L'oeil de Tatane

04/04/2012

Par TATANE

« Magnéto Serge » disait l’autre… : « Le 8 août 1923 les Packers de Green Bay devenaient le premier club propriété de ses supporters. L’équipe qui a remporté le 45ème Superbowl l’année dernière, est la seule à ne pas être une « vraie franchise » au sein de la NFL. Cette exception a été provoquée par la volonté des citoyens de la ville de Green Bay de conserver éternellement le club au sein de leur contrée. Depuis lors, le club des Packers est un des clubs les plus populaires des Etats-Unis et ses 112 000 propriétaires, réunis au sein d’une coopérative, en font un modèle bien éloigné des autres franchises de la Ligue… ». Coupez !

La référence américano-historique s’arrête là et pourtant, au pays des dollars, les irréductibles citoyens de Green Bay présentent là une vision du sport passionnée ou tout du moins bien chauvine. Mais finalement que serait le sport sans ce lien indéfectible avec sa ville, son lieu de naissance, son pays ? Depuis Pierre de Coubertin et bien avant, le sport est lié à la notion d’appartenance. La sociologie de comptoir le confirmera, l’exaltation ne peut être dissociée du sentiment d’appartenance à une entité, une collectivité. A Sienne, chaque année, les représentants des quartiers de la ville combattent pour défendre leurs couleurs sur la « Plazza del campo », depuis un nombre d’années équivalent à 100 fois la carrière de Paulo Maldini, c’est dire.

Le système des franchises américaines n’empêche pas le supporter américain d’encourager son équipe, mais à quel prix? Comment imaginer aujourd’hui un déménagement des Bulls à Los Angeles ou des Lakers à New York…Ce supporter-là finit par s’attacher à son équipe parce que justement sa ville s’accapare le club. Cette logique à l’américaine suit un système de ligue fermée et de commercialisation à outrance du sport. L’hégémonie du sport business trouvera malgré tout parfois des murailles que les supporters de Green Bay ont su construire…
En Europe, « Ici c’est Paris » scandaient les tribunes Auteuil et Boulogne à une époque. D’ici quelques temps, les écharpes les banderoles et les chants devront peut-être être modifiés en : « Ici c’est Paris Qatar Fondation ». Mais plus profondément c’est très certainement la question de la propriété des clubs qui se posera à court terme.

A qui appartient le club, aux propriétaires fonciers, aux actionnaires, et finalement pourquoi pas aux supporters ? Ne serait-ce pas là l’exemple même d’un football moderne que les Packers de Green Bay encouragent depuis des décennies. Un exemple même de démocratie participative (sic) où les premiers acteurs du club prendraient le pouvoir avec « bravitude », considérant qu’ils sont finalement les premiers concernés pour sauver le navire en cas de tempête.

Assurément les socios se développent et même prospèrent en Amérique du Sud et en Europe. La France, depuis quelques années, voit fleurir des projets ici et là dans le rugby, le basket et dans le foot. Le Paris-Saint-Germain n’y a pas échappé et les supporters se sont déjà organisés autour d’un projet (« les Socios du Paris Saint Germain »). Mais plus encore, cette culture du supporter actionnaire se développe avant tout dans les mentalités, les esprits. Juridiquement, politiquement, financièrement les projets ne doivent pas mourir dans l’œuf car ensemble tout devient possible.

La Mairie de Saint-Germain-en-Laye souhaitait un temps que le PSG change de dénomination, l’ombre des habitants de Green Bay flotte peut être au-dessus de la capitale. Et si demain les citoyens parisiens devenaient les propriétaires d’un club qu’ils ont tant aimé, tant détesté ?

La réponse a de la gueule, plus qu’une alternative elle serait une autre conception du football moderne, celui des passionnés. L’actionnariat majoritaire, ou à tout le moins minoritaire, en réponse au projet Qatari serait sans doute à l’heure actuelle la première réponse à apporter pour prôner un football durable et joyeux.

Propositions Tatane :

• Proposer au législateur d’imposer à chaque club professionnel de mettre en place un système de socios au sein de son capital

• Organiser une rencontre nationale des différents porteurs de projets socios en France avec les principaux acteurs du milieu : Ministre des sports, syndicats, joueurs…


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  • Message posté par aleKsson (4) le 05/04/2012 à 10:27
      

    Le "sic" aurait dû se trouver après "bravitude" et non "démocratie participative".
    Plus personne ne sait comment le placer c'est assez pénible.
    Article sympa sinon :)

  • Message posté par leodusud (1) le 05/04/2012 à 12:16
      

    Il y a un mouvement aussi à Marseille
    http://forum.lephoceen.fr/threads/26765 … anc%C3%A9e(-Pas-de-posts-ici-SVP)

  • Message posté par bebebullterrier le 05/04/2012 à 13:17
      

    ce système "idéaliste" ne serait pas applicable en France tout simplement parce que la ferveur, l'amour nécessaire et collectif autour d'un club ou d'une ville ne fait partie de la culture française, à quelques rares exceptions près (on peut citer Paris Marseille évidemment mais aussi Lens Bastia pour le rôle social du club dans la ville mais ce sont des épiphénomènes). Cette proposition nécessite la passion, l'implication, la connaissance et la compétence de dizaines de milliers de supporters par ville, ce qui, évidemment, n'existe pas (sauf bémols cités précédemment). Mais il implique également une notion financière d'actionnariat qui peut monter à la tète de certains ... Quand j'entend les supporters de tels ou tels club (l'OM pour ne citer que le plus médiatique) dirent que le club devrait etre géré comme tel, qu'il lui appartient, que l'entraineur, les joueurs, etc ne font pas leur travail correctement et j'en passe et des meilleures ... moi je me dis : Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Les joueurs sont là pour jouer, l'entraineur pour entrainer, les sponsors pour payer, les dirigeants pour gérer et les supporters ..... pour supporter...


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