaine au festival Cinébanlieue. Pour cet acteur de 31 ans adepte de foot et de handball, tourner avec l'équipe des 15/16 ans du Football Club de Cergy-Pontoise (95), était une évidence. « À la base, je voulais des joueurs de 17/18 ans mais j'ai tellement aimé l'ambiance de ce groupe que je n'ai plus voulu voir d'autre équipe ». Se servant du milieu du foot comme enjeu central de son film, Steve Achiepo a voulu décrire « un personnage pris dans l'étau de l'effet de groupe tout en voulant sauver la face». En résumé, Bastien (Bastien Bourhis), meneur de jeu, n'a jamais couché avec une fille et n'ose pas l'avouer à ses coéquipiers. Son pote Sékou (Sékou Diarra), va l'aider à passer à l'action avec une jolie supporter venue suivre leurs entraînements. Film sur la virilité, En équipe met en avant « de nouveaux visages » (à l'exception des filles, tous les comédiens sont des joueurs de foot) et parle avant tout de l'adolescence, « cet âge des découvertes où l'on a besoin de s'affirmer ». Pas étonnant que Steve Achiepo ait eu envie de parler de cet âge-là. Lorsqu'il avait 17 ans, Thierry Henry et Lilian Thuram ont changé sa vie : « Tous les renois pourront te le dire, grâce à la Coupe du Monde de 1998, on a eu du succès avec les filles ! »

Moins dans la Coupe du Monde que son prédécesseur, le chef opérateur Nicolas Mesdom, 28 ans, a lui aussi réalisé un court mélangeant sexualité et football, également présenté au Festival Cinébanlieue. Dans La tête froide, adapté de la nouvelle L'hôte secret de Joseph Conrad, un capitaine d'équipe (Sébastien Houbani, prix d'interprétation à Clermont-Ferrand et Cabourg 2012), ressent un certain trouble à l'arrivée d'un joueur concurrent (Isaï Sultan), ancien capitaine viré de Saint-Étienne. Tourné avec les aspirants Girondins du club SAM de Mérignac (33), La tête froide met en avant deux acteurs au sein d'une équipe déjà constituée « J'avais envie de parler de la façon dont on peut vivre la découverte de son homosexualité à travers le foot, explique Nicolas Mesdom. Il y a forcément une gêne qui s'installe parce que le rapport d'amitié virile est faussé ». Lui qui a vécu avec un « archi fan » de foot, cite aisément Pasolini ou Godard comme cinéastes marqués par le ballon rond. Et regrette que TV5 Monde Moyen-Orient n'ait pas programmé son film à cause d'un baiser : « Je ne voulais pas tomber dans l'écueil de la scène de douche du cinéma gay ».

Pour filmer les entraînements, Nicolas Mesdom a alterné plans fixes et caméras épaule pour mettre acteurs et joueurs sur un pied d'égalité : « Crier ''Action !'' gênait les joueurs alors on les laissait s'entraîner et on faisait signe aux acteurs». À l'inverse, Steve Achiepo a préféré de longs travellings pour magnifier les déplacements et les slaloms chorégraphiés. Quand on sait que les réalisateurs de France Télévisions peuvent aller jusqu'à 1304 plans par match, comment filmer ce sport d'équipe en moins de trente minutes ? Côté Mérignac, Nicolas Mesdom s'est laissé guider : « C'était plus les joueurs qui mettaient en scène les matchs que moi, c'est à dire qu'ils me reprenaient sur des termes techniques ou me proposaient d'accompagner les comédiens sur le terrain ». Côté Cergy, Steve Achiepo s'est immergé : « Vu de l'extérieur, on pourrait se dire, ''Comment les gérer ? C'est le bordel !'' Mon équipe technique s'est demandée ''Comment on va faire ? Ça va être dur, ça va être long !'' mais ils sont tombés amoureux d'eux ». Les joueurs seraient-ils plus simples à filmer que le foot lui-même ? « Entre les ralentis extrêmes et les pubs stylisées, ça devient compliqué de raconter quelque chose et que ce soit beau », souligne Steve Achiepo.

Matchs et échauffements, vestiaires et intérieurs d'appartement, les deux films oscillent entre le dedans et le dehors, comme leurs personnages : à l'intérieur, on s'interroge, à l'extérieur, on ne veut pas perdre la face. Et face à l'écran ? Les joueurs d'En équipe attendent de se voir au festival Cinébanlieue (un mini-bus sera affrété spécialement pour l'occasion). Ceux de La tête froide ont apprécié le film (certains songent à devenir acteurs) mais regrettent que leur match ait été coupé au montage. Forcément. Dans un cour(t)s de foot, on ne peut pas tout intégrer.

En équipe de Steve Achiepo – France – 2012 – 23 min, avec les joueurs du Football Club de Cergy-Pontoise (95), sera présenté le vendredi 16 novembre 2012 à 18h à la Cité du Cinéma de Saint-Denis (93)

La tête froide de Nicolas Mesdom – France – 2011 – 26 min avec Sébastien Houbani, Isaï Sultan et les joueurs du club SAM de Mérignac (33) sera projeté le samedi 17 novembre à 16h au Cinéma L'Écran de Saint-Denis (93)

Claire Diao, pour Tatane
]]>
<![CDATA[Merci Julio]]> text/html fr SO FOOT Pourquoi on ne devrait jamais sous-estimer Julio Iglesias... « Je sais, en amour il faut toujours un perdant, j'ai eu la chance de gagner souvent... » - Julio Iglesias. On devrait écouter plus souvent le chanteur préféré de ma mère…]]> « Je sais, en amour il faut toujours un perdant, j'ai eu la chance de gagner souvent... » - Julio Iglesias.

On devrait écouter plus souvent le chanteur préféré de ma mère et ex gardien de but de l'équipe junior du Real Madrid . Au foot comme en amour, il faut toujours un perdant. Au foot comme en amour, rien n'est juste, rien n'est rationnel, c'est juste le bordel et c'est pour ça qu'on aime tant replonger.

Peu de gens auraient misé sur un match nul de la France en Espagne. A Madrid, la France a croqué les espagnols en seconde période. Cette France, qui de l'avis général ne possède que deux joueurs de classe internationale, cette équipe qui semblait lors du dernier euro incapable de pratiquer le même sport que les artistes espagnols, ces joueurs qui ont tenté d'endormir toute la France face au Japon trois jours avant, les mêmes gars pourris par l'argent ont donné à la roja une leçon de générosité footballistique. Le résultat est là et la manière avec. La pression a changé de camp, au moindre faux pas des espagnols, on aura droit à tout le toutim ! J'imagine déjà les titres de la presse espagnole … : « Trop petits ? » ou « Iniesta est il vraiment cocaïnomane.. ? », ou encore « faut-il rappeler Raul ? »

Le foot est l'un des très rares sports où le meilleur peut perdre. Un arbitre myope, un poteau carré ou juste la malchance, autant d'ingrédients qui font qu'un match n'est jamais plié. Mardi, juste en une soirée, deux des meilleures équipes du monde ont oublié comment on jouait une seconde mi-temps. Deux splendides manières de rappeler la beauté et une bonne partie du mystère du football.

On a un jour demandé à Ancelotti s'il préférait aller au ciné ou regarder un match de foot. Il a répondu le foot sans hésiter car c'est « irrepetabile ». Tout le paradoxe est là : les grands joueurs de foot sont ceux qui savent répéter inlassablement les mêmes gestes, les mêmes enchainements. Le génie de Messi ne tient pas en sa capacité à faire un geste, mais au fait de pouvoir le faire tous les week-ends. Et pourtant, un jour ou l'autre, la machine se grippe. Parfois en raison de l'opposition, plus forte ou plus intelligente que tous ceux qui l'ont précédé. Ou parfois en raison de l'apparition inexplicable de l'ennui. Comment expliquer autrement la perte de balle absurde à ce niveau de Juan Fran à la 93e minute ? Comme Ginola en 93, il se faisait peut être juste chier…

Et nous là dedans ? Inlassablement, au prix d'heures d'ennui, de kilos de mauvais biscuits apéro et pour le grand malheur de l'industrie cinématographique, nous allons au stade, allumons notre télé, avec le secret espoir de pouvoir vérifier une fois de plus que rien n'est écrit. La plupart du temps, la déception est au rendez-vous. OUI MAIS.. Oui mais Carquefou peut battre le PSG, oui mais Thuram peut mettre plus de buts en un match que dans l'ensemble de sa carrière, oui mais on peut perdre une finale de champions league en ayant mené 3 :0 à la mi-temps, oui mais les joueurs sont vivants et nous aussi.

A Madrid, notre gardien a arrêté miraculeusement un pénalty et notre buteur Giroud ne serait probablement pas rentré si Benzema ne s'était pas blessé quelques minutes auparavant. « On s'ennuyait un peu, mon cœur et moi ». Merci Julio.


Merci Pierre Walfisz








]]>
<![CDATA[M'Vila ptit canard ]]> text/html fr SO FOOT La Saturday night fever, M'Vila il connait lui, l'appel du bon son garçon il ne sait y résister. « Petits pas synchronisés qu'on a répété à 5 », qu'ils auraient pu dire nos petits…]]> La Saturday night fever, M'Vila il connait lui, l'appel du bon son garçon il ne sait y résister. « Petits pas synchronisés qu'on a répété à 5 », qu'ils auraient pu dire nos petits espoirs. La sanction est tombée, le Stade rennais, devant l'insupportable image donnée par ses joueurs a décidé de les suspendre « jusqu'à nouvel ordre ».

« Sanctionnés jusqu'à nouvel ordre »

Le communiqué du Stade rennais est des plus laconiques et surtout très limite avec les principes fondamentaux du droit du travail. Les contrats des joueurs concernés ont été suspendus « jusqu'à nouvel ordre » du fait d'évènements qui se sont déroulés en dehors de l'exercice de leurs activités professionnelles. En l'espèce, bien qu'il soit de jurisprudence constante et certaine que le joueur de l'Equipe de France reste salarié de son club pendant la période de mise à disposition de la sélection, il n'en reste pas moins que la présumée virée en boîte de nuit est intervenue alors même qu'il n'exerçait pas une activité pour le compte du Stade rennais.

Aujourd'hui, la mesure est très certainement justifiée par l'existence de ce que l'on appelle en droit du travail « un trouble objectif caractérisé ». Un fait de la vie extra professionnelle peut avoir une influence sur le contrat de travail lorsqu'il est susceptible de porter atteinte à l'image de la société. Ce peut être le cas du salarié d'une banque mis en examen pour une escroquerie par exemple.

« On n'est pas leur père »

En l'espèce, la position des dirigeants du Stade rennais est plus complexe à comprendre. L'image du club n'a pas été réellement atteinte. La sortie nocturne des joueurs n'est pas liée à l'exercice d'un quelconque pouvoir disciplinaire ou d'un mauvais encadrement de la part du club employeur. Le club est-il responsable de l'éducation ou de la personnalité de ses joueurs en dehors de la sphère professionnelle ? Frédérique Antonetti, lui n'a pas tardé à répondre à la question « On n'est pas leur père ». De son côté, René Girard sombrait dans le moralisme précaire : « Il ne faut pas que ces jeunes gens oublient qu'ils font un métier extraordinaire. Il faut qu'on les envoie un peu à la mine pour qu'ils comprennent, là-dessus, je suis intransigeant . Pour moi, ce sont des fautes très graves sur lesquelles on ne peut pas passer. On fait le plus beau métier du monde, j'ai horreur quand on salit mon métier. Là-dessus, pas de cadeau ». C'est sûr qu'en matière d'honneur, Girard sait mettre le doigt là où ça fait mal. Plus encore, le discrédit jeté sur le Stade rennais était jusque-là assez faible, les joueurs ont une personnalité qui dépasse la seule appartenance à leur club.

Le communiqué du Stade rennais précise que pendant la suspension de leur contrat, ils continueront à évoluer avec la formation espoir du club. Double contradiction, soit leurs comportements ont été suffisamment graves pour caractériser une suspension et dans ce cas ils n'effectuent plu aucune activité pour le compte du club, soit au contraire la gravité n'est pas démontrée et dans ce cas la sanction n'est pas justifiée. En droit du travail la suspension prononcée à titre disciplinaire se caractérise par une mise à pied. Cette dernière ne peut en aucun cas permettre au salarié de continuer d'exercer son activité avec une autre qualification. Plus encore, elle ne peut être à durée indéterminée ou alors la mise à pied à titre disciplinaire est en réalité une mise à pied à titre conservatoire qui peut aboutir à un licenciement... Dans le cas présent, les joueurs du Stade rennais ont sans doute été rétrogradés, passant du groupe professionnel au groupe espoir. Or, la Convention collective nationale du sport, tout comme la Charte du football professionnelle considèrent que l'employeur doit tout mettre en œuvre pour permettre au joueur d'atteindre son meilleur niveau en vue des compétitions.

Enfin, si la suite la Fédération sanctionne les joueurs, ces derniers auront eu une double sanction pour des faits qui se sont déroulés dans le cadre de la sélection. Sur le fond, le besoin de sanctionner et de « marquer le coup » a très certainement pris le dessus sur le reste.

