Les Tatane de Vikash

30/05
Le variété club de France et les Blacks Stars t‘appellent pour jouer contre l’UNFP le samedi après les matchs, plus personne ne t’appelle pour te dire que tu as bien joué... même quand c’est pas vrai les journalistes commencent à t’appeler juste pour avoir ton avis sur le nouveau maillot du PSG… les journalistes commencent à ne plus t’appeler ton agent ne te répond plus quand tu l’appelles ta mère commence à regarder des cassettes de tes vieux matchs après les repas de famille, histoire de te foutre un peu plus les boules tu es obligé d’aller t’acheter des affaires de sport car tu n’as plus de sponsor et que ta dernière paire vient de claquer tu t’inscris en FSGT avec tes copains ...
"On est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions!"
22/05
Cette saison, moi aussi, je suis champion de France. Je suis champion parce que je suis Parisien. Je suis un bobo, champion du SoPi (le "South Pigalle"). J’ai été champion avec l’Olympique Lyonnais sur le terrain et, cette année, je suis champion alors que je n’ai même pas joué une minute. Mieux, j'ai même arrêté le foot il y a 5 ans déjà. Je sais: mes commentateurs adorés trouveront que j’ai trop joué et que j’aurais du arrêter bien plus tôt. Donc voilà, je suis champion sans jouer. Comme beaucoup de Parisiens attachés à leur ville. Je suis assez fier d’être parisien parce que « ICI, C’EST PARIS » et que « PARIS EST MAGIQUE ». Je mesure tous les jours la chance que j’ai de vivre dans cett ...
PSG-Ancelotti : ainsi vit le foot
20/05
Evidemment, tout le monde s’en fout de savoir pourquoi Ancelotti part du PSG car à la fin il va partir. Sauf qu'on nous fait croire le contraire, comme si l’avenir du PSG ou de la L1 étaient liés au futur du Transalpin. Oui, il faut bien sauver la face car après l’avoir critiqué, il a gagné et niqué tout le monde : la presse, les spécialistes, ses dirigeants... Essayons tout de même d’y voir plus clair pour comprendre. Pourquoi Ancelotti part ? Peut-être parce qu’il y a eu Porto, peut-être parce que la Ligue 1 c’est de la merde, peut-être aussi parce que Leonardo est un con qui bouscule les arbitres ou peut-être parce que le Real c’est quand même le Real. Peut-être aussi qu’il est italien ...
Jérémy haine, par Vikash Dhorasoo
17/05
Oui, Jérémy M. a perdu le sourire. Il ne l'a peut-être jamais eu, d'ailleurs. Et, comme beaucoup d'autres, il a la haine. La haine des médias. Il va même chercher dans cette haine une force à l'approche des grands matchs. Joueur de foot, je détestais aussi certains journalistes, surtout ceux que j'ai croisés au PSG. Je me suis retrouvé à faire des sourires, à répondre pour faire le métier et soigner mon image. Parfois, aussi, je les ai ignorés et j'ai senti leur haine dans leurs yeux ou dans leurs papiers. Mais, à la fin, j'ai toujours perdu. Alors j'ai refait des sourires. Le soir du titre du PSG, Jérémy M. a décidé de ne pas faire le métier. Vincent Duluc n'a visiblement pas apprécié le c ...
Kaganski, Siankowski : retour sur deux rencontres journalistiques
06/05
J’aime le rock depuis l’enfance, quand un jour mon oncle m’a filé une cassette de Fleetwood Mac. Et puis, je me suis mis aux Smiths, à Morrissey avec « Everyday is like Sunday », aux Clash, aux Velvet et « I can’t stand it »… Mais dans les années 70-80, je préférais jouer au foot avec mes copains en bas de l’immeuble après l’école et aller au stade Jules Deschaseaux supporter le HAC. Je ne savais même pas que L’Equipe, les Inrocks ou Libé existaient. Dans les années 90, je suis devenu footballeur professionnel. Etre footballeur, à cette époque, c’était « has been ». Aimer le foot, c’était beauf. Aller au stade c’était ringard. J’achetais l’Equipe mais je le cachais sous mon Libération. J’ai ...
Tu sais que tu aimes le foot et tu sais que le foot, c’est le foot, parce que...
30/04
1)Parce que, ce soir, le Real, dans un moment de grâce et de folie, peut mettre 3 pions à Dortmund et se qualifier. Parce que demain, Messi peut mettre un quadruplé et une passe décisive pour envoyer le Barca à Wembley le 25 Mai prochain, pour une finale 100% espagnole… 2) Parce qu'on essaye de nous vendre le rugby sport de blanc, franchouilard, et campagnard. Parce que le foot défonce le rugby. Parce qu'aucun sport ne remplacera le foot. Parce qu'opposer les valeurs du foot à celles du rugby, c'est juste ridicule et populiste. 3) parce que tu aimes ce sport unique qui peut être pratiqué par des gars comme toi et moi, un sport où un type qui ne ressemble à rien et qui vient de Rosario, le ...
Le défenseur normal
29/01
Le défenseur normal court. Tout le temps. Des petits pas. A très haute fréquence, quasiment toujours la même, sans vitesse excessive, ni lenteur apparente. Le joueur normal a un centre de gravité plutôt bas. Mobile, il est toujours sur ses appuis, toujours debout. Pas brillant techniquement, sans véritable talent naturel visible autre que la pugnacité, il est avant tout normal. Traduction : la cible idéale du poujadisme ambiant de la chose footballistique. Comme François Clerc, Francis Llacer, Johnny Ecker ou Cyril Rool avant lui. Depuis deux saisons, le défenseur normal s’appelle Jérémy Morel. Sauf qu’il ne joue pas vraiment comme les autres: jamais face au jeu, de côté le plus souvent, ang ...
Des Tatanes au Pérou
12/01
Un an plus tard, arrivée à Lima. Au départ, rien à voir avec le football. Mais les bonnes habitudes ont la vie dure, et un ballon finit toujours par nous rattraper. Surtout lorsqu'on loge près d'un terrain. Tatanes aux pieds, ballon à la main, le Pérou va voir de quel bois se chauffe un européen ! L'occasion également de découvrir le fameux fulbito : une partie à cinq ou six sur une cancha, un terrain en béton qui invite plus au dribble qu'au tacle. Quoique. L'intégration est facile. Le football, langage universel ! Après quelques petits-ponts, après quelques petits coups, et quelques jolis buts, nous parlons avec Victor, trente-huit ans, et coach des jeunes avec qui l'on joue. Prof de spor ...
Monsieur Oscar, King of Wembley
06/12/2012
C’était par une chaude après-midi de janvier 2008, à Copacabana. Sous un néon clignotant, dans un bureau sombre et exigu, il avait accueilli le corps fatigué mais l’œil rieur. « Êtes-vous architecte ? Non ? Ah… So Foot ? Huuum, bon. » Feuilletant le dernier numéro, il était resté circonspect: l’improbable couverture rose fluo sur laquelle semblait danser un Jean-Michel Aulas en état d’ivresse ne lui disait rien qui vaille. Avant de feuilleter la bête : pour un type qui n’aimait pas l’angle droit mais « la courbe libre et sensuelle, la courbe que (je) rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses rivières, dans les vagues de la mer, dans le corps de la femme préférée» ...