L'oeil de Tatane

15/01/2016

« Il a oublié mais la roue tourne ! » Dans le studio de RMC, Jérôme Rothen en a marre que Jean-Michel Aulas se plaigne de l’arbitrage. Bien sûr que Lavezzi était hors jeu, et qu’il a redressé un ballon déjà sorti. On le voit sur les images, on le voit presque à vitesse réelle ! Mais voilà, l’arbitre du match, Benoît Bastien, et ses adjoints, eux, n’ont rien vu et valident le premier but du PSG. Lyon victime de l’arbitrage ? Jérôme Rothen rit. « La roue tourne », assure-t-il au micro de RMC. Oui, Jean-Michel Aulas l’a oublié et réclame de la vidéo partout, une goal line technology étendue à toute la ligne. Un bip chaque fois que le ballon sort du terrain pour la fin des contestations ?

Ce que Jean-Michel Aulas oublie, c’est un certain OM-Lyon de mars 2015. Une partie enragée dans un Vélodrome bouillant, et un but de l’OM invalidé en fin de match, alors que les deux équipes sont au coude à coude. A l’époque, il n’y avait pas de Goal Line technology et l’arbitre, tout comme Jean-Michel Aulas et les supporters Lyonnais, n’avait pas vu le ballon d’Ocampos franchir la ligne. Il faut dire que même avec la vidéo, plusieurs ralentis sont nécessaires pour se faire une idée. Le nom de l’arbitre fautif ? Benoît Bastien. Le même que mercredi soir au Parc des Princes. « La roue tourne », donc, et M. Bastien confirme malgré lui la théorie hasardeuse selon laquelle « les erreurs finissent par s’équilibrer ». Mercredi, l’arbitre a peut-être privé l’OL d’une demi-finale, mais en mars dernier, le match nul de Lyon au Vélodrome avait quasiment assuré l’OL de la deuxième place. Equilibre.

La GLT déjà dépassée ?



La GLT n’empêche donc pas les contestations, et en a donné un bel exemple vendredi soir. PSG-Bastia, cafouillage au Parc des Princes : Paris vient de marquer, aucun doute, mais quel Tiago a permis à la balle de franchir la ligne ? Motta ou Silva, plus d’un quart d’heure après l’ouverture du score et une dizaine de ralentis incertains, on ne connaît toujours pas le nom du buteur parisien. Oui, le recours à la vidéo prend du temps. Que se serait-il passé si, lors de ce PSG-Bastia, Thiago Silva au second poteau avait touché le ballon de la main ? Le cas aurait été plus sensible : car si la balle avait dépassé la ligne avant son geste, alors pas de problème, mais si c’est la main du Brésilien qui l’avait poussé dans la cage ? Aurait-on dû arrêter le match jusqu’à ce qu’un délégué officiel décide de valider le but ? Attendre pour connaitre le nom d’un buteur passe encore, mais devoir attendre pour exulter, ou s’indigner revient à tout simplement ne plus vibrer du tout, ne plus être supporter, mais simple spectateur des décisions prises à froid par des experts.

Ce que soulève l'idée de Jean-Michel Aulas, d'étendre la GLT à toute la ligne, est justement la limite du recours aux vidéos. Avec 22 joueurs, un ballon et des lignes, le football permet une infinité de situations différentes qui ne peuvent pas être anticipées par la technologie, et pas toujours repérées par des caméras. Voilà pourquoi l'arbitre est juge, voilà pourquoi il peut se tromper. Le football a gagné un rang de mythe par des actions aussi floues que contestées. Des décisions tragiques pour certains, justes pour d’autres, toujours emplies d’émotions. La main de Dieu de Maradona, la frappe de Lampard contre l'Allemagne en 2010, la main de Henry contre l’Irlande, la « fucking disgrace » de Chelsea face à Barcelone. Ce sont ces moments forts qui créent les débats les plus passionnés et les légendes les plus solides. Le but de Hurst en 1966 contre l’Allemagne à Wembley vient une nouvelle fois d'être étudié. Et des experts ont « tranché » grâce à des images 3D aux ombres un peu suspectes : il y avait but. Soit… Car oui, presque 50 ans plus tard, on parle toujours de ce match légendaire.

Clément Mathis pour TATANE


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  • Message posté par Balaise Matuidi (5304) le 15/01/2016 à 20:21
      

    Si à la fin du XIXème siècle, la justice militaire française était un organe fiable et transparent nous n'aurions pas eu l'affaire Dreyfus. Nous n'aurions pas eu la magnifique lettre enflammée de Zola ni eu des lignes entières de bouquins d'histoire à retenir.

    Bon on aurait pas eu non plus toute la France qui se déchirait et la vie de Dreyfus brisée.

    Mais qui en a quelque chose à foutre de la vie de Dreyfus comparé au poids de l'histoire ? Qu'il souffre ce salaud.

    Moi je dis vive l'injustice, pour revenir au sujet on devrait meme retirer 4 arbitres et n'en laisser qu'un avec un oeil bandé et une jambe dans le platre. On aurait des scénarios rocambolesques à la pelle, des grosses poilades, j'en salive d'avance


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