Tatane

]]>
<![CDATA[Un CDI à vie ?]]> text/html fr SO FOOT La question du statut social du joueur de football souffre d'un mal inconnu répondant au doux nom « d'usage ». Le football fait partie de ces activités pour lesquelles «il est d'usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée ». Le Code du travail considère depuis toujours qu'un joueur de football doit bénéficier d'un contrat précaire.
Le législateur qui a créé le CDD avait posé comme postulat de départ le fait que le CDI soit le principe et le CDD l'exception. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée et la précarité et le…]]>
Le législateur qui a créé le CDD avait posé comme postulat de départ le fait que le CDI soit le principe et le CDD l'exception. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée et la précarité et le provisoire ont pris le dessus sur l'indéterminé. Le football professionnel pour sa part, a toujours été soumis aux règles du cdd d'usage et jamais cette question n'a semble-t-il était rediscutée. Et pour cause, le rythme des saisons ou encore l'incertitude liée à la situation économique et sportive du club sont autant d'arguments justifiant la spécificité de l'activité sportive et le recours au CDD. La Convention collective nationale du sport admet le recours au CDD d'usage dans le sport professionnel. Son article 12.3.2.1 prévoit que les salariés visés par le chapitre consacré au sport professionnel occupent des emplois pour lesquels l'usage impose de recourir au contrat à durée déterminée en raison de la nature de l'activité et du caractère temporaire de ces emplois.

Fidélité

Et pourtant, à l'heure du football business, la question de la légitimité du recours systématique au Cdd peut être posée. Ne serait-il pas envisageable de faire signer à un joueur un contrat à durée indéterminée ou tout du moins de faciliter son engagement sur le long terme avec des dispositions propres à sa reconversion au sein du club employeur. Certains clubs le prévoient déjà, un contrat type est –il alors envisageable ? L'application pratique soulèverait quelques interrogations et très certainement quelques contentieux pour les clubs mais finalement en est-on si sûr ? Aujourd'hui les joueurs professionnels fidèles à minima une décennie à leur club se font rares. Les Steven Gerard, Xavi et autre Guy Roux pourraient très bien aujourd'hui solliciter la signature d'un contrat à durée indéterminée tant leur fidélité à leur club n'est plus à prouver. La signature d'un tel contrat ne se mesure d'ailleurs pas tant sur la longévité du salarié au sein de la société mais aussi sur le projet de la société et sur son ambition économique, sportive…

La première critique sur ce constat porterait sur la question des charges sociales et fiscales. Le vieil argument du coût du contrat referait alors surface. Mais au-delà de ces considérations, la percée du cdi dans la surface de réparation du football professionnel permettrait de démontrer qu'un club est capable de porter un projet sur le long terme et de proposer un vrai partenariat avec un de ses salariés. Une autre critique consisterait alors à mettre en avant l'éventuelle mésentente entre le joueur et le club et la spécificité de la rupture du contrat. Mais aujourd'hui, les limites de de la rupture des cdd pour faute, laisse à penser que cette barrière ne serait pas finalement la plus infranchissable.

Une refonte impossible ?

La vérité se trouve peut-être ailleurs, Scully. Le sport est incontestablement une activité particulière. Vouloir encadrer sa pratique professionnelle et protéger les salariés et les employeurs de la même manière suppose qu'il soit appliqué les mêmes règles. Le Code du sport et les conventions collectives sont à ce titre les piliers de la matière. Pour certaines problématiques c'est le droit commun, en l'espèce le droit commun du travail qui a été proposé comme solution pour répondre aux besoins des différents acteurs. C'est de cette manière que le CDD et le CDI ont fait leur apparition. Mais est-ce aujourd'hui la bonne réponse ? Doit-on forcer l'adaptabilité du droit du sport au droit commun ou doit-on créer, innover en la matière afin de créer un cadre, un statut qui prendrait en compte les spécificités de l'activité et qui repousserait la rigidité de certaines règles dans ses retranchements?

L'harmonisation européenne et la concurrence internationale dans le football sont souvent des arguments proposés pour tuer dans l'œuf ce genre de proposition, comme si, face à une situation inextricable, il n'était pas permis d'avancer, de réfléchir. Alors oui, la refonte totale du système semble impossible mais, en modifiant les mentalités et l'approche des relations juridiques et professionnelles entre les clubs et les joueurs, ce seront sans doute ces derniers qui en profiteront le plus.

Les juristes de Tatane]]>
<![CDATA[Dhorasoo : "Sale temps pour les super-héros" ]]> text/html fr SO FOOT Le championnat a repris, une nouvelle fois sans moi. Je m'y ferai peut-être, mais le foot me manque et me manquera toujours. La préparation, la mise au vert, l'arrivée au stade, le vestiaire, la…]]> Le championnat a repris, une nouvelle fois sans moi. Je m'y ferai peut-être, mais le foot me manque et me manquera toujours. La préparation, la mise au vert, l'arrivée au stade, le vestiaire, la pression, le couloir et enfin l'entrée dans l'arène. Pendant quinze ans, j'ai été un super-héros et Deschaseaux, Gerland, Lescure, San Siro, le Parc des Princes étaient mes jardins ! Je ne me sentirai jamais aussi bien ailleurs que sur ces pelouses. J'étais en sécurité, je connaissais par coeur ma partition, je savais gérer le stress. J'ai bien sûr raté des matchs, mais cette donnée était intégrée dans mon esprit.

Et puis, un jour, j'ai su que joueur de foot pro, c'était terminé. Plus la force, pas assez rapide. A l'heure d'inventer le reste de ma vie, j'ai eu devant moi la "main" habituelle : entraîneur (jamais été tenté), dirigeant de club (tenté au Havre, raisons sentimentales), consultant (j'ai essayé, vite fatigué par mon rôle de gaucho de service), gérant de bar-tabac (trop peur de finir gros), député (trop peur de ressembler à David Douillet).

Lire la suite ]]>
<![CDATA[Baron, tu nous prends pour des cons ?]]> text/html fr SO FOOT "L'important, c'est de participer", qu'il disait, Pierre de Coubertin. Tout le monde connaît la citation, tout le monde l'a entendue et tout le monde l'a déjà prononcée.
A l'époque, c'est-à-dire au début du XXe siècle, la phrase portait un message radical dans la bouche du baron : dédramatisons la défaite, relativisons la victoire. En somme, le sport devait être un…]]>

A l'époque, c'est-à-dire au début du XXe siècle, la phrase portait un message radical dans la bouche du baron : dédramatisons la défaite, relativisons la victoire. En somme, le sport devait être un moyen de rapprocher les peuples, de créer du lien social, du vivre-ensemble. Le projet social, le projet politique du sport avant la victoire ou la défaite. Oui, mais voilà, le sport c'est aussi - et aujourd'hui surtout - la compétition. Le sport est devenu une guerre où l'enjeu a tué le jeu. Les disciplines, olympiques soient-elles, sont rattrapées par les enjeux de carrière, de notoriété, de business.

Alors, quand on entend : "L'important, c'est de participer" de la bouche d'un parent, d'un partenaire, d'un éducateur ou d'un commentateur, c'est simplement une façon de mieux faire passer la pilule de la défaite. Car aujourd'hui, l'important, c'est de gagner. Et aux Jeux, c'est d'être médaillé. Il faut être compétitif, performant, professionnel, pour faire monter sa nation dans le tableau d'honneur et permettre au président de la République de recevoir les champions à l'Elysée.

La suite sur LeMonde.fr ]]>
<![CDATA[Le choix de Zlatan, vraiment ?]]> text/html fr SO FOOT Zlatan Ibrahimovic est en train de signer au PSG. La presse italienne s'est enflammée, Sylvio Berlusconi, le patron du Milan, l'a confirmé. Et nous, bah on est mort de rire :: 30 ou 40 millions d'euros de transfert pour un joueur de 31 ans, quoi !
Le PSG version pétro-dollars a un côté sympa. Voire limite ridicule. Pour l'instant, de très grands joueurs ont souvent été annoncés mais le PSG a principalement pris que des rateaux. On sait tous…]]>
Le PSG version pétro-dollars a un côté sympa. Voire limite ridicule. Pour l'instant, de très grands joueurs ont souvent été annoncés mais le PSG a principalement pris que des rateaux. On sait tous que le très grand PSG c'est pour bientôt car c'est la crise partout sauf du côté qatari où l'argent est frais, où il existe. Et en plus, pour ceux que ça intéresse, on sait aussi d'où il provient. Oui, les Qataris peuvent s'acheter ce qu'ils veulent. Même de l'humain. Cet homme peut bien se nommer Zlatan, Kaka, ou Tevez, ils s'en foutent. Eux, ils veulent juste que ce soit cher. Comme les mecs qui ne connaissent rien au bon pinard. Dans la carrière d'un footballeur, on change de club pour diverses raisons. Un meilleur contrat, jouer dans le club de ses rêves d'enfant, découvrir une autre culture, partir dans une institution plus titrée, retourner dans son pays d'origine... Ou parce qu'on est en fin de carrière et/ou en "faim" de contrat.

Zlatan Ibrahimovic est un des meilleurs joueurs du monde, payé 12 millions d'Euros par an, et évolue au Milan AC, l'un des clubs les plus titrés au monde. Il touchera évidemment au moins la même chose au PSG. Il se montre un dimanche sur deux à San Siro, vaisseau de 80 000 personnes, à l'ambiance incroyable, aux tifosis ultra-chauds. Il s'entraine à Milanello, centre d'entrainement ultra-moderne qui ressemble à un hotel Relais Chateaux pour footballeurs. A sa disposition, il profite d'un staff plus que complet, d'un restaurant diététique, de terrains parfaits, d'une salle de musculation dernier cri. Du Milan Lab, en résumé. Les préparateurs physiques, médecins, ostéopathes, psychologues sont aux petits soins. Il vit à Milan, la capitale de la mode, ville assez jolie où l'on mange très bien. La vie nocturne est plutôt pas mal et le joueur de foot est un Dieu (celui de l'AC Milan l'est au moins pour la moitié de la ville). Le championnat est d'un bon niveau. L'Italie vient de faire la finale de l'Euro…

Caresser le cuir avec Jallet

Mais voilà, le PSG vient de faire une offre incroyable, semble-t-il impossible à refuser, même pour le Grande Milan. Une indemnité de transfert record pour Zlatan et Thiago Silva de près de 70 millions d'euros qui va sauver un Milan AC qui croule sous les dettes; Berlusconi a annoncé qu'avec la vente de Silva et Ibra, une économie de 150 millions d'Euros serait réalisée. Ok, mais il en pense quoi, Zlatan, de tout ça? A-t-il son mot à dire ? Va quand même falloir expliquer son choix à sa femme et à ses potes… Depuis hier on imagine le grand Ibra balancer sur son 06 qu'il rêve de jouer au PSG depuis toujours, qu'il veut mettre 60 buts (plus que Messi et Ronaldo) en Ligue 1, qu'il veut terminer meilleur joueur du championnat et champion de France (c'est plus simple d'y arriver dans l'Hexagone). Zlatan a vraiment très envie de jouer au Parc des Princes, un stade de 50 000 personnes, sans ambiance depuis le plan Leproux - Evidemment, Zlatan ne sait pas qui est Robin Leproux -, plan qui a vidé les virages des ses groupes de supporters. Il se voit déjà au Camp des Loges, s'habiller aux côtés d'Hoarau et Jallet avant d'aller caresser le cuir avec Gameiro et Chantôme en attendant mieux un jour.

Il s'imagine déjà dans Saint-Germain-en-Laye, croyant vivre à Saint-Germain-des-Près, pour aller au café de Flore en 45 minutes de RER pour finir au VIP Room et devenir copain avec Jean Roch, le grand Jean Roch star inter-planétaire de la night. Il veut kiffer la vie parisienne. Paris, l'autre capitale de la mode, ville des Lumières, de la littérature, de la tour Eiffel, du Louvre et des péniches. Ah oui, on oubliait, il est surtout super fier de donner 75% de son pognon à François « c'est maintenant » Hollande… Oui, Zlatan a choisi : pour continuer ou finir sa carrière, ce sera le futur grand PSG, club qui gagne régulièrement la Coupe de France. Depuis hier, Zlatan n'a qu'un souhait, celui de rejoindre enfin les grands noms qui ont fait les beaux jours du club de la capitale (Rai, Leonard, Weah, sans oublier Llacer, Geraldao, Mendy…). En vrai, Zlatan Ibrahimovic a peut-être hésité deux secondes. Silvio Berlusconi, beaucoup moins. Et son agent, pas du tout.

Vikash Dhorasoo et Pierre Walfisz]]>
<![CDATA[FFF : le contrat de méfiance ]]> text/html fr SO FOOT Et si la Direction des Affaires Juridiques de la FFF était au contrat de travail ce que Gilbert Montagné est aux lunettes de soleil: une publicité mensongère ambulante ?
2010. L'intendant de l'Equipe de France avait envoyé un "document" à signer par les joueurs dissidents de Knysna pour qu'ils renoncent à leurs primes de résultats, pourtant bien négociées et signées…]]>
2010. L'intendant de l'Equipe de France avait envoyé un "document" à signer par les joueurs dissidents de Knysna pour qu'ils renoncent à leurs primes de résultats, pourtant bien négociées et signées par les joueurs, afin de les reverser finalement à... des associations. Nicolas Anelka était même allé jusqu'à proposer lui-même l'association de son choix, n'ayant que peu confiance dans une Fédération qui avait trouvé normale de confondre primes et sautes d'humeur. Une situation ubuesque mais acceptée - difficilement- par les joueurs au regard de la tempête médiatique qui aura mis a mal leur cote. De publicité plus que de popularité, en l'espèce.

