Les Tatane de Vikash

21/10/2012

Pourquoi on ne devrait jamais sous-estimer Julio Iglesias...

« Je sais, en amour il faut toujours un perdant, j’ai eu la chance de gagner souvent... » - Julio Iglesias.

On devrait écouter plus souvent le chanteur préféré de ma mère et ex gardien de but de l’équipe junior du Real Madrid . Au foot comme en amour, il faut toujours un perdant. Au foot comme en amour, rien n’est juste, rien n’est rationnel, c’est juste le bordel et c’est pour ça qu’on aime tant replonger.

Peu de gens auraient misé sur un match nul de la France en Espagne. A Madrid, la France a croqué les espagnols en seconde période. Cette France, qui de l’avis général ne possède que deux joueurs de classe internationale, cette équipe qui semblait lors du dernier euro incapable de pratiquer le même sport que les artistes espagnols, ces joueurs qui ont tenté d’endormir toute la France face au Japon trois jours avant, les mêmes gars pourris par l’argent ont donné à la roja une leçon de générosité footballistique. Le résultat est là et la manière avec. La pression a changé de camp, au moindre faux pas des espagnols, on aura droit à tout le toutim ! J’imagine déjà les titres de la presse espagnole … : « Trop petits ? » ou « Iniesta est il vraiment cocaïnomane.. ? », ou encore « faut-il rappeler Raul ? »

Le foot est l’un des très rares sports où le meilleur peut perdre. Un arbitre myope, un poteau carré ou juste la malchance, autant d’ingrédients qui font qu’un match n’est jamais plié. Mardi, juste en une soirée, deux des meilleures équipes du monde ont oublié comment on jouait une seconde mi-temps. Deux splendides manières de rappeler la beauté et une bonne partie du mystère du football.

On a un jour demandé à Ancelotti s’il préférait aller au ciné ou regarder un match de foot. Il a répondu le foot sans hésiter car c’est « irrepetabile ». Tout le paradoxe est là : les grands joueurs de foot sont ceux qui savent répéter inlassablement les mêmes gestes, les mêmes enchainements. Le génie de Messi ne tient pas en sa capacité à faire un geste, mais au fait de pouvoir le faire tous les week-ends. Et pourtant, un jour ou l’autre, la machine se grippe. Parfois en raison de l’opposition, plus forte ou plus intelligente que tous ceux qui l’ont précédé. Ou parfois en raison de l’apparition inexplicable de l’ennui. Comment expliquer autrement la perte de balle absurde à ce niveau de Juan Fran à la 93e minute ? Comme Ginola en 93, il se faisait peut être juste chier…

Et nous là dedans ? Inlassablement, au prix d’heures d’ennui, de kilos de mauvais biscuits apéro et pour le grand malheur de l’industrie cinématographique, nous allons au stade, allumons notre télé, avec le secret espoir de pouvoir vérifier une fois de plus que rien n’est écrit. La plupart du temps, la déception est au rendez-vous. OUI MAIS.. Oui mais Carquefou peut battre le PSG, oui mais Thuram peut mettre plus de buts en un match que dans l’ensemble de sa carrière, oui mais on peut perdre une finale de champions league en ayant mené 3 :0 à la mi-temps, oui mais les joueurs sont vivants et nous aussi.

A Madrid, notre gardien a arrêté miraculeusement un pénalty et notre buteur Giroud ne serait probablement pas rentré si Benzema ne s’était pas blessé quelques minutes auparavant. « On s’ennuyait un peu, mon cœur et moi ». Merci Julio.

Merci Pierre Walfisz


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