24 janvier 2008 à 12:18
47e minute, coup franc indirect dans la surface. Décalé dans un mini mouchoir de poche intérieure, Jonathan Brison met une belle sacoche qui permet à Nancy de prendre l’avantage dans ce match Nancy - Marseille. Bon, ok, la faute à l’origine du coup franc n’est pas évidente, mais au moins la frappe ne prête pas à discussion. Pas déviée, pas touchée, *Bing* qu’il a fait le poteau. Ca fait plaisir. A voir en vrai c’est un régal, j’entends encore le bruit résonner dans ma tête. Le score final (1-1, égalisation de Nasri à la 86e sous les vivas de la ridicule foule marseillaise qui avais subitement envahi Picot pour ce match), un peu décevant, est finalement assez logique. Nancy marque le pas au classement mais dans le jeu, il n’y a pas vraiment d’inquiétude à avoir. Sans Kim, Hadji et Chrétien, le niveau était vraiment bon, et c’est en partie grâce à la belle performance de Paprika, surnom de Brison le rouquin malin - beaucoup plus a l’aise que Dia hier soir, par exemple. Il a été l’homme du match coté ASNL, dans son rôle classique de milieu infatigable, qui courre partout, vas au pressing, fait de bonnes passes et mets de grosses frappes. Pour le coup, on n’a pas été déçu. En ce début d’année, il est en forme, c’est une des grosses satisfactions au milieu d’une équipe qui nourri quelques petites incertitudes.
Brison, c’est un "joueur de club" comme on les appelle poliment. Un mec qui parait limité, d’un gabarit moyen, pas très beau, pas très clinquant ni très rapide, mais qui ne lâche jamais rien. Fan du Milan AC de Sacchi et de Robert Pirès ( !), c’est un garçon qui connaît bien le foot (oui, même si être fan de Pirès peux laisser planer un doute) , toujours lucide dans ses analyses d’après match. Ce qui en fait d’ailleurs un bon client pour les hommes de terrain de Canal+.
Né à Soisson en 1983, il migre du coté de Reims 4 ans plus tard. C’est là qu’il commence à jouer au foot, et plutôt pas mal. Repéré par l’ASNL suite à des sélections régionales, il intègre le centre de formation à 17 ans, pour ensuite jouer avec la CFA puis le groupe pro en 2002 à même pas 19 ans. Il joue un moment latéral gauche, pour ensuite se fixer au milieu de terrain. Pressentis pour un transfert à Strasbourg en 2004, il reste finalement a Nancy pour éclater en 2005. l’ASNL est champion de L2 et Brison est la révélation de l’équipe où il a su s’imposer malgré la concurrence. Pour la première saison en L1, il ne part pas comme titulaire avec l’arrivée de Sarkissian. Mais il s’accroche et joue finalement une trentaine de matchs et marque 3 buts. Il participe aussi à la finale de coupe de la ligue. Sur le banc au coup d’envoi, il profite de l’expulsion de Puygrenier pour entrer en jeu et tenir la baraque en fin de match, pour le résultat que l’on sait.
L’année suivante, il entame la saison en trombe, participe à l’aventure en coupe d’Europe mais est vite stoppé par les blessures. Il se fissure le péroné à l’automne (2 mois d’indisponibilité) avant de se blesser gravement au coude en avril lors d’un match à bordeaux (luxation et fracture de la tête du radius). Sa saison se termine là dessus, il doit être opéré. Sa reprise s’est effectuée cette saison, en septembre. Il participe à la victoire 4-1 contre Auxerre (il y rate même une belle ocase de but) avant de disparaître un petit peu de l’équipe. Souvent remplaçant(il a été titulaire seulement 6 fois cette saison, pour 15 matchs joués) il refait surface en fin d’année 2007. Il marque contre Lille en novembre suite a une énorme action de Dia auquel une grande partie du mérite revient. Modeste, il est le premier à le reconnaître, pourtant la frappe du numéro 23 n’était pas si évidente que ça à placer. Et depuis quelques matchs, il profite des places laissées vacances par la CAN et les blessures pour creuser son trou, avec brio. On n’ose pas imaginer la situation du club si des joueurs comme lui n’avait pas été là cette saison pour compléter habilement le groupe (tout comme Malonga, qui est un des cadres de l’équipe désormais mais qui a commencé la saison comme un inconnu).
Au club de puis plus de 6 ans, sous contrat jusqu’en 2010, Brison a joué plus de 100 matchs avec Nancy. C’est un des symboles de l’équipe de Pablo Correa où on joue simple - parfois même moche - mais sans jamais s’économiser. Sa réussite actuelle est une satisfaction pour tous les observateurs de l’ASNL qui ne peuvent que louer sa combativité et sa persévérance. Ce qui est paradoxal pour Brison, joueur infatigable mais qui avoue être un incorrigible flemmard procrastinateur hors des terrains. Fan de rap et de basket - il suit régulièrement les matchs du Sluc Nancy - il songe à se reconvertir en journaliste ou consultant sportif après la fin de sa carrière - qui a encore du temps avant de venir. Un parcourt à la Olivier Rouyer en somme.
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Photos
Cette saison contre Le Mans
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Brison viens de marquer (il est sous le tas)
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Après la finale de la Coupe de la Ligue
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Avec Jacques Rousellot sous la douche
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Avec Nancy en 2003
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