2011. Parenthèse encore plus incroyable : le partenariat signé avec Nike, "le plus gros contrat du monde" dixit M. Le Graët, révèle un malus de 10 millions d'euros, à verser si "on est qualifié pour une compétition internationale et qu'on n'est pas autorisé à porter les équipements de l'équipementier avec lequel on est sous contrat", dixit Le Graët. Un contrat à 43 millions d'euros par an de la part de Nike et une participation aux JO de Londres, avec toutes les équipes olympiques françaises qui doivent être habillées par Adidas, partenaire du Comité national olympique. Un non-contrat de confiance en la capacité des Bleues à se qualifier. A ce niveau là, un contrat de méfiance.

2012. Retour aux primes individuelles. Nous sommes au Touquet, en pleine préparation de l'Euro ; représentant l'ensemble des Bleus, Cédric Carrasso, Alou Diarra, Hugo Lloris, Philippe Mexès et Florent Malouda négocient avec la Fédération Française de Football le versement de primes. Noël Le Graet déclare alors : "Les discussions se sont déroulées dans un bon climat. Il n'y a pas eu de bras de fer. J'ai préféré abandonner un peu moins sur les quarts et un peu plus pour les demis et la finale. C'est un bon deal". Quelques mois après le Touquet, la FFF propose de reprendre les primes, non pas promises mais contractuellement dues par la FFF. Qu'est ce qu'une saute d'humeur ou une injure peut bien avoir avec une prime de résultat ? Une chose est certaine : jamais les Bleus n'auraient touché leurs primes s'ils avaient été des losers magnifiques comme les Suédois, perdant en poule avec le sourire. Un, parce que le montant de la prime d'élimination en poule était de zéro. Deux, parce qu'avec tant de précédents, il n'y a plus vraiment lieu de donner crédit à la FFF lorsqu'il s'agit d'accord contractuel. Avec ou sans comportements discutables et discutés, un tout autre sujet à traiter à part. Alors, d'où vient l'amalgame: incompétence ou confusion ?

Les primes versées aux joueurs de l'Équipe de France le sont le plus souvent en contrepartie de l'exploitation de leur image auprès des sponsors et ne peuvent en aucun cas être assimilées à un salaire. Dans une décision en date du 21 janvier 2009 (Cass. civ. 22 janvier 2009, n°07-19039), la Cour de cassation avait considéré qu'il ne pouvait être déduit du pouvoir de sanction et de contrôle de la FFF sur les joueurs sélectionnés en Équipe de France, l'existence d'un lien de subordination. En d'autres termes le pouvoir de sanction de la Fédération n'est pas un pouvoir disciplinaire au sens du droit du travail. Les joueurs de l'Équipe de France ne sont pas liés par un contrat de travail avec la Fédération Française de Football et restent pendant la durée d'une compétition tel que l'Euro, salariés de leurs clubs respectifs. Le traitement de ces primes relèvent donc bien de la Fédération et des éventuels accords avec les joueurs...

Quelques mois plus tard la donne a changé : haro sur les bleus, haro sur les primes. Vous n'avez pas respecté les valeurs de la République (prend ça Marianne) vous serez punis. Première sanction : le gel des primes. Pas de prime pas de chocolat, pas de chocolat pas de prime. Oui mais voila, d'autres valeurs se retrouvent aujourd'hui bafouées, celles peut être moins strass et paillette du droit des contrats, et c'est Portalis et consorts qui se prennent une enfilade de petit ponts. L'Article 1147 du Code civil aura alors peut être échappé à la FFF mais les sanctions pour inexécution d'un contrat ne lui sont pas exonérées : "Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, toutes les fois qu'il ne justifie pas que l'inexécution provient d'une cause étrangère qui ne peut lui être imputée, encore qu'il n'y ait aucune mauvaise foi de sa part".

Bien entendu l'article 1151 dudit Code précise à son tour que le dommage doit être direct, certain et personnel. Pas de doute sur ses critères alors en tout état de cause, par une simple application des principes fondamentaux du droit civil, les joueurs de l'Equipe de France seraient en droit de récupérer leurs primes et peut être à leur tour d'envisager leur propre affectation... Prochain épisode juridique à coup sûr pendant les Jeux de Londres, puis lors de la signature du "contrat" de Reynald Denoueix au poste de sélectionneur (on peut toujours rêver), avant, à la fin de l'année de nouvelles élections des instances de la FFF, où Tatane remettra le sujet sur le tapis. Entre autres.

Tatane]]>
<![CDATA[Euro 2012 : "Ici, on ne fait pas de petit pont"]]> text/html fr SO FOOT Je suis Vikash Dhorasoo, ancien footballeur professionnel de haut niveau, pur produit d'un centre de formation français.
Je suis né au Havre, dans une cité HLM. Dans cette cité, j'ai appris à vivre et à jouer au foot avec les autres. Rapidement, j'ai joué mieux que tout le monde, mais avec tout le monde. J'adorais…]]>
Je suis né au Havre, dans une cité HLM. Dans cette cité, j'ai appris à vivre et à jouer au foot avec les autres. Rapidement, j'ai joué mieux que tout le monde, mais avec tout le monde. J'adorais faire des petits ponts, ce geste virtuose pas aussi utile qu'un but mais tellement amusant. Presque par hasard, j'ai intégré le club du quartier. Repéré par le HAC, le club professionnel de la ville, j'ai découvert, à l'âge où l'on vit ses premiers flirts, qu'on pouvait signer autre chose que sa carte d'identité : 15 ans, premier contrat de footballeur stagiaire.

Ayant la chance de "signer" dans ma ville, j'ai pu continuer à aller au lycée normalement. Je suis devenu très vite un "espoir" du HAC, et, très vite, j'ai subi de fortes pressions pour m'entraîner plus dur, pour devenir plus fort et "confirmer" des espoirs que d'autres avaient placés en moi. Comme beaucoup de mômes, j'avais bien sûr très envie de devenir footballeur et de soulever la Coupe du monde. Alors j'ai obéi, mes parents ont cédé, et, vers 17 ans, j'ai vraiment intégré à plein temps le centre de formation du club. Fini de rire, tu as un métier maintenant. Ou presque.

Lire la suite sur Le Monde
]]>
<![CDATA[On a perdu, on a gagné, on s'est bien amusés]]> text/html fr SO FOOT Vice-champion du monde en 2006, Vikash Dhorasoo préside Tatane, mouvement pour un football joyeux et durable. Chaque semaine, retrouvez ses chroniques dans le cahier Sport&forme du "Monde". Mardi dernier, la France a perdu. Enfin, pour être précis, l'équipe de France de football a perdu mollement son troisième match de l'Euro 2012 contre l'équipe de Suède. "Insupportable",…]]> Mardi dernier, la France a perdu. Enfin, pour être précis, l'équipe de France de football a perdu mollement son troisième match de l'Euro 2012 contre l'équipe de Suède. "Insupportable", "honteux" pour de nombreux spécialistes.

Pourtant, comme le disait le Kaiser Franz : "Au foot, il n'y a qu'une seule possibilité : perdre, gagner ou faire match nul." Ou encore Ronaldo la lose - le Brésilien, pas le Portugais : "On a perdu parce qu'on n'a pas gagné." Lorsqu'un match débute, on sait que l'on peut perdre. C'est même toute la beauté et le plaisir du jeu : la défaite au football n'a pas de conséquences graves, contrairement à une fermeture d'usine, une élection fâcheuse ou une erreur de manipulation dans une centrale atomique.

Lire la suite sur LeMonde.fr ]]>
<![CDATA[Tatane note les Bleus]]> text/html fr SO FOOT Les gars de Tatane ont suivi cette purge de Suède-France. Et ont livré leur verdict sur les Bleus. Lloris (7) : Aurait aimé être allemand ou espagnol…Entre Chris/Kone et Rami/Mexes, son cœur balance. Avec Douchez, c'est 5-0 ! Debuchy (5) : A parfois réussi des centres, en a…]]> Lloris (7) : Aurait aimé être allemand ou espagnol…Entre Chris/Kone et Rami/Mexes, son cœur balance. Avec Douchez, c'est 5-0 !

Debuchy (5) : A parfois réussi des centres, en a surtout raté . Tout ça parce qu'il préférait admirer les tatouages d'Ibrahimovic.

Mexès (4-2) : Il parait que ce n'est pas le plus gros d'après Laurent Blanc,? Empâté, lent, maladroit, pas concerné… « Nul sale 2 ». Sa note ne décolle pas plus que lui quand il veut sauter. Sa meilleure action du match, un carton jaune qui le prive des quarts. Ouf !

Rami (2) : Ibrahimovic s'est demandé si les français étaient sérieux ! A touché le fond mais creuse encore. Tireur de coup franc attitré des bleus, Oulala !!!

Clichy (4-2) : Spectateur sur le second but. A joué son match 2 heures avant chez le coiffeur. Spectateur trop court…

Diarra (4): A réussi sa première frappe cadrée de l'année. Aurait besoin de 3 touches de balles pour contrôler le ballon. Correct défensivement, inutile dans la construction. Inutile !

M'Vila (non noté): Vivement son retour de blessure !

Nasri (2) : Ralentisseur de jeu, roi de la passe en arrière, animateur de la déroute. N'est pas
Xavi qui veut. Surnom, Jean Boin-Jean Jaurès (nom des tribunes latérales de Gerland ). Devrait signer à Lyon au mercato.

Ben Arfa (2): A chercher à combiner avec Spinoza, en vain.

Ribery (6): N'est plus le clown de l'équipe.

Benzema (3) :Depuis qu'il a le numéro 10, veut jouer comme Zizou. Pourrait se retrouver sur le parking s'il ne décroche encore plus. Pas vraiment aidé par les passes kilométrées de ses coéquipiers.


Raymond Blanc ou Laurent Domenech 3-1 : A de la chance d'être « le Président » !

Par le Winamax Football Club]]>
<![CDATA[Pour ma gueule, par Vikash Dhorasoo]]> text/html fr SO FOOT Par Vikash Dhorasoo, ancien footballeur
« I love you Samir Nasri ! » Depuis lundi soir, j'aime Samir Nasri. Pas parce qu'il joue bien et encore moins parce qu'il me paraît sympathique, mais bien parce qu'il ne fait pas semblant. Ce…]]>
« I love you Samir Nasri ! » Depuis lundi soir, j'aime Samir Nasri. Pas parce qu'il joue bien et encore moins parce qu'il me paraît sympathique, mais bien parce qu'il ne fait pas semblant. Ce type ne pense qu'à lui. Oui, Samir Nasri ne joue pas pour les autres, il ne joue pas pour la France et encore moins pour la France du football, car il sait que la France du football n'aime pas les riches footballeurs.
Samir Nasri n'était pas à Knysna. C'est vrai, et il sait nous le rappeler à chaque occasion. Mais Samir Nasri aurait pu ou dû être à Knysna, car finalement toute la France était à Knysna avec les vingt-trois grévistes, et Samir Nasri aurait certainement fait la même chose que ses copains du bus. Il aurait mal joué, écrit une lettre, commencé une grève pour défendre son copain rebelle avant de penser aux conséquences sur sa carrière et son image, et, certainement sur les conseils de son agent et de sa famille, aurait fait marche arrière en toute lâcheté.

Lire la suite sur Le Monde.fr ]]>
<![CDATA[Manifeste d'élèves footballeurs]]> text/html fr SO FOOT Réinventer le manifeste Tatane : la contribution de la Section Sportive Football du Lycée Pierre de Coubertin de Meaux (77)
Ils s'appellent Moshen, Yann, Rubens, Bilal ou Mickaël, sont en Seconde, n'ont pas leurs deux pieds dans la même chaussure à crampons et sont surtout les premiers à réinventer le manifeste Tatane.…]]>
Ils s'appellent Moshen, Yann, Rubens, Bilal ou Mickaël, sont en Seconde, n'ont pas leurs deux pieds dans la même chaussure à crampons et sont surtout les premiers à réinventer le manifeste Tatane. Des élèves de la Section Sportive Football du Lycée Pierre de Coubertin de Meaux (77) ont écrit leur propre manifeste « pour un football durable et joyeux », dans le cadre de leur cours de français. Leur professeur, Lise Weis, a proposé de lire et d'étudier -rien de moins- le manifeste qui a suscité “un très grand enthousiasme”.

Dignes ambassadeurs du mouvement, les jeunes tataneurs n'ont pas prévu de s'arrêter là et proposeront à Meaux, au cours de l'année scolaire 2012-2013 un événement “pour un football durable et joyeux”. Questions/réponses sur le football et ses valeurs, ainsi qu'un match très amical devraient être au programme. Les amis de Tatane seront bien évidemment présents à Meaux, ville de football qui a vu évoluer par le passé d'autres joueurs inspirés autant par la poésie que par le ballon rond, de Franck Leboeuf à Francis Llacer, en passant par Yohann Pelé, Joël Cantona et Frédéric Déhu… Courage les amis, Tatane est avec vous !

Lire la suite du manifeste, ici ]]>
<![CDATA[La préparation physique sans ballon est-elle indispensable ? ]]> text/html fr SO FOOT Ou l'espoir d'un Water-polo dans l'Yonne.
« Dieu que je mourais d'ennui, de colère et de fatigue à courir bêtement dans la pinède pendant des heures ! A faire des fractionnés et tous ces putains d'exercices physiques à la con ! »…]]>
« Dieu que je mourais d'ennui, de colère et de fatigue à courir bêtement dans la pinède pendant des heures ! A faire des fractionnés et tous ces putains d'exercices physiques à la con ! » déplore Mathieu Gabard, ancien apprenti au centre de formation du MHSC qui, après un an de pensionnat footballistique s'en est allé butiner d'autres cercles philosophiques.

Pourquoi la préparation physique déplaît-elle tant ? Est-elle réellement indispensable ? Claude Puel aime-t-il la danse expressionniste ? Ne pourrions-nous la remettre en question sérieusement ?

Il n'est pas révolutionnaire de dresser ce terrifiant constat : le travail de préparation physique se fait dans la contrainte et la souffrance. Nous émettons l'hypothèse que travailler le physique en jouant et en se faisant plaisir garantit une meilleure forme physique et psychique. A vrai dire nous en sommes convaincus.

La préparation physique répond à la philosophie du « il faut en chier pour y arriver », nous pensons qu'il y a d'autres manières d'être en bonne condition physique, des manières plus belles, plaisantes et joyeuses, Garrincha « se faisait plaisir, jouait, riait et marquait », jouons, rions et marquons !

Nous pensons que si la préparation physique est actuellement composée d'exercices laborieux, chiants et déprimants, c'est avant tout par manque d'inspiration et de créativité dans les exercices proposés, une sorte de facilité, une inertie, une mauvaise habitude considérée comme acquise et indiscutable.

Multiplier les exercices avec ballon ou autre pour remplacer les folles courses autour des stades ou dans les pinèdes, les pompes, les gaines et les abdos, détestables au possible.

Voici une liste non-exhaustive de propositions :
⁃ Organiser un « chat » géant dans la pinède
⁃ Epervier
⁃ Cours de Hip-Hop, Salsa, Tango, Jerk, Javanaise
⁃ Course de slalom entre les arbres en forêt
⁃ Canoë-Kayak
⁃ Pêche
⁃ Jonglage circassien (boules, massues, torches)
⁃ Domptage de fauves, une journée chez les forains, lecture du livre d'Armand Gatti
⁃ Envoyé spécial dans la cage aux fauves
⁃ Balle au prisonnier
⁃ Concours de jonglage balle Haki
⁃ Paint-Ball
⁃ Le déjà répandu Tennis-Ballon
⁃ Nager dans la Mer Méditerranée
⁃ Water-polo dans l'Yonne (pour les Auxerrois), et toutes déclinaisons fluviatiles en fonction des possibilités locales.
⁃ Pratiquer d'autres sports, permettant d'alerter le corps et l'esprit de la manière la plus complète : basket, handball, escrime, water-polo, tennis, curling, aikido, karaté, etc.
⁃ Surtout, multiplier les collaborations avec d'autres organismes (sportifs ou non), s'ouvrir à l'extérieur, partager les compétences, en faire bénéficier les partenaires et bénéficier des leurs. Cela s'adresse plus aux centres de formations qu'aux clubs de quartiers, de petites villes ou villages .
⁃ Yoga
⁃ Match sans ballon (passes faites à la voix, but marqué quand un joueur rentre dans le but, récupération du ballon en touchant l'adversaire)
⁃ etc.

Remettre le jeu et le plaisir à l'ordre du jour requiert de repérer toutes les zones troubles et rigides, les habitudes et les convictions, les secouer, les chambouler, les questionner, plus précisément : les tataner !

Par MG]]>
<![CDATA[Vivons ensemble, vive le sport !]]> text/html fr SO FOOT Plusieurs figures de la sphère sportive et associative ont publié un plaidoyer pour le vivre-ensemble dans "Le Monde" daté du 26 mai 2012. Nous, acteurs du monde associatif, de l'éducation et de la culture, croyons que le sport peut améliorer le vivre-ensemble... ]]> Nous, acteurs du monde associatif, de l'éducation et de la culture, croyons que le sport peut améliorer le vivre-ensemble...

Lire la suite du texte signé Vikash Dhorasoo, Yannick Noah, Jean-Hplippe Acensi et Stéphane Mandard ]]>
<![CDATA[Ouvrons les portes ! ]]> text/html fr SO FOOT « On m'apprend à tirer fort, alors que je rêve d'extérieurs du pied et de ballons piqués. L'image du foot aujourd'hui, c'est de la sueur et des muscles hypertrophiés par l'effort. Moi je rêve de…]]> « On m'apprend à tirer fort, alors que je rêve d'extérieurs du pied et de ballons piqués. L'image du foot aujourd'hui, c'est de la sueur et des muscles hypertrophiés par l'effort. Moi je rêve de légèreté, d'harmonie, de plaisir. Comme il existe une musicalité des vers, j'aimerais que le foot offre celle des gestes. Je suis à la recherche d'une symphonie. Mais la musique du football, de nos jours, c'est seulement du hard-rock.»
Eric Cantona dans une interview pour un journal de la région auxerroise.

Amis, innovons, soyons férocement audacieux.
Pour former des joueurs il y a deux voies majeures :

⁃ La Voie « Claude Puel » : la force, la volonté, la puissance, « philosophie » militaire et guerrière de la performance physique, pensée industrielle de la production de masse et capitaliste de l'efficacité dénuée de toute considération du bon et du beau jeu.
⁃ La Voie « Garrincha » : le plaisir, le jeu, l'intelligence, la découverte, l'inconnu, le frisson.
⁃ Ces deux voies peuvent évidemment se combiner.
⁃ Plaisir de gagner.
⁃ Frisson de la performance.
⁃ Jouissance de la victoire

« Plus on développe tôt la compréhension et l'intelligence de jeu, plus on fera progresser les gens. En bref, ces derniers temps dans les centres de formation, de pré-formation et dans les sélections, on a eu tendance à privilégier les aspects athlétiques et morphologiques par rapport à l'aspect technique. Il faut désormais se pencher sur d'autres critères un peu oubliés, et se pencher sur l'état d'esprit. »
Laurent Blanc, interview à « L'Equipe ».

Aux centres de formation de former des hommes.
Des joueurs, oui, mais des hommes joueurs ! Les centres de formation doivent offrir de la diversité, multiplier les possibilités les plus folles et improbables :

⁃ Cours de danse expressionniste, voir des pièces de danse de Pina Bausch ou Sidi Larbi Cherkaoui.
⁃ Cours de peinture « Si le pinceau était un pied, la gouache une émotion et la toile un spectateur? »
⁃ Ateliers d'écriture, « A quel poste aurait-joué Arthur Rimbaud? »
⁃ Créations de pièces de théâtre « L'Autogestion des poussins Metzins 76 », « Panique au Stade Yves du Manoir, qui a volé les chasubles noires ? »,
⁃ Et bien évidemment, et principalement, des créations ne pouvant avoir aucun rapport avec le football.

Les Centres de formation doivent nouer des liens avec les partenaires locaux afin que puisse s'enrichir le rapport au monde des joueurs et surtout des enfants, futurs citoyens, qu'ils prennent en charge, les ancrer dans un réseau social riche et varié au lieu de les enfermer et de les isoler, ouvrir leurs possibilités. Certains centres de formation font étudier leurs joueurs dans des écoles extérieures à leurs centres, cela ne doit pas suffire. Il faut ouvrir les portes et les imaginaires des jeunes joueurs de football. Leur donner la possibilité d'un surcroît de vie et de variations :

⁃ Pass UGC illimité ;
⁃ Abonnement salles de spectacles ;
⁃ Réductions à la FNAC ;
⁃ Cours de musique tous instruments ;
⁃ Partenariats avec Conservatoire local ( musique, théâtre, danse).

Lorsque j'étais au MHSC, le centre de formation se situait juste en face d'un Centre Dramatique National, le Théâtre des Treize Vents, nous n'y avons pas mis un seul pied, aucun partenariat ou échange organisé, aucune sortie proposée, alors que le soir nous nous emmerdions enfermés dans le centre, il y avait aussi le Zénith de Montpellier à 200 mètres, idem. Rien. Néant. Et même plus, interdiction de sortir pour s'y rendre. Idiotie. Cloisonnement. J'ai illégalement vu Noir Désir, cela a scellé mon envie de quitter ce bateau sans voyages.

Il est aussi important que tous ces partenariats culturels ne soient pas des nécessités mais des possibilités offertes, des voies de désencastration permettant au football de respirer d'un autre souffle, de sentir l'art, la philosophie, la culture inhérents au football lui-même, car le football est artistique, philosophique et culturel tout autant que sportif. Nous ne donnons pas dans le pédantisme artistique en considérant que le théâtre, la danse, la musique, la littérature sont essentiels pour être quelqu'un de bien, ils sont des possibilités de respiration et d'ouverture, d 'évasion et d'épanouissement pour un monde footballistique trop souvent renfermé sur lui-même, asphyxiant.

La formation des entraîneurs responsables des enfants doit aussi être remise en question, elle est beaucoup trop négligée, mauvaise et bornée :

⁃ Etude des pédagogies nouvelles, enseignements alternatifs : Montessori, Freinet, Steiner, A.S. Neill, Firmin Bouglione (dressage des fauves), etc.
⁃ Réfléchir à comment appliquer ces méthodes au football .
⁃ Impliquer les entraîneurs dans des ateliers de théâtre, d'écriture et de danse au même niveau que les joueurs.

Car il est important d'abolir l'arriéré et rigide rapport d'autorité qui lie l'entraîneur aux joueurs qu'il soumet par ses directions et exercices. Un dialogue libre et insolent doit pouvoir s'établir entre eux. L'entraîneur doit encourager ses joueurs à s'exprimer, les pousser à faire part de leurs pensées à l'égard du jeu de l'équipe, et l'entraîneur, de par son expérience, les orienter. Qu'il ne se place pas au dessus d'eux, mais, que tendus vers le même but, ils fassent route ensemble et tentent de déjouer les embûches qui émailleront leur traversée, le jeune joueur sans expérience pouvant à tout moment ouvrir des brèches improbables auxquelles l'entraîneur n'avait jamais pensé. Un grand entraîneur récemment déchu, lors d'une Tatane Party, dit qu'il n'avait pas attendu Tatane pour avoir leurs idées. Ce qui médiatiquement et sur le terrain était donné à voir en était pourtant loin. De l'idée à la pratique, il y a des gouffres et des passerelles trouées. Tatane prend l'avion, l'hélicoptère, surfe et plonge. Si Tatane tombe, Tatane tombe. Et se relève en chantant la Marseillaise le cœur sur la main, non pas parce qu'il aime la France, non, Tatane aime la vibration d'un Garrincha, la piraterie d'un Ballotelli, l'insolence d'un Cantona, non, si Tatane un jour se lève et chante la Marseillaise c'est bien parce que, tout jeune en 93, il a vu France-Bulgarie et a pleuré avec Didier Deschamps, il a vibré, vécu cette tragédie, beauté des matinées orageuses et des pluies battantes, Tatane ne chante pas par respect mais bien parce qu'il aime, parce qu'il tremble, parce qu'il est ému, par plaisir.

Les trous dans les chaussures Tatane sont autant d'aspirations à un football ouvert, qui se ventile et ne succombe pas à la moite entropie d'un football protectionniste, industriel et fade. Du cousu main et des trous, des dérapages et des chutes, du risque et du jeu, bordel!

Par Mathieu Gabard ]]>
<![CDATA[Luyindula met le droit du travail sur la touche]]> text/html fr SO FOOT Le droit du travail du sportif professionnel est mort ce lundi 21 mai 2012. Le coupable idéal Péguy Luyindula certainement, l'argent assurément. En décidant de prolonger son contrat (de travail) avec son club, le joueur parisien Péguy Luyindula a préféré renoncer à la procédure judiciaire qu'il avait engagée contre son employeur et retourner chauffer le banc du Paris-Saint-Germain. De loin la logique est infaillible, un nouveau contrat dans un club prestigieux vaut bien le sacrifice d'un égo mal placé.
De plus près, le monde du sport a mal à son code du travail. Voici un salarié qui abandonne une procédure pénale et une procédure prud'homale pendantes et renonce à près de 6 millions d'indemnités…]]>
De plus près, le monde du sport a mal à son code du travail. Voici un salarié qui abandonne une procédure pénale et une procédure prud'homale pendantes et renonce à près de 6 millions d'indemnités après avoir joué sur la corde de la victimologie pendant des mois. Voici un salarié qui préfère retourner travailler dans des conditions de travail qu'il considérait il y a encore quelques mois comme étant dangereuses plutôt que d'aller au bout d'une procédure judiciaire lancée à son initiative.

De cette décision, qui il est vrai n'appartient qu'à Luyindula lui-même, il en ressort plusieurs constats : Un club peut aujourd'hui envoyer une lettre à des dirigeants et potentiels recruteurs de Ligue 1 pour dire qu'un de ses joueurs est nul sans conséquence. Un club peut sanctionner un joueur parce qu'il refuse de jouer en équipe réserve et de ne plus s'entraîner avec le groupe professionnel alors même que la convention collective du football prévoit le contraire. Un club peut ne pas respecter la décision de la commission des affaires juridiques de la ligue de football professionnelle sans conséquence.

Alors, il y a comme un goût amer dans cette décision qui pour les plus malins confirmera l'idée d'un football business en expansion franchissant toute les barrières et finalement même celle du droit du travail. Pour d'autres la blessure sera plus profonde. A considérer qu'un sportif professionnel est un travailleur comme les autres, les mêmes règles que le travailleur « classique » doivent lui être appliquées. Aujourd'hui l'affaire Luyindula se termine dans un bureau alors même qu'elle aurait pu permettre de démontrer que l'argent ne permet pas tout. Elle aurait pu permettre de faire reconnaître en justice la question de la nature juridique du passage groupe pro/équipe réserve pour le joueur professionnel.

Le joueur avait porté plainte contre trois dirigeants du club pour harcèlement. La signature de son nouveau contrat donne la sale impression que son silence a été acheté ou alors comment comprendre ce revirement de situation? Aucune décision n'avait été rendue et le PSG, bien sûr était protégé par la présomption d'innocence, la question n'est pas là. Le PSG aurait très bien pu obtenir entier gain de cause... Le problème en soit n'est finalement pas l'homme, le joueur Péguy Luyindula, il se situe davantage du côté de l'image que peut donner cet épisode et du retentissement de cette "non procédure". Aujourd'hui, combien d'autres joueurs, moins exposés que le joueur parisien, auraient pu se servir d'une "jurisprudence Luyindula" pour faire valoir leurs droits. Combien de joueurs auraient pu dans des divisions inférieures faire valoir leurs droits et rappeler à leurs employeurs que le Code du travail s'applique à eux?

Le PSG a remporté son match, Péguy Luyindula aura subi un préjudice certain celui d'être passé pour un joueur relou parce qu'il a dit non, image qui le suivra très certainement encore.
Il ne reste plus qu'à lui souhaiter une saison prolifique.

GK]]>
<![CDATA[Laisse pas traîner ton fils…dans l'Equipe ! ]]> text/html fr SO FOOT L'Equipe a lancé il y a peu l'opération « Tous dans l'Equipe ». Le quotidien va désormais traiter des matchs de jeunes de catégorie U13 comme des match pro. Le dispositif « n'aura rien à envier à…]]> L'Equipe a lancé il y a peu l'opération « Tous dans l'Equipe ». Le quotidien va désormais traiter des matchs de jeunes de catégorie U13 comme des match pro. Le dispositif « n'aura rien à envier à une affiche de Ligue 1 ». Le 26 avril, c'est donc le match entre Saint-Nazaire et Castelnaudary qui a eu le droit à cette attention. Les jeunes, de 11 à 12 ans, se sont vus attribuer des notes, comme Messi ou CR7, et ont vu leurs réactions reprises dans l'Equipe. On pourrait se féliciter de voir le quotidien sportif s'intéresser aux footballs amateurs. Et on s'en félicite. Le football amateur est le miroir du football, dont le foot pro est la vitrine. Pour une fois qu'il est question de ce football du mercredi et des week-ends qui rythme la vie de milliers de gamins et de leurs parents, c'est une bonne nouvelle. Mais cette opération suscite quelques interrogations.

Tout d'abord, une couverture médiatique de cette ampleur ne viendrait-elle pas rajouter un poids supplémentaire à ces gosses, déjà soumis à une pression chaque week-end ? La culture de la victoire est présente dans de nombreux clubs dès le plus jeune âge et cette médiatisation pourrait venir renforcer ce culte de la victoire. Participer ce n'est pas tout, on le sait bien, mais perdre ce n'est pas grave. Le lauréat de l'opération et ses coéquipiers n'auront-ils pas plus de mal à accepter la défaite dès lors qu'elle sera en pleine page du quotidien sportif ? L'Equipe met certes quelques garde-fous, les parents s'engageant « à soutenir leur enfant pendant toute la durée de la rencontre, à hurler son nom, à ne pas s'énerver quand il tirera à côté du but laissé vide par le gardien, à le féliciter après le match, surtout en cas de lourde défaite, et à lui remonter le moral lors de la parution, même s'il obtient, pour la première fois depuis l'existence de ce journal, une note négative ».

C'est là qu'est en fait le vrai problème de l'opération, les notes. Des notes qui peuvent être négatives, alors même qu'un professionnel expulsé ne se contente que d'un zéro. Les enfants n'ont-ils pas assez d'angoisses avec les notes qu'ils reçoivent à l'école dès leur plus jeune âge pour ne pas se voir épargner ces outils de compétition dans ce qui est et devrait rester un jeu ? Des associations comme l'AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) ont d'ailleurs appelé à la suppression des notes à l'école en expliquant qu'elles sont facteurs de souffrance pour les enfants. Certains se tiennent le ventre le matin avant d'aller en classe et beaucoup ont peur de ne pas être capable de répondre aux attentes de leur professeur. Que l'Equipe veuille « rendre hommage » au football amateur est une très bonne chose mais les notes sont peut-être de trop dans ce dispositif. Qu'on veuille faire plaisir aux gamins en leur donnant des notes comme leurs idoles part sûrement d'une bonne intention, mais laissons aux enfants le plaisir de jouer, et aux professionnels le fardeau de se faire noter.

Parce qu'une note est toujours subjective.

Par David Guillet
]]>
<![CDATA[Le Petit poussait]]> text/html fr SO FOOT On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants, Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands, Et d'un extérieur qui brille ; Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit…]]> On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants,
Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands,
Et d'un extérieur qui brille ;
Mais si l'un d'eux est faible ou ne dit mot,
On le méprise, on le raille, on le pille ;
Quelquefois cependant c'est ce petit marmot
Qui fera le bonheur de toute la famille.


Charles Perrault (« Le petit poucet »)

Alors voilà, on y est, ce samedi soir la France va vibrer, crier, probablement pleurer, demain soir c'est le grand retour de notre conte préféré, l'œuvre maitresse de Charles Perrault, samedi soir c'est le grand soir, samedi soir L'olympique Lyonnais affronte… le PETIT POUCET.

A chaque coupe de France, à un moment ou un autre de la compétition, on nous remet le couvert. Toute le France est derrière « le petit poucet », l'équipe d'amateurs qui vont acheter eux mêmes leur pain et qui touchent un mars et un repas gratos chez Buffalo grill comme prime de match. Ah ce serait quand même merveilleux si ces mecs en guenilles donc forcément sympathiques et désintéressés faisaient la nique à ces millionnaires stupides et prétentieux qui ne mouillent même pas le maillot, ces mercenaires qui savent même plus ce qu'aimer un maillot veut dire…Le Petit Poucet, c'est la beauté du sport, le vrai, celui du terroir, celui de types qui sont prêts à se sacrifier pour le collectif, prêts à jouer avec un seul protège tibia pour défendre les couleurs de la quincaillerie Michel qui les soutient depuis le premier tour à Vezoul, prêts à mourir pour la patrie, ou au moins pour la normandie…

Le Petit Poucet, que tout le monde méprisait, nous montre le chemin à suivre, et « fait le bonheur de toute la famille » comme disait Charles Perrault.

Ah oui ?

Au risque de vous sembler vulgaire, Petit Poucet mon cul. Petit Quevilly mon cul. Moi en 2000, j'étais déjà pour Nantes. Calais, sans déconner… Ce qui est tout de même frappant lorsque l'on écoute les propos des joueurs et entraineurs de « petits poucets », c'est leur absence abyssale de lucidité : De la chance ? non, pourquoi, on a bien joué le coup, et c'est surtout le résultat d'un énorme travail, tout au long de l'année, qui porte ses fruits…Un énorme travail, les gars, même Aulas, il n'oserait pas nous prendre à ce point là pour des buzes.

Je vous entend déjà : t'exagères, ils sont quand même sympas ces petits normands, ça nous change des grosses têtes du PSG…

Ah bon ? moi, je suis allé voir sur Paris Normandie.fr, à quoi ressemblait l'ambiance chez L'US Quevilly. C'est vrai que ça nous change de la langue de bois des pros, florilège : « C'était comment les conditions d'entrainement ce matin ? C'était pas facile mais bon faut faire avec..je préfère avoir un peu de pluie que du froid… bon il fait pas chaud aussi...». L'entraineur Régis Brouard: « beaucoup de jeu, beaucoup de bonnes initiatives, on sent qu'il y a quelque chose qui répond... » Mmm ça c'est de l'authentique, pas de la com sous contrôle…

Et puis à l'hôtel, quel contraste avec ces salopards de privilégiés du foot pro : voitures de sport garées devant, lunettes de soleil du sponsor sur le nez, espadrilles de sponsor aux pieds, on fait …un tournoi de poker. Ah, le vent de fraicheur ! Alors les Knysna-boys, vous vous prenez une claque hein ? Prenez en de la graine bande d'aristos !

Si au moins ils s'inspiraient de l'attitude exemplaire d'un Philippe Poutou qui sait qui et où il est, genre « je sais que je n'ai rien à faire là, d'ailleurs ça me soûle de jouer le jeu du macho qui va gagner, je me lève tard et je ne repasse pas ma chemise, mais par contre je m'amuse bien à vous regarder et j'en profite un max...» Mais non, ils préfèrent nous la jouer Bayrou «mise au vert comme à la télé-poisson bouilli pâtes sans beurre-on n'est pas là pour rigoler-un Canada dry eu au lit- je dirai qui a gagné après la finale ».

Bref, vous m'aurez compris, Allez l'OL ! Montre lui au Petit Poucet comment on joue au foot. Mets leur la pâtée à ces insolents ! Comme Lara Fabian en duo amygdales avec un candidat de la Star Ac. Comme Jamel avec Frédéric Lefebvre. Chacun son boulot. Qu'on en finisse, et que Régis Brouard cesse de prendre les chaines de télé pour une annexe de Pôle emploi ! Je veux bien me faire braquer par Al jazeera l'année prochaine, mais pas pour me taper Brouard en conf de presse…

Un jeune enfant, sur son pot, s'efforçait.
Moralité :
Le petit poussait.
Alphonse Allais

Par Pierre Walfisz ]]>
<![CDATA[Le Barça est-il un groupe ? ]]> text/html fr SO FOOT « Le groupe vit bien ». Voici une phrase entendue et réentendue dans le milieu du sport et encore plus dans le milieu du foot, notamment en conférence de presse. Mais le groupe, dans le football pro, finalement, ça existe vraiment ? Le groupe c'est une association de personnes ayant des points communs et un intérêt collectif qui va au delà de leur intérêt individuel. En football les joueurs ont au moins un point commun : celui de jouer au football.
A Quevilly le groupe existe peut-être car il semble encore homogène. En tout cas il peut encore donner l'illusion d'exister même pendant les périoes de crise (le club joue le maintien) car l'objectif…]]>
A Quevilly le groupe existe peut-être car il semble encore homogène. En tout cas il peut encore donner l'illusion d'exister même pendant les périoes de crise (le club joue le maintien) car l'objectif commun de gagner la coupe de France est là et parce que la presse n'a pas encore ciblé un joueur en particulier. Une tête de gondole pouvant intéresser les clubs pros au futur mercato.

Est-ce aussi évident à Manchester, à l'Inter ou à l'OM?
A Lyon, Juninho avait-il la même influence que Réveillère sur le groupe? Au Barça, Messi a-t-il des points communs avec Busquet ? Au Bayern Robben bénéficie-t-il du même traitement que Müller ? Ils n'ont pas tous le même salaire, pas le même statut, pas la même exposition médiatique, pas la même capacité à faire gagner leur équipe…
Le foot est un sport collectif. On parle de groupe. Un groupe qui vit bien c'est un groupe qui gagne ou qui gagne suffisamment pour accepter l'ordre établi, accepter la concurrence et les choix de l'entraîneur. Le tout dans la bonne humeur.
Finalement le groupe vit bien tant que l'objectif du club est encore atteignable.

Et puis soudainement l'équipe commence à perdre. Le groupe continue à « bien vivre », mais les défaites s'enchaînent et officiellement, médiatiquement, l'équipe vit toujours bien. La communication doit protéger le groupe.

L'équipe dégringole au classement, l'objectif affiché en début de saison s'éloigne, les premières tensions apparaissent, le vestiaire s'observe et le coach observe le vestiaire. Les défauts des uns et des autres sautent aux yeux, la mise au vert devient de plus en plus pénible et longue. C'est là que le coach décide de faire une mise au vert de 3 jours pour resserrer les liens alors que le groupe vit « toujours bien »... On aperçoit pourtant sur le terrain les premiers signes d'agacement des « stars ».

En conférence de presse on continue de dire que le groupe vit bien, sauf qu'un journaliste plus malin sait déjà qu'un accrochage a éclaté au dernier entrainement. Le club a essayé de le camoufler, mais trop tard ! La presse sait tout et il faut déjà s'expliquer devant les caméras: « le groupe vit quand même bien ».
Le coach doit faire des choix, des changements mais cela perturbe la vie de groupe.
Et puis la défaite d'après, c'est la crise et tout explose à la face du monde footbalistique. Tiens c'est étrange, le groupe ne vit plus bien du tout.
Les joueurs se détestent. Le coach a fait les mauvais choix, le staff lâche les joueurs, certains sont montrés du doigt, une taupe apparaît dans le vestiaire, les stars sont attaquées dans la presse locale. On parle du montant de leurs transferts, de leurs salaire, de leur manque d'implication… La vie extra-sportive des joueurs est même étalée à la Une des journaux.

Et maintenant, le groupe vit toujours bien ?
En fait le groupe vit bien quand il gagne et mal quand il perd. Ce n'est malheureusement pas plus compliqué que ça. Car en fait le groupe de foot de très haut niveau n'existe pas. Le foot est un sport ou les différences et les intérêts individuels sont trop importants. « Le groupe » accepte quand il gagne et éclate quand il perd.

Dans la victoire les joueurs mettent leur égo de côté. Ils acceptent d'aller en tribune, d'être sur le banc ou remplacé en cours de match. Ils acceptent de ne pas mettre en danger le groupe. La victoire règle tous les problèmes liés aux intérêts personnels. La défaite fait remonter à la surface l'ambition et l'égoïsme … Le joueur accepte moins et le groupe pourrit.

Peu de groupes échappent à ce destin puisqu'au foot on perd toujours un jour.
Le Barça a pratiquement perdu le titre.
On verra ce soir si le groupe barcelonais, le collectif, le jeu à la Masia existent ou s'ils n'étaient qu'une fiction de plus, ne tenant qu'à une victoire ou une défaite. On découvrira également si la notion de groupe ne tenait que grâce aux exploits de leur superstar Léo Messi
Ce soir, en cas d'élimination de Barcelone, il sera possible de voir si un groupe est né car c'est dans la défaite et dans la difficulté que naissent les grandes équipes.

Par Vikash Dhorasoo]]>
<![CDATA[Busquets, durable et joyeux ? ]]> text/html fr SO FOOT De loin, il ressemble à un beau-frère d'arrière petite-cousine éloignée au 15ième rang dans l'Ordre de la couronne d'Espagne, le gus un peu crétin qu'on aimerait caché en bout de table. Sauf que…]]> De loin, il ressemble à un beau-frère d'arrière petite-cousine éloignée au 15ième rang dans l'Ordre de la couronne d'Espagne, le gus un peu crétin qu'on aimerait caché en bout de table. Sauf que Sergio Busquets fait 1,89m et a le sourire d'un cheval. Lui en rigole encore plus, entouré de Messi ,Xavi ou Iniesta et pas vraiment de vieilles princesses édentées. Sergio Busquets gagne, mais serait sûrement le même dans la défaite.

Né il y a vingt trois ans a Sabadell, et fils de l'ancien gardien de but du Barça, Carles, il intègre «la Masia» en 2003. Lancé par Frank Rijkaard, c'est avec Pep Guardiola qu'il se révèle mourinhesque, «tricheur», « truqueur », les adjectifs pleuvent, notamment après la fameuse demi-finale de Ligue des Champions perdue face à l'Inter de José. En une mi-temps, Busquets fait dans le gros rouge qui tâche, et l'image du Barça en prend un coup. Et même champion du monde, à chaque classico depuis, «Busi» remet le couvert. Parce que sans lui, le joueur le plus jeune de l'équipe contre les Pays-Bas en finale en Afrique du Sud, les crampons bataves auraient eu raisons des cascarets espagnols.

Ce soir, comme toujours, il ne marquera pas, et la moitié de la planète foot rêvera de voir Xabi Alonso lui mettre des claques pendant que l'autre moitié essaiera de comprendre pourquoi ce type est un génie. Guardiola, lui, le sait, et depuis longtemps: « C'est un joueur fantastique, un don du ciel. C'est un joueur qui ne passe pas au travers lors des très grands matchs. Rappelez-vous donc de ses finales Il va prendre le relais de Xavi et Puyol à l'avenir comme pilier du Barça... » En juin 2007, Pep, l'élève de Cruijff, range les crampons et enfile le costume. Il prend la tête de la réserve du club barcelonais, en troisième division et fait de Sergio la pièce maîtresse de sa nouvelle équipe. Avec au bout de cette saison, une accession a la deuxième division, le début d'une période faste qui semble sans fin.

Contrairement à la plupart de ses coéquipiers, le milieu de terrain défensif a une particularité, qui ne passe pas inaperçu: il n'a jamais connu la défaite : en l'espace de quatre années d'exercice au plus haut niveau, le joueur a tout gagné tout, terminant toutes ses saisons en tête du championnat et remportant deux ligues des champions, ainsi qu'une coupe du monde. Son truc, c'est de garder hors du terrain ce sourire, qu'il a laid. Sur le pré, là où le jeu frictionne, il prend sa tête de Droopy. Pas vraiment méchant, mais l'œil volontairement bovin en sus.

A Milan, Pirlo avait le brushing soyeux tout le match grâce à Gattuso. A Barcelone, Xavi pourra jouer jusqu'à 40 ans grâce à Busquets. Le mystère, c'est que le gus est grand, fin et lent, l'antithèse du poste, mais a un rôle clé : il est le Makelele du Barça, la collection de films pornos en moins et le toque en plus, l'un des meilleurs joueurs du monde a ce poste depuis maintenant plusieurs années. De loin, sérénité, et équilibre, pour son équipe, coups à donner pour lui. De près, il joue en métronome, coordinateur du jeu avec une capacité à relancer très rapidement vers l'avant. Ses feintes de passes se font dans le sens du jeu, ses récupérations se font debout.: Pep Guardiola a décidé d'incorporer un nouveau système dans son schéma de jeu, le«3-4-3» inspiré par le maître Johann Cruijff et a fait la différence lors du déplacement à Santiago Bernabeu en deuxième période. Même si « quand nous jouons avec une défense à 3, la position de Busquets n'a rien de facile ». Autre qualité du bonhomme : même sans ballon, Busquets libère des espace pour ses partenaires. Son petit jeu de jambes et ses appuis attirent un voire deux joueurs et libèrent ses coéquipiers. Lesquels ont souvent des brèches et de l'espace devant eux car Messi fait le même travail de leurre que Busquets, devant. Dans les catégories de jeunes, le flaco blaugrana a joué avant-centre. Aujourd'hui, à un poste exposé, il sait jouer en une touche et court, et donc sait dribbler. Le même obtient à chaque match son lot de fautes et cartons provoqués. Une science qu'il appliquera à coup sûr ce soir encore aux mêmes moments clés de la rencontre.

Santiago Segurola, du quotidien Marca, dont le fond de commerce consiste à torpiller le Barça, a fait le tour de la question et s'avoue lui aussi vaincu : « Busquets est le secret le mieux gardé du monde » Busquets est durable et presque joyeux. Il n'a que 23 ans.

Par Johan Marzélec
]]>
<![CDATA[Le synthétique]]> text/html fr SO FOOT Le football possède une particularité vis à vis des autres sports qui en fait une de ses nombreuses forces: on peut y jouer n'importe où! Il est un sport des villes comme des champs. Le bonheur est…]]> Le football possède une particularité vis à vis des autres sports qui en fait une de ses nombreuses forces: on peut y jouer n'importe où! Il est un sport des villes comme des champs. Le bonheur est dans le pré et en football le pré peut revêtir des géographies fort disparates. On peut donc jouer au foot absolument n'importe où mais chaque footballeur a la nostalgie d'un endroit bien particulier où il a joué encore et toujours. Je ne vous parle pas de ces stades mythiques que seule foule l'élite. Ni même du stade municipal de nos rencontres dominicales et officielles. Non je vous parle de ce lieu improbable, de ce lieu non répertorié qui n'appartient qu'à nous et à nos comparses de jeu. Il est le terrain de jeu par excellence et pourtant n'a de terrain de foot que le nom.

Un de mes amis, footballeur hors pair, (ne plaisantez pas j'en ai catalogué seulement deux dans ce panthéon personnel et sur la ribambelle de footeux que j'ai cotoyé ça fait pas bézef!) Cet ami donc nous confiait, à nous ses premiers compagnons de jeu, qu'il s'offrirait bien un jubilé. Et quel jubilé! Écoutez plutôt ça: Il nous proposait de nous retrouver dans le pré de notre enfance là où nous nous donnions rendez-vous pour footballer sans jamais épuiser notre passion! Là où on a déchiré nos guenilles et flingué nos godasses. À cet endroit béni des dieux où se figeait l'espace temps et où l'existence se résumait à nos parties de foot. Voilà comme ça, un soir de fin de printemps, quand les jours s'étirent et refusent de mourir, se retrouver sur le lieu de nos origines sans tambour ni trompette et s'en faire une dernière, une interminable et après ça y sera pour de bon; on pourra raccrocher les crampons. Il nous proposait de boucler la boucle, de finir en beauté, de retrouver ce que le football nous a tous apporté et ce qui aurait jamais dû nous quitter dans notre vie d'homme et de footballeur: La joie, l'insouciance, le partage. Taper un foot avec ses potes c'est vivre ces sensations avant même que nous en comprenions l'importance et le sens profond.

Alors vous imaginez sans peine mon émotion et mon enthousiasme lorsque les jeunes du quartier où je sévis en qualité d'éducateur de rue ont eu l'initiative de s'offrir un synthétique! Oui vous avez bien lu un synthétique...Je vais vous raconter ça mais d'abord je vous plante le décor. Au quartier il y a plusieurs lieux de pratique spontanée mais un des plus prisés se situe derrière le centre social à l'épicentre du quartier, c'est un simple terrain de hand ball goudronné et vaguement grillagé. Rectangle de jeu planté au beau milieu d'une pente et des immeubles; ce qui fait que quelle que soit le trajet emprunté on y descend ou on y monte pour y parvenir. Mais y rester lorsqu'il y a foule ça c'est une autre affaire! Tout l'enjeu est là: tenir le terrain le plus longtemps possible et pour cela une seule solution: vaincre! En fait Le principe est simple: deux équipes s'affrontent, la première arrivée à un nombre de buts définis à l'avance est déclarée vainqueur, le vaincu évacue et laisse la place à une nouvelle équipe de challenger. Ce terrain de jeu est rarement inoccupé. Mais parfois il n'y a pas assez de monde pour constituer 2 équipes; peu importe on se pose là et on tape là balle quand même. Si jamais on se retrouve seul? Alors on dribble une nuée d'adversaires fictifs et on marque des buts mythiques devant une foule subjuguée. Exploits fantasmés certes mais vraie gestuelle infiniment répétée. Impossible d'être contrer. Aussi, sûr de son fait, on ose, on s'affirme, on s'agguérit. Sinon il suffit d'être 2 pour entamer un un contre un: école du dribble et de la défense sur l'homme tout à la fois. C'est un effort sans relâche où la soif de ballon la dispute au manque d'espace. Bras et jambes s'enchevêtrent en un ballet rythmé par le tempo des feintes. Corps et souffles mêlés les 2 protagonistes improvisent une danse.... Ou bien encore las d'attendre d'être en nombre suffisant on s'assoit au milieu du terrain et là c'est la causette qu'on tape. Et puis comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, les autres se ramènent. Cet endroit attire comme un aimant, inexorablement, car on est sûr de croiser du monde, de jouer ou de regarder, de tchatcher, de chambrer, d'appartenir à cet endroit en quelque sorte.

Et oui c'est comme ça qu'au final le quartier vous colle à la peau, et plus généralement que les lieux de votre enfance, de votre adolescence, vous imprègnent l'existence à tout jamais. Les plus vieux pratiquent dans des enceintes payantes type soccer 5 ou jorky ball. La plupart du temps de vulgaires hangars suffisamment bien aménagés pour vous donner l'impression d'être dans un de ces endroits « trop cool » ou en fait l'on paie pour avoir le droit de pratiquer son sport favori. Cela s'appelle la société de consommation. Voilà qu'à Limoges un de ces endroits ferme ses portes. Les grands du quartier, soit les 20 25 ans qui côtoyaient régulièrement cet endroit ont eu une idée simple et géniale: Racheter la moquette au propriétaire du Jorky ball pour la ramener au quartier et la « planter » sur leur terrain de jeu. Bien sûr personne ne disposait à lui seul de la somme demandée. Donc une quête fut organisée pour rassembler les quelques 500 euros nécessaires pour s'octroyer la toison verte. Encore fallait-il l'enlever, la transporter et la redisposer sur le rectangle de bitume au cœur du quartier. Je vous passe les milles et unes péripéties qui ont émaillée cette « opération commando ». Tout le monde était en mode « mission ». Bien sûr je vous rassure cet aménagement de l'espace public est parfaitement illégal au regard du code de l'urbanisme comme ont su nous le rappeler les services municipaux. Mais les élus ont bien compris qu'il était préférable de ne pas entrer en conflit sur ce sujet. Au pays où on se lamente de voir cette jeunesse « rouiller » sous les porches des immeubles il est difficile d'ergoter lorsque celle-ci se prend en charge, s'active et œuvre pour le bien commun. Démarche participative, action citoyenne, habillaient cela du vocable usité si cela vous rassure. L'essentiel est ailleurs. Il est non pas dans ces formules slogan trop souvent vidées de leur sens; mais dans cette énergie créatrice et spontanée, cocktail d'initiatives individuelles et de force collective. Mais j'y pense tout à coup, un cocktail d'initiatives individuelles et de force collective, ça porte un nom. On appelle ça le... football!

Philippe Maytraud
Association Mix'Cités]]>
<![CDATA[« Les Packers du Paris-Saint-Germain » ]]> text/html fr SO FOOT Par TATANE « Magnéto Serge » disait l'autre… : « Le 8 août 1923 les Packers de Green Bay devenaient le premier club propriété de ses supporters. L'équipe qui a remporté le 45ème Superbowl l'année…]]> « Magnéto Serge » disait l'autre… : « Le 8 août 1923 les Packers de Green Bay devenaient le premier club propriété de ses supporters. L'équipe qui a remporté le 45ème Superbowl l'année dernière, est la seule à ne pas être une « vraie franchise » au sein de la NFL. Cette exception a été provoquée par la volonté des citoyens de la ville de Green Bay de conserver éternellement le club au sein de leur contrée. Depuis lors, le club des Packers est un des clubs les plus populaires des Etats-Unis et ses 112 000 propriétaires, réunis au sein d'une coopérative, en font un modèle bien éloigné des autres franchises de la Ligue… ». Coupez !

La référence américano-historique s'arrête là et pourtant, au pays des dollars, les irréductibles citoyens de Green Bay présentent là une vision du sport passionnée ou tout du moins bien chauvine. Mais finalement que serait le sport sans ce lien indéfectible avec sa ville, son lieu de naissance, son pays ? Depuis Pierre de Coubertin et bien avant, le sport est lié à la notion d'appartenance. La sociologie de comptoir le confirmera, l'exaltation ne peut être dissociée du sentiment d'appartenance à une entité, une collectivité. A Sienne, chaque année, les représentants des quartiers de la ville combattent pour défendre leurs couleurs sur la « Plazza del campo », depuis un nombre d'années équivalent à 100 fois la carrière de Paulo Maldini, c'est dire.

Le système des franchises américaines n'empêche pas le supporter américain d'encourager son équipe, mais à quel prix? Comment imaginer aujourd'hui un déménagement des Bulls à Los Angeles ou des Lakers à New York…Ce supporter-là finit par s'attacher à son équipe parce que justement sa ville s'accapare le club. Cette logique à l'américaine suit un système de ligue fermée et de commercialisation à outrance du sport. L'hégémonie du sport business trouvera malgré tout parfois des murailles que les supporters de Green Bay ont su construire…
En Europe, « Ici c'est Paris » scandaient les tribunes Auteuil et Boulogne à une époque. D'ici quelques temps, les écharpes les banderoles et les chants devront peut-être être modifiés en : « Ici c'est Paris Qatar Fondation ». Mais plus profondément c'est très certainement la question de la propriété des clubs qui se posera à court terme.

A qui appartient le club, aux propriétaires fonciers, aux actionnaires, et finalement pourquoi pas aux supporters ? Ne serait-ce pas là l'exemple même d'un football moderne que les Packers de Green Bay encouragent depuis des décennies. Un exemple même de démocratie participative (sic) où les premiers acteurs du club prendraient le pouvoir avec « bravitude », considérant qu'ils sont finalement les premiers concernés pour sauver le navire en cas de tempête.

Assurément les socios se développent et même prospèrent en Amérique du Sud et en Europe. La France, depuis quelques années, voit fleurir des projets ici et là dans le rugby, le basket et dans le foot. Le Paris-Saint-Germain n'y a pas échappé et les supporters se sont déjà organisés autour d'un projet (« les Socios du Paris Saint Germain »). Mais plus encore, cette culture du supporter actionnaire se développe avant tout dans les mentalités, les esprits. Juridiquement, politiquement, financièrement les projets ne doivent pas mourir dans l'œuf car ensemble tout devient possible.

La Mairie de Saint-Germain-en-Laye souhaitait un temps que le PSG change de dénomination, l'ombre des habitants de Green Bay flotte peut être au-dessus de la capitale. Et si demain les citoyens parisiens devenaient les propriétaires d'un club qu'ils ont tant aimé, tant détesté ?

La réponse a de la gueule, plus qu'une alternative elle serait une autre conception du football moderne, celui des passionnés. L'actionnariat majoritaire, ou à tout le moins minoritaire, en réponse au projet Qatari serait sans doute à l'heure actuelle la première réponse à apporter pour prôner un football durable et joyeux.

Propositions Tatane :

• Proposer au législateur d'imposer à chaque club professionnel de mettre en place un système de socios au sein de son capital

• Organiser une rencontre nationale des différents porteurs de projets socios en France avec les principaux acteurs du milieu : Ministre des sports, syndicats, joueurs…]]>
<![CDATA[Quand Tatane note PSG-Bordeaux... ]]> text/html fr SO FOOT Vikash Dhorasoo était au Parc dimanche soir pour voir Bordeaux malaxer le PSG dans tous les sens et ne repartir qu'avec un point. Voici ses Tata-notes. Sirigu 6: Quelques Tatanes de grande classe. Aurait pu Tataner plus vite vers l'avant sur le but de Bordeaux. Un peu fautif. Tiene 4+2 : pour la Tatanade tentée du pied droit. Je…]]> Sirigu 6: Quelques Tatanes de grande classe. Aurait pu Tataner plus vite vers l'avant sur le but de Bordeaux. Un peu fautif.

Tiene 4+2 : pour la Tatanade tentée du pied droit. Je commence à comprendre le Tatanage permanent de Julien Cazarre dans 100%foot. Ira Tataner ailleurs la saison prochaine.

Alex Costa 4 : A tenté quelques Tatanes arrêtées lorsque Nenê l'a laissé. A du se tromper dans le vestiaire et mettre ses Tatanes sur la tête.

Sahho 4 : Difficile d'être un gros Tataneur dans une équipe organisée à l'italienne. Grosse erreur en fin de match qui aurait pu coutait le match. Normal quand on a pas les pieds Tatane.

Jallet 6 : Largement le meilleur Tataneur Parisien hier soir. 100 000 euros par mois dont 90 000 pour la Tatane droite? ? Se fait honteusement braquer par le PSG. Mérite un salaire un peu plus Tatane surtout quand on joue avec Fantomas dans le couloir droit.

Nenê 4-2+1: Tatane tout seul au Parc des Princes. Devrait s'acheter un ballon pour lui. En plus, ne veut pas qu'un de ses petits copains Tatane à sa place en fin de match.

Menez 5+2-1: Ca tatane à droite. Ca tatane à gauche. Mais c'est pas très Tatane tout ça. Quand même le seul qui n'a pas peur. Moins politique sans sa coupe de cheveux. A pris un coup de Tatane et est sorti à la mi-temps peut-être victime d'une Tatanite. Même pas remplacé par Ancelotti. Ah si ?

Pastore 4-1 : Tataneur beaucoup trop cher mais c'est pas de sa faute. Semble perdu sur le terrain comme s'il avait pris trop de'aspartatane dans son Coca-Light. En ce moment, doit être copain avec Gameiro. Restera Tataner à Paris la saison prochaine

Sissoko 4 : Tataneur physique et invisible. Grâce à lui, Jalet devrait être augmenté et Momo rester dans sa tatanière.

Motta 5 : Tatane vraiment bien la chique. Peu d'erreurs, peu de mauvais choix. Mais pas assez de Tatanes en profondeur. Dommage ! Peut-être qu'il manque des joueurs Tatane autour de lui.

Hoareau 5: Lui n'avait pas mis les Tatanes sur la tête. Joli but égalisateur. Célébration pas très Tatane. -1 donc pour la note artistique.

Bodmer 7+2 : Tatane en une touche de balle. Surnage dans cette équipe. Lui a réussi la Tatanade du pied droit sur le but de Hoareau.

Gameiro (Non noté) : Viens Tataner en famille au Parc des Princes un dimanche en fin de soirée. Peut-être besoin d'un psy ? Retournera sans doute Tataner à Lorient la saison prochaine.

Ancelotti 5-2 : Entendu au Parc des Princes: « Eh Carlo, c'est bien l'arbre de Noël mais nous on veut les boules Tatanes avec ! ». N'a toujours pas trouvé la bonne Tatane tactique. Au fait ça donne quoi "Tatane" en italien ? Surement du "Pippo"…

Buffet au Carré VIP 2-2 : 100 millions pour le futur mercato ? Va falloir aussi investir dans le petit four pour avoir un buffet un peu plus Tatane, et pourquoi pas halal. Pour l'instant, c'est un peu cheap mais c'est gratos !

Gillot 7+2 : Sera peut-être un jour le Mister Tatane du PSG. Prendra dans ses valises Maurice-Belay, le meilleur Tataneur sur le terrain hier soir.

Thierry Roland et Jean-Michel Larqué 5-1-1-1 : L'accent, quelques fautes d'orthographe et de syntaxe plus la palette de la Douce, ça fait beaucoup. Sont invités à la prochaine Tatane Party, le 6 Avril à Lille, pour voir ce qu'est un commentaire Tatane en freestyle !

Le Parc des Princes 5 : Le plan Le Proux a tué l'ambiance du Parc mais le stade reste quand même très Tatane. Sera un jour rebaptisé le « Tatane stadium ».

Vikash Dhorasoo a.k.a Stachemou
]]>
<![CDATA[Corner intéressant ]]> text/html fr SO FOOT Parce que l'année prochaine on n'entendra moins la douce voix de Christian Jeanpierre, tentative d'hommage à travers l'une de ses expressions devenue culte, le « corner intéressant ».
Mais bordel, que peut donc bien être un « corner intéressant » ? Tout a commencé un jour, ou plutôt, un soir de match, on ne sait plus trop quand exactement. Un match de foot sur TF1, autant dire un mardi ou un mercredi, ou peut-être un samedi avec l'équipe de…]]>
Tout a commencé un jour, ou plutôt, un soir de match, on ne sait plus trop quand exactement. Un match de foot sur TF1, autant dire un mardi ou un mercredi, ou peut-être un samedi avec l'équipe de France. Un joueur, on ne sait plus vraiment lequel, prend la balle, s'avance vers le but adverse, et tire ou centre, personne ne se rappelle vraiment. Bref, dans tous les cas, il est contré par un défenseur et l'action aboutit à un corner. « Coup de pied de coin » donc. Et c'est là, au détour d'une action somme toute anodine, des corners il peut y en avoir des dizaines sans but pour autant (n'est pas Zidane qui veut), que CJP (aka Christian Jeanpierre) lance ce qui deviendra le fameux « corner intéressant ». Une fois lancée, l'expression reviendra par dizaine à chaque match. Alors un corner intéressant, qu'est-ce que ça peut bien être ? Est-ce que c'est le même principe qu'une « mêlée intéressante » en rugby, toujours selon CJP ? Est-ce que le « corner intéressant » n'existe qu'au foot ? Et oui, parce qu'il y a aussi des corners au handball ! Autant de questions qui restent en suspend tant qu'on n'a pas compris cette OFNI (Objet Footix Non Identifié) qu'est le corner intéressant.

Le corner intéressant, intervient généralement en fin de mi-temps ou dans les arrêts de jeu. Si si, un corner est plus intéressant à la 92e qu'à la 24e, c'est comme ça, parce que dans les arrêts de jeu, le corner devient synonyme de but. Et oui, souvent le commentateur sportif est tenté de s'écrier BUUUT! en voyant la balle passée devant la cage en cette fin de match. L'intérêt du corner dépendrait donc du moment du match.

Et puis il faut l'avouer, un corner intéressant dépend aussi des équipes. C'est quand même plus intéressant d'obtenir un corner quand t'as Zidane dans ton équipe, et les cuisses de Roberto Carlos en face. Par contre quand c'est Materazzi dans le camp adverse, l'histoire n'est plus la même. Après, un corner intéressant dépend aussi des supporters. Un corner de Fiorèse avec le maillot de l'OM au Parc des Princes fut un corner intéressant pour les supporters Parisiens, alors qu'un corner de Fiorèse en général, était rarement intéressant.

En fait, le corner intéressant, on le sent, on le vit, et quand on se retrouve face à lui, on le reconnaît.

David Guillet
]]>
<![CDATA[La palette, on s'en fout ]]> text/html fr SO FOOT Ce soir c'est Ligue des Champions. Marseille se rend à Milan pour défendre son maigre avantage obtenu au match aller, et dans un climat de crise. Les phocéens jouent leur honneur sur la scène…]]> Ce soir c'est Ligue des Champions. Marseille se rend à Milan pour défendre son maigre avantage obtenu au match aller, et dans un climat de crise. Les phocéens jouent leur honneur sur la scène européenne. Petit exercice d'anticipation : imaginons un retour aux vestiaires sur un but des Italiens : les visages sont tendus, les blagues de Paganelli se font de plus en plus rares, Deschamps a la tête des mauvais jours. L'heure est donc grave. La mi-temps, surtout en ces circonstances, transforme le vestiaire des joueurs en antichambre de l'Histoire. Les discours churchiliens sont de mise, le sang et les larmes sont invoqués, la tragédie se joue en quinze minutes.

Seulement... la télé s'accommode peu de ce genre de scènes. Quinze minutes c'est long, surtout que, dans son infinie bonté, Canal + se refuse à balancer autant de spots publicitaires vantant les mérites d'un pneu, d'un yaourt ou d'une assurance (rappelons au passage que les chers abonnés cotisent religieusement chaque mois, tout ça pour voir le football se barrer chez Al-Jazirha). Quinze minutes qu'il faut donc combler et éviter que le téléspectateur ne se décide à se lever de son canapé pour vérifier que sa voiture n'a pas reçue de PV.

Alors que faire ? Montrer les images de Bâle-Bayern ? Surtout pas ! Il faut bien en garder sous le pied lors du debrief d'après-match. Laisser parler les images du stade Giuseppe-Meazza ? Bof, pas génial. Non, depuis quelques années, Canal + a trouvé la solution parfait. Celle qui permet de parler d'un match un peu naze tout en en foutant plein les yeux et de se draper de la parole de l'expert du football : la fameuse palette de Philippe Doucet.
Alors de quoi s'agit-il ? Prendre un fait de jeu (dans le meilleur des cas un but), le passer à la moulinette numérique, apposer sur l'image quelques numéros, zones de jeu, coups de crayons détaillant la trajectoire des joueurs, et conclure en substance : « bah ouais, c'est comme ça que ça s'est passé ». Passée la phase d'émerveillement induite par la prouesse technologique qui consiste à faire tourner la caméra pour adopter un nouvel angle de vue, le téléspectateur qui n'a pas eu le courage de détourner son regard est en droit de se demander : « so what ? ».

Reprenons, cinq minutes d'antenne sont consacrées à l'analyse d'un fait de jeu pour nous confirmer qu'il a bien eu lieu. On nous explique que peu importe les configurations, peu importe les intentions des acteurs, nonobstant la qualité de la pelouse, les choses n'auraient pu se passer autrement. Avait-on réellement besoin de Philippe Doucet pour se convaincre qu'effectivement, un but avait été marqué ? Même le supporteur de mauvaise foi ne peut que s'en remettre à l'évidence. Alors à quoi sert-elle cette palette ?

Il est une vision romantique du football, que certains qualifieront de naïve, bobo, voire hypocrite (car personne ne nous force à regarder cette séquence il est vrai), qui conduit à regretter que le jeu, et seulement le jeu, dispose de moins en moins de place pour s'exprimer. L'analyse doit sûrement y trouver sa place mais dans le cas d'espèce, le doute est permis. Parce que parfois il est bon de s'engueuler avec ses potes au sujet de la prétendue finesse de jeu d'une équipe, que les souvenirs permettent de sublimer des buts que Bruno Rodriguez aurait méprisé, que les meilleurs experts du foot restent encore ceux qui le regardent, la palette nous enlève cette part d'irrationnel qui rend le foot si beau. L'évidence face au rêve. A-t-on réellement besoin de savoir que mathématiquement, le but était inévitable ? Pour notre ami Doudouce, la réponse est évidente : le but n'est beau que parce qu'il était écrit d'avance. Et parce qu'il permet d'occuper ces interminables quinze minutes de la mi-temps.

WEG aka Nakata]]>
<![CDATA[« Rends-moi le ballon sale gosse! » ]]> text/html fr SO FOOT La scène est un classique, un coup pied dévissé, un dégagement aléatoire du gardien et voilà d'un seul coup d'un seul le ballon file tout droit dans les tribunes. Une fois passé avec succès la piste…]]> La scène est un classique, un coup pied dévissé, un dégagement aléatoire du gardien et voilà d'un seul coup d'un seul le ballon file tout droit dans les tribunes. Une fois passé avec succès la piste d'athlétisme et les éventuelles coursives, le voilà dans les gradins cherchant inlassablement une proie dans les bras de qui tomber. Tout à coup les supporters s'activent pour réceptionner sans accroc le bouquet de la mariée. Les autres dans les tribunes avoisinantes, dans un réflexe sportivo-égoiste prient pour que le réceptionneur chute et laisse filer le graal. De son côté l'élu attrape sans encombre le précieux et devient, en l'espace de quelques instants, l'objet de toutes les attentions. Et pourtant à l'heure du football business, le ballon n'est plus offert. "Y a plus de valeur" aurait dit grand père! Il n'aurait pas eu tort...

Dès la réception du ballon par le supporter, stadiers et autres responsables du club s'activent pour récupérer "leur bien". Et pourtant, et pourtant le football est un spectacle auquel l'on vient assister. Fût un temps les ballons filant dans les tribunes étaient offerts et fièrement les supporters repartaient du stade en ayant le sentiment d'emporter un trésor du club de leur cœur. Aux États-Unis le supporter qui récupère une balle de base-ball est une star. Du début à la fin sa performance est filmée. Au tennis les joueurs envoient des balles dans les tribunes en guise de cadeaux.

Le sport est un spectacle dès le moment où s'installent un échange entre le spectateur et le sportif. Que dire à un enfant qui récupère un ballon et qui est finalement obligé de le rendre. Comment lui expliquer que ce ballon représente 0.00001% du budget de son club préféré. Après tout lui demande-t-on de rendre la peluche Mickey qu'il a fièrement attrapée sur le manège à la dernière fête foraine? Le football est comme ça aujourd'hui, il n'y pas de place pour les cadeaux, on veut bien offrir une Citroën au supporter qui atteindra le premier la barre transversale du milieu de terrain mais un ballon vous n'imaginez pas? Le football mériterait un bon coup de Tatane...

GK aka Chilavert]]>
<![CDATA[« The Artist » - By Tatane ]]> text/html fr SO FOOT Entre Didier Deschamps et Jean-Michel Aulas, sans parler de Franck « On se fait entuber » Dumas, la 25e journée de Ligue 1 a offert un récital de mauvaise foi teintée de parano. Et l'Oscar de la meilleure mise en scène revient à…
John McEnroe s'avance vers le pupitre et après quelques minutes de speech sur l'esprit sportif et la moustache de Mansour Bahrami, il déchire l'enveloppe. Dans la salle, Didier Deschamps et Jean…]]>
John McEnroe s'avance vers le pupitre et après quelques minutes de speech sur l'esprit sportif et la moustache de Mansour Bahrami, il déchire l'enveloppe. Dans la salle, Didier Deschamps et Jean Michel Aulas se défigurent, le suspense est à son comble…Et c'est finalement JMA Playstation 3 sous la main, qui s'en va récupérer le prix du plus mauvais perdant de l'année. Pas de film muet cette fois ci, Aulas est récompensé pour sa verve et sa langue bien pendue. Sur scène il n'épargne personne, la LFP, les arbitres, Jérôme Kerviel, les 35 heures et même Pierrot le jardinier de Gerland qui n'avait rien demandé à personne. Sa diatribe est longue. Au premier rang Loulou Nicollin perd patience. Et quelques gouttes de sueur, aussi... Aulas, lui, ne s'arrête plus, après un long paragraphe sur la théorie du complot et l'affaire DSK, il attaque le 11 septembre. Antoine de Caunes, embarrassé, regarde ses fiches. Bigard, au fond de la salle, se fend la poire avec Marion Cotillard et Matthieu Kassovitz.

Après un match nul (4-4) face au PSG, alors que son équipe menait au score, JMA a du mal à avaler la pilule. En cause ? L'arbitrage, bien entendu : « Sur le plan des règles du jeu, je considère que Lyon a été désavantagé. Je ne sais pas pourquoi et je ne sais pas s'il y a des intérêts qui dépassent le cadre du football à court terme. Mais c'est dommage ». Sarkozy et Obama apprécieront...JMA fait partie de cette grande famille du football qui laisse parler ses tripes avant le reste, alors forcément il ne comprend pas: « Comment peut-on siffler quatre minutes d'arrêt de jeu ? Il faudra qu'on m'explique, c'est impossible ». En plein discours du lyonnais, un bruit sourd traverse la salle. C'est Didier Deschamps qui quitte la cérémonie en claquant la porte. Une sombre histoire de pénalty non sifflé l'aurait fait sortir de ses gonds.

« Encore un qui a perdu l'occasion de jouer dans un film muet », entend-on dans la salle. Aulas finit son discours, il a remercié tout le monde, y compris la défense lyonnaise pour son sens de la mise en scène. Allez vivement la semaine prochaine, que l'on dévoile au monde entier qu'en réalité le nom de Gourcuff apparaissait sur le listing de Clearstream, que derrière Monsieur Frautel se cache en fait Claude Puel et c'est Lagerfeld qui est seul responsable du look de Bafé Gomis.

Par "Chilavert"

« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »
]]>
<![CDATA[Come-back au Parc des Princes ! ]]> text/html fr SO FOOT Six ans après sa dernière apparition porte de Saint-Cloud, Vikash Dhorasoo est revenu au Parc le 19 février dernier. Et ce soir-là, le PSG s'est fait malmener par Montpellier. Récit. Les Qataris feront un jour leur « coming out ». Le Qatar en mécène du PSG ? Le mien, Winamax, est sponsor du PSG. On est dimanche 19 Février j'ai décidé dans la semaine de profiter de leur loge VIP…]]> Les Qataris feront un jour leur « coming out ». Le Qatar en mécène du PSG ? Le mien, Winamax, est sponsor du PSG. On est dimanche 19 Février j'ai décidé dans la semaine de profiter de leur loge VIP pour me rendre au Parc des Princes assister à PSG-Montpellier. The big match ! 6 ans, et oui 6 ans, sans voir les tribunes du Parc. La dernière fois, c'était pour un classico. Vous vous souvenez ? Celui joué contre les minots marseillais en 2006. 0-0, qu'on avait fait. Guy « Stache-mou » Lacombe avait eu la bonne idée de m'envoyer en tribune pour m'éviter cette humiliation ; et surtout pour me punir. Et puis, de retour de la coupe du monde, j'ai joué mon dernier match officiel de ma carrière au mois de septembre 2010 contre l'OM. Défaite 3-1. Adieu le parc. Adieu le foot professionnel…

Le dimanche matin, le jour du match, je ne suis plus sûr de vouloir retourner Porte de Saint-Cloud. J'ai un peu peur. Peur de quoi ? Je ne sais finalement pas. Evidemment, pour me faciliter la tache, j'avais eu la bonne idée de lancer dans une interview que Paris n'avait pas d'histoire. Ressorti de son contexte, c'était un peu agressif. Les tweets ont fusé, les déclarations de guerre avec. Je n'ai pas bronché. C'est donc avec beaucoup d'appréhension que j'ai pris le risque d'affronter mes anciens supporters. Vers 19h30 Mamat me rejoint. On saute dans un tacos, direction l'inconnu. Je prends soin d'en informer mes followers. Le taxi, à l'approche du stade, panique et nous lâche dans la « jungle » du 16ème, territoire inconnu depuis que je me suis installé dans le 9ème.

Buffet

« Ici c'est Paris, ici c'est Paris ». « Alors, Paris n'a pas d'histoire Vikash ? ». On tourne vite pour trouver l'entrée VIP, alors j'appelle Jean de chez Winamax : « Bon tu prends par là et puis par là…bon bref, démerde toi » . Pierre m'envoie des SMS pour qu'on prépare notre départ pour le Maroc le mardi d'après, où l'on doit diffuser « Substitute » dans deux villes impériales. Je croise un noir sous une capuche.
« Eh Vikash »
« Bonjour Monsieur »
« Mais c'est Patrick M'Boma »
« Toi aussi tu galères ? »
Je suis sur la défensive.

Et puis on trouve. Deux minutes plus tard, nous sommes enfin face au buffet. Expert des salons de tous les stades italiens, et surtout celui de San Siro, je trouve celui du Parc un peu cheap. Je décide donc de boire. J'en profite pour serrer quelques paluches. Alain Roche, Alain Cayzac, Jerome Alonzo… Quelques mecs qui me rappellent vaguement mon bref passage dans le club parisien. Maguy Nestoret, l'adjointe aux sports de la ville de Paris, me fait la visite des lieux. Le match commence enfin.

« Tu as grossi, non ? »

Mi-temps, 1-1, je croise Cayzac, mon ancien président au PSG. Je bois du vin et je recroise Cayzac, alors je rebois du vin. On me tape sur l'épaule, je me retourne, c'est Lilian Thuram.
« Alors mec, tu deviens quand président de la FFF ou ministre des sports ? »
« Je sais pas trop, j'y pense mais c'est pour plus tard… »
« Oui mais un noir président, ça peut péter non ? »
« Oui mais j'ai trop de boulot en ce moment et puis avec les gosses…Et toi ? »
« Oh tu sais, c'est pas trop mon truc de passer ma vie avec des vieux…Tu as grossi non ? »
« Ah ouais, tu trouves ? Pourtant j'ai repris le foot avec le Winamax FC et puis avec Tatane on fait des super trucs, tu devrais nous rejoindre tu sais… »

Le match reprend, je recroise Cayzac. 2-2, fin du match. Je retourne boire du vin et manger - pour la quatrième fois de la soirée -. Bazin, ex-patron du PSG, (celui qui m'a viré), traverse la pièce pour me serrer la main. Je la serre fort, fort, très fort en le regardant droit dans les yeux : « Je suis un mec poli donc je vous serre la main ». Le foot n'a pas de mémoire !

Je tweet un « ce soir, ici c'était Montellier » pour préparer mon prochain match au Parc et je saute dans un taxi direction le Mansart et son baby foot avec Canel Frichet, la DG de Winamax, Mamat et Reg… Ce soir, tard, j'ai encore gagné. N'est-ce pas Régis ?

Par Vikash Dhorasoo

]]>